Le Petit Cephalophore

lundi, septembre 17, 2018

L'édito du père Tardy : septembre 2018



Le vin nouveau
Cette rentrée est riche en changements : en plus des 4 nouveaux séminaristes de Saint-Denys, nous changeons de vicaire, puisque au P. Maxime succède le P. Grégoire Froissart, nous changeons de vicaire général, Mgr Jérôme Beau laissant la place (mais pas encore la mitre) au P. Alexis Leproux, enfin nous changeons de sacristain : Michel-Marie est remplacé par Franck ! Un peu plus et on nous changeait la religion !
Que de nouveaux visages à accueillir dans notre paroisse !
Mais comment accueillir ? L’accueil ne consiste pas à nous saluer poliment, à nous présenter à notre avantage et à faire travailler nos zygomatiques.
Quand j’étais jeune séminariste, j’étais assez timide et devais me forcer pour aborder les inconnus. Je ne savais pas quoi dire, comment commencer. C’est le Sénégal qui m’a rendu plus simple, parce qu’il y avait moins de glace à casser et qu’on n’y a pas peur de laisser des blancs de conversation. Un autre rapport au temps et à l’éternité.
L’accueil d’un nouveau visage est toujours aussi celui du Royaume de Dieu. « Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » (Mc 10,15)
Ce verset a deux sens : s’agit-il de la manière dont un enfant reçoit les choses ? ou de la manière dont on reçoit un enfant tantôt turbulent tantôt sage, mais toujours intempestif ? Un peu des deux sans doute.
L’amour divin est une réalité fragile et précieuse comme un enfant, et il doit être accueilli avec un respect infini et une simplicité humble au moment qui lui appartient. L’accueil appauvrit les deux parties.
L’accueil dont nous parle Jésus est celui de tout être humain en tant qu’il est petit et qui, à son tour, nous rend petits.
Une rentrée paroissiale, scolaire ou autre, est donc toujours un apprentissage spirituel qui dure plusieurs semaines, avec ses timidités, ses découvertes et ses joies. Que ce numéro du Petit Céphalophore nous aide à savourer le vin nouveau dans des outres renouvelées.

Bienvenue au père Grégoire, notre nouveau vicaire



En cette rentrée, Saint-Denys se réjouit d’accueillir le père Grégoire Froissart. Retour sur le parcours de ce prêtre de 38 ans, heureux d’être pour la première fois vicaire en paroisse.

Grégoire Froissart est né à Rouen mais il a grandi à Orléans. Il est le deuxième d’une fratrie de quatre garçons, élevée par des parents catholiques, tous deux ingénieurs agronomes. Dès l’âge de 10 ans, cet écolier assidu entre au conservatoire où il étudie le piano, s’inscrivant dans une lignée familiale de musiciens. Mais à 15 ans, il décide de renoncer à une carrière musicale qui l’aurait conduit à passer le concours du Conservatoire supérieur de Paris, préférant se centrer sur des études scientifiques. Il obtient un bac S et part préparer, au lycée Lakanal de Sceaux, le concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS) de Cachan, qu’il réussit en sciences sociales. Pendant quatre ans, il y étudie l’économie politique et obtient un master. Il finit son cursus à Sciences Po avec le projet de travailler dans la fonction publique. « Ce que je faisais me plaisait beaucoup mais il me manquait quelque chose... Je me suis dit alors qu’il était plus utile d’annoncer l’évangile », explique-t-il. Enfant, il se souvient avoir été profondément marqué par la visite que sa famille rendait chaque année à une tante devenue moniale chez les Sœurs de Bethléem, dans un monastère situé au sommet des Monts Voirons, face au Mont Blanc.
Quand il frappe à la porte du Service des vocations, on lui propose de « faire du caté avec des collégiens », à la paroisse de Saint-Pierre-de-Montrouge, pour se tester. L’expérience est concluante puisqu’il entre à la Maison Saint-Augustin en 2003, à 23 ans. Suivront les années de séminaire à la Maison Saint-Louis, Saint-Germain et Saint-Roch. Son baccalauréat canonique en poche (équivalent de la licence), il est ordonné diacre à Notre-Dame-d’Auteuil et part à Bruxelles préparer une licence canonique (équivalent du master) à la Maison La Strada, que dirige le père... Roger Tardy. Il est ordonné prêtre le 26 juin 2010 à Paris. Il termine alors sa deuxième année de licence en Belgique, avant de rentrer à Paris où il débute une thèse sur « l’homme image de Dieu chez saint Thomas d’Aquin ». Parallèlement, il sera formateur pendant sept ans à la Maison Saint-Augustin.
Cette année, notre nouveau vicaire suivra « entre autres » : le groupe scout, la préparation au mariage et le catéchisme des CE2-CM2. « Je n’ai jamais été vicaire, explique-t-il, et je suis très content de célébrer la messe et de découvrir la vie paroissiale ». Il lui faudra pourtant concilier cette charge avec celle de directeur au séminaire de Paris - mais sans heures d’enseignement pour pouvoir terminer sa thèse ! Et s’il veut se détendre ? « Je joue encore du piano et je nage régulièrement », confie-t-il dans un sourire. Ce qui l’anime, « c’est la joie de transmettre l’évangile. C’est pour cela que je suis devenu prêtre. »
Alors n’hésitez pas à venir le rencontrer lors de sa permanence qui se tiendra tous les vendredis de 16h30 à 19h.
Propos recueillis par Sylvie H.

La rentrée du séminaire 2018



Aux anciens : Qu’est-ce qui a changé après un an de séminaire ? Toi, as-tu changé ?

