Le Petit Cephalophore

lundi, juin 22, 2026

La collection de Jean-Luc Quênot au musée de la Visitation à Moulins

Exposition "Trésors de papier"

Savez-vous qu’il existe à Moulins-sur-Allier un musée unique, non pas en France comme il est modestement indiqué sur le panneau accroché à la grille d’entrée, mais en Europe ? C'est le musée de la Visitation. Il n’existe en effet nulle part ailleurs aucune structure similaire ni pour l’ordre de la Visitation (1), ni pour aucun autre grand ordre religieux.

Pourquoi Moulins ? Moulins, capitale du Bourbonnais, est rapidement devenue une ville clé pour l’ordre de la Visitation. En 1616, elle accueille sa troisième fondation qui, grâce à Marie-Félicie Orsini, veuve du duc Henri II de Montmorency, assignée à résidence à Moulins par le Roi en 1634, connaît un rayonnement et une influence considérables. Aujourd’hui encore, une communauté de religieuses de la Visitation Sainte-Marie y poursuit son œuvre.

Pourquoi ce musée ? Fondé en 1992, au moment même où le monastère de Moulins était menacé de fermeture, ce musée s’est fixé pour objectif de devenir le centre patrimonial européen de cette institution monastique en recueillant en dépôt les archives et les objets d’intérêt artistique, culturel et historique que lui confieraient les monastères, notamment en cas de fermeture, afin de les sauvegarder, de les faire connaître, et d’en assurer la préservation selon les règles de l’art. 

Objectif atteint grâce à l’inlassable dévouement de ses directeurs-fondateurs, MM. Gérard PICAUD et Jean FOISSELON, puisqu’aujourd’hui, le musée collabore avec 93 monastères répartis en France et dans le monde entier, et que ses collections comptent plus de 20 000 œuvres, dont l’intérêt réside non seulement dans leur richesse, leur état de conservation exceptionnel et leur caractère inédit, mais aussi dans les informations précieuses qui les accompagnent et sont à l’origine de nombreuses publications. Outre leur présentation par rotation dans dix salles permanentes, le musée propose en effet chaque année depuis 2007 une exposition temporaire thématique dont le « catalogue » fait le bonheur des chercheurs, des bibliophiles et des simples amateurs.

L’exposition 2026, « Trésors de papier » : pour sa vingtième exposition annuelle, le musée a choisi, sous ce joli titre imagé, de mettre en lumière les « objets de dévotion » créés par les religieuses visitandines pour décorer chapelles et oratoires situés en clôture de leurs monastères et accompagner leurs dévotions.

Les « objets de dévotion » diffèrent des objets liturgiques, qui sont définis canoniquement, ils traduisent l’élan spirituel de celles et ceux qui les ont façonnés du 17ème au 20ème siècle. Chaque pièce respire et matérialise la foi de son créateur en Dieu et en ses saints.

L’exposition, qui sera pour la plupart de ses visiteurs la révélation d’un patrimoine méconnu, met en avant les reliquaires (2) et une technique particulière, celle des papiers roulés.

Un cadre reliquaire est une boîte, en carton ou en bois, profonde de quelques centimètres, fermée par une vitre. À l’intérieur, des bandes de papier hautes de 1 à 5 millimètres sont découpées, puis enroulées pour former spirales, cœurs ou volutes avant d’être collées sur le fond de la caisse souvent recouverte d’une belle étoffe de soie ou d’un papier coloré. Les outils nécessaires sont simples : une tige fendue autour de laquelle les bandes sont enroulées, des gabarits percés de trous pour calibrer les spirales et les motifs, une pince pour positionner et maintenir les éléments. Enfin, une machine à froncer permet d’obtenir des bandes plissées avec des effets d’accordéon réguliers. La colle, souvent de peau animale sous l’Ancien Régime, fixe ces éléments minuscules. 

Ainsi enroulé, découpé, assemblé, le papier devient rinceau, bouquet, élément d’architecture, voire oiseau. Fruit de la patience infinie, de la précision du geste, du sens aigu de la couleur et de la composition des religieuses visitandines.

       

Rarement présentés dans les musées, ces objets surprenants touchent immédiatement le visiteur, qui ne peut qu’être frappé et émerveillé par le nombre incalculable de petits rouleaux de papier utilisés pour chaque œuvre et s’interroger sur le temps nécessaire à son achèvement. Un temps qui ne peut se mesurer et qui, dans les vies consacrées à Dieu des religieuses, ne compte plus et se confond avec le temps de prière.

Les œuvres exposées proviennent en majorité des collections du musée, mais aussi de prêts et de dons, dont celui, en particulier, de la collection de Jean-Luc QUÊNOT, qui fut un paroissien fidèle et dévoué de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement.

C’est en 2006, à l’occasion d’une vente aux enchères, que Jean-Luc avait découvert l’existence de ces travaux de papiers roulés, aujourd’hui communément et improprement désignés sous le vocable de paperoles.

Jean-Luc avait été immédiatement séduit, comme amateur, et touché, comme croyant, par le raffinement de ces objets à la croisée de l’art, de l’artisanat et de la spiritualité. Pendant 20 ans, avec passion, patience et intelligence, il a su constituer une exceptionnelle collection d’une quarantaine de pièces, à même de « compléter de manière remarquable la collection déposée au musée de la Visitation » selon les mots mêmes de ses directeurs. Après la disparition brutale de Jean-Luc, le 7 septembre 2025, sa collection a été offerte au musée dans son intégralité, conformément au souhait qu’il avait exprimé.

A cette époque, la préparation de l’exposition et la publication du livre étaient déjà bien avancées, mais sincèrement touchés, MM. PICAUD et FOISSELON, commissaires de l’exposition, ont spontanément remis l’ouvrage sur le métier afin de donner une place aux œuvres de la collection de Jean-Luc, dont la moitié environ est présentée dans les vitrines de l’exposition. 

Jean-Luc n’aurait pas été peu fier, à juste titre, de savoir que c’est un motif de bouquet de fleurs de l’un de ses reliquaires qui a été retenu pour illustrer la magnifique affiche de l’exposition.


Comme chaque année, l’exposition est accompagnée de la publication non pas d’un classique catalogue qui se limiterait à l’énumération et à la description des pièces exposées, mais d’un véritable livre d’art (3), au titre malicieux, richement illustré, qui « donne à comprendre » en les replaçant dans leur contexte spirituel et en en dévoilant la fonction, la symbolique et l’usage.

Vous l’aurez compris, cette exposition sensible et spectaculaire est un événement inédit qui permet de découvrir près de deux cents œuvres étonnantes et qui révèle, derrière la délicatesse du papier, la force d’une vie consacrée. Vous aurez à cœur d’aller la visiter et, pour ceux qui l’ont connu et apprécié, de contribuer ainsi à l’hommage rendu à Jean-Luc.

Alain Lévy


Renseignements pratiques : https://www.musee-visitation.eu/publication/papier-roule/

Hôtel Demoret, 83, rue d’Allier, 03000 Moulins ; du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; le dimanche et les jours fériés de 15 h à 18 h.

Ne manquez pas non plus de compléter votre visite par celle des collections permanentes du musée. Les immeubles qui l’abritent sont situés dans un des îlots les plus anciens et les mieux conservés de la ville médiévale, ce que l’on nommait « l’isle des palais » à la fin du XVIIe siècle.

1) L’ordre de la Visitation est un ordre contemplatif fondé en 1610, peu après la fin des guerres de religion. Il est né de la rencontre de deux êtres d’exception que l’Église a canonisés : François de Sales, évêque de Genève (né en 1567, mort à Lyon le 28 décembre 1622 ; béatifié en 1661, canonisé en 1665, déclaré docteur de l’Église en 1877), et Jeanne-Françoise Frémyot, épouse de Chantal (jeune mère devenue veuve, née en 1572, morte le 13 décembre 1641 à Moulins où elle était venue rencontrer une nouvelle postulante - Marie-Félicie Orsini, duchesse de Montmorency, précisément ; béatifiée en 1751, canonisée en 1767). L’Ordre a pour but de donner à Dieu « des filles d’oraison », sans grandes austérités ni grands offices, les fondateurs prônant le détachement heureux de toutes choses. L’union à Dieu par la prière est à la fois la source et le but de l’existence spirituelle et monastique.

2) Le culte des reliques s’enracine aux origines du christianisme autour des tombes des saints. Cette très ancienne tradition de prier – voire de célébrer l’eucharistie – sur la sépulture des martyrs explique qu’aujourd’hui encore des reliques soient scellées sous la pierre d’autel, d’ailleurs longtemps façonnée en forme de tombeau ou de sarcophage. Après la Réforme, le Concile de Trente (1545-1563) réaffirme leur importance tout en encadrant strictement leur authentification.

3) Laissez rouler les petits papiers. Pratiques de dévotion à la Visitation, 2026, 312 p. et 360 illustrations couleur, 42 €.

dimanche, juin 07, 2026

Le départ du père Thibaut : Adoration et fête au Parvis vert



Discours de Sylvie H., au nom de tous les paroissiens

 

Merci père Thibaut !

