Le Petit Cephalophore

dimanche, janvier 29, 2017

Messe des anciens combattants

Les paroissiens de Saint-Denys ont accueilli aujourd'hui les anciens combattants de notre quartier pour une messe en hommage des défunts morts pour la France à la guerre, dans la défense de la paix. Le père Roger dans son homélie a associé à notre prière les pompiers morts au feu pour sauver des vies.





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jeudi, janvier 26, 2017

L'Annonciation en musique avec la chorale Wells


Dimanche 26 mars à 16h
THE WELLS CONSORT, direction Christopher Wells

Un programme de saison : Fête de l’Annonciation et souffrances à venir…. Motets de la Renaissance anglaise et italienne,  mettant en relief les influences réciproques et les originalités vernaculaires : pièces liturgiques de Byrd, Fayrfax et Gibbons, « grands classiques » de Palestrina et Victoria, trois motets de l’obscur, imprévisible et déchirant Gesualdo… déchirante aussi, au siècle suivant, la musique des funérailles de la reine Mary, qui fut reprise quelques mois plus tard pour celles de Purcell ….
« Une épée transpercera ton cœur … »

Libre participation aux frais


dimanche, janvier 22, 2017

Premières communions 2017

Amandine, Gabrielle, William, Paul C., Paul D., Thomas, Gabriel, Louis, Gatsby, Arthur, Marius, Pierre, Alexandre, Viviane, Raphaël, Georgia, Louise, Gabriel, Lucia, Lucas, Marianne, Cécilia, Lily, Tristan et Lola ont reçu aujourd'hui, pour la première fois, le Corps de Jésus en nourriture. Ils ont vécu ce grand événement spirituel avec un recueillement exemplaire, ce qui a fait la joie et la fierté du père Maxime et des catéchistes qui les ont préparés. Tous les paroissiens de Saint-Denys ont partagé leur prière.

Les photos sont accessibles à ceux qui le souhaitent par le lien ci-dessous, et le diaporama permet de revivre cette belle journée.








samedi, décembre 03, 2016

Quelques souvenirs des JAM 2016

Opération Barnabé à Saint-Bernard de La Chapelle

Nous avons beaucoup reçu : nous avons donné.

La plupart d’entre vous connaissent cette spécificité du diocèse de Paris qui est que chaque paroisse a la responsabilité de son propre budget, de ses dépenses comme de ses ressources. C’est une grande responsabilité qui est la nôtre. Mais les 106 paroisses parisiennes sont très diverses ; un tiers d'entre elles ne peuvent chaque année équilibrer leurs comptes. Nous avons donc un devoir de solidarité envers elles. Aussi le diocèse a-t-il institué les "opérations Barnabé", du nom de ce Juif originaire de Chypre et ami de saint Paul qui avait donné ses biens à l’église naissante. Les "opérations Barnabé" permettent aux paroisses parisiennes de faire face à des charges trop importantes pour elles à l’occasion de projets essentiels pour la vie pastorale.



Saint-Denys du Saint-Sacrement a déjà bénéficié de cette solidarité pour les travaux du presbytère et la rénovation des salles paroissiales. Aujourd’hui la situation de notre paroisse est bonne (avec tout récemment le résultat des JAM) et la trésorerie solide, même si nous n’avons pas encore atteint le niveau de réserve que le diocèse estime souhaitable.
Nous avions il y a quatre ans, à l’initiative du père Quinson, apporté notre aide à la paroisse Saint-Marcel dans le 13ème arrondissement.
Cette année, nous avons répondu à l’appel de la paroisse Saint-Bernard de la Chapelle, l’église du quartier de la Goutte d’Or. C’est un soutien important que nous avons apporté à cette paroisse située en terre de mission : 30 000 euros.



Ce projet que le père Tardy avait, en accord avec le conseil économique, choisi de soutenir, portait sur la réhabilitation du presbytère et de la grande salle paroissiale. A l’invitation du père Livio et du vice-président du conseil économique de Saint-Bernard, Jean-Marie D. et moi nous sommes rendus, au nom du conseil économique, à Saint-Bernard pour voir ce qui avait été fait : nous avons pu constater la qualité des travaux réalisés et le bon emploi de notre aide.



Dimanche dernier, avec Dominique, je me suis rendu à nouveau à Saint-Bernard, cette fois pour participer à l'eucharistie et rencontrer les paroissiens à la fin de la messe. Nous avons découvert une paroisse chaleureuse et dynamique, ouverte sur son quartier, des paroissiens très engagés dans des activités nombreuses dont beaucoup sont tournées vers l’accueil des plus démunis dans ce quartier populaire de la Goutte d’Or.



Saint-Denys, son curé et ses paroisiens, ont été chaleureusement applaudis à la fin de la messe et plusieurs paroissiens sont venus nous dire leur gratitude. J'espère que nous aurons la joie d’accueillir un prochain dimanche le père Livio qui nous a dit qu’il serait très heureux de nous rendre visite...

Philippe Th.

dimanche, octobre 09, 2016

Quand Saint-Denys rencontre Sainte-Geneviève-des-Bois : sortie paroissiale au séminaire orthodoxe d'Epinay



C'était une journée inimaginable il y a encore cinquante ans : une paroisse catholique parisienne chaleureusement accueillie, le jour de la fête de son saint patron, par un séminaire orthodoxe voisin ; le partage de beaux moments liturgiques, de cadeaux (dont un petit concert a capella par nos hôtes séminaristes), de joie et d'un magnifique buffet champêtre, le tout sous un soleil radieux... et une petite fraîcheur comme venue tout droit de Russie...
Un grand merci au hiéromoine et recteur du séminaire, Alexandre Siniakov, et à tous les prêtres et séminaristes pour leur témoignage d'amitié fraternelle. Une sortie que Saint-Denys n'oubliera pas de sitôt !
Notre communion dans une même foi nous a permis d'apprécier pleinement les merveilles culturelles et cultuelles du séminaire, dont la chapelle abrite la plus grande fresque dédiée à la vie de sainte Geneviève (sainte patronne des lieux). L'église, toute en rondins de bois clair, fabriquée en Russie, a été transportée en "kit" puis remontée ici, à Epinay. On s'y sent bien, comme dans une datcha au cœur de l'hiver, dans la chaleur de la prière qui nous réunit. Des fenêtres sont ouvertes sur les arbres du jardin qui renforcent encore cette impression d'être dans la "maison" du Seigneur. L'iconostase est belle, avec ses trois étages à la russe, sa porte royale, ses chérubins aux ailes de feu, la dorure de ses icônes, ses ornements finement travaillés. Elle souligne la présence de toute l'Eglise, céleste et terrestre, lors des célébrations liturgiques.
Nous n'avons pas partagé le même Pain. Il faut sans doute attendre quelques années encore... Mais dès aujourd'hui notre joie à tous était bien celle qui jaillit de la conscience de notre unité en Jésus Christ. 









mercredi, octobre 05, 2016

L'éditorial du père Tardy : octobre 2016

Mémoire saturée ?