Paul, 27 ans. « C’est agréable de rentrer en 2ème année : on connaît tout ! J’ai changé, oui, ou plutôt j’ai grandi, car je suis resté le même… La première année est difficile car on est aspiré par plein de choses à la fois : la vie paroissiale (les nouvelles têtes, les activités), la vie communautaire avec les prêtres et les autres séminaristes, la vie aux Bernardins où il faut se replonger dans les études. Je ne savais pas trop comment m’y prendre pour tirer le meilleur profit des cours. (C’est différent en science). J’ai beaucoup travaillé la philosophie de la nature, quel type de connaissance apporte la science (questions d’épistémologie). L’enjeu, c’est d’unifier tout ça autour du Christ, dans la vie de prière. Le plus exigeant, c’est la fidélité dans la prière. Je fais ma prière personnelle le matin, avant les Laudes (moi qui ne suis pas du matin : c’était difficile !). J’avais l’impression d’apprendre à être un moine (on se projette déjà dans le célibat), mais dans le monde. Faire le KT aux CE2 aussi, j’aimais beaucoup : c’était une respiration dans les études, même si cela peut sembler ingrat car on y met beaucoup d’énergie, sans toujours en sentir les fruits. Mais c’est important le KT. Moi-même, j’ai été très touché par des prêtres dans ma jeunesse. Cet été, j’ai aussi vécu une expérience éprouvante mais forte en tant que directeur d’un camp de patronage en Haute-Savoie, auprès de 25 jeunes du XXème, certains défavorisés, qui faisaient l’apprentissage des vacances, de la nature, de la vie en commun. »
Paul sera en charge du KT CP-CE1 à Sainte-Geneviève et des servants de messe et d’assemblée. « C’est un bon enjeu. Il faut trouver des aînés capables de transmettre leur savoir aux plus jeunes. J’y crois beaucoup. »
Un mot aux paroissiens ? « Je suis très heureux de les revoir, de creuser les relations : il ne faut pas hésiter à nous solliciter pour discuter, pour déjeuner. On vérifie notre vocation en vivant des choses simples.

Valdemar, 22 ans. « J’ai découvert pas mal de choses. L’an dernier, j’étais tout frais, tout bien pour entrer au séminaire ; puis on change de vie, on fait des études, on découvre plus concrètement la vie paroissiale. C’est intéressant de voir, d’une part, les prêtres travailler, d’autre part les personnes que les prêtres accompagnent. J’ai pas mal travaillé avec le père Maxime au KT CM1. C’est martyrisant, mais en même temps, ça permet de voir quelles sont nos limites et les attentes du peuple de Dieu. J’ai eu l’impression de bien participer au souci pastoral des prêtres, ça c’est assez beau. Les JAM ont été un beau moment aussi : c’est la réunion de famille de la paroisse. L’esprit paroissial ici est différent de celui de Saint-Augustin : il y a une spontanéité des fidèles, un enjouement, un « naturel ». Côté études, j’aime beaucoup apprendre. Mais il y a beaucoup de choses à faire en même temps, des changements de registres, il y a toujours à lire et à apprendre. Quant à la vie fraternelle, il y a des hauts et des bas. Il s’agit d’apprendre à se confronter à des caractères différents. C’est le lieu on l’on apprend le plus, le lieu de la charité quotidienne. Supporter les manies de l’un, les étourderies de l’autre. C’était une super année, très fraternelle, et le père Roger apporte beaucoup de  sérénité. »
Valdemar sera en charge de l’Aumônerie du Marais pour les 6-5ème du doyenné et du Ciné Pizza, réparti en deux groupes : CM2/6ème et 5-4-3ème.

Dino, 41 ans. « Oui, il y a beaucoup de changement, intérieur surtout, au niveau de la prière. Ce sont les fruits des difficultés du séminaire : les études, la vie en communauté. Je parle surtout de la prière d’oraison : c’est là que je vais épuiser mes forces, que je trouve le ressourcement, le contact avec Dieu, que je me sens pauvre, que je m’enrichis de ce que Dieu veut me donner. Sans cela, j’aurais beaucoup plus de difficultés. Sans ce don, je ne saurais pas comment vivre. Le combat est d’abord intérieur. Côté examens, je suis très content, j’ai mieux réussi que je ne pensais, je doutais de moi. La pédagogie des Bernardins m’a aidé à dépasser mes limites. Côté Maison : c’est un lieu où on est un peu dispersé (père spi / de Maison / supérieur du séminaire / tuteur), avec en plus les cours. Pour former une unité dans tout ça : la paroisse, qui est un lieu d’accueil. On sent l’amour des paroissiens, ça nous permet de nous poser un peu, de nous sentir en famille (ils m’ont invité !). Et il y a les nouveaux : il faut en tant qu’anciens qu’on leur montre l’exemple. C’est un tout. Ainsi on peut se sentir uni. »
Dino sera en charge du KT CM2, « pour donner ce qu’il reçoit aux Bernardins » et du groupe Jeunes pro auprès des pauvres de Mère Teresa. 
Un mot aux paroissiens ? « J’ai hâte de les revoir, de me sentir en communion avec eux à la messe, de leur serrer la main sur le parvis, de faire plus ample connaissance, d’avoir des nouvelles de chacun ! »

Antoine Ha, 27 ans bientôt. « Depuis Noël que je suis là, j’ai pris des cours de français. C’est difficile, mais je fais des progrès et en même temps j’ai suivi un cours sur Matthieu aux Bernardins. Le professeur m’aide à compléter mes notes. Chaque semaine, arrivaient de nouveaux étudiants d’Afrique ou d’Asie, du Vietnam (surtout des prêtres et des sœurs). Je me sentais un peu en famille, surtout avec Joseph, séminariste à Saint-Severin et Vietnamien de mon diocèse. Je le connais depuis six ans, nous sommes toujours ensemble. Ici, à la Maison, les séminaristes et les pères m’ont beaucoup aidé. Le plus difficile, c’est de suivre la conversation à table, quand tout le monde parle. Le dimanche, je rencontrais des paroissiens qui me demandaient comment se passe ma vie en France. L’éloignement est lourd, mais on n’a pas le choix. La mission, c’est la mission ! »
Antoine commence sa première année d’études aux Bernardins, tout en continuant à suivre un cours de français, 1h30 par semaine. Il sera aussi en charge du KT CE2.