« Ba moins en tibo, deux tibo, trois tibo doudou,

Ba moins en tibo, deux tibo, trois tibo d’amou,

Ba moins en tibo, deux tibo, trois, tibo,

Ba moins tout ça oulé, pou soulagé cœu moi. »

Je reprends ce tube des années 70 de La Compagnie créole pour saluer le père Thibaut d’origine martiniquaise. Le Seigneur nous a donné un tibo en effet… (ce qui signifie « petit baiser » en créole) et il nous l’a repris pour notre plus grande tristesse.

Celui-ci m’a demandé si « le cœur des pleureuses » serait présent le jour de son départ. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que les pleureuses sont bien là ? Je pense que oui car j’ai fait une récolte de mots auprès de tous les paroissiens qui disent tout le bien qu’ils ont pensé de lui.

Voici les mots que vous avez utilisés pour le définir :

souriant ; plein d’humour ; bienveillant ; à l’écoute ; blagueur ; amateur d’œufs pochés (la paroissienne se reconnaîtra) ; jovial ; sympathique ; ouvert ; espiègle ; bon enfant ; apaisant ; drôle ; taquin ; distrait – je ne sais pas si c’est une qualité, peut-être… ; joyeux ; chaleureux ; gourmand ; généreux ; un homme libre ; proche des gens ; fraternel ; sensible ; réconfortant ; empathique ; aimant.

Avec une mention spéciale pour ses homélies exceptionnelles dont chacun m’a parlé pour souligner combien elles étaient incarnées dans son expérience personnelle et reliées à notre quotidien.

 Cher tibo, les paroissiens sont heureux de te remettre cette cagnotte qui te permettra, je l’espère, de programmer de belles vacances et de revoir peut-être l’île aux mille fleurs, que j’affectionne moi aussi étant née à Fort-de-France. Tu trouveras plein de petits mots « d’amour » pour soulager notre cœur. Sois heureux dans ta prochaine paroisse, pas trop loin de nous heureusement ! 







Discours de remerciements du père Thibaut

Vous m'avez permis d'être moi-même

Après six années passées comme vicaire à Saint-Denys du Saint-Sacrement et formateur au Séminaire de Paris, je souhaiterais vous remercier chaleureusement.

N'attendez pas à ce que je donne une liste de noms pour remercier, comme cela se fait pendant les Oscars, sinon je devrais citer toute la paroisse.

Il y a un adage bien connu qui dit : « Le bien ne fait pas de bruit ». Eh bien, cet adage peut s'appliquer à cette paroisse, car sous un aspect de petite communauté se cache une vie intérieure profonde, d'entraide, de prière et de Vie. Voilà ce que j'ai découvert auprès de vous.

Ces six années passées à vos côtés ont vraiment été une joie. Oh, bien sûr, comme dans chaque famille, il y a des moments d'énervement, d'incompréhension et de fatigue. Mais j'ai toujours ressenti auprès de vous, et je parle aussi bien de la communauté paroissiale que de mes frères prêtres ou des séminaristes, un soutien et une douceur.

Vous m'avez appris à espérer et à avoir confiance. Il m'arrivait de partir battu sur un événement que je devais organiser en disant : « Ça ne marchera jamais, il n'y aura personne », et vous étiez là, présents. Ou lorsque je devais prendre la parole en public, animer le groupe biblique, préparer un sacrement devant des parents ou rédiger une homélie difficile, compliquée. Vous avez toujours été présents pour me soutenir dans les moments où je manquais de confiance.

Mais au-delà de ce soutien, vous avez fait quelque chose de bien plus précieux encore : vous m'avez permis d'être moi-même. Dans un ministère où l'on peut parfois se sentir tenu à un rôle, à une image, à une perfection que l'on ne peut jamais tout à fait atteindre, vous avez accueilli mes maladresses, mes doutes, mes limites, avec une bienveillance désarmante. Vous ne m'avez jamais demandé d'être autre chose que ce que j'étais. Et c'est un cadeau immense, peut-être le plus beau que l'on puisse offrir à quelqu'un. Car c'est précisément cela qui m'a donné confiance en moi.

Pas la confiance artificielle de celui qui réussit tout, mais la confiance profonde de celui qui sait qu'il est aimé tel qu'il est, avec ses forces et ses fragilités.

Grâce à vous, j'ai appris à m'accepter, à avancer sans craindre le regard des autres, à oser, dans la prédication, dans le service, dans la relation. Vous m'avez fait grandir, non pas en me poussant à devenir quelqu'un d'autre, mais en m'aidant à devenir pleinement moi-même.

Alors, oui, merci.

Je souhaiterais aussi vous remercier plus particulièrement de votre amitié, de votre gentillesse, de votre compréhension, de votre douceur, de votre soutien, de votre présence et, évidemment, de votre prière lorsque j'en ai eu besoin.

On dit souvent que c'est dans les épreuves de la vie que l'on reconnaît ses amis. Eh bien, comme le dirait le Christ :  je ne vous appelle plus mes paroissiens, mais mes amis.

Je tiens également à remercier tout particulièrement le curé, le père François Lainé, pour ces cinq années passées à ses côtés. François, tu as fait preuve à mon égard d'un soutien sans faille, dans les moments de joie comme dans les moments plus difficiles. Tu m'as aidé, tu m’as épaulé, tu m’as accompagné. Grâce à toi, j'ai pu grandir dans ma mission de formateur au séminaire et approfondir mon identité de prêtre. Ces années à tes côtés ont façonné le prêtre que je suis aujourd'hui, et je t'en suis profondément reconnaissant. Merci aussi pour tes prières, je sais qu'elles m'ont porté bien plus souvent que je ne le soupçonnais.

Je tiens également à remercier tous les séminaristes qui, cette année, m'ont soutenu lorsque j'étais fatigué. Vous avez pris soin de moi, à commencer par m'aider à monter ces quatre étages jusqu’à mon appartement. Merci pour vos prières, merci de m'avoir permis d'apprendre et de comprendre certaines choses, notamment en liturgie. Merci aussi aux séminaristes chaldéens, qui m’ont permis de découvrir une communauté, belle et priante. Merci pour votre humour, qui a souvent rendu les journées plus légères. Et merci surtout de m'avoir permis d'être un père pour vous. Je rends grâce aussi au Seigneur de m'avoir donné de voir en vous les fruits de son amour. Oui, merci de m'avoir permis de grandir à vos côtés.

Mère Teresa avait écrit : « L'essentiel n'est pas dans ce que nous disons, mais dans ce que Dieu nous dit et dans ce qu'il transmet par notre intermédiaire. »

J'espère que durant ces six années de ministère exercé à vos côtés et au séminaire, le Christ s'est servi de moi pour vous faire grandir dans votre foi, pour poser des bases solides, pour que vous soyez de véritables chrétiens profondément ancrés dans le Christ. Et aussi pour vous montrer que le Christ vous aime, car moi, en tout cas, je vous ai aimés, vous tous ici présents.

Mais dans tout ce que je viens de dire, il y a quand même un bémol. Certaines personnes avaient reçu une mission et ne l'ont pas accomplie. Vous me connaissez : je suis un homme de bonne constitution, de bonne volonté, ouvert à tout, je ne rechigne jamais devant l'adversité.  Je suis un homme en fait presque parfait. Et j'avais espéré grandir dans le chant, voire même devenir un grand ténor… et voilà que toutes mes illusions s'effondrent. Vous n'avez pas réussi. Peut-être pour le bien de tous, j'en conviens mais oui, je suis déçu.

Non, vraiment, je tiens à vous remercier du fond du cœur. Et ce n'est pas parce que je quitte la paroisse que je vous oublierai. Je continuerai évidemment à prier pour vous.


mardi, février 17, 2026

Le baptême de Mélissandre, un témoignage de foi

Celui qui n’aime pas n’a pas connu l’amour de Dieu, car Dieu est amour. (1 Jn 4.8)

Si je m'adresse à vous aujourd’hui, c’est parce qu’un jour, Dieu a traversé ma vie comme une bourrasque de vent violent ouvrent une fenêtre : sans prévenir, mais en laissant entrer une lumière qui change tout et surtout… fait persévérer.

J’ai grandi dans une famille catholique, une famille croyante, mais qui a fait un choix un peu particulier : mes parents ont décidé de ne pas me faire baptiser bébé. Pas par oubli, ni par indifférence. Mais parce qu’ils voulaient que ce soit mon choix, que le jour de mon baptême soit une rencontre personnelle avec Dieu, pas simplement une tradition familiale. Ils voulaient attendre que je vive ce sacrement pleinement, quand mon cœur serait prêt. Alors j’ai grandi dans une éducation chrétienne, mais sans sacrement. Je priais, je connaissais les grandes fêtes, j’allais parfois à la messe… Et pendant longtemps, je ne ressentais pas particulièrement l’urgence de ce sacrement.

