jeudi, juin 28, 2012
Club
Saint-Denys au Marais
Escapade à MORET-sur-LOING
Mardi 19 juin 2012
Cette année, le rendez-vous est à
9h devant notre belle église pour une escapade à MORET-sur-LOING. Dès 8h50 l'autobus est rempli et nous partons à
l'heure. La traversée de Paris pour atteindre la porte de Bercy n'est pas
facile, le ciel est gris, mais dans la bonne humeur nous atteignions MORET-sur-LOING.
Visite du Musée du Sucre
d'Orge
Il bruine
légèrement, mais en quelques pas nous atteignons le musée où nous sommes
accueillis par le propriétaire. Dans un premier temps, bien installés dans des
chaises confortables, il nous fait l'historique du sucre d'orge et nous livre
(presque) tous les secrets de son élaboration. Ensuite nous regardons une vidéo
qui nous présente les différents stades de sa fabrication. Une dégustation de
ces friandises nous est proposée : elle est très appréciée. C'était peut-être
pour mieux nous mettre l'eau à la bouche avant d'entrer dans la boutique
installée dans la maison du "Bon Saint Jacques", place Royale, où les
produits du terroir ont eu un vif succès.
Eglise Notre Dame
Cette église, datée du début du XIIIème siècle, est souvent considérée comme un élément
majeur du gothique du nord de la Loire. A remarquer l'orgue Renaissance qui est
parmi les plus anciens de France.
En sortant de l'église, quelques rayons de soleil
apparaissent. En continuant notre promenade, au croisement de la rue Grande,
la porte de Bourgogne ouvre une belle perspective vers le pont qui offre une
très belle vue sur la ville.
Revenant en arrière, nous descendons la rue de la
Pêcherie pour arriver à notre restaurant.
Auberge de la Terrasse
Cette marche
nous ayant mis en appétit, c'est avec plaisir que nous prenons place autour de
deux grandes tables. La salle est spacieuse et offre une superbe vue sur les
rives du Loing.
Ambiance et
convivialité sont de la partie
15h : Le café
fini, nous nous dirigeons vers l'autobus direction Saint-Mammès, pays des
mariniers.
Croisière sur le Loing
et la Seine
On comprend en
arrivant à Saint-Mammès pourquoi la ville est surnommée la « Terre des
mariniers ». Le long du quai du deuxième port marinier fluvial de France, après
Conflans-Sainte-Honorine, plus d'une vingtaine de péniches sont amarrées.
Au niveau de
l'ancienne écluse nous attend notre navire le "Renoir".
L'embarquement
effectué, le capitaine nous souhaite la bienvenue et nous commentera tout le
parcours.
Après avoir
largué les amarres, nous naviguons sur
le Loing, en direction de Moret jusqu’à l’entrée du canal du Loing, avant de
faire demi-tour au confluent de l’Orvanne. Nous découvrons les cales de Radoub,
ancien chantier de réparation des péniches, et le capitaine nous conte la vie des mariniers du
début de la batellerie jusqu'à nos jours. Notre périple continue au confluent
de la Seine et du Loing où nous prenons la direction de Champagne-sur-Seine.
Là, nous passons sous l’aqueduc de la Voulzie qui alimente Paris en eau
potable, nous passons une écluse et plus loin, en longeant les rives de
Thomery, le capitaine nous dévoile le lieu-dit « Les Bains du Roi », où les
rois de France et leur cour se baignaient. Nous repartons ensuite vers notre
port d’attache, en refranchissant l'écluse.
En débarquant,
nous regrettons que la croisière n'ait pas duré plus longtemps.
Retour à Saint-Denys
18h : Une
dernière photo du groupe et nous remontons dans l'autocar afin de regagner
Saint-Denys où nous arrivons vers 19h45.
A l'année
prochaine, pour une autre sortie.
En attendant
cette prochaine sortie, vous êtes cordialement invité aux
"Rencontres
d'Amitié"
au 68bis rue
de Turenne
organisées
tous les 2è et 4è vendredi de chaque mois, de 14h30 à
17h.
Prochaines
rencontres : vendredis 7
et 28 septembre.
A bientôt,
Jean-René
B.
Pour suivre l'activité de la
paroisse, regardez régulièrement le blog et allez sur le site paroissial à droite dans les liens à partir du blog.
lundi, juin 25, 2012
Messe d'anniversaire et d'adieux du père Quinson
J'étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m'a appelé,
quand il a prononcé mon nom.