Henri, 22 ans. « On change forcément, car on est confronté à ses limites dans les activités communautaires ou pastorales. Les études au séminaire ne ressemblent pas à celles d’avant en ce sens que ce n’est pas la priorité. C’est ajusté avec le reste. Je m’y suis jeté avec bonheur : 6 heures de Philo par semaine, et autant d’écriture sainte. Ce n’est plus seulement des compétences intellectuelles, ça nous aide à grandir spirituellement. On se rend compte en tant que séminariste, que ce que l’on reçoit, on doit aussi le transmettre. Côté Maison : ça s’est bien passé. Il faut une bonne année pour que chacun trouve sa place… et ça va recommencer avec les nouveaux ! Le plus difficile ? Se supporter les uns les autres. On a aussi parfois l’impression d’être soi-même un poids pour les autres. Côté paroisse, l’élément décisif qui m’a fait grandir, c’est le scoutisme, que j’ai eu la chance de découvrir en tant qu’assistant-chef de troupe.  C’est assez unique. La question du chef, c’est comment être exemplaire, inviter les jeunes à progresser eux-mêmes. Je cherchais ma propre exemplarité dans le fait d’être réceptif à tout ce que j’apprenais (3 semaines de camp dans l’Orne). Je suis fier de ce qui a été accompli et content de reprendre la troupe. Le KT aussi a été un gros apprentissage ! On y va avec son bon cœur, et on se confronte à une situation super difficile en fait : se mettre à la hauteur des enfants, être respecté, compris. Il y a des trouble-fête à gérer, en s’intéressant à la personne derrière le trouble-fête. L’autorité ne suffit pas, il faut aussi un certain dévouement ! »
Henri sera en charge des Scouts et du KT CM2.

« Je suis content de retrouver certaines habitudes, les personnes qui nous côtoient, et d’en découvrir de nouvelles ! » 

Les nouveaux : portraits

Jason N., 22 ans. « Je ne suis pas Parisien, mais Meldois ! » C’est en effet le diocèse de Meaux, dépourvu de séminaire, qui a envoyé Jason (prononcer à l’anglaise) à Paris, à la Maison Saint-Augustin (MSA). Il est le troisième d’une fratrie de 5 frères et sœurs, sa mère est directrice d’une entreprise de nutrition cellulaire (question de carence alimentaire) à Marne-la-Vallée. Depuis qu’il est tout petit, Jason fait du judo : « c’est un code moral très pédagogique, on apprend le respect de l’autre. C’est une école de vie dont les valeurs sont comparables aux valeurs chrétiennes ». Le voilà aujourd’hui, après 18 ans de judo, ceinture noire, médaille d’or au championnat d’Île-de-France, médaille de bronze au championnat de France universitaire. Il a suivi le cursus d’un sportif de haut niveau : il a passé son bac (ES), puis a choisi des études de droit (niveau L3 à Paris I Sorbonne). « J’ai été appelé à Lourdes, où j’étais en famille, à 12 ans, pour le 150ème anniversaire des apparitions. J’ai ressenti une paix profonde, inexplicable, bien plus grande que ce que je vivais quand je gagnais des médailles au judo. Mais j’ai mis du temps à discerner. Le fait que je quitte mes parents tôt, à cause du judo, m’a aidé. Le Seigneur m’a façonné jusqu’à la MSA ! » Il tient à parler aussi de son attirance pour le monde anglo-saxon : « j’ai vécu un an en Angleterre, pour le droit et le judo. La culture britannique est une bonne partie de moi. J’aime parler anglais ! »
Jason sera en charge du KT CM1 et responsable du Groupe biblique du dimanche.

Un mot aux paroissiens ? « Merci de votre accueil. Il n’y a pas de hasard. Si je suis ici, c’est la volonté de Dieu. Que chacun que nous apporte ce qu’il a dans le cœur. »

Antoine D., 26 ans, a deux sœurs, un père ingénieur et une mère institutrice en CM2. Né à Aix-en-Provence, il a surtout grandi à Troyes, en Champagne-Ardenne, et n’est arrivé à Paris que pour ses études : une prépa. à Ginette à Versailles, puis l’ESPCI (École Sup. de physique-chimie industrielle de Paris). Ingénieur séduit par l’entreprenariat, il poursuit dans cette filière à l’École des Mines et se consacre avec un ami à un projet de start-up (comment faire des KIT d’électronique) en 2015-16. « Mais le Seigneur est passé, en l’été 2016, et la question de l’appel au sacerdoce, qui s’était posée au début de l’année, a ressurgi. (Ceci dit, sur mon vélo, quand j’allais à l’école à Troyes, j’y avais déjà pensé…) J’avais l’été pour réfléchir. Je pars aux JMJ de Pologne où je rencontre… un séminariste de la MSA et le père Vincent Thiallier, aujourd’hui au service… des vocations ! Il a été le premier interlocuteur avec qui j’ai discuté de cette question. Tout cela mature dans mon cœur. J’ai un stage à valider, c’est fait en décembre et en septembre 2017, je suis à la MSA, après avoir travaillé quelques mois comme ingénieur à Issy-les-Moulineaux. »
Antoine sera en charge du KT à Charles-Péguy et du Ciné Pizza.