Et puis, il y a trois ans, tout a changé. C’était à Chartres, à Pâques. Le 17 février 2022. Sur un coup de tête, ma mère m’a proposé d’y aller. Rien n’était prévu… et pourtant, là-bas, j’ai senti quelque chose de très fort : un appel. Un besoin presque vital de me faire baptiser. Une évidence intérieure, comme si Dieu posait sa main sur mon épaule et me disait : « C’est maintenant que je t’appelle. » Je suis rentrée de Chartres avec la certitude profonde que je devais demander le baptême. C’était évident, nécessaire. Je ne pouvais pas retourner en arrière. Comme si Dieu avait attendu ce moment précis pour frapper à la porte de mon cœur.

Ce jour-là a été le début d’un chemin. Un chemin parfois exigeant, parfois bouleversant, mais toujours habité d’une joie profonde. Mais parfois, quand Dieu ouvre une porte, les hommes en ferment d’autres. De retour à Paris, nous sommes allées dans la paroisse la plus proche pour commencer les démarches. J’avais encore la lumière de Chartres dans le cœur. Et pourtant… l’accueil a été glacial. On m’a parlé du baptême comme d’une récompense qu’il fallait mériter. On m’a dit que je n’étais peut-être pas prête. Qu’il faudrait prouver, encore et encore, que j’en étais “digne”.

Mais l’Écriture dit : « Dieu est amour. » (1 Jn 4.8) Et l’amour, le vrai, ne se mérite pas. L’amour se reçoit, simplement, les mains ouvertes. La grâce, ça ne se mérite pas. La grâce, ça se reçoit. J’ai quitté cette paroisse le cœur lourd. Avec l’impression qu’on m’avait volé quelque chose de fragile et de précieux. Pendant un instant, j’ai presque cru avoir rêvé Chartres. Mais Dieu n’abandonne jamais. Jamais. À la fin de l’été, j’ai rencontré des jeunes. Des jeunes joyeux, simples, lumineux. L'une venait de la paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement. Et m’a dit : « Viens voir. » J’y suis allée. Juste une fois… pensais-je. Mais une fois a suffi.

À Saint-Denys, je n’ai pas trouvé une paroisse. J’ai trouvé une maison. Le père François m’a accueillie comme si je revenais de loin. Avec douceur, patience, confiance. Il ne m’a pas demandé de mériter quoi que ce soit. Il m’a juste dit : « Si Dieu t’appelle… alors avançons ensemble. » C’est là que j’ai commencé mon parcours de catéchuménat. Dans la paix. Dans la lumière. Dans la joie. Mon parrain a été une boussole discrète mais essentielle. Il m’a appris, guidée, portée parfois. J’ai découvert une foi vivante, vibrante, exigeante mais belle. Et quelques mois plus tard… à Pâques dernier, je suis née une deuxième fois. Dans l’eau, la lumière, la joie qui déborde. Une joie qui ne s’explique pas, mais qui se reconnaît. Une joie qui dit : « Te voilà chez toi. Enfin. » 

Et après ? Après, j’ai appris que la foi ne s’arrête jamais. J’ai pris l’habitude d’aller à la messe chaque semaine, comme on prend l’habitude de respirer plus profondément. J’ai participé aux événements du diocèse et de ma paroisse, rencontré des visages, entendu des histoires qui m’ont transformée. J’ai commencé à servir. C’est là que la foi est devenue un verbe. Je suis devenue catéchiste. Moi, la nouvelle baptisée, j’ai commencé à transmettre aux enfants. Et j’ai découvert que Dieu aime passer par les petites mains, par les voix tremblantes, par les débuts hésitants. Je me suis engagée dans les louanges, avec le piano. Parce que pour moi, la musique est une prière sans mots, un pont entre la terre et le ciel, une façon de dire “je t’aime” autrement.

Le Jubilé : là où Dieu surprend encore - Et puis il y a eu le Jubilé des Jeunes. Une semaine intense, lumineuse, imprévisible. Une semaine où j’ai vécu des péripéties — évidemment — où là ou j’attendais un simple regain de foi, Dieu a mis ma foi a rude épreuve -, parce que quand on demande a Dieu, il nous envoie une leçon qui n’a pas plus belle récompense. parce que Dieu aime écrire droit avec nos lignes courbes. Mais surtout, j’y ai rencontré des personnes formidables. Des amitiés nouvelles qui j’espère resteront dans mon chemin, des discussions profondes, des moments où le cœur comprend plus vite que la tête. C’est là que j’ai compris : ma foi n’était plus une idée. Elle était devenue une vie. Il y a surtout eu des grâces.

Quand j’observe mon chemin, je vois des détours, des obstacles, des portes fermées. Je vois des moments où j’ai douté, où j’ai pleuré, où j’ai hésité. Mais surtout, je vois une main qui n’a jamais lâché la mienne.

La persévérance, ce n’est pas être fort. Ce n’est pas ne jamais tomber. La persévérance, c’est revenir à Dieu, encore et encore. Même fatigué. Même blessé. Même découragé.

C’est croire que, derrière chaque porte fermée, il y a une autre porte que Dieu est déjà en train d’ouvrir. Pour vous…

Si je pouvais laisser une seule phrase aujourd’hui, ce serait celle-ci : « Dieu ne cherche pas des héros. Il cherche des cœurs qui osent espérer. » Parce qu’au fond, persévérer, c’est ça : continuer d’espérer, continuer de se relever, continuer de croire que l’amour de Dieu n’est jamais perdu pour personne.

Et quand tout semble bloqué, quand on nous dit “ce n’est pas pour toi”, Dieu dit exactement l’inverse. Il dit : « Je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. » (Is 43.1) Mon baptême, ma paroisse, mes engagements, mes rencontres… tout cela n’existerait pas si j’avais renoncé le jour où on m’a dit “ce n’est pas pour toi”.

Alors à vous, je le dis du fond du cœur : cherchez. Osez. Et surtout… persévérez. 

Dieu vous conduira là où votre cœur peut enfin respirer.


Voir aussi : https://lepetitcephalophore.blogspot.com/search?q=m%C3%A9lissandre

dimanche, novembre 23, 2025

Les 40 ans de la Maison Saint-Denys : la vidéo !

 


lundi, novembre 17, 2025

L'édito du père François. Novembre 2025

 Du gagnant-gagnant

Alors que les JAM viennent de s’achever, la paroisse embraye immédiatement sur la célébration des 40 ans de la fondation de la Maison Saint-Denys, première Maison du Séminaire de Paris. Cet évènement, même s’il commémore les débuts du séminaire, est vraiment un évènement paroissial et il convient que nous le fêtions dignement.

Qu’était la paroisse avant l’arrivée du séminaire ? Le père Chatillon, qui ne savait pas encore qu’il deviendrait le curé de notre paroisse pour la fondation de la Maison, faisait cette prière : « Ô Seigneur, si j’ai un vœu à faire, c’est de ne jamais être curé de cette paroisse ! » Bien des années plus tard, il explique : « L’église était misérable. Il y avait peu de paroissiens, peu d’activités pastorales, et les moyens matériels faisaient défaut. » Et le père Gueguen ajoute : « la paroisse était exsangue et sur le point d’être fermée ».

Quel changement 40 ans plus tard : l’église est belle et lumineuse, les paroissiens sont pleins de dynamisme et d’enthousiasme, comme le montrent en particulier nos JAM, l’activité pastorale est très soutenue, au point que parfois, le Conseil pastoral se demande si nous ne faisons pas trop de choses, et la paroisse non seulement équilibre son budget, mais peut aussi se montrer solidaire et généreuse.

« La Maison a été la source de la renaissance de la paroisse » témoigne encore le père Chatillon. Depuis 40 ans, les séminaristes tirent la paroisse vers le haut. Comme le dit le père Callies : l’enthousiasme de ces jeunes « crée une ambiance plutôt sympathique, où les divisions sont moins perceptibles, parce que chacun est content de voir des jeunes qui s’engagent avec leur désir profond. Et cela rejaillit sur l’ensemble de la communauté qui devient plus vivante et plus vraie. »

Mais ce qui est formidable, avec cette intuition du cardinal Lustiger de mettre les séminaristes de 1er cycle au cœur de la vie d’une paroisse, c’est que c’est du gagnant-gagnant. « Il est évident que cette insertion dans le tissu ecclésial est un élément au service de la formation », affirmait le cardinal Vingt-Trois. Pour les séminaristes, « l’Eglise s’y découvre dans sa structure la plus élémentaire » dit le père Guéguen. La formation n’est pas seulement intellectuelle et spirituelle, mais elle est aussi pastorale et humaine.

Merci donc à vous, chers paroissiens, de contribuer à la formation des futurs prêtres. Continuez de les aimer et de prier pour eux !

