Le baptême de Mélissandre, un témoignage de foi
Celui qui n’aime pas n’a pas connu l’amour de Dieu, car Dieu est amour. (1 Jn 4.8)
Si je m'adresse à vous aujourd’hui, c’est parce qu’un jour, Dieu a traversé ma vie comme une bourrasque de vent violent ouvrent une fenêtre : sans prévenir, mais en laissant entrer une lumière qui change tout et surtout… fait persévérer.
J’ai grandi dans une famille catholique, une famille croyante, mais qui a fait un choix un peu particulier : mes parents ont décidé de ne pas me faire baptiser bébé. Pas par oubli, ni par indifférence. Mais parce qu’ils voulaient que ce soit mon choix, que le jour de mon baptême soit une rencontre personnelle avec Dieu, pas simplement une tradition familiale. Ils voulaient attendre que je vive ce sacrement pleinement, quand mon cœur serait prêt. Alors j’ai grandi dans une éducation chrétienne, mais sans sacrement. Je priais, je connaissais les grandes fêtes, j’allais parfois à la messe… Et pendant longtemps, je ne ressentais pas particulièrement l’urgence de ce sacrement.
Et puis, il y a trois ans, tout a changé. C’était à Chartres, à Pâques. Le 17 février 2022. Sur un coup de tête, ma mère m’a proposé d’y aller. Rien n’était prévu… et pourtant, là-bas, j’ai senti quelque chose de très fort : un appel. Un besoin presque vital de me faire baptiser. Une évidence intérieure, comme si Dieu posait sa main sur mon épaule et me disait : « C’est maintenant que je t’appelle. » Je suis rentrée de Chartres avec la certitude profonde que je devais demander le baptême. C’était évident, nécessaire. Je ne pouvais pas retourner en arrière. Comme si Dieu avait attendu ce moment précis pour frapper à la porte de mon cœur.
Ce jour-là a été le début d’un chemin. Un chemin parfois exigeant, parfois bouleversant, mais toujours habité d’une joie profonde. Mais parfois, quand Dieu ouvre une porte, les hommes en ferment d’autres. De retour à Paris, nous sommes allées dans la paroisse la plus proche pour commencer les démarches. J’avais encore la lumière de Chartres dans le cœur. Et pourtant… l’accueil a été glacial. On m’a parlé du baptême comme d’une récompense qu’il fallait mériter. On m’a dit que je n’étais peut-être pas prête. Qu’il faudrait prouver, encore et encore, que j’en étais “digne”.
Mais l’Écriture dit : « Dieu est amour. » (1 Jn 4.8) Et l’amour, le vrai, ne se mérite pas. L’amour se reçoit, simplement, les mains ouvertes. La grâce, ça ne se mérite pas. La grâce, ça se reçoit. J’ai quitté cette paroisse le cœur lourd. Avec l’impression qu’on m’avait volé quelque chose de fragile et de précieux. Pendant un instant, j’ai presque cru avoir rêvé Chartres. Mais Dieu n’abandonne jamais. Jamais. À la fin de l’été, j’ai rencontré des jeunes. Des jeunes joyeux, simples, lumineux. L'une venait de la paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement. Et m’a dit : « Viens voir. » J’y suis allée. Juste une fois… pensais-je. Mais une fois a suffi.
À Saint-Denys, je n’ai pas trouvé une paroisse. J’ai trouvé une maison. Le père François m’a accueillie comme si je revenais de loin. Avec douceur, patience, confiance. Il ne m’a pas demandé de mériter quoi que ce soit. Il m’a juste dit : « Si Dieu t’appelle… alors avançons ensemble. » C’est là que j’ai commencé mon parcours de catéchuménat. Dans la paix. Dans la lumière. Dans la joie. Mon parrain a été une boussole discrète mais essentielle. Il m’a appris, guidée, portée parfois. J’ai découvert une foi vivante, vibrante, exigeante mais belle. Et quelques mois plus tard… à Pâques dernier, je suis née une deuxième fois. Dans l’eau, la lumière, la joie qui déborde. Une joie qui ne s’explique pas, mais qui se reconnaît. Une joie qui dit : « Te voilà chez toi. Enfin. »
Et après ? Après, j’ai appris que la foi ne s’arrête jamais. J’ai pris l’habitude d’aller à la messe chaque semaine, comme on prend l’habitude de respirer plus profondément. J’ai participé aux événements du diocèse et de ma paroisse, rencontré des visages, entendu des histoires qui m’ont transformée. J’ai commencé à servir. C’est là que la foi est devenue un verbe. Je suis devenue catéchiste. Moi, la nouvelle baptisée, j’ai commencé à transmettre aux enfants. Et j’ai découvert que Dieu aime passer par les petites mains, par les voix tremblantes, par les débuts hésitants. Je me suis engagée dans les louanges, avec le piano. Parce que pour moi, la musique est une prière sans mots, un pont entre la terre et le ciel, une façon de dire “je t’aime” autrement.
Le Jubilé : là où Dieu surprend encore - Et puis il y a eu le Jubilé des Jeunes. Une semaine intense, lumineuse, imprévisible. Une semaine où j’ai vécu des péripéties — évidemment — où là ou j’attendais un simple regain de foi, Dieu a mis ma foi a rude épreuve -, parce que quand on demande a Dieu, il nous envoie une leçon qui n’a pas plus belle récompense. parce que Dieu aime écrire droit avec nos lignes courbes. Mais surtout, j’y ai rencontré des personnes formidables. Des amitiés nouvelles qui j’espère resteront dans mon chemin, des discussions profondes, des moments où le cœur comprend plus vite que la tête. C’est là que j’ai compris : ma foi n’était plus une idée. Elle était devenue une vie. Il y a surtout eu des grâces.
Quand j’observe mon chemin, je vois des détours, des obstacles, des portes fermées. Je vois des moments où j’ai douté, où j’ai pleuré, où j’ai hésité. Mais surtout, je vois une main qui n’a jamais lâché la mienne.
La persévérance, ce n’est pas être fort. Ce n’est pas ne jamais tomber. La persévérance, c’est revenir à Dieu, encore et encore. Même fatigué. Même blessé. Même découragé.
C’est croire que, derrière chaque porte fermée, il y a une autre porte que Dieu est déjà en train d’ouvrir. Pour vous…
Si je pouvais laisser une seule phrase aujourd’hui, ce serait celle-ci : « Dieu ne cherche pas des héros. Il cherche des cœurs qui osent espérer. » Parce qu’au fond, persévérer, c’est ça : continuer d’espérer, continuer de se relever, continuer de croire que l’amour de Dieu n’est jamais perdu pour personne.
Et quand tout semble bloqué, quand on nous dit “ce n’est pas pour toi”, Dieu dit exactement l’inverse. Il dit : « Je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. » (Is 43.1) Mon baptême, ma paroisse, mes engagements, mes rencontres… tout cela n’existerait pas si j’avais renoncé le jour où on m’a dit “ce n’est pas pour toi”.
Alors à vous, je le dis du fond du cœur : cherchez. Osez. Et surtout… persévérez.
Dieu vous conduira là où votre cœur peut enfin respirer.
Voir aussi : https://lepetitcephalophore.blogspot.com/search?q=m%C3%A9lissandre



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