Le Petit Cephalophore

jeudi, avril 01, 2021

Le père Roger nous quitte !


A l'issue de la messe de ce Jeudi Saint,
le père Roger nous a annoncé son prochain départ
pour la Maison Saint-Augustin,
dont il sera le Supérieur.
Il a été longuement applaudi pour ces neuf ans passés à notre service,
par des paroissiens tout chagrins.

Et non : ce n'est pas un poisson d'avril...

Message du père Roger :

Chers paroissiens,

J'écris par mail pour tous ceux qui n’auront pas pu, par l’éloignement ou d’autres contraintes nous rejoindre à l’office de la Cène.

Après neuf ans de bonheur à la paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement, Mgr Aupetit me nomme supérieur de la Maison Saint-Augustin.(https://www.paris.catholique.fr/la-maison-saint-augustin-une.html) à partir du 1er septembre prochain. Comme vous le savez, c’est la maison qui se situe désormais rue de Picpus, dans le 12eme arrondissement où, chaque année, entre 15 et 25 jeunes hommes fondent leur vie spirituelle, avant d’entrer au séminaire proprement dit. Ils y poursuivent également leur discernement de l’appel de Dieu.
C’est une belle mission mais exigeante.

Je serai remplacé à Saint-Denys comme curé par le P. François Lainé, actuellement curé de la paroisse voisine Saint-Antoine des Quinze-Vingt. (https://www.saqv.fr/spip.php?rubrique3)

Si vous voulez garder dans un coin la date du dimanche 27 juin, nous pourrions faire une messe de clôture de l’année un peu « especiale »  ?

Je vous adresse déjà à vous tous et à toute la paroisse l’expression de ma gratitude pour ces merveilleuses années passées à Saint-Denys avec vous.
Et je compte bien ne pas me tourner les pouces d’ici septembre,

Un petit encouragement spécial à toutes les familles et toutes les personnes perturbées par les nouvelles mesures de confinement annoncées mercredi soir,

Bien fraternellement à vous tous,
P. Roger

mardi, mars 30, 2021

L'édito du père Tardy. Avril 2021

L’œuf ou la poule ? 

Qu’est-ce qui est premier ? Eternelle question, jamais tranchée.

En ce temps de Pâques, qui n’a vu fleurir sur les devantures des chocolatiers (qui font partie très heureusement des commerces « essentiels ») des poules et des œufs de toutes tailles, de toutes couleurs… et à tous les prix !

L’œuf, nous le savons, a toujours été associé à Pâques car il représente ce qui porte en lui une vie cachée ; l’œuf est une promesse sur le point d’être tenue.  Fabergé a su en faire des œuvres d’art, les enfants du caté aussi. En ce qui concerne la poule, le lien avec l’évangile est moins net.

Et pourtant, Jésus se compare lui-même à une poule soucieuse de ses poussins : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! ». La poule exprime l’amour maternel de Dieu pour son peuple récalcitrant.

Dans l’évangile de Jean, c’est davantage l’image masculine du berger qui rassemble ses brebis en un seul pâturage. Mais Luc mentionne cette souffrance si humaine de ne pas y arriver : combien de fois ai-je voulu… et cela n’a pas marché ! Le Seigneur a-t-il vécu cela comme une sorte d’échec ?

La Résurrection est bien sûr une éclosion et une victoire, mais marquée aussi par cette douleur de l’enfantement ressentie par le Christ.

Aujourd’hui, justement, il nous est donné dans notre contexte sanitaire de vivre à la fois la joie de Pâques, et la tristesse de n’être pas tout à fait réunis.

Ce numéro du Petit Céphalophore veut vous donner à la parole, vous rendre hommage aussi, à vous tous qui avez dû vivre bon an mal an cette année paradoxale.

Que cette fête de Pâques fasse retentir cette promesse du psaume: « Il te couvrira de ses ailes et tu trouveras un refuge sous son plumage. » (Ps 90) 

Père Roger Tardy 


En ces temps difficiles, rendre compte de notre Espérance

 Joan 

« Le Mercredi des Cendres, devant le carême qui s’annonçait, j’ai poussé un gros soupir. Double peine, me suis-je dit. On est en pleine restriction et il faut encore enchaîner avec le carême ! Mais par la suite, en y réfléchissant, j’ai trouvé que cet isolement, imposé depuis un an, avait vidé un espace intérieur, pour permettre de mieux se préparer à un cœur à cœur avec le Seigneur au désert. Le dépouillement a mis en lumière ce qui m’éloignait du Seigneur et une juste connaissance de moi-même : quel programme ! Cette année les circonstances si particulières rendent la marche vers Pâques unique et intense.  Il me semble que nous aurons traversé cette période mûris et grandis dans l’acceptation et l’amour. Nous résistons tous, avec Lui et en Lui. Comme le dit le Psaume : « Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur ! » Nous en sortirons plus unis et davantage fraternels, parce que le carême, vécu dans le confinement, nous éclaire. Nos défauts et mêmes nos péchés peuvent devenir des points d’appui, les plus solides, pour nous jeter dans les bras de Dieu.  Nous entendons ce rappel à mettre les pauvres à la première place, car nous recevons d’eux d’être nous-mêmes en vérité, frères et sœurs s’entraidant sur le chemin. Le Seigneur prépare nos cœurs à l’accueillir avec joie et confiance prêtent à ressusciter tous avec Lui et en Lui.  Alléluia ! » 

Propos recueillis par Dominique T. 


 Sylvie

« Insidieusement, l’acédie nous guette au fil des jours ternes qui se succèdent puisque nous sommes privés de tout ce qui nous rend heureux : les réunions familiales, les sorties au restaurant avec des amis, les soirées au cinéma, les voyages qui ressourcent… et même les journées au bureau !

Aussi, quand le découragement me saisit à mon tour, je repense à Etty Hillesum, cette jeune Hollandaise d’origine juive qui éprouvait une joie indicible en contemplant le printemps qui arrivait dans le camp de Westerbork, où elle avait choisi de rejoindre les siens, avant d'être déportée à Auschwitz. Dans son journal, Une vie bouleversée, elle écrit : « Un puits très profond est en moi. Et Dieu est dans ce puits. Parfois, j’arrive à le rejoindre, le plus souvent la pierre et le sable le recouvrent : alors Dieu est enterré. Il faut à nouveau le déterrer ». Etty réussit à trouver Dieu « au beau milieu de la grande tragédie du xxe siècle, la Shoah (…) et elle se transforme en une femme pleine d’amour et de paix intérieure », note Benoît XVI. N’est-ce pas là le défi qui nous est lancé en ces temps de pandémie ?

Le Christ nous convie avec la Samaritaine au bord de ce puits et nous fait cette magnifique promesse : « …celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » (Jn 4,14) L’espérance, pour nous chrétiens, est avant tout une attitude d’un cœur habité par la présence de Jésus. Et pour le retrouver, c’est simple : il suffit d’ouvrir l’évangile… »


Floris

Floris, dont les paroissiens connaissent l’engagement qui fut le sien auprès des Éclaireurs du groupe scout de Saint-Denys, est parti en septembre 2020 à Grenade (Andalousie), afin de poursuivre son Master d’ingénieur-architecte en Erasmus. « A peine arrivé, après trois semaines dont une seule de cours », il allait découvrir « le confinement à l’espagnole ». Entre clusters en résidences étudiantes et apprentissage de la solitude, Floris découvre « une paroisse d’adoption » et la communauté des Petites sœurs de l’Agneau, pauvres et mendiantes dans les pas de saint Dominique et de saint François. Floris marche à leurs côtés à la rencontre des plus pauvres lors d’une maraude hebdomadaire.  « Cette période m’a permis d’expérimenter qu’un ermite ne devient pas fou parce qu’il est en relation avec Dieu. Pour moi évidemment, cette situation vécue dans ma chambre d’étudiant était plus subie que choisie, mais j’ai eu l’impression de me nourrir de la même manière de ma relation à Dieu. » Une période qui permettait aussi « de se réapproprier l’espace et le temps, dans l’écoute quotidienne des 3 minutes de prière et méditation que notre ancien vicaire de Saint-Denys, le père Maxime, proposait via un groupe WhatsApp très suivi ». Cette période a permis à Floris de faire de belles et fortes rencontres avec des fidèles laïcs engagés et de nouer des amitiés durables, comme avec ce jeune couple italo-espagnol qui redonnait vie à un monastère cistercien quand tant d’églises avaient refermé leurs portes. « L’avenir ? Maintenant que je suis de retour à Paris, je crois que cette pandémie va nous amener à repenser notre relation au voisinage, à notre environnement, et ce cadeau d’une église aux portes grandes ouvertes ».