La Maison Saint-Denys et le séminaire de Paris fêtent leurs 40 ans ! Six pères de Maison


P. Gonzague Chatillon (1985-1991) : « En 1985, à la demande du cardinal Lustiger, j’ai ouvert la première maison du séminaire de Paris à Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, avec un jeune théologien, Jean-Pierre Batut, et un vieux salésien, René Gaudillière. Seule la maison Saint-Augustin, créée un an plus tôt, existait alors sous la responsabilité de Mgr Aumonier. Nous sommes arrivés dans une paroisse en grande difficulté où matériellement, il y avait tout à reprendre. Ainsi, nous avons remis au milieu du chœur l’autel qui avait été placé au pied des marches pour accueillir une assemblée dominicale très réduite. Avec les huit séminaristes rentrés plus tôt, nous avons nettoyé le presbytère pour pouvoir l’habiter. Les cours avaient lieu sur place cette première année. Sur le plan paroissial, il fallait tout réinventer ! La tâche était si lourde que j’ai fait une petite déprime. Or un soir, j’ai trouvé sous ma porte une lettre magnifique de saint François de Sale pour une personne en grand découragement. Je n’ai jamais su qui l’avait glissée là, mais j’y ai vu un signe manifeste de la grâce. Et j’ai repris courage. »
Propos recueillis par Sylvie H. 

P. Daniel Ponsard (1991-1997) : « En 1991, j’ai rejoint la maison du séminaire en la paroisse Saint-Denys-du-Saint-Sacrement. J’ai succédé en tant que curé au père Gonzague Chatillon. C’était mon premier mandat de curé dans une paroisse. Après plusieurs nominations dans les 8e et 16e arrondissements, me retrouver au cœur du vieux Paris, dans un quartier marqué par le Sentier et une forte présence juive, fut une vraie nouveauté pastorale. La communauté catholique y était minoritaire, mais étonnamment soudée et chaleureuse. A noter, deux de mes vicaires de l’époque sont devenus évêques : Jérôme Beau et Olivier de Cagny.
Ce fut aussi ma première expérience avec des séminaristes. Heureusement, mon passé d’aumônier et de directeur au collège Saint-Jean-de-Passy m’avait préparé à ce rôle. Vivre avec cette petite communauté de jeunes en quête de sens m’a empêché de vieillir trop vite, stimulé par leur soif d’apprendre et leurs personnalités variées. Certains ont poursuivi leur chemin, d’autres ont bifurqué, mais tous ont enrichi par leur apport cette étape vécue en commun. 
Pour la petite histoire, un chat est devenu membre de la communauté ! Un jour, un chaton abandonné dans l’église s’est installé devant l’autel juste avant la messe. Il est resté et les séminaristes l’ont adopté.  En clin d’œil à leurs études de philosophie, ils l’ont nommé Plotin. A mon amusement, sa présence a révélé les caractères des séminaristes : certains se montraient affectueux, d'autres distants ou même méfiants. Avec les séminaristes, on rencontre des personnalités très différentes.
J’ai été très heureux pendant cas six années. J’ai eu aussi la joie de côtoyer des laïcs très engagés et fortement attachés à la paroisse. Je garde un lien amical avec certains jusqu’à ce jour. »
Propos recueillis par Katarina K.

P. Michel Callies (1997-2003) : « J’ai éprouvé une véritable joie à assumer, pendant douze années, la responsabilité de la formation des séminaristes. D’abord à Saint-Denys-du-Saint-Sacrement pour le premier cycle, puis à Saint-Roch pour le second. On s’attache naturellement à ces jeunes hommes en cheminement, ce qui peut parfois être frustrant : des décisions doivent être prises en fonction de chacun, mais une fois leur parcours terminé, le lien se rompt et il est difficile de savoir comment les choses ont évolué pour eux. Il n’est alors plus possible de réajuster son jugement.
Les maisons de séminaire constituent une formule particulièrement adaptée. Elles permettent aux séminaristes de garder les pieds sur terre, tout en offrant aux formateurs la possibilité de les connaître en profondeur, grâce à la vie partagée au quotidien. C’est une étape précieuse et nécessaire dans leur cheminement. Les relations entre séminaristes sont généralement simples et naturelles. La cohabitation les aide à grandir, à mieux se connaître, à découvrir leurs forces et leurs fragilités. Certains viennent de familles très solides, d’autres n’ont pas connu de véritable vie familiale, certains sont fils uniques… On rencontre tous les profils. Les paroissiens, quant à eux, sont heureux de contribuer, à leur manière, à la maturation des séminaristes. Certains ont profondément marqué ces jeunes, souvent sans même en avoir conscience.
Je voudrais ajouter une anecdote de cette période : les séminaristes s’étaient rendus au Salon de l’Agriculture, sur le point de fermer, et ont eu l’audace de ramener une magnifique poule. Ils se demandaient si j’accepterais leur initiative. Finalement, nous avons construit un petit poulailler dans le jardin, que la poule a trouvé très confortable puisqu’elle s’est mise à pondre un œuf chaque jour. Cet événement a créé une belle dynamique : les enfants du catéchisme venaient rendre visite à la poule, tout comme certaines dames de la paroisse. Une forme d’amitié s’est tissée autour de cette présence inattendue. Mais l’été suivant, la poule ne pondait plus et commençait à vieillir, malgré ses belles plumes. Il a alors fallu organiser sa "disparition" avec délicatesse, pour ne pas heurter les paroissiens attachés à elle. La chose fut faite… discrètement... »
Propos recueillis par Katarina K.

P. Paul Quinson (2003-2012) : « J’étais formateur depuis 4 ans et la perspective d’être curé me réjouissait, quand Mgr d’Ornellas m’a proposé d’être curé à Saint-Denys. Je me souviens d’un soir dans mon bureau, je me disais : « T’es curé, t’as une paroisse sympa, mais qu’est-ce que tu veux faire ? » J’étais capitaine d’un bateau sans trop savoir où j’allais... C’est la question de la Mission qui m’a aidé à incarner cette interrogation sur une vision pastorale. J’ai pris conscience qu’il faut avoir une représentation désirable de l’avenir pour embarquer les paroissiens dans l’aventure. J’étais très heureux avec les deux casquettes de curé et de responsable de Maison. Pour les séminaristes, il est important que le responsable soit le curé. Quelquefois, à table, j’arrivais avec « un cas pastoral » à résoudre. Je les taquinais là-dessus. Une éducation pastorale par petites touches... Il y a un enrichissement mutuel des deux fonctions. Je respirais aussi avec la paroisse. J’étais censé être « curé à mi-temps » : je n’ai pas compris... En 6 ans, j’ai eu 10 vicaires ! C’est beaucoup. Puis sont arrivés Patrick Sempère et Florent Urfels : c’était la résurrection ! Pourtant, il n’y avait pas d’évidence que nous allions si bien nous entendre. Notre réflexion intellectuelle commune était très stimulante, très fraternelle, très collégiale, même si c’était moi qui arbitrais si nécessaire. Une très belle expérience de fraternité sacerdotale. Enfin, il y a eu notre pèlerinage paroissial en Israël : l’apothéose ! Une ambiance de groupe exceptionnelle... »
Propos recueillis par Dominique Th.


P. Roger Tardy (2012– 2021) : « En arrivant en 2012, j'étais déjà formateur depuis 8 ans, mais je n'avais pas encore été curé. Débarquer dans le Marais en plein débat sur le mariage pour tous m'a tout de suite plongé dans la complexité pastorale de la charge de curé. L'expression à la mode était « Le changement c'est maintenant », mais je me voyais plutôt en continuité avec mon prédécesseur ! Pas facile d'être formateur et curé en même temps, mais équilibrant par certains aspects. Il faut se lever tôt pour les séminaristes et se coucher tard pour les paroissiens... J'ai voulu me positionner en frère, mais les paroissiens comme les séminaristes m'ont permis à certains moments une relation de confiance qui a quelque chose à voir avec la paternité. Le nom de père n'est pas un statut a priori, ni une position à gagner, c'est une pure surabondance. Et ça, c'est ma plus grande joie. J'en goûte encore les fruits à travers les liens noués avec les uns et les autres. Il y a eu aussi les peines et difficultés. Vous connaissez mon sens inné de l'organisation ! Le bon père Maxime mettait ma distraction sur le compte de mon côté « poète ». Un poète qui n'écrit pas de vers et ploie sous le fardeau administratif. Heureusement j'étais entouré par une équipe de pros ! Ces 9 ans ont aussi été marqués par les attentats, intervenus en pleines JAM ! Puis il y a eu le confinement lié au Covid. Ces épreuves nous ont aussi soudés. Je garde des souvenirs poignants de ces heures d'improvisation, de tension extrême et de consolation mutuelle. Une paroisse au grand cœur, la tête bien sur les épaules. »
Propos recueillis par Marie-Christine D.

P. François Lainé (depuis septembre 2021) : « En tant que responsable de la Maison, j’essaie d’aider les séminaristes à déployer leur humanité et à approfondir leur foi. Cela passe par une vie de communauté dans un climat fraternel. Quand j’étais à leur place, j’ai connu des maisons où régnait une certaine tension. Mais dans celle du père Michel Callies, l’ambiance était très bonne car il avait à cœur de dédramatiser toutes les situations. Il a été pour moi un modèle de formateur ! Ce qui est important, c’est de permettre une vraie liberté de parole. Seule l’éducation à la liberté permet le discernement qui s’avère plus difficile si on est sous pression. C’est pourquoi, j’encourage les jeunes à dire les choses naturellement, voire à être fraternellement impertinents. Je me sens comme un père de famille, mais aussi un frère, non pas situé en surplomb, mais les encourageant à prendre leur part dans la vie de la maison. C’est important de ne pas les infantiliser mais de les traiter comme les adultes qu'ils sont. »
Propos recueillis par Sylvie H.