Déchirure et enfantement, douleur et action de grâce, départ et renouveau, tristesse et joie : que d'émotion à Saint-Denys en cette fête de la Saint-Jean-Baptiste ; quelle beauté que ce peuple réuni autour de son pasteur afin de célébrer Dieu et de le louer pour les vingt années de sacerdoce du père Quinson et pour ces neuf années vécues ensemble, dans une fraternité féconde toujours suscitée par la foi exemplaire d'un homme donné tout entier à sa paroisse.
Ces quelques photos seront impuissantes à traduire ce que chacun a vécu dimanche, quelque chose comme un petit coin du Royaume.
A l'issue de la messe d'action de grâce, Laurence, vice-présidente du Conseil paroissial pastoral, a ajouté à l'émotion par ces quelques mots prononcés au nom de tous :
"Je me
fais aujourd’hui le porte-parole du Conseil Pastoral de Saint-Denys du Saint-Sacrement pour m’adresser à notre cher curé et lui dire au nom de tous :
MERCI.
Merci d’avoir,
neuf années durant, été un guide sans pareil pour notre paroisse et notre conseil
pastoral, rebondissant de façon déterminée sur chacune des orientations
pastorales dictées par Monseigneur André Vingt-Trois, et Dieu sait qu’elles
furent nombreuses, prenant à chaque fois des initiatives audacieuses pour les
réaliser, donnant ainsi à la mission pastorale de Saint-Denys un élan novateur
et dynamique dont on ne peut que se féliciter.
Car il
n’est pas en mal d’inspiration, notre curé ! Loin s’en faut, et je ne vous
cache pas que, parfois, au Conseil pastoral, nous courbions le dos en nous
demandant quelle merveilleuse idée avait encore germé dans son esprit. Et
quand il arrivait avec son petit soutire en coin, je vous assure qu’il y avait
tout lieu de s’inquiéter !
Elles
furent nombreuses ses initiatives ! Pour n’en citer que quelques
unes :
Sur le thème de la Mission :
La visite
de Noël aux commerçants du quartier afin de leur apporter un ballotin de
chocolat et une carte de vœux, geste simple d’amitié et de rencontre fraternelle
dans un quartier où nombreux sont les habitants qui passent devant notre église
sans même imaginer qu’il puisse s’agir d’une église !
La
procession des Rameaux depuis le square du Temple jusqu’à Saint-Denys, initiée
depuis quelques années et donnant une visibilité de ce qui se vit à l’intérieur
de notre Eglise.
La
participation depuis 4 ans au WE NOMADES initié par la Mairie du 3ème
arrondissement et dont l’objet est de rapprocher les acteurs culturels du
quartier et de ses habitants. Nouvelle occasion de tendre la main, d’ouvrir nos
portes, de construire une passerelle…
Sur le thème de l’AMITIE et de l’ACCUEIL, si cher au cœur du Père Quinson, ce
fut :
*Une
attention toute particulière portée à tout nouveau venu dans notre paroisse, pour
qu’il se sente accueilli et reconnu dès
sa première visite, ce qui débouche sur cette capacité étonnante à retenir tous
les prénoms de chacun des paroissiens.
*La montée en puissance des JAM qui, bien plus
qu’une histoire financière, demeurent, sans aucun doute, une merveilleuse
occasion de rencontres fraternelles et qui démontrent au fil des ans, que l’AMITIE
n’est pas un vain mot à Saint-Denys.
*Puis tout
récemment, l’instauration des RAM dans le cadre du Thème de la SOLITUDE retenu
cette année par le CP, et qui permet chaque premier dimanche du mois d’accueillir
pour un repas amical tout ceux qui se présentent à notre porte.
Sans
oublier, bien sûr, les innombrables apéritifs proposés sur le parvis de l’église
à l’issue des messes !
Et puis, c’est
aussi un globe trotteur, notre curé,
qui n’hésite pas à emmener ses paroissiens sur des lieux de pèlerinage permettant
de retrouver les racines de notre Foi et d’affermir celle-ci. Cela
conduisit certains d’entre nous à Assise, à Vézelay, à Chartres, en Terre Sainte
et plus récemment, pour nos catéchistes, à ROME. Temps forts pour ceux qui y
participèrent, moments d’enseignement et de communion intenses.