On a encore tous en mémoire les drames de cet été, et peut-être particulièrement celui qui a frappé Saint-Etienne-du-Rouvray. La violence blesse profondément la mémoire et y instille la haine en la saturant d’émotions contradictoires. Il faut nous guérir notre mémoire et l’élargir. C’est ce que la Bible nous permet au plus haut point. Elle est elle-même une mémoire de l’œuvre de Dieu accomplie dans une histoire de plus de 4000 ans.
Pour être efficace sur nous, la Parole doit être intériorisée, approfondie, enseignée, célébrée. La paroisse est ainsi le creuset où l’on triture la parole, pour l’assimiler, s’en nourrir et en être transformé.

Mais voilà, dans le rythme actuel, le chrétien isolé, même pratiquant, ressemble à un bouchon de liège dans une mer déchaînée. Il ne tiendra pas. Il nous manque un lieu de proximité et de régularité qui nous préserve à la fois du rythme de folie de la ville et de l’isolement spirituel. Plus qu’une amitié conviviale entre nous, qui est déjà un agréable minimum, il nous faut un soutien solide entre nous. C’est le rôle des barque(ttes) que je voudrais voir se multiplier cette année. Des groupes de 5 ou 6 paroissiens se retrouvant régulièrement à domicile pour entrer plus concrètement dans l’évangile.
Un exemple. Sans silence, il n’est pas possible de prier. Mais il faut savoir qu’il est aussi difficile de rester en silence dans un appartement où l’on est seul, que dans une famille avec enfants. Car le bruit ne se compte pas qu’en décibels. Il y a cette excitation intérieure, ou ce sentiment d’abattement ou encore de paresse, qui fait que nous papillonnons « affairés sans rien faire ». Tout autour de nous contribue à nous distraire. Il nous faut nous soutenir. C’est indispensable.
La paroisse est là pour nous permettre grâce au Christ, de grandir en liberté. Mais cette liberté passe par un joug, l’exigence d’une certaine fidélité.
Puisse ce numéro nous faire ressentir la fécondité qu’un engagement parfois un peu contraignant peut susciter pour la joie de tous.

Bonne rentrée !

Garo, jeune migrant, paroissien de Saint-Denys

C’est au printemps 2014 que Garo (Garabed Tro Artin) a quitté la ville martyre d’Alep. A 28 ans, il a connu les chemins de l’exil, quittant  la Syrie à la demande de sa famille. Il lui fallait se mettre à l’abri après avoir aidé, avec le Croissant Rouge, sans distinction, les victimes de la guerre, et notamment ses amis de l’Université d’Alep. Après le décès de sa mère deux ans plus tôt, Garo part pour la Turquie. Son père et de sa sœur quitteront aussi le pays suite à la destruction de leur immeuble par un missile : cette famille chrétienne d’origine arménienne suit alors les routes empruntées aujourd’hui par tant de victimes de ce conflit. Garo découvrira les intermédiaires que l’on paie une fortune pour obtenir un passeport syrien et passer la frontière. Turquie, Géorgie, Arménie (« où les mentalités sont encore très marquées par le passé soviétique »), puis Italie, Pays-Bas, Allemagne… et enfin Saint-Denys.  Parti avec l’idée de revenir dans son pays deux ou trois mois plus tard, Garo aujourd’hui ne se fait plus guère d’illusions et sait qu’il lui faut reconstruire sa vie sur une autre terre. Une page blanche à écrire. Il veille aussi sur son père aux Pays-Bas.
Garo a déjà survécu dans sa vie syrienne en étant tout à la fois juriste, commercial pour une marque de vêtements, et gérant de son propre petit commerce. Ce n’est pas la faculté d’adaptation qui lui manque, et son projet désormais c’est « de s’intégrer dans la communauté ici ».

Depuis cette interview réalisée mi-juin, Garo a obtenu son statut de réfugié. Avec les cours de français à Stanislas et les activités de l’Œuvre d’Orient, c’est une nouvelle vie qui devient possible. Aujourd’hui l’entretien aurait certainement eu lieu en français ! A voir la vitesse à laquelle Garo entre dans sa nouvelle vie, nul doute qu’il réussira dans son projet d’intégration à partir de ce premier accueil des paroissiens. Prochaine étape (semble-t-il sur de bonnes voies) : trouver un logement puis travailler « Je peux faire n’importe quoi ! » pour pouvoir « démarrer une nouvelle vie normale ».

Propos recueillis par Philippe Th.                                                                                   