40 ans : témoignages de six anciens séminaristes


P. William-Jean de Vandière, curé de ND-de-Grâce

« Mon premier souvenir ? Quand nous sommes arrivés, on a passé notre temps à refaire la peinture et surtout à vider des bennes entières de déchets. » Le père William-Jean de Vandière a essuyé les plâtres au sens propre comme au figuré. Séminariste de la première promotion de la Maison Saint-Denys, ouverte par le père Gonzague Chatillon et son vicaire Jean-Pierre Batut, en 1985, il inaugurait à la fois la Maison et le premier cycle. Le deuxième cycle du séminaire de Paris ne sera ouvert que cinq ans plus tard, « aussi, après la 2ème année, nous sommes allés à Issy-les-Moulineaux. Presque tout se déroulait à la Maison dans la salle du rez-de-chaussée, car il y avait très peu de cours à l’Ecole cathédrale. On était en immersion à la paroisse. J’étais en mission au KT pour l’école Sainte-Geneviève mais aussi à Saint-Paul-Saint-Louis, car à l’époque il y avait bien peu de paroissiens à Saint-Denys. Ce qui était déjà bien vivant en revanche, c’étaient les Journées d’Amitié ! Mme Brunau les organisait et nous, les séminaristes, nous donnions un grand coup de main pour la mise en place et le rangement... » Le père Chatillon était l’âme de cette nouveauté, une âme de pasteur très à l’écoute de ce qui se passait. ». « J’ai compris que la vocation de prêtre va de pair avec celle de déménageur, j’ai eu l’impression pendant deux ans de ne pas arrêter...il y en avait partout, la maison, les chapelles, la sacristie... ». Le père de Vandière plus tard deviendra responsable de la Maison Saint-Séverin puis du séminaire de Bruxelles.  « A l’époque il y avait une électricité complètement défaillante et un éclairage effroyable avec une lumière verte de tue-mouche, on ne voyait rien. C’était une église très sombre. »

Propos recueillis par Philippe Th.


P. Augustin Deneck, curé de Notre-Dame-de-la-Gare

J’ai eu la chance de vivre mes deux premières années de séminaire entre 1995 et 1997 à la Maison de Saint-Denys-du-Saint-Sacrement. Ces années ont été importantes pour mon enracinement spirituel et humain, sous la direction du père Daniel Ponsard, aidé de ses trois vicaires, les pères Brice de Malherbe, Michel Gueguen et Olivier de Cagny. Ce qui m’a profondément marqué, c’était l’accueil bienveillant des paroissiens. Il y régnait une véritable entraide, une chaleur humaine qui m’a soutenu dans mes premiers pas de séminariste, période souvent remplie de questionnements. Grâce à Jacques Gouband, j’ai appris à chanter les psaumes, à en maîtriser les temps et les répons, ce qui a enrichi ma vie liturgique. Jean et Gisèle Bonnani ont également joué un rôle précieux. Leur attention constante et leur soutien m’ont beaucoup touché. Je garde en mémoire le refrain de Gisèle : « Pas de misérabilisme », une invitation à prendre soin de soi, même dans les débuts parfois modestes du séminaire. Ces années ont été ponctuées de moments simples mais marquants : jouer de la guitare pour les enfants du KT à l’école Sainte-Geneviève toute proche, les nombreux dîners chez les paroissiens, où toute la maison du séminaire était conviée. Un souvenir particulièrement fort reste le soutien reçu lors d’une épreuve personnelle : en mars 1997, j’ai perdu mon frère dans un accident de voiture. La communauté paroissiale et les séminaristes m’ont alors entouré de leurs prières et de leur présence, un véritable témoignage de fraternité chrétienne. Lors des fêtes du séminaire, nous préparions des sketches. Un séminariste, très enthousiaste, voulait absolument que le père Ponsard participe à l’un d’eux. Ce dernier, toujours bienveillant et soucieux de notre croissance spirituelle, accepta avec humour. Il enfila une sorte de djellaba pour incarner une « babouchka » dans notre sketch. C’est alors qu’un visiteur sonna à la porte, demandant à voir le curé. Le père Brice de Malherbe l’accueillit et, sans se démonter, présenta le père Ponsard vêtu de sa djellaba ! Une scène cocasse qui illustre bien l’esprit familial et joyeux qui régnait dans notre maison du séminaire.

Propos recueillis par Katarina K.


P. Nicolas Troussel, curé de Sainte-Jeanne-de-Chantal 

« Les années Saint-Denys sont deux années très importantes dans mon parcours car je ne connaissais pas bien l’Eglise de l’intérieur. Cela a beaucoup compté pour conforter ma décision de devenir prêtre après mon chemin de conversion qui ne m’avait pas encore rapproché de la vie paroissiale. J’en ai découvert la beauté dans sa diversité de personnes. Je repense aux deux Marie-Hélène qui m’avaient beaucoup touché. J’ai le souvenir d’une messe de Noël où l’un des prêtres avait pris soin d’un gars de la rue qui était dans un état épouvantable. Il l’avait emmené dans les salles paroissiales, l’avait dégrisé, douché, rhabillé et ils étaient revenus. Ça m’avait énormément marqué de voir ces charités concrètes, invisibles mais qui portent la communauté. Je me rappelle du KT du mercredi avec Michel Gueguen et Antoine d’Augustin. La vie communautaire était forte de belles personnalités qui me réjouissaient pour l’Eglise. La personnalité de Michel Cailles était très attachante et très rassurante, décomplexante. Ça faisait du bien d’avoir des figures de prêtre avec des personnalité très libres et si variées. »

Propos recueillis par Philippe Th.


P. Philippe Néouze, aumônier général au collège Stanislas

On se souvient de son large sourire et de son enthousiasme communicatif. Déjà charismatique (il avait été choisi, avec Maxime Deurbergue, futur vicaire à Saint-Denys, pour tourner dans « Au nom du Père », un documentaire sur trois séminaristes de et avec Virginie Ledoyen). On n'est donc pas surpris de le retrouver seize ans après aumônier général à Stanislas (4000 élèves !). De sa « rentrée » en 2007 à sa « sortie » en 2009, Philippe se remémore une période dont l'exigence sur le plan des études était tempérée par la présence en paroisse. « Deux découvertes pour moi, importantes et fondatrices. Un temps d'enracinement qui a confronté mon désir personnel d'être prêtre à des réalités. Je me suis senti chez moi, à ma juste place. Et pour le quotidien de la Maison, un temps de grâce dans la vie fraternelle avec Jérémy, Arnaud, Michael... Et Paul Quinson, pour moi une figure marquante ! C'est à lui que j'ai demandé de remettre ma chasuble lors de mon ordination. » A Saint-Denys, Philippe s'est occupé des servants d'autel et du groupe JMJ, qu'il a accompagné à Sidney. « Extraordinaire expérience ! » Sa relecture de ces deux très belles années reflète pour lui la bonne idée de Lustiger : « La respiration entre l'étude et la paroisse, qui en fait découvrir toutes les facettes et comble le besoin de voir des gens, dans leur diversité. On a l'impression de faire partie de leur famille. Un lieu où on célèbre la fête liturgique... et où on fait la fête ! On a beaucoup chanté, sous la direction de Jacques Gouband. L'animation de la Semaine Sainte reste l'un de mes meilleurs souvenirs ! »

Propos recueillis par Marie-Christine Delacroix


P. Louis-Marie Drago, vicaire à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou :

« Pendant les deux premières années de séminaire, notre lien à la paroisse est très particulier. C’était la première fois que j’habitais dans une paroisse ! J’ai compris à quel point c’est une famille. On a l’impression que les gens sont chez eux à Saint-Denys et qu’ils nous accueillent. On les rencontre souvent dans la rue, ou au presbytère, comme Jean-Marie et Marie-Hélène. Mon souvenir le plus marquant reste le confinement. C’était très particulier de vivre tous ces offices sans personne. Nous étions comme au monastère : une communauté très soudée dans la prière pour ceux qui ne sont pas là avec nous... Le père Tardy avait décrété deux films par semaine avec apéro. Mais quel film ? Cela entraînait de grandes discussions. C’était le fruit d’un discernement : que faut-il changer dans notre mode de vie pour que tout aille pour le mieux ? Et cela a bien resserré nos liens. L’ambiance dans la Maison était fraternelle. J’ai un bon souvenir des petits déjeuners avec les paroissiens. Les paroissiens entrent ainsi dans la Maison du séminaire. Le lien est très fort et renforce notre proximité avec eux. Et puis, c’est une paroisse d’élection : on sent que les gens choisissent de venir à la messe là, aussi parce que c’est une Maison. C’est là que j’ai créé le plus de liens avec des paroissiens. »

Propos recueillis par Dominique Th.


