Le Petit Cephalophore

lundi, septembre 28, 2015

L'éditorial du père Tardy : octobre 2015

Comme vous le savez peut-être, l’année de la vie consacrée, demandée par le pape François, se termine bientôt. Mais késako ? La vie religieuse (qui regroupe moines, moniales, dominicains, jésuites…) fait partie de la vie consacrée en général (qui regroupe en plus vierges consacrées, laïcs consacrés etc…) mais bizarrement pas l’église hiérarchique (prêtres et diacres) tout célibataires consacrés qu’ils sont. Qu’est-elle donc ? Selon les paroisses, elle est diversement présente, et pourtant elle est indispensable. Souvent, on coince cette catégorie entre le clergé et les laïcs. Mais la vie consacrée, ce n’est pas d’abord un groupe, c’est davantage une saveur. La vie consacrée est comme une tâche d’huile, faite par malice par le bon Dieu, quand il voit que les chrétiens sont trop sages, ou trop peu imaginatifs. Une tâche d’huile qui répand un peu de folie dans un monde trop complexé, ou trop engoncé dans ses peurs. Ils sont fondateurs de nouvelles formes d’action sociale ; les premiers hôpitaux, ce sont eux, les écoles pour tous aussi, les formes de sociétés nouvelles comme les monastères ou les ermites.
Cherchez parmi vos saints préférés, vous en trouverez sans doute qui ont été fondateurs, ou refondateurs. Le pape François lui-même est jésuite, un peu franciscain aussi, et cela se sent. Une sorte de radicalité qui dérange, qui interroge et qui encourage. Les chrétiens réagissent diversement aux différents électrochocs qu’il distribue depuis le début de son pontificat. Mais ils sont salutaires. Et le signe que la vie consacrée joue son rôle, c’est que nous bougeons nous aussi, laïcs et prêtres « de base ».
Accueil des réfugiés, écologie, réconciliation. Bienvenue dans cette année de la miséricorde, où nous allons être tous secoués, mais « c’est afin que ma joie demeure en vous, et que votre joie soit parfaite » Jn 15,11.

Nous accueillons en outre un nouveau vicaire, le père Maxime, et cinq nouveaux séminaristes.  Qu’ils soient les bienvenus dans notre paroisse au cœur chaud et au désir de feu !

La vie consacrée

Frère Marie : être moine aujourd’hui
A l’occasion de l’Année de la vie consacrée qui s’achèvera en février 2016, Le Petit Céphalophore  a rencontré frère Marie. Le responsable de l’hôtellerie de l’abbaye Notre-Dame de Lérins (06) nous explique le sens de ce choix de vie radical.

A quel âge avez-vous pensé être moine et pourquoi ?
A 30 ans, parce que c’est la forme d’engagement qui me semblait le mieux répondre à l’appel du Christ. Électricien de formation, j’avais travaillé dans différents domaines sans être pleinement satisfait. Les expériences de retour à la nature dans des communautés alternatives m’attiraient. Je souhaitais une vie authentique en rupture avec le modèle ambiant. C’est alors que je suis parti naviguer avec des amis sur un voilier. Dans le Sud du Sénégal où nous avions fait escale, j’ai découvert un monde musulman très priant. Voir que Dieu faisait partie de la vie de ces fraternités de spiritualité soufie très ouvertes a changé la représentation négative que j’avais de la religion. Mais tout a basculé une nuit de Noël, lors d’une messe célébrée par un missionnaire dans un village de brousse. J’ai communié, alors que j’avais été baptisé chez les protestants. Le Christ m’attendait là.

Quel a été votre parcours ensuite ?
Nous sommes rentrés à Saint-Malo où j’ai passé plus d’un mois chez les Sœurs dominicaines. C’est là que j’ai fait mon entrée officielle dans l’Église catholique en 1986. Un père dominicain m’a aidé à discerner mon appel : j’avais besoin d’une vie structurée. Comme il donnait des sessions de théologie à Lérins, il m’a fait connaître cette abbaye. Je me suis dit : « Là, tu pourras te donner au Christ à fond ». J’ai fait mon entrée en novembre 1987. Au sein de la communauté, je suis responsable des vignobles depuis 1991 et de l’hôtellerie depuis février dernier mais j’ai exercé de nombreuses fonctions. J’oubliais de dire que j’ai été ordonné prêtre en 2007.