La jeunesse de Saint-Denys pour l'Evangile

Les maraudeurs de Saint-Denys

Mise en place au début de l’année par le père Maxime avec la maîtrise du groupe scout, « La Maraude » va à la rencontre des personnes de notre quartier vivant dans la rue. Le principe est simple : réunion un vendredi soir sur trois, préparation de sandwichs, boissons chaudes et douceurs à offrir, puis départ en équipes de deux ou trois sur des itinéraires réguliers, de 20 h à 22 h. Bertrand, chef scout durant trois ans, prend avec joie cette année la responsabilité de l’organisation. « J’étais sceptique au début. J’avais au mieux un regard de pitié, au pire de mépris. J’ai découvert combien ces personnes qui n’ont plus aucun lien avec leur famille souffrent de solitude, d’exclusion, de violence et vivent en général dans une grande méfiance les unes envers les autres… La solidarité est plus réelle entre les étrangers. » Il précise : « Notre objectif est de recréer un ‘petit lien’, gratuit, simple. Un contact d’amitié qui remet en valeur leur dignité. » Maylis, cheftaine des Louveteaux, ajoute : « Le niveau des personnes, cela nous est égal. On les aborde sans avoir peur, elles n’ont juste pas de chance et ont beaucoup à nous apprendre, on discute vraiment. Quelquefois on est mal accueillis, insultés, ça nous rend tristes. Mais une autre fois le contact peut s’établir. On est là pour tous. » Dona, cheftaine des Guides ajoute : « C’est une riche expérience d’aller vers ceux vers qui on n’irait jamais. Un autre regard… Beaucoup ont fait des études comme nous. On leur apporte de la compagnie, des échanges. » Astrid, cheftaine des Jeannettes jusqu’à cet été, va proposer aux Guides Aînées (17-25 ans) qu’elle encadrera cette année, de participer à ce service : « Temps gratuit d’écoute, de rencontre au-delà des préjugés… Plus qu’une pièce qui donne bonne conscience, c’est un vrai contact humain » dit-elle. Le père Maxime, heureux et fier de l’élan de tous ces jeunes, souligne : « On noue une relation avec quelques-uns qui dénoue la relation avec tous les autres… » A l’issue de la maraude, les participants se retrouvent pour dîner, partager leurs émotions et les fiorettis du jour. « On se rend compte combien cela nous aide à avoir entre nous une autre approche, à être plus attentifs les uns aux autres », témoigne Dona. La soirée se termine par un échange autour d’un thème de réflexion spirituelle. Bien souvent après minuit !
Les camps scouts de l’été : un temps de grâce…



Le 6 juillet dernier, les Jeannettes et Louveteaux (8-12 ans), Guides et Scouts (12-17 ans) du Groupe Saint-Denys partaient joyeusement à l’aventure sous la houlette de leurs cheftaines et chefs bénévoles… Un groupe de plus de 100 enfants et adolescents et 24 jeunes adultes ! Pour les plus petits, le camp d’été dure une semaine : les Jeannettes ont campé à l’Abbaye du Vieux Restauré près de Bonneuil-en-Valois et les Louveteaux à Béthon, dans la Marne. Les Guides ont rejoint Polignac, près du Puy-en-Velay pour deux semaines et les Scouts se sont installés à Albaret-le-Comtal en Lozère jusqu’au 22 juillet. Pour tous, un même schéma d’activités passionnantes : les « installs’»*, le Grand Jeu, les Olympiades, le « concu »**, autour de thèmes qui suscitent l’enthousiasme. Ainsi les Jeannettes ont exploré une cité perdue du Vietnam, les Louveteaux furent chevaliers et alchimistes, les Guides ont rêvé des Mille et une Nuits et les Scouts ont joué aux fougueux Vikings… Guides et Scouts ont aussi approfondi des thèmes spirituels : ‘les femmes dans l’Évangile’ et ‘foi et action’, vécu des temps forts en patrouille durant « l’explo »*** de trois jours et selon les âges, un raid à plusieurs ou seul. Un moment de méditation et de découverte de soi souvent capital dans la progression. Car il s’agit bien pour tous de grandir en approfondissant les valeurs de « l’esprit scout » qui favorise la confiance en soi, l’autonomie, la découverte de l’autre dans le partage et le service…, le contact vrai avec la nature conduisant les petits citadins à la fois au réalisme et à l’émerveillement ! Le père Maxime, venu visiter les camps, y recevoir les promesses et célébrer la messe, témoigne : « Quelle joie de célébrer dans la nature ! J’ai reçu un tel accueil ! Un temps de grâce… »

* installations
** concours de cuisine
*** exploration

Propos recueillis par Isabelle M.

Deux séminaristes de Saint-Denys aux JMJ de Cracovie


Témoignages Jean C. et Benoît, séminaristes de Saint-Denys

Avec quel groupe es-tu parti et quel a été votre programme ? Combien de personnes composaient ce groupe ?

JEAN : Je suis parti aux JMJ à Cracovie avec le groupe de la paroisse, composé majoritairement de chefs scouts.
Nous avons choisi une version "compacte" des JMJ : du 28 juillet au 1er août, parce que la plupart d'entre nous était en camp scout durant le mois de juillet. Le programme, c'était d'aller à Cracovie, de plonger dans la folie des JMJ, et de vivre l'expérience de la Miséricorde proposée par le pape.
Au départ, nous étions 16. Nous formions un groupe souple et joyeux, ce qui a permis à quelques JMJistes français de nous rejoindre (notamment lorsqu'ils avaient perdu leur groupe), comme Nicolas, jeune auto-entrepreneur français qui a finalement réalisé tous les JMJ avec nous.

BENOÎT : Je suis parti aux JMJ du 16 juillet au 3 août avec le groupe Cort&Passy qui rassemblait environ 550 jeunes. Après 24h au sanctuaire d'Altötting en Bavière (17-18 juillet), nous avons commencé notre périple polonais par un pèlerinage vers le sanctuaire de la Sainte-Famille à Lesniow (19 juillet), puis nous sommes passés par le grand sanctuaire marial de Czestochova (20 juillet). Du 21 au 24 juillet nous avons ensuite été accueillis par le diocèse de Wroclaw, très belle ville de Silésie. Le 25, nous avons visité les camps d'Auschwitz puis nous nous sommes rendus l'après-midi à Trzebinia pour la messe rassemblant tous les jeunes du diocèse de Paris autour de Mgr Beau. Du 26 au 31 juillet nous avons suivi le programme des JMJ à Cracovie avec les participants du monde entier. Nous étions logés dans des gymnases à Wieliczka, à une grosse heure du centre de la ville. Les 1er et 2 août nous avons eu un temps de relecture et de conclusion des JMJ au sanctuaire Vierzehenheiligen, en Allemagne à nouveau, avant le retour à Paris le 3.

Quel était ton rôle exactement ?

JEAN : Je participais aux JMJ en tant que JMJiste comme un autre. Stéphane était l'organisateur du groupe, et le père Maxime en était l’aumônier.

BENOÎT : Je n'avais pas de rôle spécifique dans l'encadrement du groupe, même si j'ai pu donner un coup de main ici ou là pour la liturgie. Ma mission consistait avant tout à partager la vie d'une équipe et de tâcher humblement d'y être un témoin de Jésus, en vivant la charité et en offrant la possibilité d'un dialogue à tous ceux qui le souhaitaient. Par ailleurs, une grande richesse de notre groupe consistait à accueillir en son sein une trentaine de jeunes handicapés (nos "Hamis"). C'est d'ailleurs ce qui avait motivé ma demande de partir avec lui précisément, et j'ai eu l'occasion d'assister souvent l'un d'entre eux, Philippe, très dépendant physiquement pour l'habillage, la toilette, les repas... J'ai donc passé beaucoup de temps avec lui pour les soins du quotidien comme pour les temps d'équipes.