Guillaume de Coincy, diacre à Notre-Dame-de-la-Gare :

« En 1ère et 2ème année, les séminaristes, en paroisse, sont vraiment comme dans un cocon. Ils forment un corps qui est familier aux paroissiens. C’est plus facile : on n’est pas le seul, l’unique, celui que l’on regarde. A Saint-Denys, j’ai le souvenir que nous étions très choyés par les paroissien(ne)s, régalés de gâteaux et de chocolats. Isabelle W. avait une boîte « spécial cookies » pour nous. Je me souviens aussi de Jacqueline, qui préparait les repas Alpha dans de grosses marmites. J’y ai vécu le changement de père de Maison, qui était aussi un changement de style ! Le père François est organisé. On a repeint le salon de la Maison, embelli par un tapis offert par un marchand juif, quitte à verser de la peinture sur la vaisselle. Nous avons aussi vécu la période Covid, avec les cours à distance dans la bibliothèque. C’était une période triste et difficile car on voyait moins les paroissiens et que nous étions toujours un peu les uns sur les autres, confinés en bibliothèque. La Maison Saint-Denys, c’est aussi génial pour faire de la musique, jouer de l’orgue avec Thierry. C’est chaleureux d’être en paroisse ensemble, de s’intégrer ensemble. »

Propos recueillis par Dominique Th.

99 anciens séminaristes de Saint-Denys ordonnés prêtres en 40 ans

Anciens séminaristes ordonnés prêtres en 40 ans :

 Alain Noël Gentil ; Juglio Pélissier ; Xavier Ley ; Hervé Géniteau ; André-Marie Ponnou-Delaffon ; William Jean de Vandière ; Franck Souron ; Hubert Vallet ; Stéphane Gravereau ; Benoît Lemoine ; Arnault Menettrier ; Laurent Cros ; Philippe Pignel ; Arnaud Bancon ; Pascal Gonin ; Xavier Snoëk ; Benoist de Sinéty ; Fabrice Varangot ; Emmanuel Végnant ; Denis Dupont-Fauville ; Gilles de Raucourt ; Jean-Baptiste de Barmon ; Jean-Philippe Fabre ; Frédéric Louzeau ; Antoine Vairon ; Emmanuel de Valicourt ; Matthieu Villemot ; Philippe Delaby ; Jacques-Henri Justeau ;  Alain Christian Leraître ; Stéphane Bentz ; Emmanuel Coquet ; Gaël Cornefert ; Augustin Deneck ; Édouard Ducamps ; Frédéric Mounier ; Armel d’Harcourt ; Benoît Gérardin ; Emmanuel Petit ; Alexandre Denis ; Christian Lancrey-Javal ; Gabriel Sampré ; Michel Bernard ; Benoît Lhomme-Ducret ; Benoît Strebler ; Henri Châtelet ; Cyril Gordien ; François-Xavier Desgrange ; Alexis de Monts ; Vincent Thiallier ; Antoine Germain ; Etienne Grenet ; Christophe de Lussy ; Fabrice Douerin ; Nicolas Troussel ; Enguerrand de Belabre ; Laurent Icard ; Nicolas Van der Maelen ; Stéphane Mayor ; Luc Reydel ; Derek Friedle ; Alexandre Comte ; Jérémy Rigaux ; Cyrille Novi ; Arnaud Mougin ; Philippe Néouze ; Pierre The Anh ; Quentin Lamy ; Michaël Faure ; Yannick Soufflet ; Arnaud Nicolas ; Narsay Soleil ; Stanislas Manuel ; Paul Chen ; Charles de Geoffre ; Bruno de Mas-Latrie ; Charles-Antoine Fogielman ; Timothée du Moulin ; Grégoire de Lambilly ; Jean-Jacques Beugré ; Philippe Cazala ; Martin de Laubadère ; Stéphane de Spéville ; Sébastien Sorgues ; Simon Fornier de Violet ; Guillaume Leclercq ; Thinh N’guyen ; Paul Ngo ; Benoît Stemler ; Paul Grassart ; Louis de Frémont ; Baptiste Javaloyes ; Henri Thin ; Paul de Fouquières ; Antoine Delhomme ; Louis-Marie Drago ; Jason Nioka ; Edouard de Corainville et Jérôme Zeren.

Ordonnés diacres cette année en vue du sacerdoce : Guillaume de Coincy et Martin Grangé.

Les médaillés des 40 ans : Antoinette et Claude



« Notre premier contact avec Saint-Denys remonte à 1978. Nous étions venus demander un certificat de baptême hors paroisse pour notre fille Virginie qui a 46 ans aujourd’hui ! C’était bien avant l’ouverture du séminaire de Paris… », se souvient Antoinette. « Nous habitions déjà boulevard Richard-Lenoir, sur le territoire de la paroisse donc, mais nous ne l’avons fréquentée régulièrement qu’à l’arrivée du père Chatillon qui lui a redonné vie », complète son mari, Claude. Au fil des ans, ce couple uni et généreux – elle, éducatrice spécialisée pour l’enfance inadaptée puis kinésithérapeute et lui, médecin -, multiplie les engagements. « Le père Chatillon nous a demandé de nous occuper du stand de la brocante aux JAM. Quarante ans plus tard, nous en sommes toujours responsables ! », confie en souriant Antoinette, qui cette année encore a coordonné une équipe de bénévoles. Puis le père Vallet, vicaire à Saint-Denys, propose à Claude d’être accompagnateur de catéchumènes. Très vite Antoinette le rejoint et ce, pendant plus de vingt ans. La retraite venue, tous deux effectuent des permanences dans l’église – un accueil qu’Antoinette assure encore tous les mardis. Claude s’investit par ailleurs aux côtés des migrants, comme bénévole à Médecins du Monde, aux côtés des SDF sur la péniche des Restos du Cœur et auprès des personnes isolées à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. Quant à Antoinette, elle assure le catéchisme en 6è et 5è au collège Charles-Péguy et ce, pendant sept ans... Ce couple très discret n’en demeure pas moins étonné de recevoir, le 22 novembre prochain, la médaille du mérite diocésain. « Tant d’autres paroissiens la méritent plus que nous ! », s’exclament-ils en citant des noms, parmi lesquels leurs chers amis Viviane et Frank A.. Tous deux évoquent enfin avec nostalgie les voyages paroissiaux à l’étranger (Égypte, Israël, Turquie, Italie), qui leur ont permis de créer des liens forts avec la communauté. « On est très attachés à Saint-Denys. C’est un peu notre famille », conclut Claude qui salue la présence réjouissante des séminaristes et « les très bons curés » qui se sont succédés. 
Propos recueillis par Sylvie H.                                 

Saint-Germain-l’Auxerrois : enfin une église pour le séminaire de Paris !


P. Paul Quinson, recteur du séminaire de Paris :
 

« Installer le séminaire de Paris à Saint-Germain-l’Auxerrois est un projet ancien, mais en suspens depuis l’incendie de Notre-Dame, qui avait obligé à transférer la liturgie de la cathédrale à Saint-Germain-l’Auxerrois, une église à la fois proche et disponible, parce que vidée de toute vie paroissiale. En septembre 2023, quand je suis nommé recteur du séminaire, la question est relancée. Un comité de pilotage est constitué, composé de six formateurs du séminaire, qui travaille pendant un an et demi. Le 6 juin, le projet est enfin présenté à l’archevêque, lors d’un conseil épiscopal, qui le valide. 

Trois axes ont été retenus :

1- Saint-Germain-l’Auxerrois devient l’église du séminaire, cessant d’être une église paroissiale. (Le séminaire est d’ailleurs déjà installé dans le presbytère, qui abrite le rectorat, le secrétariat général, et une Maison... que j’avais ouverte en 2000 en tant que responsable ! De plus, tous les jeudis, les séminaristes de Paris y viennent à la messe de 12h30 avant de déjeuner ensemble.)

2- Saint-Germain-l’Auxerrois devient une Maison des vocations. (Pourrait-on dire un « sanctuaire » ?)

3- Saint-Germain-l’Auxerrois propose une pastorale orientée vers les touristes qui, sortant du Louvre, entrent régulièrement dans l’église à toute heure. (Le projet pharaonique d’une sortie sous la Cour carrée renforcera encore cette fréquentation.)

Ce sera un lieu d’évènements : soirée Vocations pour les Cendres, concert spirituel autour de saint François d’Assise, nuit de prière la veille des ordinations, etc. J’ai aussi le rêve d’un aménagement de l’église centré sur les vocations, comme la mise en valeur du double patronage de saint Germain et sainte Geneviève, dont une peinture rappelle la rencontre, symbole de l’église dans sa dimension à la fois sacerdotale et charismatique. Bref, un projet exaltant porté par une fraternité de 13 personnes, laïques, prêtres et consacrées, qui, à l’occasion des 40 ans du séminaire, offre la perspective d’une nouvelle page à écrire... »

Propos recueillis par Dominique Th.           

                                      

Nos séminaristes... togolais ! Le parrainage continue...

Le père Alfred Pignan, curé de Saint-Joseph à Kaboli (Togo), entouré des séminaristes issus de sa paroisse. 