Propos recueillis par PhTh 


Pierre

« L’espérance et le renouveau me font immédiatement penser à mon propre parcours de croyant. J’ai reçu un enseignement religieux lorsque j’étais enfant, mais ensuite, j’ai éprouvé une certaine indifférence vis-à-vis de l’Église. Ma foi a sans doute suivi des chemins détournés… Car, il y a tout juste deux ans, lors de la fête des Rameaux, je me suis senti interpellé par le Christ. Ce retour à Lui, je l’apparente à une quête et aussi à un recentrage intérieur. Beaucoup d’aspects de mon intériorité étaient épars, dispersés en moi… Le virage qu’a ainsi pris ma vie, il y a 2 ans, m’a permis de les rassembler dans une grande cohérence ! A Saint-Denys, j’ai suivi le parcours Alpha l’an dernier et je suis dans une « barque ». Je me suis senti très accueilli dans ma nouvelle paroisse. Je trouve ainsi très chouette d’établir du lien entre la messe et la vie. La parole de Dieu résonne désormais dans mon quotidien avec des échos très concrets. Ce n’est plus un sujet à part. C’est une lecture aidante, plutôt que culpabilisante… En moi, je me sens désormais « à ma place », en communion… 

Si je me projette dans un renouveau plus long, et en particulier post-Covid, c’est évident qu’il va falloir revenir à la vraie relation, pas seulement par téléphone ou en visio en programmant des rendez-vous. J’admets qu’il va me falloir sortir de mon univers connu et maîtrisé, donc trouver un certain courage pour ressortir, retourner au vrai contact de l’autre. J’en éprouve de l’enthousiasme mais aussi de l’appréhension. »

Propos recueillis par Agathe R.                                                                                                                                                                             

Le grand retour du Ponton du Marais

Durant la première semaine des vacances de février, la paroisse a proposé aux enfants, de la paroisse ou du quartier, âgés de 6 à 16 ans, d'être accueillis pour des demi-journées de jeux adaptés à leurs âges, renouant ainsi avec l’ancien Ponton du Marais, sorte de patronage tombé dans l’oubli depuis plus de vingt-cinq ans. Trois séminaristes (Daniel, Jérôme et Joseph) se sont mobilisés pour concevoir et animer ces moments avec eux. Le tout sans frais… Quel soulagement pour les familles épuisées par une organisation bien complexe depuis un an de crise sanitaire ! Le Petit Céphalophore a demandé à Daniel, co-animateur du Ponton, et à Charles-Antoine, 11 ans, de nous parler de leurs expériences réciproques. 

Daniel : « L’idée de relancer « le Ponton du Marais » est venue en communauté, poussée par les pères. On s’était dit qu’en raison des contraintes sanitaires, certaines familles n’allaient pas pouvoir partir ou envoyer les enfants en vacances. Et puis, nous avons un apostolat à faire, parfois dans les camps de ski, fermés cette année. Enfin, nous avions le souhait de proposer quelque chose aux enfants de la paroisse, en rapprochant l’église de leur vie quotidienne. J’ai préparé les activités avec Jérôme qui a passé le stage théorique et le stage pratique du BAFA, alors que moi, je n’ai encore que le théorique. Lors de cette formation, on apprend beaucoup d’activités et on peut y puiser des idées d’animations. En début de semaine, nous avons mis en place des jeux pour connaître les prénoms. Ensuite, nous avons déployé des jeux plus complexes, qu’on appelle des grands jeux, en mettant en scène des univers immersifs pour les enfants. Nous avons pris beaucoup de plaisir à concevoir les jeux ! Nous avons essayé d’anticiper les réactions des enfants, d’imaginer si telle proposition allait leur plaire. En cours de semaine, nous avons apporté des ajustements à notre programme en fonction de leurs goûts. Nous nous sommes beaucoup amusés, notamment à nous déguiser ! J’ai beaucoup de neveux et nièces dont j’aime m’occuper. La pastorale de jeunes me plaît beaucoup. Nous avons établi une fraternité avec les enfants de la paroisse, et j’en suis heureux car c’était l’objectif. »

Charles-Antoine : « L’accueil était très bien, les séminaristes étaient très sympas, et les activités étaient variées ! A la messe, les séminaristes sont réservés, sérieux, mais on sent quand même qu’ils savent aussi s’amuser. Je n’étais pas si surpris de les voir jouer avec nous. Parmi les activités que j’ai appréciées, il y avait les « Jeux olympiques », ou encore le « Défilé de mode », avec des vêtements disposés sur des tables pour se déguiser, puis défiler par équipe. C’était très rigolo et bien conçu ! On a aussi fait un jeu avec une bassine d’eau par équipe. Il fallait mettre une grande éponge dedans, se la passer et l’essorer dans une bassine vide. Et puis il y avait aussi un jeu avec un ballon. Il fallait le passer à quelqu’un dans le cercle et imiter un animal. Il y avait des enfants d’autres écoles, c’était bien. Je serais partant pour participer encore ! »
Propos recueillis par Agathe R. 

Alpha : on continue !

C’est grâce à Anne que Magali, maman de trois enfants âgés de 8 à 14 ans, est venue pour la première à Saint-Denys à une soirée Alpha. A vrai dire, elle y songeait depuis quelques temps, suite à un témoignage de Jennifer et aussi parce qu’elle se posait des questions sur la foi. Quand Anne lui a proposé de venir à une présentation du parcours à l’issue d’une messe scoute, puis de participer à la première soirée, Magali a dit oui. « Au début, j’hésitais à m’engager pour une durée de quatre mois, mais dès la première rencontre j’ai été conquise », se souvient-elle. « A chaque soirée du jeudi nous étions accueillis comme si quelqu’un nous avait personnellement attendus. » Magali a été très touchée par ces dîners dans une atmosphère de confiance et de grande écoute. Chaque rôle contribue à la mission partagée, à sa manière : en préparant le repas, en servant, en animant une table ou en priant pour que les cœurs des convives soient touchés par Dieu.

« J’ai beaucoup reçu au cours des douze soirées et pendant le week-end en fin de parcours.  J’ai le désir de m'investir à mon tour. » Anne, qui a relayé Agnès dans le rôle de responsable, a proposé à Magali de venir co-animer  la nouvelle édition Alpha prévue pour la rentrée 2021. « Le contexte actuel nous a imposé une pause. Certains la regrettent, d’autres l’apprécient comme un temps de préparation. » Anne et Magali ont pris le soin de recueillir le témoignage de chaque personne qui s’était investie dans le parcours en 2020. Elles explorent aussi des possibilités de formation. « Notre mission s’inscrit dans une continuité et ne cesse de porter des fruits : nous prions les uns pour les autres et nous gardons le lien d’amitié par le groupe WhatsApp.  Quelques nouvelles personnes nous ont rejoints. Une première messe à notre intention vient d’être célébrée. A noter aussi que l’ancienne table d’Annie s’est transformée en une « barque » avec des rencontres Zoom préparées chaque fois par deux co-équipiers. Et le bruit court qu’elle va bientôt entraîner une deuxième barque à sa suite.  » 

Propos recueillis par Katarina K.                           

L' Accueil à Saint-Denys, toujours actif malgré la pandémie !