Quel est ton souvenir personnel le plus fort ?

JEAN : Mon souvenir personnel le plus fort est la veillée finale sur le campus Misericordia, pour la générosité des Polonais, le surprenant esprit fraternel dans cet énorme rassemblement de jeunes, et la beauté de l'Église catholique à travers tous ses visages et toutes ses nationalités.
Premièrement : la générosité des Polonais. Nous devions y aller à pied, et sur le chemin les Polonais s'étaient installés devant leur maison pour observer cette marée humaine et distribuer de l'eau. Certains distribuaient même de la nourriture gratuitement. Les Polonais étaient heureux de nous accueillir, heureux de nous voir visiter leur pays, et ils nous le montraient par une fraternelle bienveillance.
Ensuite, sur le campus Misericordia, le terrain où nous devions nous installer initialement était très boueux. On s'est finalement installés ailleurs, sur notre bâche scoute, et nous suivions les discours du pape sur notre radio. Des Vénézuéliens, des Italiens, et des Français se sont installés autour de nous. Et tous, nous étions réunis dans un même esprit pour prier tous ensemble avec le pape.
Un groupe d'une vingtaine d'Indiens sont arrivés trop tard pour trouver un espace suffisamment grand pour eux. Nous les avons invités sur notre bâche (qui pouvaient contenir 40 personnes aisément). Ils en ont été très émus. Comme c'était leurs premières JMJ, ils ne connaissaient pas "la technique de la bâche scoute". :) On a prié avec eux, et aussi discuté de la situation des catholiques en Inde. Minoritaires, ils nous ont dit que les catholiques indiens sont souvent persécutés. Malgré la grandeur de leur pays, cela leur semblait impossible de faire un événement comme les JMJ en Inde à cause de la défiance entre communautés. Eux aussi étaient très heureux et surpris par la dévotion et la générosité des Polonais.

BENOÎT : Ces temps avec Philippe restent mon souvenir le plus fort de ces JMJ. En vérité, c'est lui qui m'a le plus donné et j'ai été marqué par sa force d'âme, sa patience, sa profondeur. Son humour aussi. Sans lui, mes JMJ n'auraient pas été les mêmes, et ce petit effort qu'il me fallait faire parfois pour me mettre à son service laissait vite place à une vraie joie comme seul peut la procurer le Christ pauvre, mendiant un peu de notre amour pour nous combler du sien.

As-tu vu cheminer spirituellement les jeunes que tu accompagnais ? Peux-tu raconter une anecdote en ce sens ?

JEAN : Les JMJ, c'est un moment propice pour avancer concrètement sur son chemin de foi. Pour un jeune catho, on se rend compte qu'on est pas tout seul. En effet, être catholique prend un nouveau sens quand on rentre des JMJ. C'est une occasion privilégiée pour faire (ou renouveler) sa rencontre avec Jésus à travers l'Église. A travers les enseignements du pape et des évêques sur la Miséricorde, tous les jeunes étaient invités à fonder leur vie sur l'Amour, à assumer cette audace de la foi chrétienne, souvent à contre-courant des tendances de la société actuellement. Ainsi sommes-nous  invités à trouver un sens à notre vie, notamment dans les grandes décisions (études, orientations professionnelles, discernement vocationnel, etc.).
J'ai vu tous les jeunes du groupe cheminer. Mais qui suis-je pour parler du cheminement d'un autre ?! Le mieux, c'est de leur demander directement ! ;)

BENOÎT : Oui, je crois vraiment que les jeunes ont cheminé. Pour beaucoup d'entre eux, ils n'étaient plus tout à fait les mêmes au retour qu'au moment de partir pour ce rassemblement. Ça a été magnifique de voir combien ont souhaité recevoir le sacrement de réconciliation au cours des JMJ ! J'en ai vu changer d'avis à ce sujet, d'abord apparemment hermétiques, puis hésitants, pour finalement franchir le pas et aller trouver l'un des prêtres qui nous accompagnaient. A en juger par l'expression de leurs visages ensuite, je pense que peu l'auront regretté ! A la fin des JMJ, beaucoup m'ont fait part de décisions, parfois importantes, que cette expérience les avait aidés à poser concernant leur vie spirituelle, affective, professionnelle. Pour certains, cela aura constitué une étape importante sur un chemin de vocation.
Les anecdotes ne manquent pas, mais j'en retiendrai surtout une : un soir, un garçon du groupe est venu me trouver, estimant qu'il avait à s'excuser pour certains jugements hâtifs qu'il avait posés ; nous avons eu une longue discussion et notre relation en a été transformée durant la semaine qui nous restait à passer ensemble. Je crois pouvoir dire que l'Esprit Saint était présent ce soir-là, et qu'il a changé son cœur et le mien !
  
Y a-t-il eu des moments difficiles ?

JEAN : Quand deux millions de jeunes se rassemblent, c'est souvent la zizanie. "La grâce n'annule pas la nature, mais l'ouvre en profondeur" comme dirait notre ami Thomas d'Aquin. N'importe quel autre grand rassemblement de jeunes comporte son lot d'incidents (il suffit de se rappeler les bagarres des supporters de foot durant la coupe d'Europe cet été). Aux JMJ, il y a des moments difficiles notamment à cause de la météo, et de la surcharge des bus et des trains. C'est justement à travers ces épreuves que l'Esprit-Saint nous travaille et nous donne la force de persévérer. Ces moments difficiles peuvent devenir de vrais incidents si l'on prend ses frères et sœurs pour des punching-balls. Mais ces moments peuvent aussi devenir des lieux de croissance joyeux où on apprend justement à aimer son prochain dans la simplicité. L'unité d'un groupe est un vrai défi à tenir aux JMJ. Un climat de confiance et de fraternité nous a donné la force de sourire et de chanter dans les quelques moments difficiles. Oui, chanter, c'est prier deux fois. Dans notre groupe très marqué par l'esprit scout, on a beaucoup chanté en Pologne. :)

BENOÎT : Des moments difficiles ? Oui, quand la fatigue se fait sentir ou qu'il devient compliqué de trouver un espace de silence pour entrer en soi-même et prendre le temps de confier au Seigneur tout ce que l'on vit. Mais ces circonstances exceptionnelles sont aussi l'occasion de faire l'apprentissage d'une autre forme de prière, dans la louange en particulier, et de refréner le désir toujours en embuscade de tout maîtriser et finalement d'enfermer Dieu dans nos habitudes.

