Le Petit Cephalophore

lundi, septembre 28, 2015

La rentrée 2015 des séminaristes



Les anciens : "Comment s'est passée cette première année de séminaire à Saint-Denys ?" 


Stéphane : "Cette première année a été assez éprouvante car il a fallu entrer dans le rythme du séminaire et parvenir à tenir en même temps des activités très différentes, qu’elles soient paroissiales, qu’elles concernent notre vie de prière ou notre vie de Maison : service du repas, ménage, cours et travail personnel. Ça m’est tombé dessus d'un coup, après une dernière année en archi plutôt tranquille. En me confiant à Dieu, j’ai pu dépasser ces épreuves et l’année s’est très bien terminée. Dès le deuxième semestre, j’ai appris à cerner les priorités et à être plus détendu…"
Un temps fort sur le plan spirituel ? "Oui, le temps des vacances, en service apostolique et en retraite. Ce fut l’occasion de repenser l’année et de discerner la manière dont le Seigneur avait travaillé en moi : j’ai compris en vérité cet été quel est le chemin sur lequel je m’engage. Je ne pourrai pas y arriver sans Lui, c’est de Lui que je tiens ma force." Et du côté de la vie paroissiale ? "Les paroissiens ont été un soutien continu pendant toute l’année, par leur présence affectueuse. On sent qu’on compte pour eux, et cela nous porte dans les moments difficiles. Ouvrir la porte du 15 [de la rue Saint-Claude] et croiser toujours quelqu'un, se saluer ou discuter, c’est important."
Et cette année qui s’annonce ? "Je l’appréhende avec beaucoup de joie et d’enthousiasme, car je sais ce qui m’attend. Et puis, accueillir les nouveaux, c’est une nouvelle étape, un bel exercice exigeant car c’est un véritable exercice de charité, dans le souci de ce qu’ils découvrent au séminaire. L’enjeu, c’est de poser sur ses frères de séminaire le regard que le Christ a posé sur eux, sans juger de leur place ici. La fraternité, ce n’est pas l’amitié, pas tout à fait."
Un message particulier ? "Je suis très heureux de faire partie des "rescapés" de l’an dernier et de vivre cette deuxième année à Saint-Denys !"
Cette année, Stéphane sera en charge du KT CE2 et de la Prépa JMJ de Cracovie.

Sébastien : "J’étais venu sans a priori parce que je n’avais aucune expérience en paroisse. J’ai découvert l’an dernier le "monde" de l’Église et j’ai été enchanté. Ce fut en particulier une bonne surprise de voir un grand nombre de paroissiens engagés dans un grand nombre d’activités très diverses. J’ai découvert qu’une « paroisse », ce n’est pas seulement la messe dominicale, il y a des choses qui peuvent tourner sans le curé, je trouve cela très beau. Quant au séminaire, cela m’a beaucoup amusé, les premiers mois, de redevenir étudiant [après une vie de chercheur enseignant à l’Université]. Ce fut moins drôle ensuite. Il faut de la dextérité intellectuelle pour appréhender des matières différentes, Philosophie, Théologie (Écriture et Tradition) et on ne voit pas tout de suite les connexions entre elles. Et puis, j’ai souffert de ne pas pouvoir appliquer la méthode de la recherche, que je connais et qui est la même, par manque de connaissances. Finalement, être étudiant, ce n’est pas enviable du tout ! Et en tant qu’étudiant, je me suis permis de faire ce que je déconseillais fermement aux miens, en tant que professeur… Il faut en outre trouver le bon équilibre entre la vie paroissiale et la vie à l’école. Par exemple, quand Nomades a lieu pendant les examens, que faire ? Moitié-moitié ? Du coup, à l’oral, l’ego en prend un coup ! C’est une école d’humilité de se dire : "non, je ne peux pas tout faire". C’est aussi un apprentissage du rôle de prêtre : trouver un équilibre entre les activités, apprendre à renoncer, souvent. Cet été ? oui, il a été très important pour moi. J’ai choisi de retourner à Lisieux, pour faire l’accueil, les visites guidées de la Basilique et le "pèlerinage organisé" : trois heures pour découvrir les différents lieux thérésiens, trois heures de parole. Il faut donc beaucoup lire pour faire entrer les gens dans le cœur de la petite Thérèse. Du coup, on est profondément touché soi-même. L’esprit de sainte Thérèse transforme en termes d’humilité face au monde. On essaie toujours de briller aux yeux des hommes, mais est-ce que la quête de Dieu passe par là ? Non."
L’accueil des nouveaux ? "Je ne me sens pas un rôle particulier. C’est bien d’apprendre à découvrir seul les choses, quitte à se tromper, plutôt que d’avoir un petit maître qui nous dise quoi faire. Mais bien sûr, je reste présent "au cas où" !"
Un message particulier ? "Oui ! Je suis toujours heureux d’être invité par les paroissiens, et pas besoin de mettre les petits plats dans les grands !"
Sébastien sera cette année en charge du KT CM2 et du Ciné Pizza ouvert désormais aux lycéens. 

Les nouveaux : 


Paul G. est notre premier "rentré", présent dans le chœur dès le début septembre (vous le reconnaîtrez à son bouc clair). Il a 38 ans, est l'aîné d'une famille de deux enfants, né à Paris mais francilien. Il part pour Nantes faire des études d'ingénieur (Centrale), ce qui le mène, durant douze ans, à exercer en entreprise le métier de "conseil en gestion de risque". Travaillé par une aspiration à plus de simplicité, d'appauvrissement, de contact concret avec les gens, il quitte l'entreprise pour l'artisanat et exerce son nouveau métier à Paris. Mais ce chemin d'humilité allait le conduire plus loin encore... 
Classiquement, Paul, dans son adolescence, s'était détourné de la foi et de l'Eglise. C'est vers la trentaine qu'il entame un parcours de "recommençant", parcours qui passe par l'oraison (il se sent une spiritualité ignatienne) et un besoin d'engagement paroissial. Il crée donc un groupe de prière avec l'accord de son curé. Puis, "un jour, dit-il j'ai fini par accepter de dire oui" : il entre à la maison Saint-Augustin pour son année propédeutique et le voici aujourd'hui à Saint-Denys.
Il sera en charge cette année du KT à Charles Péguy . "C'est capital de participer à la vie paroissiale: c'est le service de la paroisse qui fait céder les digues". 