Quel sens donnez-vous à cette vocation particulière ?
Par la louange, nous faisons se rejoindre l’Église terrestre et céleste. Le monachisme a une vocation angélique : il manifeste sur terre le face à face que l’homme connaîtra avec Dieu. Mais notre prière porte aussi toutes les difficultés de l’homme sur son chemin, comme les psaumes l’expriment. Les premiers moines de Lérins, au Vème siècle, parlaient du désert, cette vie retirée sur l’île, comme d’un nouveau paradis, le lieu où l’on rencontre ce nouvel Adam qu’est le Christ. Rien n’a changé depuis. Cela explique pourquoi notre abbaye est un lieu de ressourcement pour de nombreux retraitants. Ils nous disent ressentir qu’ici Dieu est vraiment présent.

On rejoint l’abbaye Notre-Dame de Lérins, située sur l’île de Saint-Honorat,  en bateau, à partir de Cannes. On peut y faire une retraite en logeant à l’hôtellerie des moines. Certains paroissiens de Saint-Denys sont des habitués de ce lieu merveilleux. Site : www.abbayedelerins.com
Propos recueillis par Sylvie H.


Sœur Anne-Thérèse
Membre de la Congrégation Notre-Dame de Sion (86 ans), elle témoigne : "Je suis entrée au noviciat à l'âge de 30 ans ce qui était alors considéré une vocation tardive. La certitude de mon appel m'est venue au terme d'une évolution continue, paisible. Jeune enfant, j'avais été au pensionnat chez les sœurs de Notre-Dame de Sion où j'ai connu plusieurs religieuses à la vie rayonnante. Cela est sans doute intervenu plus tard dans mon choix de congrégation. Un autre exemple avait été ma mère, veuve, qui élevait seule ses trois enfants, expliquant en toute simplicité: "Mais il y a la Grâce..." En relisant ma vie je me rends compte que j'avais toujours fait des choix qui m'acheminaient vers ce choix ultime - ce qui était "du monde" avait peu d'attrait pour moi. J'avais compris que tout était appelé à renaître de l'intérieur, de l'Esprit. Et s'il y avait quand même en moi le désir d'être maman, lors d'un baptême d'enfant un jour, j'avais ressenti la certitude que je ne le serai jamais." Sœur Anne-Thérèse est archiviste de sa congrégation. "Pendant mon année de formation après mes premiers vœux, la maîtresse du Juvenat m'a fait déjà travailler sur l'histoire..." Sœur Anne-Thérèse aime remettre les choses dans leur contexte historique pour mieux les éclairer. "Le Concile Vatican II nous a demandé de revenir "aux sources": la Bible nous révèle l'Incarnation également à travers l'histoire sainte. Dans nos rapports avec le peuple juif à notre époque nous transmettons, échangeons, et il est crucial de bien connaître le Premier Testament." Le grand pilier de l'engagement religieux reste une vie intense de prière. "Après le 19ème siècle, le laïcat a été mis en avant dans l'évolution de la société, les ordres contemplatifs recrutent peu de nos jours. La vie de prière est difficile même au sein d'une congrégation comme la nôtre: les travaux d'entretien, les tensions, le surmenage doivent être gérés au quotidien." Cela dit, Sœur Anne-Thérèse trouve encore le temps pour aider à assurer l'accueil de notre paroisse un jour par semaine - occasion aussi de retourner dans le quartier où elle avait logé avec le petit groupe de ses consœurs pendant plusieurs années...
Propos recueillis par Katarina K.