Nous sommes un samedi après-midi. Notre église est ouverte grâce à l’accueil assuré par un des quatre bénévoles de ce service ou par un des « renforts » . Aujourd’hui ce n’est pas le tour de Catherine, mais elle est présente. Elle aime s’assurer que tout fonctionne pour que les visiteurs puissent découvrir notre église et si besoin, être accueillis personnellement. Elle organise le continu de cette présence à l’aide de Doodle et en restant joignable pour les ajustements de l’agenda ou les remplacements, parfois de dernière minute. Si quelqu’un se désiste et qu’elle ne trouve pas de volontaire pour le remplacer, elle s’y « colle » elle-même, toujours dans la bonne humeur et dans une attitude de service : « Il y a différents types de visiteurs. Certains aiment déambuler dans l’église, d’autres vont s’asseoir et se recueillir et d'autres encore vont chercher un lien humain ou demander à voir un prêtre. Et puis, il y a ceux viennent découvrir les œuvres d’art surtout comme les musées sont fermés en ce moment. Le plus souvent ces derniers viennent contempler la Pietà d'Eugène Delacroix. » Quand un visiteur s’attarde dans la chapelle Sainte-Geneviève où ce trésor de notre église est exposé, Catherine va discrètement augmenter l’éclairage du tableau. Elle y reste un peu, disponible pour partager ce qu’elle a appris de cette œuvre. « Il y a le beau texte du père Maxime Deurbergue, si instructif à ce sujet. J’aimerais tant que nous puissions en faire des dépliants à distribuer aux visiteurs ! Le tableau suscite des interrogations : de quoi s’agit-il en fait ? Qui sont les personnages mis en scène autour de la Vierge des douleurs ? Où le visiteur se situe-t-il par rapport au tombeau ? C’est alors l’occasion d’évangéliser : de toucher les personnes sans nous imposer, d’entrer en contact avec elles de manière respectueuse. » 

Propos recueillis par Katarina K.                                                                                                                                                 

Mariage et baptêmes en pandémie

 


Ils sont mus par l’espérance : Claire T., 30 ans, catholique, juriste d’entreprise et Andreï, 33 ans, orthodoxe, biélorusse, avocat (comme elle spécialisé en droit international privé ) ne savent pas s’ils pourront se marier le 12 juin, dans une église d’Auvergne, après un mariage civil parisien qui n’est pas encore fixé : « Je pense à tous les fiancés, à mon amie dont le mariage a été annulé deux fois et qui, du coup, a fait un bébé !, dit Claire. Vient toujours le moment où l’on se dit : ça ne nous empêche pas de faire des projets d’avenir, d’être heureux au fond de notre cœur, de rester forts ensemble. » Se marier en temps de Covid est « logistiquement compliqué. Normalement, c’est un plaisir d’organiser son mariage. Là, par moment, on est un peu dégoûtés. » Un sacrement rendu plus complexe encore en raison de sa mixité. Au-delà de la différence de culture (chacun a appris la langue de l’autre pour mieux le rejoindre dans son identité, car leur anglais commun ne suffit pas), leur union révèle deux visages d’une même foi chrétienne, orthodoxe russe et catholique romaine. Ils se marieront en trois langues (!), français, russe et biélorusse, selon le rite orthodoxe, en présence du père Anton G., prêtre orthodoxe à Paris, et d’un diacre auvergnat. Les voilà donc engagés dans deux prépas mariage, « très complémentaires ». Avec le père Roger, ils s’appuient sur le Carnet de route et autres textes qui les invitent à une petite exégèse biblique. « Après, il faut répondre à des questions très personnelles sur notre couple. Par exemple, au sujet de l’aveugle de Jéricho : et vous ? Pensez-vous que vous êtes aveugles ? L’amour vous fait-il grandir ? » Grâce au couvre-feu, ils ont le temps d’approfondir ensemble la réflexion, avant la réunion Zoom avec le père Roger. Claire regrette qu’ils soient tous deux privés des échanges habituels avec d’autres couples de la paroisse. « On avance seuls, mais très profondément. » Le côté orthodoxe est plus dogmatique. Le père Anton, rencontré en présentiel, ne pose pas de question personnelle, pour respecter le secret de leur amour. Il s’agit pour eux de bien comprendre le sens du sacrement et du rite.
Le mariage n’étant pas un « motif familial impérieux », ils espèrent pouvoir réunir les deux familles cet été. « Si nous devons reporter, nous achèterons un appartement... pour plus tard ! » L’amour va toujours de l’avant.




Deux maîtres mots illustrent la « prépa baptême » des jeunes catéchisés de Saint-Denys : désir et adaptation !

Le désir, c’est celui des enfants, du CP au collège, qui attendent, pour certains depuis l’an dernier, de recevoir le baptême ;  la capacité d’adaptation, c’est la nouvelle vertu développée par les catéchistes, les séminaristes et par Isabelle W. et le père José, responsables depuis février de ce cheminement des enfants vers le baptême. Il s’agit d’organiser de concert le KT, les messes KT, la préparation des catéchumènes et la rencontre avec leurs parents tout en respectant le confinement d’abord, le couvre-feu ensuite, voire les deux combinés ! Il y a eu le KT en visio : « Une découverte ! Il a fallu se montrer très créatif pour capter l’attention des enfants, avec des projections d’images, de vidéos, de chants… » ; il y a eu le KT à Sainte-Geneviève où, grâce à la directrice, Mme de Chargères, tous les enfants étaient accueillis pour un temps « en présentiel » ; il y a eu des réunions Zoom, certaines très internationales : le père José à Paris, Anne de B. en Norvège, et Ariane de la V. en Belgique ! Mais rien n’a émoussé le désir : la préparation au baptême s’est finalement organisée sur le temps du KT, avec cet avantage que les enfants ont pu prier pour leurs camarades lors des premières « étapes » vécues à Saint-Denys. La réunion avec les parents a pu heureusement avoir lieu, un dimanche. Le père Roger a parlé du sens du sacrement, a insisté sur la liberté de l’enfant, qui a cet âge est conscient de son engagement, et sur le nécessaire accompagnement des parents tout au long de cette marche vers le baptême… et après !

C’est une grande joie pour nous tous :  Matthieu et son petit frère Aubin, Solesne, Barbara, Honoré, Federico et Arthur reçoivent le baptême aujourd’hui, en ce jour de Pâques. Milana et Noé seront baptisés en juin. Covid oblige : il s’agit aussi de respecter les « mesures sanitaires ». Le Peuple de Dieu ne peut pas se resserrer autour du baptistère pour accueillir en son sein le jeune baptisé… mais qu’importe : l’Esprit Saint, Lui, est toujours là !

Propos recueillis par Dominique Th.

Les conseils de Saint-Denys



Les membres du conseil paroissial pastoral, outre les membres siégeant de plein droit (le curé, ses vicaires, les pères Thibaut et José, et notre diacre Jean-Marie), sont nommés par le curé pour une durée de 3 ans, renouvelable une fois. 
Le père Tardy a désigné en décembre 2019 cinq nouveaux membres à ce conseil (qui depuis ne s’est réuni que trois fois pour cause de Covid), que le Petit Céphalophore est heureux de vous présenter. N’hésitez pas à les rencontrer et à leur exprimer vos joies ou vos attentes en ce qui concerne notre vie paroissiale, car ils sont là pour faire le lien entre nous et le curé, notre pasteur. Leur rôle est de consultation et de conseil pour tout ce qui concerne la pastorale de Saint-Denys, la décision finale revenant au père Roger.
Notre conseil pastoral est admirablement paritaire :
Sylvie H., secrétaire du conseil (journaliste, mariée, arrivée à Saint-Denys en 2000), Camille B. (directrice commerciale et marketing, mariée, mère de deux enfants, à Saint-Denys depuis 2013), Emmanuel D. (architecte spécialisé dans l'architecture écologique, marié, arrivé à Saint-Denys en 2016), Katarina K. (médecin de pharmaco-vigilance, célibataire, à Saint-Denys depuis 1997), Victor M. (entrepreneur, célibataire avec un enfant de 18 ans, Fabio, et paroissien depuis 1980 : j’ai fait toutes les « classes » religieuses à Saint-Denys, à croire que j’y suis né !), Alain M. (cadre bancaire aujourd’hui à la retraite, marié, père d’un enfant de 27 ans, arrivé à Saint-Denys pour le baptême de son fils).