Guillaume L. est l’aîné d’une famille de deux enfants : son père est ingénieur, sa mère architecte et son petit frère chiffreur aux Affaires Étrangères. A 37 ans, il est en même temps, en tant que séminariste, "tout neuf et déjà expérimenté." Avant d’entrer au séminaire, en effet, il a été moine durant cinq ans à Saint-Wandrille, chez les Bénédictins, où il a prononcé des vœux simples (obéissance, stabilité, conversion). Il y accueillait régulièrement les groupes, (peut-être a-t-il déjà croisé les enfants du KT de Saint-Denys !) et animait le groupe biblique. C’est là qu’il a été profondément marqué par l’Écriture, devenue "très vivante" pour lui. Avant de choisir la vie consacrée, Guillaume avait "bourlingué": à l’Assemblée nationale, d’abord, au sortir de Sciences Po et d’une école de commerce, puis en Inde où il a enseigné l’anglais, la culture générale et le dessin aux enfants intouchables du Karnataka. Rencontres inoubliables avec les plus pauvres, "leur joie, leur humour, leur grand sens du sacré". En tant que croyant, il est "fasciné par l’hindouisme, son mélange peur et de sacré, son sens de l’hospitalité." L’appel au sacerdoce, il l’a entendu au monastère : l’appel à devenir prêtre dans le monde, l’appel à franchir la clôture de la vie monastique. "Quand j’étais enfant, j’étais chasseur de trésors » dit-il. « Mon trésor, oui, je l’ai trouvé, et je le cherche encore." Cette aventure a commencé à Paris, où, petit, il découvrait la ville avec son grand-père. C’est ainsi que, partant du faubourg Saint-Antoine, il a arpenté les rues du Marais et appris à aimer le quartier. Né la veille de la Saint-Denis (le 8 octobre), il aime déjà notre église et ses paroissiens : "Je suis ravi de rencontrer une paroisse très vivante, très accueillante : j’ai déjà été invité à déjeuner !"
Il sera cette année en charge du KT CM1 et animera le groupe biblique du dimanche matin, ce dont il se réjouit.

Propos recueillis par Dominique Th.


Benoît, 20 ans, Parisien, et aîné d'une fratrie de 8 garçons. C'est à la fin du lycée, puis pendant ses études (prépa littéraire à Louis-le-Grand) qu'il entend l'appel de Dieu. « Je veux transmettre Dieu aux autres à travers les sacrements, et notamment l'expérience de la miséricorde. » Il se sent guidé sur le chemin de la prêtrise par les figures de saint Jean Bosco et saint Josémaria Escrivà, qui ont trouvé leur force missionnaire dans la contemplation, et dans une dévotion toute particulière à Marie, mère du sacerdoce : « Jésus confie Jean à sa mère. Le prêtre est appelé à donner le Christ, et il ne peut le faire que par Marie qui L'a donné à toute l'humanité ». Benoît sera cette année chargé du catéchisme aux CE2, et des séances Ciné-pizza avec les collégiens.

Gabriel, 26 ans, originaire des Yvelines, vient d'une famille non-pratiquante d'origine espagnole de 4 enfants. « Jusqu'à 18 ans, je ne croyais même pas en Dieu. J'avais beaucoup d'amis musulmans qui devenaient de plus en plus religieux, et je ne les comprenais pas, mais du coup je me suis intéressé à l'Islam. C'est comme ça que je me suis mis à chercher Dieu ; j'étais passionné, j'avais soif de Dieu, et j'ai cherché un peu partout. Puis, finalement, après longtemps, j'ai lu les Évangiles. Ça n'a pas été évident tout de suite d'adapter ma vie à l'Évangile, mais j'ai voulu être confirmé. Et quand on a soif de Dieu, on est parfois un peu excessif, on ne sait pas mettre de limite entre suivre Dieu, chercher la sainteté, et devenir prêtre... parce qu'au fond je ne me vois pas faire autre chose dans ma vie que continuer à chercher Dieu. »

Jean, 27 ans, originaire des Yvelines, vient d'une famille franco-américaine de 6 enfants. Après une école de commerce et quelques années comme consultant, pendant lesquelles il ne « faisait pas beaucoup de place à Dieu », il part aux JMJ de Madrid, puis s'engage à la Casa Anuncio à Montmartre, où il vit un engagement missionnaire, et une formation à l'évangélisation joyeuse. « Évangéliser, c'est transmettre quelque chose qu'on ne maîtrise pas totalement. Il faut savoir accueillir les gens, avec leurs blessures, avec ce qui les empêche d'aller vers Dieu, puis leur transmettre Dieu, c'est-à-dire aussi les laisser modeler à leur manière ce qu'ils reçoivent. » Il prend pour modèles saint Dominique, et Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux, qui ont su transmettre la foi de manière incarnée, par leur vie et leur travail. « être prêtre, c'est aussi ne pas avoir peur de bousculer, et savoir mettre les gens en face de la vérité (sans nécessairement passer par la philosophie !). Il faut avoir le zèle du salut des âmes ! »


Propos recueillis par Laetitia C.

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