Un mot aux paroissiens ? « Content de faire la connaissance de chacun ! »

Louis-Marie D., 25 ans, est le dernier d’une famille pratiquante de quatre enfants (un frère et deux sœurs, tous mariés), et déjà quatre petits-enfants ! Son père est professeur de droit, sa mère est comptable paroissiale. Il est né et a grandi à Rennes, fait sa terminale à Paris en 2011, puis part pour Lille où il fait une école d’ingénieur en banque-finances-assurances, l’HEI, en lien avec l’Université catholique. « J’ai aimé la ville. En 2016, je suis parti au Liban pendant mon année de césure, pour réfléchir. Car c’est en vivant seul à Lille que j’ai commencé à me poser des questions sur ma foi, sur ma pratique. Après le Liban, je suis revenu avec un début de réponse. » Diplômé en 2017, après une marche estivale de vingt jours sur les chemins de Compostelle, à partir du Puy, il entre directement à la MSA.
Louis-Marie sera en charge du KT CE2 et de la Louange du jeudi soir, tous les quinze jours.
Un mot aux paroissiens ? « Merci de nous accueillir ! »


Nicolas B., 29 ans, est Parisien d’origine corse. Il est le cousin du père Biaggi, curé de Sainte-Odile et parrain d’ordination du père Tardy ! « J’avais fait le Triduum pascal en Saint-Denys en 2016, donc je connaissais déjà la Maison et l’église. » Ses deux parents sont experts en livres anciens et ont une librairie rue Saint-Jacques, il a une sœur, Marguerite, qui travaille avec son père. Nicolas a grandi dans le XIIème à Saint-Michel-de-Picpus, une prépa. à Ginette, Telecom Paris, puis est parti pour Toulouse pour faire un doctorat en économie, ce qui l’a conduit à vivre cinq ans aux USA pour ses recherches. Il est en même temps assistant à l’Université de Duke, en Caroline du Nord. « C’était super ! » Il avait pourtant « toqué à la porte du service des vocations avant de partir » et durant six ans est resté en contact avec un prêtre en vue du discernement, mais son père spi (un Texan Jésuite) et lui avaient convenu qu’il devait finir sa thèse.  « Le combat de discernement, c’était un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. Je n’arrivais pas à m’en défaire, de ce désir, de ce truc qui est là à l’intérieur. Puis j’ai mis les deux pieds dedans : la MSA et aujourd’hui Saint-Denys. »
Nicolas sera en charge du KT CM1 avec Jason.
Un mot aux paroissiens ? « Content d’être dans cette paroisse. Je découvre avec plaisir les équipes de KT, les personnes. Ça a l’air très dynamique ! C’est réjouissant. »
Propos recueillis par Dominique Th.

Du nouveau à la sacristie

Notre ancien sacristain, Michel Marie, qui nous a ravis pendant dix-sept ans par son large sourire et ses chemises africaines (Michel Marie est toujours habillé le dimanche aux couleurs de la liturgie du jour), nous quitte pour prendre un nouveau chemin et jouir à soixante-sept ans de la retraite. (Relisez l'interview de son arrivée à Saint-Denys). Lui succède Franck, dont nous espérons qu'il se plaira à Saint-Denys et à qui nous souhaitons la bienvenue !


Notre sacristain Michel-Marie prend bientôt sa retraite, après 16 ans et 9 mois de service. « Un grand merci d’abord aux curés successifs, le père Michel Callies qui m’avait engagé, le père Quinson qui m’avait soutenu aux moments difficiles et le père Roger qui m’a permis de poursuivre cet engagement jusqu’au bout. Merci à tous les vicaires et séminaristes. Merci à tous. Je resterai toujours un ami de cette paroisse ! » Michel-Marie ajoute qu’il voudrait notamment revenir aux JAM qui l’ont tant marqué d’année en année. « J’aime les gens, j’aime les voir être dans la joie, se rencontrer, partager, échanger. L’ambiance des JAM , c’est tout cela ! Les paroissiens de Saint-Denys sont ouverts, aimables, c’est une famille. Que dire ? Vous allez me manquer. Ma mission parmi vous s’achève, mais nos missions respectives vont se poursuivre. » Michel-Marie pense proposer son bénévolat dans sa paroisse à Pontoise, y participer désormais aux messes du dimanche, aller aux offices du Carmel voisin,  mais surtout, avec son épouse qui prendra, elle aussi, sa retraite d’ici peu, donner un soutien renforcé à la communauté congolaise présente en France* et ailleurs en Europe. « Sans oublier nos enfants et nos treize petits enfants ! », ajoute-il. « Chers paroissiens, quand vous vous souviendrez de moi, rappelez-vous simplement mon prénom : Michel, qui est le nom de notre Ange défenseur, puis Marie, le nom de notre maman à tous…  Saviez-vous que mon prénom complet est en fait Michel-Marie de la Croix ?
Un dernier mot : je suis né un 4 octobre, jour de la Saint-François,  aussi puissions-nous tous, vous ici et moi dans mes nouvelles missions, réaliser pleinement la prière du saint d’Assise… à la Gloire de Dieu, en union de prières ! »
*Communauté Marie - Mère d’Espérance.
Propos recueillis par Katarina K.