. Enfin, c’est
un communiquant notre curé :
après avoir réédité le guide paroissial en le modernisant, il fut à
l’initiative de notre nouveau journal paroissial, Le petit Céphalophore qui, outre la version papier distribuée dans
l’église, est diffusé en ligne et constitue un outil d’information précieux
pour l’ensemble des paroissiens. Le père Quinson le définît ainsi
« journal au service de l’Amitié, écho de tout ce qui se vit de beau dans
la paroisse ».
Mais au
delà de toutes ces merveilleuses initiatives qui ont jalonné la vie quotidienne
de notre paroisse au cours de ces 9 dernières années, nous tenions à vous
remercier, Père, pour le soutien et le guide
spirituel que vous fûtes auprès de chacun d’entre nous.
Merci
pour ces eucharisties si belles et si recueillies que vous nous avez permis de
vivre dimanche après dimanche. Il y a eu celles particulièrement marquantes,
comme la célébration des 25 ans de la Maison Saint-Denys, celles extrêmement
émouvantes comme celle où fut remis le sacrement des malades à certains d’entre
nous il y a tout juste quelques semaines, et toutes les autres si pures, si
sobres permettant d’aller à l’essentiel de notre FOI et de toucher du doigt ce
qu’est l’Eglise en tant qu’assemblée de chrétiens.
Père, il
n’y a aucun doute, vous nous aurez tous marqués,
par votre
disponibilité inaltérable,
votre
sens aigu du respect et la confiance que vous nous avez témoignée à tous dans
nos rôles de laïcs au sein de l’Eglise,
par votre
écoute attentive qui a toujours rendu nos paroles « libres » lors de
nos débats au sein du conseil pastoral,
par votre
sens de l’humour si agréable à côtoyer.
Ne
changez rien et que l’Esprit Saint vous accompagne dans la nouvelle mission qui
vous est confiée."
dimanche, juin 17, 2012
Saint-Denys soutient Saint-Marcel
Notre paroisse a pour la première fois participé à une
opération de solidarité entre paroisses parisiennes, une « opération
Barnabé », pour soutenir la paroisse Saint-Marcel dans le XIIIème
arrondissement. Ce dispositif de plus en plus nécessaire a été mis en place depuis
quelques années par le diocèse de Paris pour organiser la solidarité entre
paroisses au profit des paroisses qui rencontrent des difficultés financières.


Le père Franck Souron, curé de Saint-Marcel, exprime à notre paroisse sa gratitude pour cette action de solidarité.
Site paroissial http://www.paris.catholique.fr/-Saint-Marcel-
Histoire de la paroisse Saint-Marcel http://paroisse.saintmarcel.free.fr/histoire06.htm
dimanche, juin 10, 2012
Confirmations 2012
Nage à contre-courant pour t'abreuver à la source de l'Esprit !
Aujourd'hui, à Saint-Denys, vingt-neuf enfants ont reçu le sacrement de Confirmation des mains de Monseigneur Renauld de Dinnechin, en présence de leurs parrains et marraines, parents, familles, amis et co-paroissiens qui, tous, s'étaient rassemblés pour prier leur Père dans l'Esprit.
Que les dons de l'Esprit, choisis par ces nouveaux confirmés ce matin, les portent chaque jour de leur vie et les engagent à être chaque jour davantage de fidèles témoins du Christ, "grand prêtre du bonheur qui vient"..
dimanche, juin 03, 2012
Le dernier éditorial du père Quinson. Juin 2012.
Pendant tout le temps pascal, la liturgie nous a donné à méditer l’Evangile selon saint Jean, en particulier de nombreux passages tirés du discours après la Cène. Le lectionnaire introduisait ces passages par une phrase qu’en fait on ne trouve qu’une seule fois dans l’Evangile de Jean, au chapitre 13, verset 1 : « au moment de passer de ce monde à son Père ». Cette phrase nous fait entrer dans le mouvement qui conduit le Christ de sa passion, sa mort, sa résurrection, jusqu’à son entrée dans la gloire du Père. Cette phrase nous éclaire sur ce que le Christ vit à travers toutes ces étapes : un passage vers son Père.