Une parole du pape t'a-t-elle marqué ?

JEAN : L'Évangile ne se vit pas sur un divan !
Citation exacte : "Chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour “végéter”, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. Il est très triste de passer dans la vie sans laisser une empreinte. Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très, mais très élevé : nous perdons la liberté."
Et : pour suivre Jésus, il faut se décider à échanger le divan contre une paire de chaussures !
Citation exacte : "Jésus est le Seigneur du risque, du toujours “au-delà”. Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à échanger le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laisse dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde."

BENOÎT : Je retiendrai une parole du pape lors de son discours au Campus Misericordiae : "Installez bien dans vos vies la connexion la plus stable, celle d'un cœur qui voit et transmet le bien sans se lasser." C'est une parole simple, qui utilise une image que les jeunes de notre époque saisiront immédiatement, mais qui traduit un appel essentiel qui peut et doit être adressé à tous sans exception, et qui nous indique le chemin à suivre pour que notre vie porte du fruit et que chacun de nous puisse être l'artisan d'un monde meilleur : le regard sur Dieu nous donne de comprendre son amour pour nous et d'aimer nos frères à notre tour. Et il faut fonder dans l'éternité la source de notre amour pour être capable d'aimer dans le temps.
   
Que penses-tu des JMJ ? As-tu l'impression que ce grand rassemblement a du sens ?

JEAN : Il y a un sens à vouloir fortifier l'unité de l'Église catholique.
C'est une manière de manifester ce qu'on dit tous les dimanches dans le Credo : "Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique". Comme être "une" (unifiée), si on ne se rassemble jamais ?

BENOÎT : Les JMJ sont un signe magnifique. Je reprendrai les mots du cardinal Vingt-Trois qui déclarait tout récemment dans son entretien de rentrée à Paris Notre-Dame : "A l'heure où l'on nous présente des groupuscules animés par une volonté d'extermination et de mort, cette jeunesse rassemblée par centaines de milliers dans un projet de construction et d'espérance montre qu'à travers le monde, et le monde de demain, il y a une force d'amour qui est plus forte."

Avais-tu participé dans le passé à d'autres JMJ ? Qu'est-ce qui a été particulier pour toi cette fois ?

JEAN : Ma première participation aux JMJ, c'était en 2011 à Madrid. A l'époque, je vivais loin de la foi. Lors de ces JMJ, j'ai découvert la beauté de l'Église, la joie de la louange, et le sens de l'évangélisation. A Madrid, en 2011, j'ai reçu dans ma prière le premier appel pour la vocation sacerdotale. J'étais parti avec l'association Anuncio qui organise des concerts et des missions d'évangélisation de rue. Je me suis rendu compte à ce moment-là que c'est vraiment possible de vivre la joie de l'Évangile. Ce qu'on lit dans le Nouveau Testament, ce ne sont pas des contes de fées : ça change la vie, ça retourne des vies. Dieu existe. Il nous aime. Il fait des miracles, et pour garantir notre liberté, il se révèle toujours dans l'humilité. Qu'attendons-nous pour vivre de la joie de l'Évangile ?! :)

BENOÎT : J'avais déjà participé aux JMJ de Madrid (2011) et de Rio (2013). Je suis donc un vétéran ! Ce qui fut tout nouveau pour moi cette fois-ci, en plus de la découverte de la Pologne qui est un pays que j'aime énormément, entre autres pour ses figures de sainteté, ce fut le fait de les vivre comme séminariste, car j'ai pu prendre conscience de ce que peut impliquer ce statut nouveau auprès des jeunes que j'ai accompagnés. Tout à coup je me suis retrouvé dans la situation de celui à qui l'on vient poser des questions, demander un conseil, confier telle ou telle intention... Je me suis souvent senti bien en-deçà de toutes ces attentes, mais j'ai alors fait ce que je pouvais, en acceptant parfois de ne pas y arriver, et apprenant aussi par là à être un serviteur inutile qui sait qu'il doit semer et arroser, mais que c'est toujours le Seigneur qui donne la croissance et la vie. Sur un chemin vers le sacerdoce ministériel, ce type d'expérience me semble donc extrêmement précieuse !

Propos recueillis par Sylvie H.


Quatre séminaristes à la rencontre des migrants de Calais

La « jungle » de Calais peut faire peur, vu les sujets de société qui s’y trouvent souvent rattachées par des médias : immigration clandestine, délinquance, trafics variés, misère et insalubrité… Pourtant, la jungle de Calais peut aussi attirer, non par curiosité mal placée, mais par un désir sincère de mieux cerner ces questions, de rencontrer leurs acteurs et d’aider dans une modeste mesure. Poussés par ce désir, nous avons fait le voyage à quatre séminaristes de Paris, Louis, Théophile, Thomas et moi, cinq jours à la fin du mois d’août dernier. 
A Calais, nous avons été accueillis par le Secours catholique, qui nous a hébergés et nous a associés à ses activités, dans ses locaux comme au milieu des tentes et des taudis montés par les migrants. C’est ainsi que nous avons donné des cours de français, réparé les bicyclettes, préparé les repas pour les mères de famille et leurs enfants, accompagné leur excursion à la mer (une expérience toute simple et merveilleuse), distribué les produits de première nécessité.
Dans la « jungle », camp disparate de 9000 personnes environ, ceux d’entre nous qui connaissaient le Tiers-Monde ont vite reconnu l’odeur des bidonvilles. Nous avons aussi retrouvé l’hospitalité étonnante de ceux qui n’ont rien : réfugiés afghans, exilés irakiens, migrants soudanais, bédouins arabes sans passeport nous ont inlassablement proposé thé, café, copieux déjeuners. Ils ont partagé bien des histoires poignantes : guerres civiles, proches disparus, persécutions religieuses (nous avons parlé à plusieurs musulmans convertis au Christ), situations d’esclavage, traversées à haut risque, tabassages et outrages de la part des policiers occidentaux. Au bout de ces épreuves, la majorité rêve de l’Angleterre comme d’un Far West où ceux qui travailleront dur ramasseront gros. Ceux-là s’étendent peu sur les moyens de passer la frontière, moyens plus ou moins avouables il est vrai, et qui expliquent la colère des routiers et des Calaisiens. Les tensions sont palpables, encore renforcées par la précarité de la jungle. Tentés par le désespoir, les migrants survivent grâce au mirage d’une réussite facile, une fois la frontière franchie. Nous les Français inquiets, mal ou très mal informés, vivons dans le mirage d’une solution simple à ces problèmes complexes. Sans forcément le formuler clairement, les uns comme les autres ont besoin d’une parole qui leur donne à la fois l’espérance et la vérité.
Guillaume L., séminariste