Les membres du conseil paroissial des affaires économiques (CPAE), sont réunis autour du père Roger qui les nomme, après proposition soumise à l’archevêque et à l’économe diocésain,  pour un mandat de 3 ans, renouvelable. Ils sont chargés de conseiller le curé dans la bonne gestion des finances paroissiales et des ressources humaines. A Saint-Denys, le CPAE se réunit au moins une fois chaque trimestre et échange beaucoup par mails entre les réunions (travaux, suivi des comptes mensuels, du Denier, liaison avec le cabinet comptable…). Les prochains mois risquent d’être mobilisés sur une question nouvelle et délicate : un projet d’urbanisme de la Mairie du 3ème qui, depuis une visite récente, nous fait craindre la préemption et la perte de tout l’espace de jardin qui réunit le presbytère et l’église et accueille si souvent les enfants, les scouts et, aux beaux jours, les fêtes paroissiales...
Jean-Marie D. (retraité, marié, père de famille, à Saint-Denys depuis 2002), Jean-Abel L., membre sortant après de longues années d’engagement fidèle (célibataire, retraité (ingénierie Sncf), a poussé la porte de Saint-Denys en 1992), Stéphane F., responsable « Denier » (analyste financier et professeur associé, marié, deux enfants, membre du CPAE et paroissien depuis 13 ans), Jean-Luc Q. (agent d’assurance à la retraite, pacsé, sans enfant, à Saint-Denys depuis 2004), Bruno R., qui n’est pas paroissien et représente le diocèse, Denis T. (directeur de l’AGECIF, premier organisme de formation continue en gestion culturelle en France, père de trois filles, paroissien depuis plus de vingt ans et chantre) et moi-même, Philippe T., vice-président (directeur conseil interne à Enedis, marié, à Saint-Denys depuis fin 1992).
PhTh.

Les remerciements du père Quinson pour la Maison des Jeunes de Saint-Vincent-de-Paul


L'"album du souvenir", offert par le père Quinson, est à la disposition de tous à l'accueil. Il paraît qu'il est superbe !
 

mardi, mars 02, 2021

Le père Grégoire, docteur en théologie summa cum laude !

 


Saint-Denys peut être fière de ses vicaires :
après le père Maxime, c'est au tour du père Grégoire de rejoindre le rang des docteurs en théologie,
suite à la soutenance, à Toulouse, de sa thèse sur " L’homme, image de Dieu chez saint Thomas d’Aquin ".
Toutes nos félicitations au digne disciple du docteur angélique !

mardi, novembre 24, 2020

Le père Maxime, docteur de l'image

Notre cher père Maxime vient de soutenir avec grâce, intelligence, humilité et tous les autres dons de l'Esprit, en direct depuis la Grégorienne à Rome, sa thèse intitulée "La chair comme voix". Il a reçu les louanges des membres du jury et le voilà (enfin !) docteur en théologie pour la plus grande fierté de tous ses paroissiens, auxquels il n'a pas manqué de penser dans ses remerciements de clôture.

BRAVO MAXIME !

Tu es une si belle image du Christ !






Message d'Emmanuel Petit, président de la Faculté Notre-Dame :

Au nom de toute la Faculté, je suis heureux de féliciter notre nouveau docteur en théologie Maxime Deurbergue, pour sa soutenance, mardi dernier à l’Université Grégorienne, saluée par la mention « Summa cum laude ».  La dissertazione portait sur « la chair comme voix. Une théologie des images à la lumière de la polarité entre image et histoire dans la décision dogmatique de Nicée II ».

Vous trouverez ici un lien (https://www.youtube.com/watch?v=HM3e4HgVA04) qui permet de voir la soutenance, accessible jusqu’au 8 décembre.

Je redis à tous mon plus fidèle dévouement. 

dimanche, octobre 25, 2020

Mini-JAM : maxi succès !

Malgré des circonstances peu favorables, la pandémie, le temps pluvieux et les vacances, nos Mini-JAM, installées exclusivement à l'extérieur, sur le parvis, ont été un beau succès ! Nos visiteurs (accueillis au gel hydroalcoolique) étaient contents de profiter de prix minuscules (en général entre 2 et 5 euros) et d'un café gratuit dans une ambiance sympathique... sous les parasols/parapluies.

Résultat : 3 600€ en deux après-midi (samedi et dimanche) et neuf heures de vente. 

Bravo et merci aux paroissiens qui sont venus vendre, installer ou ranger ; en particulier bravo à l'équipe de Marie qui a mené le stand de la fripe tambour battant ! 




vendredi, octobre 23, 2020

Adoration à Saint-Gervais

Les Fraternités Monastiques de Jérusalem souhaitent faire connaître aux paroisses du Doyenné du Marais dont la nôtre et à tous les adorateurs du Saint Sacrement ponctuels ou réguliers que les créneaux d’adoration de l’église Saint-Gervais - Saint-Protais ont été élargis de manière à permettre à un plus grand nombre de personnes d’entrer selon leur besoin et leurs disponibilités dans ce cœur à cœur privilégié avec le Christ.

(https://docs.google.com/spreadsheets/d/16Ew87u5vq9EVvO4P8RbG9Q5Z65BOcRxIQnE939IJXCE/edit).

Par une pratique régulière de l’adoration du Saint Sacrement (au moins une heure par semaine), il nous est proposé d’entrer dans un engagement de « veilleur ». Un groupe de veilleurs est déjà établi à Saint-Gervais (https://paris.fraternites-jerusalem.org/famille/veilleurs/). Lors des vêpres dominicales du dimanche 11 octobre 2020 ils ont renouvelé leur engagement qui permet d’assurer une permanence d’adoration à Saint-Gervais.

Pour ceux qui souhaiteraient s'engager ainsi plus régulièrement, par exemple assurer l'adoration un jour de semaine pendant une heure), il suffit d'écrire à : secretariat.paris@fraternites-jerusalem.org

Il y aussi la possibilité de venir ponctuellement adorer le Saint Sacrement. Pour cela il suffit de s'inscrire sur le tableau accessible par le lien ci-dessous qui est mis à jour régulièrement :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/16Ew87u5vq9EVvO4P8RbG9Q5Z65BOcRxIQnE939IJXCE/edit.

La personne qui met à jour les tableaux intégrera chaque semaine l'inscription. En cas d'annulation, il suffit de prévenir le secrétariat des Fraternités.



lundi, octobre 19, 2020

Retour sur le pèlerinage paroissial au Sacré-Cœur


Le dimanche 11 octobre la basilique du Sacré-Cœur de Paris, éclairée par un généreux soleil matinal accueillait un groupe de pèlerins de notre paroisse. Nous arrivions progressivement les uns et les autres pour nous retrouver autour du père Roger à l’intérieur de la basilique à dix heures précises. Plusieurs de nos séminaristes et notre diacre Jean-Marie étaient parmi nous. Une des sœurs bénédictines du Sacré-Cœur nous a conduits sur le chemin jubilaire en six stations qui rappellent à la fois les sacrements et les étapes de l’édification de la basilique. Le nouveau recteur de la Basilique, le père Stéphane Esclef qui avait été jadis séminariste « chez nous », nous a rejoints pour nous bénir. Le dernier geste du parcours consistait à déposer dans un bac à sable à l’entrée du chœur la bougie qui avait été allumée pour chacun avant le passage de la porte jubilaire. Nous avons ensuite avec d’autres pèlerins, assisté à la messe dominicale, précédée et suivie par l’adoration du Saint Sacrement. Le pèlerinage s’est achevé dans la crypte de la basilique spécialement aménagée pour accueillir une magnifique exposition « son et lumière » autour de la spiritualité du Sacré Cœur.


Monique
: « Le Sacré-Cœur est un des lieux où on peut adorer Celui qui est Amour vingt-quatre heures sur vingt-quatre. En tant que médecin engagé, j’ai participé plusieurs fois aux nuits d’adoration des médecins chrétiens au Sacré Cœur. Du fait de sa position, l’édifice domine Paris et nous porte à une élévation physique, puisqu’il nous oblige à gravir les marches, et à une élévation spirituelle. J’ai beaucoup apprécié le chemin jubilaire avec les explications de la sœur bénédictine. L’année anniversaire de la construction de la basilique nous a permis aujourd’hui, comme à son origine, de confier notre pays et la ville de Paris au Christ.  C’est notamment la pandémie et ses conséquences, le terrorisme et les lois « bioéthiques » qui offensent le Sacré Cœur que j’ai déposés dans ma prière ».