« Il faut que le monde sache que j’aime le Père » dit Jésus (Jean 14, 31). Cet amour est réel. Nous avons du mal à le réaliser. Cet amour nous dépasse, nous semble insaisissable au sens où il n’est pas immédiatement sensible pour nous. D’une certaine manière, cet amour nous paraît peut-être tellement le propre de la relation de Jésus avec son Père qu’il nous est extérieur, presque étranger. Mais précisément, par son incarnation, le Verbe de Dieu veut nous rejoindre dans notre humanité pour nous inviter à entrer dans cette relation d’amour. Le Christ s’est fait frère de tous, pour qu’avec lui nous devenions enfant du même Père. Il le dira à Marie-Madeleine au matin de Pâques : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17). La relation exclusive du Fils avec le Père devient par l’incarnation - par grâce - une relation ouverte à tous.
C’est donc par l’humanité concrète de Jésus que nous avons part à cette nouvelle intimité avec Dieu. Plus précisément, cela veut dire que c’est par son corps et par le nôtre que cette nouveauté advient. Comment imaginer dès lors que ce que les contemporains de Jésus ont pu « goûter », à son contact, du mystère de Dieu et de cette nouvelle intimité avec lui, n’ait été qu’une parenthèse, c’est-à-dire finalement une imposture ? Cette nouvelle relation avec Dieu, vécue dans la rencontre avec Jésus, n’est pas une réalité provisoire. Elle est la vérité la plus profonde de notre vocation : partager la vie de Dieu, dans l’amour. Notre résurrection en sera la manifestation ultime. Celle de Jésus en est le gage.
En vérité, Il est ressuscité !
Caravage, Le Souper à Emmaüs, 1601.
La résurrection selon saint Paul
La
bibliste Roselyne Dupont-Roc, professeur émérite à l’Institut catholique de
Paris, a accepté de répondre aux questions du Petit Céphalophore.
Cette spécialiste de saint Paul nous explique comment l’apôtre mettait en mots
l’indicible.
La croyance en la résurrection est-elle centrale dans la théologie de
saint Paul ?
Roselyne Dupont-Roc : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide est notre proclamation, et vide aussi votre foi ». Ainsi Paul refonde-t-il la foi vacillante et inquiète des Corinthiens (1 Co 15, 14). Il proclame alors la résurrection du Christ comme l’événement fondateur qui a interrompu le cours de l’histoire et l’a fait basculer. A un passé de mort, il oppose le surgissement d’une vie nouvelle, à l’horizon bouché par le péché il oppose l’espérance d’un avenir qui conduit à Dieu. Pour Paul, saisi par le Christ, la résurrection a tout changé : « si quelqu’un appartient au Christ, il est création nouvelle ».
Roselyne Dupont-Roc : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide est notre proclamation, et vide aussi votre foi ». Ainsi Paul refonde-t-il la foi vacillante et inquiète des Corinthiens (1 Co 15, 14). Il proclame alors la résurrection du Christ comme l’événement fondateur qui a interrompu le cours de l’histoire et l’a fait basculer. A un passé de mort, il oppose le surgissement d’une vie nouvelle, à l’horizon bouché par le péché il oppose l’espérance d’un avenir qui conduit à Dieu. Pour Paul, saisi par le Christ, la résurrection a tout changé : « si quelqu’un appartient au Christ, il est création nouvelle ».
Comment cette vision s'articule-t-elle avec sa foi juive ?
R. D.-R. : La foi de
Paul s’appuie sur la foi juive pharisienne et se dit par rapport à elle, dans
un langage que déjà l’Ecriture avait forgé. Depuis deux siècles, les juifs
pieux professaient l’espérance en une résurrection générale à la fin des temps
en vue d’un jugement et d’une vie auprès de Dieu (Dn 12,1-3 ; Es 26,19).
Mais alors que ces pharisiens la situaient dans une fin lointaine de
l’histoire, la foi chrétienne déclare que la résurrection a déjà eu lieu, que
déjà, dans le Christ, Dieu a vaincu les forces de la mort : « Mort, où est ton aiguillon ? Où
est-elle, ô mort, ta victoire ? ». Adaptant les scénarios de fin
des temps des courants apocalyptiques, Paul voit la création nouvelle monter
tandis que l’ancienne disparaît : « le monde ancien s’en est allé, voici toutes choses sont nouvelles ».
Telle est l’incroyable affirmation qui jaillit de la rencontre avec le
Ressuscité : la mort et le mal sont vaincues, Dieu fait toutes choses
nouvelles !