Cinq soirées pour entrer dans La joie de l’amour

Vous vous êtes procuré l’exhortation post-synodale du pape François sur la famille, La joie de l’amour,  sans avoir eu le courage de la lire jusqu’au bout ! Et pourtant… C’est à un changement de paradigme que nous invite ce beau texte qui s’appuie sur la loi de gradualité. Plutôt que d’asséner la doctrine, les pasteurs (et les chrétiens en situation d’accompagnement) ont désormais à discerner les ressorts qui permettent à une personne de progresser dans la parole du Christ. Pour mieux s’imprégner de ce texte, le père Roger nous invite à participer à cinq soirées qui lui seront consacré :

les jeudis 5 et 26 janvier
23 février
9 et 23 mars
de 20h à 21h30, salle Saint-Denys. 

Lors de chaque séance nous aborderons un ou deux chapitres, à lire au préalable. Après une présentation des passages à étudier, faite par le responsable de la soirée, un travail en petits groupes sera proposé autour d’une grille de questions très simples. Une mise en commun de ce travail ouvrira sur un temps de questions/réponses en présence des pères Roger et/ou Maxime et d’une partie des membres du groupe synode de la paroisse. Une proposition bienvenue pour se préparer au Carême !
Sylvie H.

Les "barquettes" de Saint-Denys


« "Barquette" ou "barque" est un nom très adapté à cette initiative paroissiale inspirée au père Roger en 2015 », commente Agnès, hôtesse d'une de ces barques. « Chacune d'elles est une image de la barque de l'Église (et celle de Paris) et leurs ramifications sont destinées à "embarquer" notre entourage dans la prière et la participation active.  Leur "menu" se fait autour de l'Évangile, avec la lecture, le partage et la prière. Entre le texte et la prière, les mots choisis par les uns et les autres font le pont », précise-t-elle. « Il est certain que la paroisse entière bénéficie des liens plus forts qui se créent ainsi, comme quand plusieurs paroissiens font un pèlerinage ensemble et reviennent ensuite », développe Christian. « Il n'y a pas de recommandation stricte à la conduite d’une barque, continue Agnès, ce degré de liberté nous permet de nous adapter aux besoins du temps et aux personnes. Cela fait de nous des embarcations variées : péniches, voiliers petits ou grands, au repos, en mouvement». Si elle apprécie la souplesse de l’organisation, Agnès souligne l'importance de la houlette du prêtre qui propose pour chaque séance des pistes de réflexion à suivre, appuyées sur l’Écriture. « Les deux bienfaits que j'ai ressentis sont la réduction de l'isolement et l’entraide spirituelle », poursuit Christian ; et Agnès de confirmer : « Les barques permettent d'amener chez soi la prière des autres, les soutenir dans leurs épreuves. » « On éprouve davantage les bienfaits de la vie chrétienne telle qu'elle pourrait être, ajoute Christian, les barques nous tournent vers l'évangélisation. Si elles continuent, elles accueilleront sûrement des nouveaux comme elles ont déjà permis d'arrimer davantage telle ou tel à la vie paroissiale. » Pour la suite, faut-il changer quelque chose ? Diminuer la fréquence et la durée des rencontres pour favoriser l’assiduité ? Choisir un thème de prière ? Se laisser guider par une spiritualité particulière ? A suivre. « L’intérêt serait qu'avec le temps, en fructifiant, une barque se divise en deux et que se crée ainsi toute une flottille poussée par le vent de l'Évangile ! », rappelle notre curé.

Vous pouvez vous inscrire auprès de l’accueil ou à la sortie des messes auprès des prêtres. Les horaires et la fréquence sont flexibles, au gré de chaque « barquette »…

Propos recueillis par Katarina K.

La rentrée des séminaristes 2016-2017


Bienvenue à nos "nouveaux" !

Louis de F. « J'ai commencé à m'approprier ma foi et à m'enraciner dans l'Église à mon arrivée à Paris, il y a 9 ans », raconte Louis, 26 ans, originaire de l’Allier, d’une fratrie de 8 enfants. « L’expérience de l’aumônerie à Saint-Germain-des-Prés et la découverte d’EVEN m’ont plongé dans une Église vivante, animée par des prêtres épanouis ». La parole reçue et transmise, par exemple aux anciens collègues dans un cabinet de conseil immobilier, et le rapport extraordinaire avec Dieu qui se donne gratuitement dans les sacrements, seront les deux sources de la vocation chez Louis. Il tient aussi à évoquer sa Maman, qui par sa vie toute offerte au service de la famille, l’a façonné de son exemple de charité.

Jean de S.-C., 30 ans, a grandi à Paris, dans une famille catholique pratiquante. Il a trois petites sœurs. Après des études de sciences politiques et de littérature, il a travaillé dans les relations institutionnelles entre les secteurs public et privé. « Si la possibilité d'une vie consacrée s’est présentée à moi vers la fin de l'adolescence, il me semblait d'abord indispensable de me confronter à la réalité de l'existence, à la nécessité de poser des décisions, évoque-t-il. Alors seulement j'ai pu envisager la question de ma vocation avec attention et bienveillance. Le Seigneur m’attendait patiemment au cœur de ma prière, dans ce lieu de combats, comme de grande paix et de joie. Dans mon cheminement il y a eu des jalons intérieurs indicibles, mais aussi des rencontres, des lectures mettant en lumière des figures de religieux et de prêtres, des séjours au monastère, l'amitié d'un jeune prêtre parisien, l’Évangile de saint Jean, la figure de saint Benoît Joseph Labre...»