Elia : « Je voudrais me faire porte-parole de ma petite fille Alessia (5 ans) qui a été émerveillée par ce pèlerinage. Nous avons pris le métro, ensuite nous avons contemplé le Sacré Cœur d’en bas, puis nous sommes montées en empruntant les marches et enfin, entrées dans la basilique. Alessia a beaucoup regardé et elle a retenu de nombreuses images. La partie la plus étonnante pour elle a été le Saint Sacrement, grand et très bien visible dans l’ostensoir surélevé, puis caché pendant la messe pour se rendre présent à l’autel.  Elle a été également intéressée par les mosaïques et par la représentation de la Crucifixion. Elle me posait beaucoup de questions : Comment Jésus est-il présent maintenant par son Corps ? Qui est l’Esprit Saint ? A la sortie de la Basilique, l’attention d’Alessia a été attirée par la « statue vivante » de Jean-Paul II, les bras grand ouverts… Alessia dit qu’elle aime dessiner ce qui l’attire et qui lui est difficile à comprendre… Une fois rentrée, Alessia a donc fait plusieurs dessins. Ils représentent surtout l’Amour du Seigneur dans le Saint Sacrement. Regardez ! »











Pierre Emmanuel : « Pour moi, le Sacré Cœur représente l’attention bienveillante de Dieu pour toute sa Création et pour l’homme en particulier. La Basilique du Sacré-Cœur a 100 ans ! Cent ans d’adoration perpétuelle et de prières sur et pour la ville mais aussi pour le monde. J’ai particulièrement apprécié le temps d’adoration avant la messe : un temps de recueillement et de paix intérieure. Je me suis rappelé avec émotion les nuits d’adoration auxquelles j’avais participé quand j’étais encore étudiant, des moments de cœur à cœur avec Dieu, pour présenter mes actions de grâce et pour confier au Seigneur des difficultés personnelles ou celles d’amis et de proches. Les nuits d’adoration en ce lieu sont en dehors du temps. Quand je me levais la nuit pour aller adorer le Saint Sacrement, je passais dans le petit couloir qui relie l’hostellerie et la basilique, et par les vitres je voyais notre ville plus ou moins illuminée. C’était une inspiration pour ma prière : prière pour ceux qui travaillaient encore à ces heures, ceux qui se préparaient à rentrer chez eux ou à partir travailler, mais aussi pour celles et ceux pour qui la nuit était une source d’angoisse, de peurs et de souffrance.


Quelle chance d’avoir été accompagnés dans cette démarche par une sœur bénédictine qui nous a expliqué étape par étape le sens de la démarche jubilaire ! Le thème était « Venez à moi… ! ». Entendre cette invitation du Christ, comprendre qu’il est toujours avec nous, comme le rappelle par exemple le psaume 138, est un grand réconfort que ce soit dans les moments de joie ou d’angoisse. La sœur nous a particulièrement invité à confier nos difficultés (ou celles de nos proches) au Seigneur, mais aussi de pratiquer des actes de charité. Cela m’a rappelé le livre de Gédéon. « Avec la force qui est en toi, va…! » (Jg 6, 14).





mercredi, septembre 30, 2020

L'édito du père Tardy : octobre 2020

Une rentrée bâillonnée ?

N’étant pas moi-même Bayonnais, c’est ma première rentrée bâillonnée. Déjà affublé d’un cache-nez il me faut encore calfeutrer ce qui me restait de bouche et de nez.

Je vous laisse deviner à quoi ressemble notre paroisse pour un nouvel arrivé ! Le père Thibaut et les cinq nouveaux séminaristes ne devinent de vos visages qu’une petite moitié. C’est pourquoi, ce Petit Céphalophore arrive à point nommé : il nous donne de quoi terminer nos portraits amputés. Il dévoile de la rentrée une série de secrets : à Montmartre, une montée pour commencer ! ; un nouveau format pour nos Journées d’Amitié ; un Nouvel An juif qui nous est partagé. Bref, le virus ne va pas nous brider ! Car notre joie de chrétiens est de persévérer, de ne pas laisser nos aînés négligés, de ne pas nous masquer la réalité !

C’est pourquoi je propose cette année, de ne pas nous laisser aller, de pétiller de créativité. Un cours d’hébreu sera proposé, un parcours écologique sera organisé, une école bénédictine sera constituée. 

Bas les masques, l’année pastorale est désormais commencée !

Dossier "rentrée"


La messe du matin avec Sylvie

Qui parmi les habitués de nos messes du matin en semaine n’a pas remarqué la lecture percutante et claire de Sylvie, participante occasionnelle à ces messes ? « Il me semble que la neutralité dans la lecture n’existe pas », commente Sylvie. « Il ne s’agit pas non plus d’une manière particulière de lire, mais plutôt de souligner le sens du texte et de permettre aux auditeurs de l’entendre sans être obligés de suivre un support de lecture. » Sylvie est paroissienne engagée de Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant depuis presque 40 ans. C’est là qu’un jour on lui a proposé pour la première fois de faire la lecture pendant une messe. « Au début je ressentais un énorme respect et presque une crainte.  Lire des textes sacrés qui ont au moins 2000 ans et dont la compréhension n’est pas toujours évidente, me semblait délicat. J’en ai pris progressivement l’habitude. » L’an dernier, l’église paroissiale de Sylvie n’a plus pu assurer les messes du matin. C’est à ce moment-là que quelques amis de sa paroisse lui ont parlé de notre église, convenablement située sur son trajet du travail. Ils l’ont rejointe pour la messe du lundi matin et pour sa « prolongation au Comptoir de Turenne », selon l’expression amusée de notre curé. C’est là que nous nous retrouvons après la messe. Depuis, l'église paroissiale de Sylvie a rouvert ses portes, mais Sylvie et ses amis continuent de venir chez nous de temps en temps. « J’aimais surtout l’intimité des messes de semaine dans la petite chapelle où on se réunissait avant la crise sanitaire », avoue-t-elle avec nostalgie. Sylvie regrette aussi le départ du père Siméon : « J’étais particulièrement touchée par ses homélies, par sa façon de prendre les paroles à bras-le-corps, par son humanité et sa générosité. »

Propos recueillis par Katarina K.



Agathe, la rentrée d'une maman

La rentrée est un temps fort de l’année pour toutes les familles. Nous avons demandé à Agathe D., maman de 4 enfants, 2 garçons et 2 filles, si la spiritualité avait une place dans toute cette logistique.

« La rentrée est un défi. Chaque matin, je me lève en me disant « Seigneur, donne-moi ta force pour traverser toute cette journée ». Heureusement qu’Il est là pour m’aider ! Dans le mouvement continu de ma vie de maman, il s’agit d’accueillir toutes les petites joies, même ces jours où j’ai l’impression que je vais étouffer : s’arrêter deux minutes pour une prière, dans le métro, au bureau à la photocopieuse, ou encore dans la cuisine, au moment où je dois faire un énième cake pour une sortie des enfants… Il suffit d’un instant pour arrêter le tourbillon et accueillir le Christ pour reprendre son souffle. Avant le travail, lorsque c’est possible, je vais à la messe de 9h00 à Saint- Denys, pour commencer la journée de la meilleure manière. Et le soir, toute la famille se réunit pour la prière commune. Chacun dit, à hauteur de son âge, un « merci », un « pardon » et un « s’il te plaît » à Jésus. Après les attentes multiples qui pèsent sur enfants et parents, cela permet de clore la journée en partageant tous les six l’essentiel. 