Un nouveau sourire rejoint Saint-Denys. Celui de Franck qui, en devenant le nouveau sacristain de notre paroisse à compter de ce mois d’octobre, va réaliser un projet de vie qui lui tenait à cœur depuis sa jeunesse dans les lointaines îles de Polynésie. « Un beau cadeau de la Providence quand le 27 août, jour de mon anniversaire (42 ans), j’ai reçu votre coup de fil m’invitant à un entretien à Saint-Denys. Depuis mes jeunes années, enfant de chœur puis auditeur en propédeutique au grand séminaire de Tahiti, j’ai formé ce projet de devenir sacristain. » Franck, son épouse Olha (d'origine ukrainienne) rencontrée à l'Arche, et leurs trois filles, vit à Compiègne dans la région de la famille de son père qui était dans la Marine Nationale. Sa maman est demeurée avec ses deux frères et sa sœur en Polynésie. Depuis 2000 en métropole, «  j’ai eu la chance de faire de belles rencontres avec Jean Vannier à l’Arche, ou encore le père Manaranche aux Apprentis d’Auteuil, mais aussi les patients et les bénévoles de Jeanne Garnier et Broca où j’ai travaillé après ma formation d’aide soignant ». Les nouveaux horaires que Franck va prendre en charge nous permettront de maintenir l’église ouverte au moins un samedi et un dimanche sur deux toute la journée. Souhaitons-lui la bienvenue. Nous ne doutons pas qu’au terme de ses trois premiers mois d’essai, Franck ne devienne notre sacristain pour de longues années !
Propos recueillis par PhTh.

La Bible sur le terrain (BST) 2018





Le film du désert, en attendant les photos des autres pèlerins !

Photos de : Hubert, Isabelle, Valérie et Olivier
Vous pouvez télécharger à votre tour vos photos sur ce fichier, accessible à tous.

Photos des Dauphinois

Nous étions une vingtaine de paroissiens et autant de jeunes de l’aumônerie de Dauphine à partir cet été pour un pèlerinage en Israël, conduits par les pères Michel Guéguen (grand organisateur), Maxime Deurbergue (son second), par notre curé et le père Siméon. La « Bible Sur le Terrain » conjugue heureusement le corps, dans ses épousailles avec la réalité de la terre de Dieu (nous marchions, mangions et dormions dehors), et l’esprit, grâce aux lectures, commentaires bibliques et célébrations qui ponctuent la journée. Deux semaines de pur bonheur partagé.


Constance (13 ans, la benjamine du voyage !) : « J’ai adoré ce voyage ! Le désert est la partie que j’ai préférée : des paysages sublimes, un espace immense rien que pour nous, un silence qu’on ne trouve pas ailleurs, reposant pour réfléchir à la Bible. Revenir en ville ensuite était bizarre, mais j’ai bien aimé les souks ! A Nazareth, j’ai été très touchée de voir la maison de Marie et de me dire que c’est là que tout a commencé… J’ai contemplé le lac de Tibériade avec un très beau lever de soleil, et cela m’a secouée d’être si près des bombardements en Syrie. Je ressens de la compassion pour les peuples en guerre. A Jérusalem, j’ai été un peu déçue par la visite du Saint Sépulcre avec la foule, les touristes, les selfies : je trouve que cela "casse" la valeur du lieu, même si je suis contente d’y être passée. L’ambiance fraternelle de notre groupe avec des générations mélangées était super, c’était simple ! Voir le père Guéguen et le père Maxime si impliqués dans la BST, les écouter, être avec eux, c’était formidable. Les messes en plein air chaque jour m’ont beaucoup plu, j’étais attentive aux textes et à l’homélie et cela m’a remotivée pour aller à la messe, pour continuer à prier. Amen Jésus ! »

Annie : « La BST, j’en entendais parler depuis des années ! Qu’elle soit proposée par la paroisse avec nos prêtres a été pour moi comme un appel. A l’arrivée, j’ai été très touchée par l’immense statue de la Vierge et en dormant à ses pieds, je lui ai confié mon pèlerinage et mon désir d’une vie plus intime avec Jésus. J’ai été comblée par les paysages magnifiques, les beaux lieux que nous avons découverts en suivant les pas de Jésus dans le pays où il a voulu s’incarner. Mon service de prendre soin des petits maux des uns et des autres a fait grandir en moi une véritable affection qui s’est déployée vers tous dans la vie communautaire chaleureuse et toute simple, dilatant mon cœur… Chacun m’est proche par tout ce vécu qui nous a unis ! Parmi les temps forts, je reste frappée par le témoignage bouleversant des sœurs de Bethléem, signe de paix au pied du Mur. Émue par la beauté de la liturgie à Abu Gosh. Dans la nuit du tunnel d’Ézéchias, j’ai pensé aux piscines de Lourdes et j’ai vécu une grâce d’abandon dans la confiance… Partie fatiguée et abattue par divers soucis, j’ai retrouvé une paix intérieure et je ressens une alliance renouvelée avec le Seigneur. »

Christian : « J'ai ressenti une joie extrême en Terre Sainte en mettant mes pas dans ceux des générations de chrétiens qui nous ont précédés dans des conditions infiniment périlleuses, pèlerins portés par une aspiration très forte ! Les traces qu'ils ont laissées m'ont touché, notamment les inscriptions en grec dans le Néguev, à Nazareth... J'ai éprouvé une proximité, une solidarité spirituelle, une communion avec ces prédécesseurs anonymes. Pour moi ce voyage a été à la fois intense et bref, terriblement trop court ! Et je désire revenir dès que possible pour méditer, creuser ce que j'ai reçu. Ce pèlerinage vécu avec notre corps "sur-sollicité" est une chance, une grâce, une forme d'ascèse propice à l'intériorisation : je me suis senti proche du groupe des disciples qui accompagnaient le Christ, qui comme lui ressentaient la fatigue sous la chaleur. Dans la joie d'être en présence de nos prêtres durant ce temps privilégié. Joie également d'une expérience intense vécue avec des paroissiens. Je reste très ému par cet étonnant voyage qui marque à présent le reste de ma vie, comme un pivot. Je sais désormais encore mieux qu'il y a autre chose... »