Bernard, Père Blanc missionnaire en Algérie
Le père Bernard Lefebvre a été missionnaire en Algérie pendant près de 40 ans ; mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, "la mission, c'est aller recevoir un message, se porter vers l'autre. En arrivant dans un pays, on découvre le Christ présent au milieu des gens. L'Algérie a connu des années difficiles, mais on y découvre des gens extraordinaires, qui nous apprennent que la vie continue, de manière magnifique. J'ai été en petites communautés isolées au milieu du Sahara, puis j'ai été nommé à la grande basilique de Notre-Dame d'Afrique, mais ce qu'il y avait de commun dans les deux, c'était l'accueil. Il ne suffit pas d'avoir des « horaires d'ouverture de l'église » ; là-bas, on accueille vraiment les gens, on est toujours contents de les voir, à toute heure. La très grande majorité des gens au milieu de qui je vivais étaient musulmans. À la Basilique, les gens aimaient venir s'asseoir en silence, ou nous parler de leurs soucis, de leurs attentes, de leur joie d'être là. Les beaux témoignages que nous avons recueillis, nous n'y étions pour rien. Tout ce qu'on faisait, c'était ouvrir la porte : tout le monde pouvait venir. À travers la Vierge Marie, que les musulmans vénèrent aussi, et à laquelle ils sont très attachés, on trouvait un vrai point de rencontre.
Vous voulez savoir combien de personnes j'ai converties, en 40 ans ? Eh bien, je ne suis pas sûr – il faudrait que je lui redemande – mais je pense pouvoir dire : une seule, et c'est moi-même. On ne va pas là-bas pour apporter une brochure sur le Christ. On est simplement là pour contribuer à la vie du pays, par l'éducation, la technique, ou l'étude – en étant soi-même, intérieurement, animés de l'amour du Christ. Il y a une personne qui a très bien su parler de la façon dont les missionnaires s'enrichissent de leurs moments avec les Algériens : c'est Mgr Pierre Claverie, qui est décédé dans un attentat, mais a laissé des écrits magnifiques pour parler de son amour de l'Algérie et de l’Église d'Algérie. Sur la durée, nous sommes convertis par ceux auxquels nous sommes envoyés – non que je sois devenu musulman ! Mais des moments de communion se créent, des moments de vrai partage, qui n'ont pas besoin d'être des partages intellectuels – mais des partages de vie, de service, de compréhension, même quand on n'est pas d'accord.
À une époque, les choses étaient difficiles. En 1995, les attaques contre les communautés chrétiennes se multipliaient, et notre communauté a été attaquée. Il n'est pas facile de pardonner, de ne pas mettre tout le monde sur le même plan. Mais on en sort plus simple : on comprend d'autant mieux qu'il ne faut pas chercher à juger les gens, il faut prendre les choses comme elles viennent et simplement approfondir ses relations. Et puis après cette période troublée, il y a eu des moments magnifiques : la restauration de Notre-Dame d'Afrique avec le soutien de la population et des autorités, et le centenaire de l'orgue de la Basilique, inauguré en 1911 par Camille Saint-Saëns. Il y a une continuité, on poursuit sur l'héritage que nos prédécesseurs ont laissé ; leur présence de longue date a créé un lien très fort avec la population, qu'il faut poursuivre. Nous avons besoin de nouveaux missionnaires, qui sachent se porter vers l'autre, pour ne pas tomber dans la pensée unique, enfermés chez nous. Tout est encore à découvrir !"
Propos recueillis par Laetitia C.
A voir : Pierre et Mohamed, Algérie, 1er août 1996, film de Laurence Chartier d'après les écrits de Mgr Pierre Claverie.



Agnès B., de la communauté de Saint-François-Xavier et directrice de l'école Charles Péguy

« Applique-toi à marcher humblement avec ton Dieu » (Mi 6,8*)
C’est par cette citation, importante pour elle, qu’Agnès a conclu notre entretien… Mais, au fond, cette parole de Michée a irrigué notre conversation :
La communauté d’Agnès est une communauté apostolique déjà centenaire fondée par Madame Daniélou. Son objectif est de consacrer sa vie au service à travers la mission d’éducation et de formation des jeunes. La fondatrice avait fait l’expérience de la difficulté de garder la foi dans un contexte intellectuel hostile à Dieu. C’est pourquoi elle ouvrit plusieurs établissements.
Au début, Agnès était une institutrice ayant à cœur de faire grandir les élèves. Puis, à l’occasion d’une messe, elle a senti que sa place était de consacrer sa vie au sein de la communauté. Depuis, 9 ans se sont écoulés et Agnès a prononcé son vœu perpétuel.
Charles Péguy étant sur deux paroisses (école primaire sur le territoire de Saint-Denys et collège et lycée sur celui de Saint-Ambroise), Agnès et sa communauté sont actives sur l’une comme sur l’autre : c’est au lycée qu’habite leur communauté de 7 (et bientôt 8) religieuses. C’est là que commence sa journée par une prière ensemble et en silence de 45 minutes. C’est aussi là qu’elle se termine avec les retrouvailles  fraternelles en communauté avec la messe, le dîner et un nouveau temps de prière.
Entre les deux, il y a le quotidien joyeux de l’école, rue Amelot (cf photo)… celui qui permet le service des frères par l’enseignement, celui aussi qui permet de gagner sa vie, avec un salaire versé par l’éducation nationale et remis à la communauté ("car nous mettons en commun nos biens") pour les sœurs plus âgées, les missions de la congrégation en Afrique et des missions nouvelles.
Une vie consacrée vécue dans la joie…  « Viens, et tu verras !  »

Propos recueillis par Stéphane L.