Je vois mes enfants heureux de retourner à l’école, avec ce rythme beaucoup plus épanouissant que la contrainte de l’école à la maison. Et puis notre fils Gaspard a retrouvé sa meute de Louveteaux pour la 2e année, avec de nouveaux chefs et un nouveau statut. La mobilisation des chefs scouts pour les plus petits est une grâce. »

Propos recueillis par Agathe R.                                                                                                                                            


La sortie de rentrée de Saint-Denys au Sacré-Cœur

Dimanche 11 octobre, nous allons partir en pèlerinage paroissial au Sacré-Cœur de Paris. Ce pèlerinage

s’inscrit dans une démarche diocésaine inaugurée le 20 octobre 2019 par l’ouverture solennelle du jubilé de la consécration de la basilique en 1919. Depuis, les paroisses, les familles et les pèlerins individuels se rendent au Sacré-Cœur. Le livret du pèlerin, un numéro spécial de Magnificat que l’on trouve à la boutique de la basilique, est un compagnon de route éclairé qui ne néglige aucun aspect de cette démarche. Il nous donne le contexte historique de la construction de l’édifice, nous rend présent le moment de sa consécration, déroule pour nous la trame des trois chemins jubilaires et nous aide à vivre pleinement notre démarche par la proposition de prières et de conseils spirituels. Le Sacré-Cœur a été construit au sommet de Montmartre : « C’est ici que sont les martyrs, c’est ici que le Sacré-Cœur doit attirer tout à lui », disait Mgr Guibert, archevêque de Paris de l'époque. On monte vers le Sacré-Cœur comme on montait jadis vers le Temple de Jérusalem en récitant les Psaumes des gradins. « C’est une montée nécessaire à l’élévation de l’âme », précise le livret. Chacun des chemins jubilaires est conçu pour susciter en nous « un parcours intérieur » et nous aider à « reconnaître où en sont les chemins de nos vies ». Au cœur de la démarche, il y a un temps d’adoration, en ce lieu qui a pour vocation l’adoration perpétuelle du Sacrement du Cœur de Jésus qui est l’Eucharistie. Pour nous y préparer, nous pouvons relire l’histoire des apparitions du Sacré Cœur à Marguerite-Marie et méditer les messages qu’elle avait reçus. Rappelons-nous aussi que notre archevêque vient de consacrer Paris aux Cœurs unis de Jésus et de Marie, devant cette basilique, le 15 août dernier. En l’Église, dont une paroisse est comme un petit reflet, nous sommes les membres du Corps irrigué par ce Cœur qui s’est complètement donné à nous. C’est vers lui que nous allons monter ensemble.

Propos recueillis par Katarina K.

Ill. : médaille gravée par Hippolyte-Jules Lefèbvre (Lille, 1863-1935) 


La « rentrée » de Fanny : Rosh Hashana, « tête de l’année » 5781

Il y a quelques jours, nos frères juifs fêtaient Roch Hachana. Fanny, une maman du quartier, nous explique cette fête de renouveau qu’on appelle communément « le Nouvel an Juif ». 

Roch Hachana marque le début d’une période de 8 jours d’introspection et de repentir, jusqu’au jour Saint de Yom Kippour, le Grand Pardon. Pour s’inscrire dans les Livres de la vie, chacun réfléchit à ses fautes, va demander personnellement pardon à toutes les personnes qu’il a offensées durant l’année, et prie en famille pour que la nouvelle année soit un renouveau qui chasse les mauvaises choses de l’année passée. 

« Je viens d’une famille peu pratiquante, mais les rites restent très importants. Ils sont notamment un lien entre les générations. Chaque année, je vais fêter Roch Hachana chez mes parents. Les prières sont lues sur des « feuilles de miel » que l’on peut trouver dans les magasins de notre communauté. Mes parents ont gardé celles de l’époque où nous étions enfants, celles que nous utilisions avec nos grands-parents qui ne sont plus de ce monde. Je pense beaucoup à eux lorsque je vois ces feuilles, au dos desquelles figurent de vieilles publicités des années 1980. Roch Hachana est ponctué par deux repas de fête. Toute la famille met de beaux habits. On commence par les prières, au terme desquelles chacun goûte un met particulier. On trempe de la pomme dans du miel pour que l’année soit douce, on mange des grenades et du sésame pour qu’elle soit abondante. Chez nous, on ajoute du sucre partout. On fait une prière pour éloigner les ennemis. Ensuite commence le repas. »

Propos recueillis par Agathe R.                                                                                                             

Jason : mon admission comme candidat au sacerdoce

 


« Après une année de fondation spirituelle à la Maison Saint-Augustin, nous suivons deux années dites de philosophie en étant affectés dans une paroisse. Ce fut pour moi Saint-Denys-du-Saint-Sacrement. Elles se terminent par l’admission : l’Église reconnaît l’appel à la vocation sacerdotale du séminariste et s’engage à cheminer avec lui. 

Mon admission a eu lieu le 2 septembre dernier à Notre-Dame-de Jouarre, en Seine et Marne. Ma mère et deux de mes sœurs étaient présentes, tout comme Jean-Marie W. pour Saint-Denys. Ce fut un moment de grande émotion car je me suis engagé devant l’Église et ma famille. Cela a eu lieu dans cette abbaye bénédictine car le diocèse de Meaux, auquel j’appartiens, y fait sa session de rentrée un an sur deux. Nous étions trois séminaristes pour le diocèse, portés par la prière des moniales. L’homélie de Mgr Jean-Yves Nahmias, m’a rassuré. Il s’est adressé à nous trois personnellement en disant : « Votre évêque vous fait confiance ! » Cela me donne la force pour la suite du parcours. L’an prochain, je devrais être institué lecteur (le service de la parole de Dieu) et plus tard acolyte (le service de l’eucharistie et des prières), avant l’ordination diaconale et sacerdotale en dernière année. Il y a cinq ans, si l’on m’avait dit que je serais au séminaire, je ne l’aurais pas cru ! Aujourd’hui, je m’abandonne complètement. Je suis confiant car je me sens soutenu par mes formateurs, les paroissiens et mes amis. »

Propos recueillis par Sylvie H.                                 

Thibaut de la Fournière, notre nouveau vicaire

 


Le père Thibaut de la Fournière a 56 ans : « Je suis un jeune vieux prêtre ! » Il est né et a grandi à Paris, de parents catholiques pratiquants (son père est d’origine parisienne, sa mère d’origine martiniquaise). Sa sœur aînée est mariée et a trois enfants et deux petites-filles (Cléophée et Azélie). Après son bac et « un peu de droit », il fait une petite école de commerce. Son chemin lui semble long jusqu’au séminaire, où il entre trentenaire.

« Mes parents m’ont toujours poussé à aller à la messe. Dès l’âge de six ans, j’ai ressenti l’appel à suivre le Christ, mais à la puberté, j’ai tout fait pour ne pas être en relation avec Dieu : quand je priais, c’était pour ne pas qu’il m’appelle ! Cet appel pourtant ne m’a jamais lâché même si je n’avais pas envie d’être prêtre, triste, pauvre et humble, caché et soumis. Il a fallu un choc psychologique pour que le Seigneur me remette dans le droit chemin ; un bon coup de pied aux fesses. Cela s’est fait en deux étapes. D’abord, à 21 ans, au moment de la mort de mon meilleur ami, j’ai découvert que le Seigneur m’aimait tel que j’étais. Je me suis alors posé la question : « pourrais-je être heureux en le suivant ? » Puis, quelques années plus tard, vers 24 ans, je suis allé voir un prêtre qui m’a dit : « non, Thibaut, je ne te vois pas prêtre »… et c’est ça qui m’a libéré, vis-à-vis des autres et vis-à-vis de moi-même ! Je comprenais alors qu’être prêtre n’était pas une contrainte, mais que si me Seigneur m’appelait, Il me laissait aussi libre de vouloir le suivre. »

Thibaut continue la vie professionnelle qu’il a commencée, en tant que rédacteur-concepteur dans la publicité, tout en réfléchissant à la question de la prêtrise, de manière nouvelle. Vers trente ans, il cherche à rencontrer un prêtre responsable des vocations qui lui dit : « Thibaut, je ne te mets pas de feu rouge, mais je ne te donne pas non plus de feu vert... » Il attend encore deux ans, « puis je suis entré au séminaire, et là, ça s’est fait en cinq minutes. » (A la Maison Saint-Augustin, il rencontre Christian Lancrey-Javal et Alexandre Denis, qui seront par la suite séminaristes à Saint-Denys.) En 2003, il est ordonné prêtre, six mois environ après son diaconat. « En tant que prêtre, ce que j’aime surtout, c’est la confession. Pouvoir donner le pardon de Dieu. Je suis devenu prêtre pour ça, sûrement parce moi-même, j’ai eu besoin de ce pardon. »

Depuis, il a été vicaire dans des paroisses parisiennes de tailles très différentes, si bien qu’il n’est guère dépaysé à Saint-Denys : Saint-Georges-de-la-Villette, dans le XIXème, Saint-André-de-l’Europe dans le VIIIème, Saint-Eloi, dans le XIIème, enfin Saint-François-Xavier, dans le VIIème. Pour lui, la vraie nouveauté à Saint-Denys, c’est de vivre avec les séminaristes et de les former.