Élisabeth : « Notre voyage m’a remuée en profondeur, m’offrant une sorte d’assise, une grande joie et une rentrée plus facile ! Ce qui nous a été donné de vivre ensemble est pour moi exceptionnel en densité et humanité, les conditions de vie extrêmement simples nous menant à l’essentiel. J’ai aimé les journées rythmées par la prière commune, la messe avec nos quatre célébrants, les lectures et les enseignements si vivants sur place. J’ai vécu une expérience forte et inattendue dans le désert, le 3ème jour. Mon corps ne suivait plus et c’est grâce à ceux qui m’ont portée que j’ai pu achever la traversée : j’ai ressenti physiquement la force de notre groupe, la fraternité de notre communauté de croyants. A Bethléem, l’accueil chaleureux des sœurs Bénédicte, Marthe et Judith et leur invitation à déposer à nos pieds les impasses, les murs de nos vies tout en levant les yeux vers le ciel… puis la cérémonie du lavement des pieds m’ont intensément bouleversée. Je garde au cœur leur témoignage dans leur chapelle si belle, tout près du Mur. Venue "par hasard" à cette BST je me suis détendue, reposée ! Je me sens à ma place dans la paroisse, touchée par la  bienveillance de tous et l’amitié partagée. »

Pauline : « Je suis partie avec le désir de voir les lieux de la Bible et la terre de l’Incarnation, d’y prier, d’y être enseignée. J’ai découvert une actualité brûlante qui nous interpelle aujourd’hui en cette Terre Sainte. Au lac de Tibériade, cette eau sur laquelle Jésus a marché, nous entendions les bombardements tout proches… Le message du Christ est une urgence, "le monde est en feu" ! Les sœurs de Bethléem m’ont profondément émue, priant jour après jour contre le Mur qui traverse leur jardin, intercédant pour que tombent "les murs de nos cœurs". J’ai été touchée par notre capacité de chrétiens à former un groupe uni par-delà les âges. Heureuse de l’enseignement de nos prêtres et de prier en marchant, en endurant les conditions difficiles du désert. Et j’ai vécu un bouleversement profond lors de la traversée du tunnel d’Ézéchias, éprouvant dans mon corps une descente dans la mort… puis en sortant à la lumière j’ai ressenti physiquement l’amour de Dieu, un amour intense à communiquer, une résurrection ! Je suis vraiment portée par ce qui a été "bougé en moi" par cette BST. Le dialogue que je vis dans mon travail de mission est apaisé, car je me sens plus enracinée dans ma foi. »

Olivier : « Quand le père Maxime a parlé de ce voyage, j’ai tout de suite souhaité le faire en famille, avec le désir de mieux connaître les Écritures. Les textes vécus sur place et resitués dans le contexte de l’époque ont pris pour moi un autre sens, l’Ancien et le Nouveau Testament s’éclairant sur les pas même du Christ. Plutôt qu’un pèlerinage, un enseignement sur le chemin de quelqu’un. Jésus était pour moi abstrait, mystérieux… Je le sens plus réel, je suis conforté dans le fait de son existence. Je n’étais jamais allé dans le désert, j’ai aimé ses paysages incroyables, les messes dites dans des endroits exceptionnels, chacun de nos prêtres apportant sa diversité. Au lac de Tibériade, j’ai été très touché de découvrir la petite église de la primauté de Pierre, construite sur un rocher au bord de l’eau. Le mémorial de Yad Vashem m’a bouleversé. J’ai beaucoup aimé le monastère du bon Samaritain apparaissant au bout des gorges de Jéricho, je retiens aussi le souvenir d’Abu Gosh, très beau lieu. Nous avons mené une vie simple tous ensemble, à la découverte les uns des autres dans une amitié, une osmose naturelle entre les générations… et en sommes revenus heureux. »
Propos recueillis par Isabelle M.

dimanche, septembre 16, 2018

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Déjà 34 diocèses et 5000 paroisses ! Depuis plusieurs années nous assistons à la dématérialisation croissante des moyens de paiement : billets et pièces sont remplacés par les cartes de paiement sans contact, les applications mobiles, les paiements en ligne… Le constat est simple : toute une génération utilise de moins en moins billets et pièces de monnaie. Nombreux sont ceux qui, le dimanche, assistent à une messe sans avoir, à disposition, quelques pièces pour la quête. Peu anticipent ce moment et regrettent, au moment voulu, de ne pouvoir participer à l’offrande. L’Église a décidé de s’adapter à ces nouvelles technologies et ces nouveaux usages. Il vous est désormais possible, à Saint-Denys, de donner en ligne lors de la quête, comme n’importe quand et n’importe où. Il suffit de télécharger l’application, de vous inscrire très simplement, de choisir votre paroisse et votre don. Une belle innovation née de trois étudiants français en école de commerce. La dynamique de l’offrande dans votre téléphone. (Découvrez sur le blog du Petit Céphalophore la vidéo de KTO qui avait lancé le projet.)
PhTh.                                    


La vidéo de KTO aux origines du soutien au projet des trois étudiants :

Admissions 2018



Admis cette année : Louis, Baptiste, Jean et Gabriel.
Nous partageons leur joie et celle de leurs proches venus nombreux les entourer et les soutenir de leur prière à la basilique de Montmartre, lieu du martyr de saint Denis...

samedi, septembre 15, 2018

La rentrée du groupe biblique



samedi, juillet 14, 2018

Vive les mariés !

Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie...

Pauline et Guillaume ont échangé aujourd'hui leur "oui"
devant le père Philippe Néouze, ancien séminariste de Saint-Denys,
leurs familles, leurs amis
et les paroissiens présents pour les entourer.
Que de joie à partager !

Les mariés s'exclamant (sur commande) :
"Vive le Petit Céphalophore !"


vendredi, juillet 13, 2018

Première messe du père Philippe Cazala à Saint-Denys !