(*)« On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi, rien d’autre qu’accomplir la justice, d’aimer la bonté et de t’appliquer à marcher humblement avec ton Dieu. »

Maxime Deurbergue, vicaire à Saint-Denys


C’est dans les Alpes qu’est né en 1979 notre nouveau vicaire, d’un père croyant et d’une mère non croyante. « Cela m’a fait comprendre que croire était un choix personnel », précise d’emblée celui qui a vu sa mère ​devenir chrétienne quand il avait 20 ans. Son goût immodéré pour la montagne, il le tient de son père, chasseur alpin. Mais très vite la famille s’installe dans la capitale où sa mère est juge à la Cour de Cassation de Paris, tandis que son père part en mission​s régulières​ dans les Balkans. Maxime, « curieux de tout », fait un parcours scolaire brillant au collège Stanislas. Son bac en poche, le voilà au lycée Henri-IV, en hypokhâgne et khâgne. Il tente Ulm et HEC, réussit les deux et entre à l’École normale supérieure. C’est alors que sa vie bascule : « On m’a découvert un cancer dans la colonne vertébrale. Lors de la première opération, je pouvais devenir tétraplégique. J’ai alors demandé à Dieu de continuer, si cela arrivait,  à trouver la vie aussi belle ». Après une année de traitement lourd, il guérit et poursuit ses études à Cambridge où il soutient une maîtrise puis une thèse sur l’art espagnol. De retour, il enseigne à la faculté d’Histoire de l’art de Paris I, songe à se marier, mais est taraudé par la question de la vocation. Il tranche en entrant au séminaire en 2007 et sera ordonné prêtre en ​2014. A Rome, où il vient de passer deux ans, il a obtenu une licence de théologie et débute à présent une thèse. Il devra y consacrer une partie de son temps, mais compte bien s’investir à Saint-Denys avec la fougue qu’on lui connaît déjà.
Propos recueillis par Sylvie H.


La rentrée 2015 des séminaristes



Les anciens : "Comment s'est passée cette première année de séminaire à Saint-Denys ?" 


Stéphane : "Cette première année a été assez éprouvante car il a fallu entrer dans le rythme du séminaire et parvenir à tenir en même temps des activités très différentes, qu’elles soient paroissiales, qu’elles concernent notre vie de prière ou notre vie de Maison : service du repas, ménage, cours et travail personnel. Ça m’est tombé dessus d'un coup, après une dernière année en archi plutôt tranquille. En me confiant à Dieu, j’ai pu dépasser ces épreuves et l’année s’est très bien terminée. Dès le deuxième semestre, j’ai appris à cerner les priorités et à être plus détendu…"
Un temps fort sur le plan spirituel ? "Oui, le temps des vacances, en service apostolique et en retraite. Ce fut l’occasion de repenser l’année et de discerner la manière dont le Seigneur avait travaillé en moi : j’ai compris en vérité cet été quel est le chemin sur lequel je m’engage. Je ne pourrai pas y arriver sans Lui, c’est de Lui que je tiens ma force." Et du côté de la vie paroissiale ? "Les paroissiens ont été un soutien continu pendant toute l’année, par leur présence affectueuse. On sent qu’on compte pour eux, et cela nous porte dans les moments difficiles. Ouvrir la porte du 15 [de la rue Saint-Claude] et croiser toujours quelqu'un, se saluer ou discuter, c’est important."
Et cette année qui s’annonce ? "Je l’appréhende avec beaucoup de joie et d’enthousiasme, car je sais ce qui m’attend. Et puis, accueillir les nouveaux, c’est une nouvelle étape, un bel exercice exigeant car c’est un véritable exercice de charité, dans le souci de ce qu’ils découvrent au séminaire. L’enjeu, c’est de poser sur ses frères de séminaire le regard que le Christ a posé sur eux, sans juger de leur place ici. La fraternité, ce n’est pas l’amitié, pas tout à fait."
Un message particulier ? "Je suis très heureux de faire partie des "rescapés" de l’an dernier et de vivre cette deuxième année à Saint-Denys !"
Cette année, Stéphane sera en charge du KT CE2 et de la Prépa JMJ de Cracovie.