« Ce que j’attends de cette année ? Vivre ! Aimer les autres ! » Le père Thibaut sera chargé, en plus de sa fonction de formateur au séminaire et de la formation à la direction spirituelle qu’il va suivre, de la préparation au mariage, du catéchisme, des cours Alpha, du scoutisme, mais aussi de l’aumônerie aux Francs-Bourgeois, aux côtés notamment des pères Roger et José. 

Bienvenue à Saint-Denys, père Thibaut ! Nous espérons que vous y serez heureux !                     

La rentrée des séminaristes 2020

 Aux anciens : Comment as-tu vécu cette première année de séminaire ?

Jérôme : Je suis très content de cette première année, en paroisse et au séminaire. Le confinement a été une petite épreuve, bien sûr, mais on a réussi à la vivre correctement. Côté cours, on avait des vidéoconférences ou des poly. en ligne ; côté paroisse, les liens ont été maintenus grâce aux vidéos des offices et au Céphalo confiné. En un an, on connaît à peu près tout le monde. Je suis heureux d’avoir de meilleurs contacts avec les paroissiens. Quand les paroissiens se rendent compte que la promo des anciens va bientôt partir, les liens se renforcent avec ceux qui restent… Les cours, c’était OK. La philo est un univers dans lequel il faut entrer, ça prend un peu de temps. Il faut se laisser imprégner par la pensée des auteurs. Ce qui m’a le plus plu, c’est le cours sur les prophètes. On a retracé l’histoire du peuple d’Israël, avec des documents archéologiques, des cartes, une visite au Louvre. Et puis, on n’a pas souvent l’occasion de travailler les livres des prophètes. A Saint-Denys, j’ai fait le KT CM1. Ça s’est bien passé. Les enfants sont parfois agités, mais ça allait. Certains avaient un désir profond de faire leur première communion. Pendant le confinement, c’était un peu compliqué au début, rien n’était mis en place. Mais ensuite, on a repris les séances KT via Zoom. Tout le monde pouvait parler, tous ensemble d’abord, puis en sous-groupes. Et j’ai fait aussi mon premier camp scout en juillet, près de Poitiers. J’avais un peu d’appréhension, car je n’avais jamais fait de scoutisme, sinon quelques week-end pendant l’année. Je suis entré complètement dans l’univers scout, sa fraternité. J’ai admiré ces jeunes qui construisent des tables à feu et des tentes surélevées. Très bien aussi, le côté imaginaire ! On le construit pendant l’année, et là, on l’illustre, avec des déguisements et des mises en scène. Cette année, c’était un thème de Science Fiction. La vie de Maison ? On s’est très bien entendu. Les anciens nous ont bien intégrés ; le confinement nous a permis aussi de vivre une fraternité plus intense : on a dû trouver les moyens de compenser le stress lié au fait d’être toujours tous ensemble et qui aurait pu créer des tensions.

Je suis très content de pouvoir « retrouver » les paroissiens.

Je garde cette année les mêmes activités : le scoutisme et les KT CM1.

 

Édouard : C’était une belle année, à la fois en Maison, en paroisse, à la faculté et puis spirituellement. Il y a eu aussi le confinement, cette « drôle de guerre » : on était dans le chœur, occupant une stèle sur deux, à prier seuls les offices. Au début, c’était bizarre, mais on a aussi découvert que c’était la prière du peuple de Dieu, qu’on priait les uns pour les autres, c’était une belle grâce. Les portes de bois de l’église restant ouvertes, on voyait l’extérieur à travers les vitres blanches gravées représentant l’eucharistie, comme si notre prière, avant de monter au ciel, sortait pour associer les habitants du quartier. Non, ça n’a pas été pesant. Le père Tardy a senti qu’il fallait lâcher un peu de lest ; on est passé à un autre rythme, par exemple les laudes à 8h au lieu de 7h30. J’ai fait aussi le KT CE2. Même si les enfants étaient nettement plus calmes sur Zoom pendant le confinement, c’est le premier trimestre qui a vraiment été génial. Il y avait plein de pépites entre deux opérations de « police » ! J’ai été particulièrement touché par deux fillettes qui m’ont confié des choses assez lourdes, avec confiance. Ce qui est beau, c’est quand l’Esprit Saint nous fait toucher du doigt l’harmonie entre ce qu’on apprend aux Bernardins et ce qu’on vit en paroisse. On a eu aussi deux (bons) dîners avec les catéchistes : ce n’est pas grand-chose dans un emploi du temps, mais c’est vraiment génial. Des moments de joie partagée, de gratuité, qui nous font prendre conscience que nous prenons part à la même mission. Même chose au Ciné-pizza : on a fini l’année par un dessert partagé avec les parents et les fratries et de beaux échanges. Y a de la vie, quoi ! C’est ça, une paroisse. Et les rencontres sur le parvis après la messe : un moment de fraternité en acte ! Quant aux cours, c’était Byzance ! Je savais que j’aimerais beaucoup ce qu’on apprend aux Bernardins. On a aussi beaucoup de chance d’avoir un tuteur (un prof) pour nous guider dans nos lectures, partager nos enthousiasmes et nos difficultés. On vit aujourd’hui une période passionnante car de nombreuses questions sur l’histoire biblique ont reçu des réponses. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’importance d’Israël dans l’histoire du Salut, son épaisseur historique, le fait que les Hébreux ont su poser les questions avec beaucoup de netteté. Quand on lit les prophètes, Isaïe sur la question de l’idolâtrie ou le Serviteur souffrant, on est vraiment en présence du travail de l’Esprit Saint, d’une inspiration reçue et travaillée par tout un peuple. Jésus vient véritablement accomplir. La vie communautaire ? C’est un trésor. On pointe tous vers la même direction, chacun à son rythme.  Du coup, au début, on est tenté de se comparer les uns les autres. Il y a un exercice de simplicité à déployer. C’est parfois comme une cocotte-minute, la vie au séminaire ! Il faut poser de petites choses pour désamorcer tout ce qui pourrait exploser. On éprouve sa pauvreté en se remémorant cette promesse du Christ :  Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux.

Cette année, je serai chargé du KT CM1 à l’école Charles-Péguy et des servants d’autel et servantes de l’assemblée, en veillant à bien réussir la mixité et à développer l’intelligence de la liturgie.

Un mot aux paroissiens ?  N’hésitez pas à inviter les séminaristes à dîner ! Approfondissons notre amitié !

 

Ancien (parce qu’il est passé l’an dernier par Saint-Denys) et nouveau à la fois (parce qu’il commence une première année de séminaire), Joseph ou Van Vinh D. : « Je suis né le 13 février 1988 à la province de Ha Tinh, au Vietnam. Je suis issu d’une famille catholique, d’un village au centre du Vietnam. Mes parents sont agriculteurs et éleveurs. J’ai deux grands frères et deux grandes sœurs mariés.

Ma paroisse appartient au diocèse du Ha Tinh. C’est un nouveau diocèse, séparé du diocèse de Vinh.

Je suis en France depuis un an. L’année dernière, j’ai appris le français à Angers. J’y ai fini mes études  fin juin et suis revenu à Paris. Pendant l’été, j’ai fait mon service d’apostolat à l’île Bouchard et une retraite à Notre-Dame-de-Vie. 