Ils s’appellent Léonard, Rodrigue, Jacques…, tous séminaristes dans le diocèse de Sokodé, au nord du Togo. L’an dernier, notre paroisse a pris en charge une partie du coût de la formation de dix d’entre eux issus de la paroisse du père Alfred Pignan, qui assure tous les étés une permanence à Saint-Denys. Nous continuerons à les aider cette année ! D’autant que faute de moyens pour les nourrir, l’an dernier, le séminaire a dû renvoyer chez eux ses étudiants un mois plus tôt que prévu. De ce fait, la pension d’un séminariste est désormais de 230 € par an (contre 33 000 € en France). Issus de familles modestes, ces jeunes ont besoin de notre soutien. Pour parrainer un séminariste togolais, il vous suffit de remettre à l’accueil ou au secrétariat un chèque (à l’ordre la paroisse Saint-Denys) dans une enveloppe, en indiquant « Séminaire de Sokodé ». 

Témoignages : 

Nicodème W., 19 ans, en 1è année (au premier rang, 2è à g. sur la photo) : « Je suis issu d’une famille monogame. Mon père est agriculteur et ma mère ménagère. Je suis l’aîné de six enfants, avec deux frères et trois sœurs. Je viens d’avoir mon bac et j’entre cette année au séminaire. J’ai ressenti l’appel quand j’étais en CM1 en observant un jeune prêtre, Pascal A., dont la vie reposait sur le Christ. Mon projet est de conformer moi aussi ma vie à celle du Christ. Chers paroissiens de Saint-Denys, recevez mes chaleureuses salutations. Que le Seigneur vous bénisse ! »

Léonard B., 20 ans, en 2è année (à la gauche du père Alfred sur la photo) : « Je suis issu d’une famille modeste de cinq enfants et mon père est agriculteur. J’ai ressenti le désir d’être prêtre en 5è. Cet appel a été plus ardent en 2018 quand je suis devenu enfant de chœur, puis quand j’ai intégré le groupe vocationnel de ma paroisse en 2020. C’est ainsi que j’ai écouté la voix du Seigneur qui m’appelle à le servir à l’autel et auprès de mes frères et sœurs. Grâce à l’accompagnement de mon curé, le père Alfred Pignan, j’ai intégré le séminaire après mon bac et je viens d’entrer en 2è année de philosophie. Je projette cette année de travailler avec ardeur pour obtenir de meilleurs résultats, tout en me lançant dans l’apiculture pour avoir un petit revenu. A vous tous, chers paroissiens de Saint-Denys, j’adresse mes plus sincères remerciements pour votre générosité à mon égard. »


mercredi, novembre 12, 2025

Football : coupe de la victoire pour nos séminaristes !

Les 5 maisons du séminaire, Saint-Denys, Saint-Louis, Saint-Bernard, Saint-Germain et Saint-Séverin, se sont affrontées ce mercredi au football sur les terrains du patronage du Bon-Conseil.

Et Saint-Denys a gagné ! (Il paraît que ce n'était pas arrivé depuis longtemps...)

Bravo à nos séminaristes ! Ce sont des champions ! (Euh... L'entraîneur, c'était le père Thibaut ?)



samedi, septembre 20, 2025

Ordination diaconale de Guillaume à ND-de-la-Gare

 Louez, serviteurs du Seigneur, louez le nom du Seigneur ! (Ps. 112)















La rentrée des séminaristes 2025


 

Aux anciens : Que dire de cette première année de séminaire? As-tu changé ?

Etienne R., 23 ans : « Changé ? Je ne sais pas... Je peux dire que c’était très intéressant de nouer des liens au sein de la paroisse pendant un an et de vivre ensemble la liturgie dominicale. C’est une petite paroisse, mais tout le monde se connaît ; il y a une ambiance missionnaire, familiale aussi.   Avec les CM1, c’était très chouette de les préparer à la première communion. Il n’est pas toujours évident de les gérer, ces enfants, mais ils ont une vraie compréhension intérieure du Christ. A la Maison, il y avait une bonne ambiance, fraternelle. En revanche, cela a été assez pénible de reprendre les études ! Pendant l’été, j’étais à l’aumônerie à l’hôpital, aux soins palliatifs. C’était intense. Notre présence était importante pour certains malades et leurs familles. »

Etienne sera chargé cette année du catéchuménat et de la préparation des 40 ans du séminaire.                                                                                                                                          

Jean-Victor J., 27 ans : « Changé ? Oui, je pense que j’ai grandi et j’ai beaucoup appris par mes camarades de Maison, qui sont un élément central de mon épanouissement, à la fois personnel et dans la communauté. Ce fut l’une de mes plus grandes joies : vivre en Maison. La vie paroissiale aussi, que ce soit à travers les rencontres avec les paroissiens ou avec les scouts, dont je vais encore m’occuper cette année ! C’était une demande de ma part. Un engagement de deux ans est nécessaire pour approfondir les liens créés, en particulier avec les Aînés. Aux Bernardins, c’était pour moi un monde assez nouveau, j’avais moins de connaissances que certains de mes camarades. Une grande découverte, pas toujours facile ! (Il faut un certain niveau intellectuel...) Mais il y a une grande entraide entre séminaristes. Un temps fort de cette année ? Les JAM ! C’est fatiguant, mais j’ai été très impressionné de voir toute cette organisation. Et on y rencontre un peu tout le monde ! Il y avait aussi un côté « passation » avec les anciens. Un autre moment fort : la maraude de Noël. L’aspect charitable d’une paroisse me tient beaucoup à cœur. Je suis dans la joie de pouvoir passer une nouvelle année à Saint-Denys. Et puis, Etienne et moi avons une petite responsabilité envers les nouveaux, qui m’ont l’air très débrouillards ! »

Jean-Victor sera chargé cette année du scoutisme et des servants d’autel.


Aux nouveaux : Que souhaites-tu dire de toi-même et de ta vocation ?

Grégoire C., 24 ans : « Troisième d’une famille catholique de 5 enfants (déjà plusieurs fois oncle !), j’ai grandi baigné dans une atmosphère de prière. Mon papa ingénieur ayant été souvent muté entre la Normandie et Pau, où je suis né, j’ai toujours cherché à m’engager dans les paroisses que j’ai connues et j’ai fait mes études dans des écoles dominicaines. A Paris, j’ai achevé mes études de droit, avec un M2 en droit pénal (à l’université Panthéon-Assas). J’ai été tenté ensuite par le concours de la magistrature (ENM), mais pendant ma prépa, l’idée d’une Propédeutique l’a emporté et je suis entré à MSA (Maison Saint-Augustin). Ma vocation ? Cela a été quelque chose de très progressif ; une vocation nourrie par la famille (nous avons toujours prié ensemble pour les vocations), par le scoutisme, le service de l’autel. Le sacerdoce a toujours été pour moi une possibilité. Pendant mes études, la question revenait avec insistance. J’ai commencé à discerner et à réfléchir à l’importance de cette question en tant que chrétien. En Master, j’ai pris conscience de la nécessité de choisir le Christ et de le mettre au centre de ma vie. Il me fallait déterminer mes priorités : les études passaient après... Ma famille me porte dans la prière : j’ai vraiment de la chance. » Un mot pour les paroissiens ? « Je suis très heureux de découvrir Saint-Denys : j’espère m’intégrer dans sa dynamique de prière. »

Grégoire sera chargé cette année du KT CE2 à Charles Péguy et d’un nouveau groupe destiné aux 15-20 ans, « Dîner et s’édifier », créé à l’initiative de trois servants d’autel.


Charles M., 21 ans, Parisien, aîné d’une famille de trois enfants, a fait ses études au lycée jésuite Saint-Louis–de-Gonzague puis une prépa littéraire (khâgne, hypokhâgne) avant d’entrer directement en « Propé ». « Ma vocation religieuse est d’abord héritière d’une vocation militaire. Le Bataclan m’a beaucoup touché. J’avais 11 ans. J’étais assis dans le canapé et je subissais le fait que je ne pouvais rien faire. Dès lors, j’ai voulu servir, m’engager. Je voulais faire Saint-Cyr, d’où la prépa, nécessaire pour y entrer. C’est en Terminale que je suis devenu croyant et pratiquant, mais j’avais déjà en tête une structure de valeurs, quelque chose de construit, pour ma vie. Cela me menait à l’armée, et finalement le Christ est en devenu la clef de voûte. Un de mes amis en prépa m’a confié qu’il voulait être prêtre. Une belle amitié fondée sur le Christ. Le discernement est un chemin de paix et de joie. Je suis donc entré à la MSA, et me voici à Saint-Denys, sur le territoire paroissial du Bataclan : peut-être un clin d’œil... » Un mot pour les paroissiens ? « Une de mes grandes joies de cette année, c’est de découvrir une vie de paroisse. C’est ma première fois. L’accueil a été génial : j’ai déjà été invité chez des paroissiens ! »

Charles sera chargé cette année de l’Aumônerie du Marais.