Sébastien : "J’étais venu sans a priori parce que je n’avais aucune expérience en paroisse. J’ai découvert l’an dernier le "monde" de l’Église et j’ai été enchanté. Ce fut en particulier une bonne surprise de voir un grand nombre de paroissiens engagés dans un grand nombre d’activités très diverses. J’ai découvert qu’une « paroisse », ce n’est pas seulement la messe dominicale, il y a des choses qui peuvent tourner sans le curé, je trouve cela très beau. Quant au séminaire, cela m’a beaucoup amusé, les premiers mois, de redevenir étudiant [après une vie de chercheur enseignant à l’Université]. Ce fut moins drôle ensuite. Il faut de la dextérité intellectuelle pour appréhender des matières différentes, Philosophie, Théologie (Écriture et Tradition) et on ne voit pas tout de suite les connexions entre elles. Et puis, j’ai souffert de ne pas pouvoir appliquer la méthode de la recherche, que je connais et qui est la même, par manque de connaissances. Finalement, être étudiant, ce n’est pas enviable du tout ! Et en tant qu’étudiant, je me suis permis de faire ce que je déconseillais fermement aux miens, en tant que professeur… Il faut en outre trouver le bon équilibre entre la vie paroissiale et la vie à l’école. Par exemple, quand Nomades a lieu pendant les examens, que faire ? Moitié-moitié ? Du coup, à l’oral, l’ego en prend un coup ! C’est une école d’humilité de se dire : "non, je ne peux pas tout faire". C’est aussi un apprentissage du rôle de prêtre : trouver un équilibre entre les activités, apprendre à renoncer, souvent. Cet été ? oui, il a été très important pour moi. J’ai choisi de retourner à Lisieux, pour faire l’accueil, les visites guidées de la Basilique et le "pèlerinage organisé" : trois heures pour découvrir les différents lieux thérésiens, trois heures de parole. Il faut donc beaucoup lire pour faire entrer les gens dans le cœur de la petite Thérèse. Du coup, on est profondément touché soi-même. L’esprit de sainte Thérèse transforme en termes d’humilité face au monde. On essaie toujours de briller aux yeux des hommes, mais est-ce que la quête de Dieu passe par là ? Non."
L’accueil des nouveaux ? "Je ne me sens pas un rôle particulier. C’est bien d’apprendre à découvrir seul les choses, quitte à se tromper, plutôt que d’avoir un petit maître qui nous dise quoi faire. Mais bien sûr, je reste présent "au cas où" !"
Un message particulier ? "Oui ! Je suis toujours heureux d’être invité par les paroissiens, et pas besoin de mettre les petits plats dans les grands !"
Sébastien sera cette année en charge du KT CM2 et du Ciné Pizza ouvert désormais aux lycéens. 

Les nouveaux : 


Paul G. est notre premier "rentré", présent dans le chœur dès le début septembre (vous le reconnaîtrez à son bouc clair). Il a 38 ans, est l'aîné d'une famille de deux enfants, né à Paris mais francilien. Il part pour Nantes faire des études d'ingénieur (Centrale), ce qui le mène, durant douze ans, à exercer en entreprise le métier de "conseil en gestion de risque". Travaillé par une aspiration à plus de simplicité, d'appauvrissement, de contact concret avec les gens, il quitte l'entreprise pour l'artisanat et exerce son nouveau métier à Paris. Mais ce chemin d'humilité allait le conduire plus loin encore... 
Classiquement, Paul, dans son adolescence, s'était détourné de la foi et de l'Eglise. C'est vers la trentaine qu'il entame un parcours de "recommençant", parcours qui passe par l'oraison (il se sent une spiritualité ignatienne) et un besoin d'engagement paroissial. Il crée donc un groupe de prière avec l'accord de son curé. Puis, "un jour, dit-il j'ai fini par accepter de dire oui" : il entre à la maison Saint-Augustin pour son année propédeutique et le voici aujourd'hui à Saint-Denys.
Il sera en charge cette année du KT à Charles Péguy . "C'est capital de participer à la vie paroissiale: c'est le service de la paroisse qui fait céder les digues". 