Nous sommes heureux et fiers de "notre" séminariste...
Merci à Jacques J. pour ces photos.

jeudi, juin 21, 2018

L'édito du père Tardy. Juin 2018


Qu’on l’appelle la Vierge, Notre-Dame, notre Mère des Cieux, ou tout autre nom affectueux, Marie est une sainte qui ne fait nombre avec aucun autre saint. Elle est la mère de Dieu. Et je ne compte plus le nombre de ses représentations dans notre église : quatre statues et pas moins de cinq peintures la représentent, dont l’admirable Pietà. « C’est un peu beaucoup » grommelleront les grincheux, d’autant qu’elles ne sont pas toutes aussi inspirées. Et pourtant, chacun de nous a sa préférée. Chacun de nous a également son propre rite : le pèlerin annuel de Lourdes ou de Fatima, l’habituée du chapelet de 9h30, celui qui ne pense à Marie qu’en cas extrême, celle qui salue de loin la Vierge de la rue Villehardouin. Je n’oublie pas également le nombre impressionnant d’anonymes qui viennent tout au long de la journée faire une pause salutaire devant Notre Dame de Fatima.
Quel secret réside donc dans la prière mariale pour être le dernier point de contact avec la pratique ou même avec la foi ?
A l’expérience, la prière mariale possède des harmoniques qui font vibrer les cordes les plus intimes de notre personne. Marie attire à son Fils d’une manière évidente. Elle nous préserve aussi d’une foi trop intellectuelle, tout en éclairant notre intelligence d’une lumière unique. Elle évoque par toute sa personne ce qu’est la grâce, ce qu’est l’Église, ce qu’est une humanité qui a vraiment reçu Jésus.
A  l’approche  des  congés
de l’été, au moment aussi de dire notre au revoir affectueux au père Maxime, ce numéro voudrait évoquer en forme de gratitude la présence particulière de Marie dans notre paroisse et dans le secret de chacun.
Père Roger Tardy



Il est midi. Je vois l'église ouverte.
Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Paul Claudel


Paroles mariales





Qui est celle en qui Jésus, fruit de son sein maternel, puise son humanité ? Quelle est son histoire, sa personnalité ? Les évangiles ne disent d’elle que l’essentiel : son mariage, sa maternité reçue dans la virginité et sa présence discrète et quasi muette aux moments où bascule la vie de son Fils, jusqu’à la Croix.

Celle qui a engendré le Verbe se tait. Ses rares paroles sont principalement rapportées par Luc, qui partage avec Matthieu le souci de relater l’enfance de Jésus. « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? » sont les premiers mots de Marie. Comprendre pour croire. Comprendre que « rien n’est impossible à Dieu ». C’est la seule exigence de son « oui » : « Voici la servante du Seigneur, qu’il m’arrive selon ta parole ! ». Quelques temps plus tard, Marie reçoit une seconde salutation, de la part de sa parente enceinte Élisabeth, dont l’enfant a tressailli « lorsque la voix » de Marie « est parvenue à ses oreilles ». « Heureuse celle a cru ! » s’exclame Élisabeth. Et Marie magnifie le Seigneur en dix versets (Lc 1.46-55) : son seul discours restera cette déclaration d’amour et de reconnaissance envers Celui qui « élève » les plus petits. Douze ans plus tard, Jésus que l’on a cru perdu, est retrouvé dans le Temple de Jérusalem, stupéfiant par l’intelligence de ses réponses tous ceux qui l’écoutent. Marie lui fait les doux reproches d’une maman : « Enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici que ton père et moi, torturés, nous te cherchions. » (Lc 2.48) Encore une question. Mais cette fois, ni elle ni Joseph ne « comprennent » celles que leur pose leur enfant en retour : « Pourquoi me cherchez-vous ? Ne savez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Premier grand basculement dans la vie de Jésus, qui entre dans l’âge adulte : pour la première fois, il s’identifie comme le Fils du Père. Marie est là, qui « garde toutes ces choses en son cœur » et, tandis que son enfant grandit à Nazareth, elle se tait.
C’est à Cana en Galilée que l’on entend à nouveau la voix de Marie, cette fois chez Jean (2.1-11). Lors d’un repas de noces, c’est encore à Jésus qu’elle s’adresse : « Ils n’ont plus de vin ». C’est le « troisième jour », précise Jean, et Marie attend un signe, non pour elle, mais pour tous. Comme à Jérusalem, Jésus la rabroue : « Que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ». Mais il va accomplir le signe demandé par sa mère, qui commande aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le ». C’est sa seule exigence : l’obéissance à la Parole. Une obéissance qui est sienne et qu’elle nous invite à accueillir afin que nous puissions avec elle magnifier le Seigneur. Marie parle, et la vie de Jésus bascule une fois encore. Premier miracle, annonciateur de la Passion. C’est au pied de la croix, en effet, que l’on retrouve Marie (Jn 19.26). Jésus, crucifié, voit sa mère et la confie « au disciple qu’il aimait ». C’est lui qui cette fois s’adresse à elle, et c’est dans son dernier souffle : « Femme, voilà ton fils ». Elle ne lui répond pas ; un glaive lui transperce le cœur. Mais c’est encore un « oui » qui naît de son âme, un « oui » de douleur, un « oui » muet. Le « oui » de son Fils.
Dominique Th.
Ill. Marie dans L'évangile selon saint Matthieu de Pasolini