Baptiste J. a 24 ans et il est l’aîné d'une fratrie de 3 garçons. C’est pendant une messe lors des JMJ de Madrid qu’il a ressenti pour la première fois clairement son appel. Mais il aime relire son chemin et il sait que depuis longtemps déjà le Seigneur l’appelle avec patience et prévoyance. L'exemple de parents engagés, l'influence de l'aumônerie et du scoutisme, rencontres avec des prêtres « rayonnants de la joie et la beauté du célibat consacré » et les  amitiés favorables à ce dessein le montrent bien. « Au moment où mes études de droit m’ont amené à déménager de Lille à Paris, je me suis trouvé au Foyer Saint-Ambroise dans le 12ème arrondissement, se souvient-il. Nous étions neuf garçons, unis dans une vie de prière, de partage de repas, d'apostolat et de service. C’est là que ma vocation a mûri. » Aujourd’hui, à l’issue de son année de fondation spirituelle  « si riche et si récente qu’elle ne peut pas encore être exprimée pleinement », Baptiste est heureux de l’accueil reçu dans notre paroisse. Si sa trajectoire semble évidente, « la réponse à la vocation s'est faite au prix d'un travail intérieur intense. » « Mon saint préféré ? » Après une petite hésitation, Baptiste tranche en faveur de son saint patron, le "Plongeur", le Précurseur, le premier témoin à tressaillir...

Propos recueillis par Katarina K.

François-Xavier B. : "Je suis entré dans la chapelle pour prier, une simple prière quotidienne, et je suis ressorti tout joyeux". Ainsi François-Xavier a-t-il entendu l’appel de Dieu.
François-Xavier, 26 ans, a grandi au sein d’une famille catholique parisienne de six enfants (cinq garçons, une fille). Après un BTS en hôtellerie de restauration à Paris, il tente un concours militaire pour devenir chasseur alpin, concours qu’il "rate à peu de chose". Comme il "ne se voit pas travailler dans l’hôtellerie haut de gamme" à laquelle il est préparé, dont "le vernis du luxe et de la richesse" ne lui plaît guère, il choisit d’être « préfet » des Premières et Secondes au lycée Gerson, ce qui lui permet de faire la médiation entre les élèves, les parents et les professeurs, en même temps qu’il est chargé du KT. C’est là que sa vocation mûrit, jusqu’au jour de cette prière à la chapelle du lycée. Il entre alors à la Maison Saint-Augustin, puis part pour une année à Ambanja, une ville du nord-est de Madagascar. Il y donne des cours de français aux enfants défavorisés, visite les prisonniers, joue avec les orphelins. Il y fait aussi l’apprentissage du détachement, tant affectif (loin de sa famille et de ses amis) que matériel. Il perçoit surtout une "autre vision du monde", ce qui "tombe bien" : le pape François ne nous envoie-t-il pas "aux périphéries du monde", le cœur plein de miséricorde ?"
Le voilà aujourd’hui à Saint-Denys, "heureux de voir une communauté vivante !", où il sera en charge du KT CM2 et peut-être du ciné-pizza.

Et nos anciens, ont-ils changé après cette année de séminaire ?

Benoît : « C’est surtout aux paroissiens de le dire ! En tous cas, j’ai essayé de profiter de toutes les richesses de cette paroisse : elle m’a porté dans ma vie de prière et dans ce désir que j’avais déjà, mais que j’ai plus encore, de faire opérer la rencontre de Dieu avec chacun de nous. Je voudrais surtout commencer par rendre grâce. En un an, nous avons reçu beaucoup, tant en Maison qu’en paroisse : quelle joie de découvrir cette communauté chaleureuse, priante, accueillante ; quelle joie aussi d’apprendre petit à petit à mieux connaître les uns et les autres, et d’avoir pu mener, notamment avec les enfants, des activités dans lesquelles je me suis épanoui. Je partais de l’inconnu, et je me suis vite pris au jeu, au ciné-pizza par exemple ! J’étais sans a priori et j’ai été comblé. Un moment en particulier a été très fort pour ma vocation : celui de l’attentat pendant les JAM. L’Esprit nous a donné d’être témoins de la miséricorde de Dieu pour le monde auprès de ceux qui entraient dans l’église. Oui, des grâces particulières ont été données en cette année de miséricorde ; la grâce qui vient dans le Mal le plus terrible. C’est la Croix. La question se pose : ne regarder que le Mal avec la tentation de se désespérer ou saisir aussi le Salut qui vient au cœur de la souffrance ? Dieu est au cœur de la souffrance. Du côté de ma vie d’étudiant, c’était super de découvrir comment l’Esprit Saint peut aider notre intelligence à avancer vers la Vérité. Plus difficile était l’articulation entre cette vie estudiantine et le reste de la formation (paroisse, Maison, service, prière). On se sent un peu partagé, mais c’est aussi précisément là qu’on se rend compte que l’essentiel consiste à unifier notre personne dans tous ces domaines. Un mot aux paroissiens ? Un grand merci ! J’espère que cette année apportera encore son lot de joies et de surprises. »
Benoît sera cette année en charge des servants d’autel.

Guillaume : « Est-ce que j’ai changé ? Oui, un peu. Quand on a la chance d'être au contact de tant de gens accueillants, on se simplifie, on voit les choses de manière plus lumineuse. Quelle joie après l'été de revenir à Saint-Denys et de retrouver des gens qui vous tombent dans les bras, des enfants qui se jettent sur vous. C'est agréable aussi d'accueillir les nouveaux de la Maison. On désire leur faire découvrir tout ce qu'il y a beau dans la paroisse et le quartier, le plus ancien de Paris. Leur faire découvrir aussi l'organisation de la Maison, sans leur dicter leurs conclusions : c'est important de donner aussi la liberté. On est bien ici. Il y a l'esprit du lieu, c'est simple, sans mondanité, on n'est pas dans les convenances. J'ai été très touché de voir, lors des ordinations, l'attachement des paroissiens à leurs anciens séminaristes. Tant de chances nous sont offertes et sont à saisir ici ! Les enfants, les scouts, les anciens. J'aime bien les anciens. On voit leur combat, il y a une disponibilité chez eux, une ouverture. Et aussi le monde des actifs : la fourmilière se prépare, et bientôt les JAM ! Je me réjouis déjà d'y être. Côté cours : on a de la chance aux Bernardins : il y a une vraie diversité dans la manière de voir les choses, même si tous partagent trois grandes orientations : liens avec les Juifs et le judaïsme, retour aux sources, ouverture à la philosophie contemporaine. Il n'y a pas de formatage. Un mot aux paroissiens ? Je suis très heureux de vous retrouver ! Et je pourrais reprendre ces paroles de saint Paul (1Th 2) : "Telle était notre affection pour vous que nous aurions voulu vous livrer non seulement l'évangile de Dieu mais encore nos propres vies tant vous nous étiez devenus chers." »
Guillaume proposera cette année des activités aux jeunes pros (services de repas aux pauvres chez les sœurs de mère Teresa, rencontres, marches...) et s'occupera de l'aumônerie pour tous les lycéens du quartier, du public comme du privé.