Cette année, je continuerai le français tout en prenant quelques cours au séminaire. »

  

Les nouveaux : portraits

Daniel D., 27 ans. Né dans le 95, il est le dernier d’une famille de huit enfants, qui fréquente assidûment l’Église chaldéenne (sa sœur y est chef scout et son frère sous-diacre), de rite oriental. Après avoir obtenu son M2 de Gestion à l’université de Nanterre, il exerce pendant trois ans en tant que consultant en contrôle de gestion. « J’étais heureux dans ma vie professionnelle, j’avais ma vie toute tracée… et voilà que le Seigneur est venu toquer à ma porte. Depuis longtemps, j’avais dans l’optique de rejeter la question du sacerdoce, mais plus je la rejetais, plus elle revenait, comme si j’étais grignoté par le Seigneur petit à petit. » En 2019, Daniel cède aux insistances de Dieu et entre à la Maison Saint-Augustin pour une année propédeutique, année « très enrichissante car elle permet d’approfondir le choix qu’on a fait. C’était un pas vers le Seigneur, pour moi qui n’ai pas connu d’appel fort, mais suis en marche depuis ma jeunesse. » (Daniel a par exemple été « animateur » d’un groupe de jeunes adultes dans sa paroisse.)

« Ma première impression à Saint-Denys ? Je suis très content car c’est une « vraie » paroisse, pas un lieu touristique, mais une Église à l’échelle du quartier. »

Cette année, Daniel sera en charge du KT et du Groupe Biblique du dimanche matin.

 

Jean P., 25 ans. Né à Brest, il est le benjamin d’une famille de quatre enfants. D’abord élevé dans la foi catholique, il devient un « athée convaincu » au lycée, en seconde. Il arrive à Paris en 2012, pour faire sa prépa à Louis-le-Grand. Au cours de sa deuxième année de prépa, « c’était le 17 février 2014, un lundi, vers 18h, j’ai vécu une expérience très forte de conversion : en rentrant chez moi, j’ai été saisi par la certitude de l’existence de Dieu. Une certitude si forte que je ne pouvais pas la nier sans nier ma propre existence. » Ce fut le point de départ d’une « re-formation », au sein de la paroisse Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles, paroisse proche de son école d’ingénieur (Télécom Paris) et qui compte beaucoup pour lui. C’est là notamment qu’il a suivi le parcours EVEN qui a « structuré ce renouveau ». Le voilà qui quitte Télécom Paris en 2016 pour devenir prof de maths dans un collège privé (à Paul-Claudel, dans le VIIe). L’année suivante, il entre à la Maison Saint-Augustin, mais « ne se sent pas appelé au séminaire ». En 2018, il revient à Télécom Paris : il obtiendra son diplôme en 2020. Lors d’un week-end paroissial à Paray-le-Monial, où il est consacré au Sacré Cœur de Jésus, en novembre 2019, voilà que « se renouvelle son désir d’intimité avec le Christ ». Cette fois, il « entend l’appel à devenir prêtre ». Quelques mois plus tard, le voici à Saint-Denys, heureux à la perspective de rencontrer les paroissiens !

Jean sera chargé cette année du KT Sainte-Geneviève et du catéchuménat.

 

Martin G., 26 ans. Parisien, deuxième d’une famille de quatre enfants, il grandi dans la foi catholique, est d’abord élève à Notre-Dame-de-France puis à Stanislas. Son bac en poche, il entre à l’université de droit Panthéon-Assas, mais abandonne ses études après son DEUG. Le droit n’est pas la voie de Martin, qui peint depuis l’enfance et recherche un lieu de « créativité ». Il tente avec succès le concours d’architecte et entre à l’école de Belleville en 2014. « J’étais tellement plus heureux là ! J’ai fréquenté des gens passionnants, issus de tous les horizons, et ça m’a déployé. » Après quelques mois, en 2015, il « entend clairement l’appel », mais ressent en même temps le besoin d’achever ses études d’architecture, pour éprouver cet appel et acquérir une certaine liberté. Il rejoint alors de bons amis au parcours EVEN (qui signifie « pierre » en hébreu, et forme l’acronyme de l’École du Verbe Éternel et Nouveau) de Saint-Germain, où il creuse des amitiés profondes. En 2019, après avoir obtenu son diplôme, il entre à la Maison Saint-Augustin et le voilà, « avec joie ! », en 2020, à Saint-Denys.

Martin sera en charge du KT CE2 et du Ciné-Pizza (avec Guillaume).

Un mot aux paroissiens ? « Merci ! Priez pour nous, nous prions pour vous. Je suis très heureux de retrouver la vie paroissiale, après cette année propédeutique. »

 

Guillaume de C., 34 ans. Il est né à Bordeaux, où il commence ses études de droit, qu’il achève à l’université Paris-Sorbonne avec un M2. Depuis 2011, il est avocat, spécialisé dans le contentieux des affaires et le droit immobilier. Élevé dans la foi catholique, il fréquente moins la messe pendant ses études et une fois devenu adulte. « Mais au fond de moi, depuis le début de l’adolescence, se posait la question du sacerdoce. J’ai tout fait pour ne pas devenir prêtre ! Comment faire un tel choix de vie ? Pourtant, le 17 octobre 2018, le Seigneur m’a demandé, dans mon cœur, si je voulais être prêtre. J’ai senti une joie immense, surnaturelle, un avant-goût du Ciel ; une joie comme je n’en avais jamais connue. » Guillaume demande quand même « un autre signe », quelques semaines plus tard, qu’il reçoit aussitôt. « J’ai reçu ce signe clair et fort, qui m’a bouleversé. Le Seigneur est venu au secours de mon manque de foi. J’ai eu la certitude que le Seigneur est là, qu’il nous aime, qu’on est dans sa main. J’ai alors entrepris un chemin de conversion. C’est une grande liberté que de vouloir faire la volonté du Christ. » En septembre 2019, Guillaume entre à la Maison Saint-Augustin : « la prière et l’eucharistie au quotidien m’ont rendu pleinement heureux. C’est merveilleux de trouver le sens de sa vie ! Avant, j’avais l’impression de passer à côté de quelque chose et voir le temps passer m’angoissait. Maintenant, je suis libéré de cette angoisse. »

Dès le premier dimanche de septembre, Guillaume est à Saint-Denys, « belle paroisse » où il se sent très bien accueilli et « impatient de commencer les cours, de voir ce que c’est que le séminaire ».

Cette année, il sera chargé d’une mission (à définir précisément) auprès des collégiens des Francs-Bourgeois et du Ciné-Pizza (avec Martin).

Propos recueillis par Dominique Th. 


JAM 2020 annulées : ouverture des "mini-JAM" !



Le père Tardy et l’équipe des JAM ont choisi, étant donné le contexte sanitaire, la voie de la sagesse : les JAM 2020, sous leur forme traditionnelle, sont annulées, afin que ni les paroissiens, ni nos visiteurs ne risquent la contamination à Saint-Denys. Cette décision aura bien sûr, au-delà de l’aspect missionnaire de nos JAM, un impact financier, puisque les JAM sont une ressource importante pour la paroisse. Toutefois, les années précédentes ayant été fructueuses, le Conseil Économique s’est montré rassurant : Saint-Denys a la capacité de financer ses activités cette année en puisant dans ses réserves, sans que la vie paroissiale n’en soit affectée.

Se pose aussi la délicate question des stocks : les placards sont déjà pleins d’objets pour la brocante, de jouets, de linge, de livres ; les portants et étagères croulent sous les vêtements, sans compter les 110 pots de confitures prêts à être dégustés !

Nous lançons donc cet automne, dès les  24 et 25 octobre, (mais aussi les 7 et 8 novembre en cas de succès !) nos « mini-JAM », en plein air, sur le parvis, afin d’écouler principalement les stocks de vêtements, les chaussures et les confitures. 

Ce sera une vente de week-end, renouvelable à volonté, destinée principalement aux habitants du quartier et autres badauds.

Par ailleurs, nous sommes contraints de suspendre jusqu’à nouvel ordre la réception des dons, sauf objet exceptionnel susceptible d’être vendu un très bon prix… lors des JAM 2021, qui, après cette année « sabbatique », n’en seront que plus belles ! 

D. et Ph. Th., responsables JAM



 

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