"Marie dans ma vie". Témoignages de paroissiens


Olivier : le pèlerinage à Fatima
« Notre famille est originaire d’un lieu proche de Fatima. Mes arrière-grands-parents avaient vécu en direct les apparitions de 1917. En effet, certains phénomènes comme le « signe du soleil » avaient été alors perceptibles à une distance de plusieurs dizaines de kilomètres. » Depuis ce temps, la famille d’Olivier fait chaque année à pied le pèlerinage de leur petite ville de Formigais à Fatima. « C’est surtout mon père qui nous a transmis la foi. Cependant vers l’âge de 33 ans, je m'étais révolté contre Dieu : je ne comprenais pas pourquoi il y avait tant de misère dans le monde, pourquoi Dieu permettait de si grandes inégalités et pourquoi la Croix de Jésus n’avait pas résolu tout cela… Et puis un jour, à un instant bien précis, la Vierge Marie est venue me toucher intérieurement. Elle m’a fait comprendre que le Christ nous a ouvert le chemin de la Vie éternelle et que la vie ici-bas n’est qu’une étape donnée à notre liberté pour choisir Dieu. J’ai acquis en même temps une nouvelle manière d’entendre l’Écriture. J’éprouvais le désir d’une vie d’entraide et de prière, une aspiration à la paix, à l’amour qui vient de Dieu ». Aujourd’hui, Olivier ose témoigner de sa foi dans son entourage, braver l’étonnement de certains collègues. « J’ai des copains, mais mon seul vrai ami est Jésus : il a donné sa vie pour moi, à lui seul je peux tout confier, à lui et à Marie ».  C’est le père d’Olivier qui a offert la statue de la Vierge de Fatima à notre église. « Elle a fait le voyage du Portugal jusqu’à Paris avec nous dans le train. Plus récemment, les enfants ont offert à leur tour une chapelle en marbre pour abriter la  statue. Elle fait partie de l’inventaire protégé de l’église, mais surtout elle rassemble autour d’elle à l’heure du chapelet : c’est ainsi que la Vierge Marie s'est manifestée aux bergers de Fatima. » 
Propos recueillis par Katarina K.


Dominique : quand Marie pleure

Je me souviens d’une rencontre émouvante avec Marie. J’étais petite fille et nous visitions La Salette. Dans mon souvenir, je vois un vaste pâturage fleuri en pente, au milieu d’un paysage de montagne. (Marie, fille de Nazareth, aime la montagne, les Alpes, les Pyrénées.) De lourdes statues de bronze dispersées sur le site racontent la rencontre de la Vierge avec deux enfants bergers. Et là, je vois Marie pleurer. Je vois ses larmes sur ses joues et cela me bouleverse, comme cela a bouleversé les deux enfants. Comment Marie, qui vit au ciel où tout est beau, peut-elle pleurer ? « Elle pleure parce qu’il va y avoir la guerre », m’a expliqué maman. Je voudrais la consoler, essuyer ses larmes, mais je me sens impuissante devant sa douleur, devant cet amour maternel brûlé par la violence des hommes. Et puis j’ai oublié. Plus de quarante ans plus tard, me voici à Antsirabé, une grande ville des hauts plateaux de Madagascar (la montagne, encore). Qui m’attend à l’entrée de la cathédrale ? Notre Dame de La Salette ! Elle est en plâtre peint, sa robe est jaune, mais elle pleure toujours. Elle pleure sur les mères malgaches qui ne parviennent pas à nourrir leurs enfants, malgré leur travail, malgré leur courage. Elle pleure sur l’indifférence devant la faim. Sommes-nous impuissants, là encore, à sécher ses larmes ?                                                   


Alain : les apparitions de la Vierge Marie
« Marie m’a aidé dans ma vie… la prière simple et confiante du chapelet me porte. » Alain témoigne de son profond attachement à la Vierge Marie et de son vif intérêt pour ses apparitions : « Depuis toujours, Marie vient nous visiter ! Sa toute première apparition est attestée en l’an 40, à Saragosse* en Espagne : la Vierge vient alors réconforter l’apôtre saint Jacques le Majeur qui peine à évangéliser. Et au début du XXème siècle, Marie apparaît à Fatima pour nous appeler à la conversion et à l’espérance face aux drames de l’histoire humaine qu’elle prophétise tout au long de ce siècle ! La Vierge transmet des demandes très concrètes : à Fatima, la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé à laquelle procédera finalement le pape Jean Paul II en 1984, et qui sera suivie de la chute du communisme… Marie toute maternelle nous tient par la main, porte du ciel qui nous mène à Dieu le Père en tournant notre regard vers le Christ. A l’Ile Bouchard en 1947, elle apparaît en compagnie de l’ange Gabriel : la Vierge et l’ange s’effacent devant le Saint Sacrement exposé donnant ainsi toute la place à Jésus… » Alain ajoute : « Face à la question des apparitions, l’Église est soucieuse de discernement. Ainsi la reconnaissance d’une apparition est un processus long et prudent, le critère des fruits dans le temps étant essentiel. »
* Notre Dame du Pilier
Propos recueillis par Isabelle M.

Jérôme : "Je vous salue Marie"
"Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ?" L’invite mystérieuse de la Vierge à Bernadette Soubirous s’adresse aussi à chacun de nous. Entendre que nous sommes tous appelés, que nous sommes tous dignes aux yeux de Dieu. Répondre à notre tour par la prière, par la récitation du chapelet : « Je vous salue Marie »….  Se rendre disponible chaque jour pour s’en remettre à son intercession. Ce mouvement de retour et d’abandon nous libère car il rétablit notre véritable filiation. Se confier à la Vierge, Mère de l’humanité toute entière, ouvre en notre cœur l’espace de quelque chose d’infiniment plus vaste, plus haut, nous rend disponible pour en accueillir la révélation. La Vierge Marie nous rappelle que la foi n’est jamais une question de morale mais de relation, de consentement total à la Présence. Présence à laquelle la Vierge Marie fut la première à dire oui. La Vierge est le lieu du Christ. Le Christ est le lieu de Dieu Le Fiat de la Vierge nous donne la vraie mesure de notre propre incarnation. Consentir à notre tour. Avec l’aide et le secours de la Vierge Marie, apprendre à s’effacer pour rencontrer la personne que nous sommes profondément, pour que le Royaume puisse advenir.


Ill. Annonciation, David Hockney


 

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