Guillaume L. est l’aîné d’une famille de deux enfants : son père est ingénieur, sa mère architecte et son petit frère chiffreur aux Affaires Étrangères. A 37 ans, il est en même temps, en tant que séminariste, "tout neuf et déjà expérimenté." Avant d’entrer au séminaire, en effet, il a été moine durant cinq ans à Saint-Wandrille, chez les Bénédictins, où il a prononcé des vœux simples (obéissance, stabilité, conversion). Il y accueillait régulièrement les groupes, (peut-être a-t-il déjà croisé les enfants du KT de Saint-Denys !) et animait le groupe biblique. C’est là qu’il a été profondément marqué par l’Écriture, devenue "très vivante" pour lui. Avant de choisir la vie consacrée, Guillaume avait "bourlingué": à l’Assemblée nationale, d’abord, au sortir de Sciences Po et d’une école de commerce, puis en Inde où il a enseigné l’anglais, la culture générale et le dessin aux enfants intouchables du Karnataka. Rencontres inoubliables avec les plus pauvres, "leur joie, leur humour, leur grand sens du sacré". En tant que croyant, il est "fasciné par l’hindouisme, son mélange peur et de sacré, son sens de l’hospitalité." L’appel au sacerdoce, il l’a entendu au monastère : l’appel à devenir prêtre dans le monde, l’appel à franchir la clôture de la vie monastique. "Quand j’étais enfant, j’étais chasseur de trésors » dit-il. « Mon trésor, oui, je l’ai trouvé, et je le cherche encore." Cette aventure a commencé à Paris, où, petit, il découvrait la ville avec son grand-père. C’est ainsi que, partant du faubourg Saint-Antoine, il a arpenté les rues du Marais et appris à aimer le quartier. Né la veille de la Saint-Denis (le 8 octobre), il aime déjà notre église et ses paroissiens : "Je suis ravi de rencontrer une paroisse très vivante, très accueillante : j’ai déjà été invité à déjeuner !"
Il sera cette année en charge du KT CM1 et animera le groupe biblique du dimanche matin, ce dont il se réjouit.

Propos recueillis par Dominique Th.


Benoît, 20 ans, Parisien, et aîné d'une fratrie de 8 garçons. C'est à la fin du lycée, puis pendant ses études (prépa littéraire à Louis-le-Grand) qu'il entend l'appel de Dieu. « Je veux transmettre Dieu aux autres à travers les sacrements, et notamment l'expérience de la miséricorde. » Il se sent guidé sur le chemin de la prêtrise par les figures de saint Jean Bosco et saint Josémaria Escrivà, qui ont trouvé leur force missionnaire dans la contemplation, et dans une dévotion toute particulière à Marie, mère du sacerdoce : « Jésus confie Jean à sa mère. Le prêtre est appelé à donner le Christ, et il ne peut le faire que par Marie qui L'a donné à toute l'humanité ». Benoît sera cette année chargé du catéchisme aux CE2, et des séances Ciné-pizza avec les collégiens.

Gabriel, 26 ans, originaire des Yvelines, vient d'une famille non-pratiquante d'origine espagnole de 4 enfants. « Jusqu'à 18 ans, je ne croyais même pas en Dieu. J'avais beaucoup d'amis musulmans qui devenaient de plus en plus religieux, et je ne les comprenais pas, mais du coup je me suis intéressé à l'Islam. C'est comme ça que je me suis mis à chercher Dieu ; j'étais passionné, j'avais soif de Dieu, et j'ai cherché un peu partout. Puis, finalement, après longtemps, j'ai lu les Évangiles. Ça n'a pas été évident tout de suite d'adapter ma vie à l'Évangile, mais j'ai voulu être confirmé. Et quand on a soif de Dieu, on est parfois un peu excessif, on ne sait pas mettre de limite entre suivre Dieu, chercher la sainteté, et devenir prêtre... parce qu'au fond je ne me vois pas faire autre chose dans ma vie que continuer à chercher Dieu. »

Jean, 27 ans, originaire des Yvelines, vient d'une famille franco-américaine de 6 enfants. Après une école de commerce et quelques années comme consultant, pendant lesquelles il ne « faisait pas beaucoup de place à Dieu », il part aux JMJ de Madrid, puis s'engage à la Casa Anuncio à Montmartre, où il vit un engagement missionnaire, et une formation à l'évangélisation joyeuse. « Évangéliser, c'est transmettre quelque chose qu'on ne maîtrise pas totalement. Il faut savoir accueillir les gens, avec leurs blessures, avec ce qui les empêche d'aller vers Dieu, puis leur transmettre Dieu, c'est-à-dire aussi les laisser modeler à leur manière ce qu'ils reçoivent. » Il prend pour modèles saint Dominique, et Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux, qui ont su transmettre la foi de manière incarnée, par leur vie et leur travail. « être prêtre, c'est aussi ne pas avoir peur de bousculer, et savoir mettre les gens en face de la vérité (sans nécessairement passer par la philosophie !). Il faut avoir le zèle du salut des âmes ! »


Propos recueillis par Laetitia C.