Paul : « Changé ? Mais je suis toujours le même ! Non, il y a un approfondissement de ma relation au Christ, mais sur lequel il est difficile de mettre des mots. Charité, miséricorde, fidélité prennent plus de saveur, il y a plus d’espérance aussi. Je suis juste un peu moins mécréant qu’il y a un an ! Ce que l’on vit en paroisse donne de l’épaisseur aux choses, c’est du concret. Cet été, j’ai vécu de façon très forte la Providence pendant les JMJ avec Anuncio, en tant que responsable d’un groupe de trente personnes. Il faut bien les nourrir !, et tant que tu n’as pas fait le truc de mendier ta nourriture pour voir comment ça marche, tu n’as pas vraiment compris la Providence. « Demandez et vous recevrez ! » : je n’ai jamais eu faim… Côté vie paroissiale, c’est une grande joie d’être à Saint-Denys. Les gens sont extrêmement accueillants. Il y a beaucoup de bienveillance, de douceur à notre égard. Nous avons trouvé notre place très facilement, sans nous sentir jugés. Cela continue de m’étonner, tous ces gens très divers mais qui arrivent à travailler ensemble, sans grosses tensions, pour la gloire de Dieu. Ils s’investissent avec beaucoup de vraie gratuité, une vraie volonté de donner. Côté études, c’est une cure de rajeunissement que de reprendre la vie universitaire ! J’ai toujours continué à étudier, en revanche se remettre dans une logique scolaire, ça j’ai eu du mal. Mais les études ne sont pas si importantes dans la vie du séminariste. L’essentiel de la formation se passe au sein de la vie paroissiale et communautaire : il faut apprendre à gérer ses forces. Un mot aux paroissiens ? Oui, je voudrais partager ma joie de l’été. J’ai fait un peu d’évangélisation : quelle joie d’en voir les fruits quand on a l’audace de dire Dieu dans sa vie ! On a la trouille, mais ça se passe bien. Cela vaut la peine d’oser se lancer, simplement, au quotidien. Il y a des tas de freins, la peur de brusquer les gens, mais on n’est jamais trop audacieux. On se lance : « oui, je crois en Dieu et c’est important pour moi ! » et le gars en face, il est super content ! »
Paul sera en charge du KT CE2 et du Cercle de prière du dimanche.

Gabriel : « Est-ce que j’ai changé ? Oui, j’ai progressé dans ma vie spirituelle. Même en maturité, j’ai dû changer. Côté études, j’ai eu beaucoup de mal avec le niveau des cours qui demande un long effort de concentration. A forte dose, je sature, mais finalement, c’est passé ! J’ai appris des choses, et les choses qu’il fallait que j’apprenne : raisonner, manier les concepts philosophiques. Apprendre à penser, c’est entré dans la douleur, mais c’est entré ! Saint-Denys : quelle joie d’être dans une paroisse familiale comme celle-là ! Là aussi, j’ai beaucoup appris, en particulier avec le père Tardy, sur le rôle du prêtre et la vie de la paroisse. Une belle découverte. Si je suis appelé un jour à être prêtre de paroisse, ce serait bien de construire une paroisse avec cette ambiance-là ! Côté vie communautaire, on côtoie des cultures, des histoires, des caractères très différents. Mais chacun cherche toujours à aller vers son frère, alors tout finit toujours bien. L'an dernier, je faisais l’Éveil à la foi à Sainte-Geneviève. Les enfants m’ont bluffé. Ils sont attachants, ils ont un sens de Dieu très juste. Cela m’a beaucoup apporté. C’est un moment que j’aimais bien, même s’ils mettaient parfois le bazar. Et cet été, j’étais aux JMJ avec les Chaldéens et le père Narsay Soleil. C’était magnifique de voir des jeunes aussi pieux. Cela m’a aidé à progresser dans ma relation à la Vierge Marie. J’ai fait l’expérience qu’elle conduit au Christ. Il ne faut pas rationaliser sa dévotion mariale. Un mot aux paroissiens ? Priez pour nous parce qu’on en a besoin et merci d’être là ! Nous voulons devenir prêtres pour les paroissiens. A Saint-Denys, ils sont faciles à aimer... »
Gabriel sera en charge du KT CE2 et du ciné-pizza des collégiens.

Jean : « Si j'ai changé ? Il faudrait demander à mes frères ! Oui, il y a eu plein de changements. L'an dernier, c'était une entrée en philosophie, de nouvelles façons de penser ; ça reconditionne, ça nous aide à nous donner de nouveau. Sur le plan plus humain, beaucoup de fatigue et de persévérance. Les études mènent à Dieu, on apprend le chemin. L'émerveillement du philosophe, c'est celui du chrétien. La question c'est : est-ce que je continue ? C'est beaucoup de combat. J'aime la philosophie pour son aspect pratique, ça m'aide à aller vers les gens. L'an dernier, c'était la découverte (le scoutisme par exemple) et la persévérance. Cette année, c'est une année de transmission. Changement de perspective ! C'est vrai aussi en terme d'attitude : on reconnaît les gens, ils viennent vers nous. On sait l'impact du service, on est plus détendu. Mais j'attends de toujours recevoir de nouveau, car rien n'est jamais acquis. Je suis content de me laisser émerveiller, et c'est du concret avec tous les nouveaux chefs scouts cette année ! Auprès des enfants et des jeunes, il y avait ce défi de créer un climat de confiance, de leur montrer que le séminariste est un baptisé comme les autres. L'esprit scout repose sur l'esprit chrétien. On est dans une fraternité. En plus du scoutisme, le père Tardy m'a proposé d'organiser un temps de louange, dans le cadre des Nocturnes du jeudi soir (voir article ci-dessous). Un mot aux paroissiens ? N'hésitez pas à inviter les séminaristes ! Le plus simple, c'est le mieux : spontanément, le dimanche midi, sans préparation ! »
Avec Jean, cette année, louez Dieu le jeudi soir !

Propos recueillis par Dominique Th.                                    


 

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