 

Jean-Paul K., 21 ans, Chaldéen, a grandi dans la banlieue parisienne, au sein d’une famille de 5 enfants, et obtenu un BTS en comptabilité Gestion, ce qui lui a permis de travailler un an en cabinet comptable. « Ces deux dernières années, j’ai donné des cours de KT, j’ai fait l’aumônerie dans ma paroisse de Sarcelles, au sein de l’Eglise chaldéenne, et donné des cours de chaldéen aux enfants et aux adultes. Dans la famille, on est très impliqué dans notre paroisse. Les pères Jérôme et Narsay ? C’est la famille ! C’est des cousins !*  J’ai toujours voulu être le « tournevis de Dieu », Son outil. Dès ma 6ème, j’avais déjà tout planifié : mes études, mon BTS... sauf ma vocation, qui est venue il y a cinq ans. A la suite de témoignages, de rencontres, cette vocation a grandi et voilà ! Après la MSA, Saint-Denys. » Un mot pour les paroissiens ? « Si cela ne vous embête pas, récitez deux ou trois Je vous salue Marie pour les séminaristes ! »

Jean-Paul sera chargé cette année du KT CE2 et du Parcours Alpha avec Valentin.

* On se souvient de nos deux anciens séminaristes chaldéens...


Joseph Duc Nguyen D., 29 ans, Vietnamien, est en France depuis un peu plus d’un an, envoyé par le diocèse de Phan Thiet pour être séminariste pour le diocèse de Reims, où, une fois ordonné, il devra servir comme prêtre entre 5 et 10 ans avant de rentrer au Vietnam. « J’ai appris le français pendant 4 mois au Vietnam, puis je suis venu en France en décembre 2023 pour continuer à l’étudier. Mes parents sont agriculteurs, catholiques. J’ai 2 frères et 1 sœur. Avant le séminaire, j’ai appris le sport, le football, à l’université à Ho Chi Minh. Je voulais devenir professeur de sport. Mais j’ai quitté l’université après 3 ans pour suivre ma vocation, que j’avais depuis mes 18 ans. J’avais alors passé un examen pour entrer au petit séminaire mais j’ai raté ! Après un an d’université, j’ai repassé l’examen et j’ai raté une deuxième fois ! Et en 2017, j’ai réussi. Je suis allé au petit séminaire pendant 3 ans. Après, j’ai été envoyé au séminaire Saint-Joseph de Saïgon pour apprendre la philosophie. Trois ans. Puis j’ai été envoyé à Paris. » Pour voir sa famille, car la séparation est douloureuse, Joseph peut aller au Vietnam tous les deux ans. Entre-temps, il a la possibilité de les contacter par visio, ce qui est une chance ! « Le plus difficile, c’est la langue et la culture, surtout à table. La nourriture. Dans la paroisse, je connais déjà M. et H., qui m’ont invité. Ils sont très gentils. Nous avons prié et dîné ensemble. »

Cette année, Joseph ira à la Sorbonne perfectionner son français... qui est déjà incroyablement bon ! Bravo.

 

Thomas D.-O., 21 ans, est Gapençais (comme notre ancien séminariste Foucauld qu’il a connu enfant !), de père militaire et de mère kiné, benjamin d’une fratrie de trois enfants. Il a déménagé dans sa jeunesse en raison du travail de son père, à Grenoble, à Bordeaux, puis est arrivé l’an dernier à Paris pour entrer en Propédeutique. Il a obtenu un BTS Vin Bière et Spiritueux (!) près de Bordeaux, où il a travaillé en alternance. « Jeune, j’ai eu la chance de côtoyer des prêtres. A Gap, on allait skier ensemble. Je me souviens d’une fiche scolaire, en primaire, où on devait écrire ce que nous aimerions faire plus tard. J’avais répondu : « prêtre ou militaire (dans ma tête d’enfant, chasseur alpin). » Puis au collège, la question de la vocation s’est estompée. Je rêvais d’une belle carrière militaire ; j’avais été élevé dans l’amour de Dieu et de la France. En 3ème, en raison du scoutisme, j’avais dû prendre un « père spi » pour avoir la « progression Raider » (sorte de diplôme). Il m’a posé la question de la vocation et cela m’a redonné du grain à moudre. Cette question de la vocation s’est vraiment construite spirituellement pendant mes années lycée à Bordeaux, chez les Jésuites, alors que je préparais dans le même temps les concours pour l’Ecole Militaire de Haute Montagne. J’ai choisi le séminaire mais j’ai aussi décidé, sur les conseils de mes parents et de mes « pères spi », de faire des études pour ne pas y entrer trop jeune. J’ai donc fait des études courtes, dans un milieu intéressant et original ! Les années BTS ont été des années de discernement dans le dur du sujet, avec des hauts et des bas. Puis je suis entré à la MSA, avec le père Roger, pour le diocèse aux armées. Ma vocation est de servir ceux qui servent. D’apporter le Christ là où il semblerait qu’Il ne serait pas, là où la mort est omniprésente. » Un mot pour les paroissiens ? « J’arrive avec une grande joie dans cette paroisse. J’ai sincèrement hâte d’entrer dans la vie paroissiale et de servir les paroissiens. Je les porte dans mes prières et je me recommande aux leurs. »

Thomas sera chargé cette année du KT à Sainte-Geneviève et du Groupe biblique.

 

Valentin L., 29 ans, Parisien, a grandi dans une famille de tradition catholique non pratiquante, il est l’aîné de trois enfants. Il a fait ses études à l’Ecole Normale Catholique (Blomet), jusqu’à ce qu’en Première, il parte pour New York avec sa famille, où il termine sa scolarité dans une école internationale. Il rejoint ensuite Montréal et fait à Mac Gill un Bachelor Commerce et Informatique, ce qui lui permet de partir une année à Singapour pour des échanges universitaires. De retour en France en 2019, il entre à l’ESSEC où il obtient un Master de Management. Il entre ensuite dans le monde du travail, en tant que conseil en stratégie au BCG à Paris. Après deux ans au sein de ce « milieu ultra capitaliste, une transition était nécessaire » : durant 6 mois, Valentin va œuvrer pour l’ass. Aux captifs la libération avant d’entrer en Propédeutique. « Ma vocation est le fruit d’une longue rencontre avec Dieu. J’ai reçu les sacrements à l’école, mais c’est surtout le scoutisme qui a beaucoup joué dans le développement de ma foi, car j’ai été scout de 8 à 25 ans, sur tous les continents, Europe, Amérique, Asie ! Il y a eu aussi les FRAT en Troisième-Seconde et les JMJ de Cracovie en 2016. Devenu chef scout, s’est posée la question de la transmission. Mais le discernement a vraiment commencé à la fin du scoutisme. Le Seigneur m’a dit : « Tu n’as pas tranché la question de la vocation et je veux que tu te la poses. » Cela m’a conduit à Even, à Saint-Germain-des-Prés, en 2022, où j’ai commencé une réflexion sur la vocation, en faisant le point sur ma vie. Au fur et à mesure que l’année passait, le Seigneur écartait mes doutes, jusqu’à ce que, à Pâques 2023, mon cœur soit enfin disponible pour accueillir la vocation. J’ai vécu à ce moment-là une rencontre très forte avec Jésus, des expériences spirituelles profondes liées à l’Evangile et aux chants de l’Offertoire et de l’Adoration. J’en ai parlé pour la première fois à un prêtre et j’ai rejoint les équipes Saint-Denys du service des vocations, commençant un accompagnement spirituel qui m’a mené à la MSA en 2024. » Un mot pour les paroissiens ? « J’ai hâte de les connaître davantage et de les rencontrer personnellement. »

Valentin sera chargé cette année du KT CM1 et du Parcours Alpha avec Jean-Paul. 

 

Daniel D., 32 ans, Chaldéen, n’est ni tout à fait un « nouveau » ni tout à fait un « ancien » : il était déjà séminariste en 1ère année à Saint-Denys en 2021-22, avec le père Roger. Puis il avait quitté le séminaire : « Je ne sentais plus le feu que j’avais initialement pour la vocation sacerdotale, mais je garde un très bon souvenir de mes années de séminaire. J’ai repris mon boulot de contrôleur de gestion puis, étant en charge de mon père, je me suis rapproché de chez moi et j’ai travaillé comme comptable. Entre 2022 et aujourd’hui, je suis resté au service de ma paroisse, à Sarcelles, en tant qu’animateur d’un groupe de jeunes de 18 à 23 ans appelé Talmida, c’est-à-dire « Disciple ». Il s’agit de les faire passer d’une foi reçue à une foi personnelle, avec beaucoup d’actions de solidarité, de prières, des pèlerinages. La question du sacerdoce continuait de traîner dans un coin de ma tête. Je la rejetais, elle revenait. Après quatre ans, le fruit est peut-être mûr ! Je suis très content d’être à nouveau à Saint-Denys, pour un an seulement, car je suis en 2ème année. Cela me permet de reprendre le rythme assez vite, sans avoir à me réadapter trop longtemps. Et je connaissais déjà le père François qui était à la MSA ! Et le père Thibaut, arrivé en même temps que moi. Je suis donc revenu assez naturellement et je retrouve une chambre quasi identique ! »

« Je suis ravi d’être de retour parmi vous et j’espère vivre encore de très belles choses ici cette année ! »

Daniel sera chargé cette année du KT CM2 et du Ciné Pizza.

Propos recueillis par DTh


 

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