Le retour de la Vierge de Turenne : double bénédiction

Enfin ! Enfin la Vierge à l’Enfant bénissant est de retour, et doublement !, puisqu’elle veille désormais sur notre quartier à la fois depuis sa niche de la rue de Turenne et depuis la chapelle du Saint-Sacrement de Saint-Denys.

Grâce au travail acharné et à la persévérance du Collectif, qui s’est constitué autour de Katarina K., Marc L. et le père Tardy, a réuni les copropriétaires du 58, des paroissiens, des voisins soucieux de leur patrimoine, tant culturel que spirituel, et a pu bénéficier du soutien de la municipalité comme de la DRAC, nous sommes en effet riches de deux statues: l’originale (elle-même une copie en plâtre du XIXème siècle) a été déposée à l’abri dans l’église, tandis qu’une copie bravera désormais les intempéries du haut de sa niche. Mère juive d’un enfant juif, mère de l’Église, femme vénérée dans l’islam, cœur donné à l’humanité, Myriam veille avec bonté sur nous tous, quelle que soit notre croyance.

Le père Roger a donc procédé à deux bénédictions publiques, l’une dans l’église, pendant la messe, et l’autre dans la rue, à l’issue d’une courte procession.

Voilà Celle qui désormais sera appelée « Notre Dame du Marais » pour montrer qu’elle intercède pour tous les habitants du quartier.













Le temps des discours et des remerciements....






...bénédiction de la statue par le père Roger Tardy



et un bel Ave Maris Stella chanté par
 la Chorale grégorienne Stella Mar@is.


Un grand merci et bravo à tous ceux qui ont travaillé à ce beau succès !
Dominique Th.

samedi, septembre 26, 2015

Qu'as-tu fait de ton frère ? Saint-Denys ouvre ses portes aux réfugiés.



RÉFUGIES : RÉPONDONS PRÉSENTS À L’APPEL DU PAPE.

La paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement s’organise pour participer à l’accueil des réfugiés qui fuient la guerre en Syrie, en Irak, en Erythrée et au Soudan. En liaison avec les associations compétentes et avec le diocèse de Paris, nous constituons un réseau d’amitié et d’hospitalité auquel chacun pourra participer, dans un cadre organisé. La première urgence est de recenser celles et ceux qui ont la possibilité d’accueillir chez eux un ou plusieurs réfugiés pour une période déterminée.

La paroisse fera le lien avec les associations compétentes pour les démarches administratives : droit d’asile, relogement, aide financière, aide médicale. Elle sera aussi une plateforme de rencontre amicale et spirituelle entre familles d’accueil et réfugiés, dans le respect des croyances de chacun. Elle permettra également une entraide en cas de difficulté, voire une rotation de l’accueil, pour alléger la charge de chacun et favoriser les relations des réfugiés, non seulement avec une famille, mais avec notre paroisse tout entière.

Ainsi, la générosité et l’hospitalité de chacun pourront trouver leur pleine efficacité. Vous pouvez laisser vos coordonnées ici, ainsi que les possibilités d’accueil dont vous disposez (ou à défaut vos autres moyens de participation).

Pour toute information, n'hésitez pas à contacter Françoise C.
francoisecazals@yahoo.fr

FORMULAIRE DE VOLONTARIAT :

M / Mme : ..........
Adresse : ...........
E-mail : ...........
Tel : ...........

Je peux accueillir :
-          Un(e) réfugié(e) : 
-          Plusieurs (précisez) : ...........

Chez moi à Paris, ou ailleurs (précisez) : ...........

Pour une durée maximale de :
-          1 mois
-          6 semaines
-          3 mois
-          Plus longtemps (précisez) : ...........

Je ne peux pas accueillir un réfugié, mais je peux apporter une aide financière ou autre (précisez) : ...........


Remarque ou précision supplémentaire : ...........



 

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