Pourtant Paul sait bien que le
monde nouveau n’est pas encore visible : les forces du mal sont vaincues
mais elles n’en finissent pas de disparaître, il reste encore à tout soumettre
à Dieu. Dès lors nous avons à vivre une sorte de « tuilage » des
temps, où la vie nouvelle doit sans cesse affronter les derniers soubresauts du
mal. « Le temps, écrit Paul, est raccourci », nous vivons les
derniers temps, ce temps qui reste à vivre et qui est notre temps, le temps de
la mission, le temps de l’Eglise.
Quelles sont les images ou procédés littéraires que Paul utilise pour
faire comprendre cette réalité ?
R. D.-R. : Comment
parler alors de la résurrection, déjà à l’oeuvre en nous et autour de nous, et
pourtant pas encore réalisée au point que parfois rien ne semble avoir
changé ? Les premiers témoins ont adopté le langage pharisien d’un
« réveil » ou d’un « relèvement » du Christ, prélude à
notre propre relèvement. Vingt temps après l’événement, Paul utilise les
formulations déjà traditionnelles : « Dieu
l’a réveillé des morts » ! Mais Paul forge aussi ses propres
expressions pour mieux faire comprendre l’indicible. Il lui faut articuler la
résurrection comme rupture et comme continuité ; aussi parle-t-il souvent
en termes de transformation/transfiguration, en grec
« métamorphose ». Car la résurrection, qui troue l’histoire, est
aussi pour chaque croyant un lent chemin de transformation qui accompagne et
sculpte toute son existence : « si
notre homme extérieur est en train de se corrompre, notre homme intérieur se
renouvelle de jour en jour » (2 Co 4, 16). Tandis que l’usure des
jours défait nos forces et nos visages, la puissance de la résurrection à
l’oeuvre en nous transfigure notre corps de chair pour le conformer au corps
glorieux du Christ.
Sa conception de la résurrection nécessite-t-elle une recontextualisation
aujourd'hui ?
R. D.-R. : Notre
résurrection passe par cette configuration quotidienne à Jésus le Christ.
Peut-être est-ce en ces termes que l’on pourrait au mieux dire aujourd’hui la
foi en la résurrection : une transformation progressive de nos êtres de
chair par conformation au Christ serviteur ; une métamorphose menée par
l’esprit du Christ dans chacune de nos vies !
Propos recueillis par Sylvie H.
Témoignages sur la croyance en la résurrection des morts
La résurrection,
c’est l’accomplissement du projet de Dieu sur nous
c’est l’accomplissement du projet de Dieu sur nous
Pierre (propos recueillis par Katarina)
La résurrection, ce n’est pas quelque chose, c’est Quelqu’un
Penser à la résurrection des morts projette nécessairement en dehors de la pensée. Quand on ne peut plus penser, on tente alors d’imaginer... ce qu’évidemment il ne faut pas faire ! Dès lors, on ne peut que se situer dans l’ordre de la conviction, au sens étymologique du terme, à la fois « cheminer » et « vaincre ».
Résurrection des morts : une telle alliance de mots, c’est une aporie, une impasse pour la raison. Le seul mode de contournement de cet incompréhensible, c’est l’analogie : on se situe à la périphérie, on tourne autour. On va alors quitter cette idée qu’il puisse s’agir de quelque chose. Pour moi, la résurrection des morts, c’est Quelqu’un plutôt que quelque chose. Ce Quelqu’un nous est montré par le récit évangélique. Le Ressuscité nous est relaté comme un autre mode d’occupation du corps, un autre mode d’ambulation, d’apparition. Mais paradoxalement, ce corps convoque nos cinq sens : nous le touchons, nous l’entendons, nous lui parlons, nous mangeons avec lui. Ce corps glorieux est encore charnel et pourtant, sa manière d’être dans le monde est totalement autre. Est-ce son état définitif ou une préfiguration ? La question qui se pose à nous est de savoir s’il va nous arriver la même chose. Paradoxalement, on a une idée de « l’après », mais pas du passage lui-même de la mort à la résurrection. Personne n’a vu le surgissement du Seigneur. Nous sommes renvoyés au tombeau vide. On songe aussi à la prophétie d’Ezéchiel sur les ossements desséchés que Dieu emplit de l’esprit pour les rendre à la vie (Ez. 37, 5). Est-ce pour moi une Espérance ? Oui et non. Oui au sens où comme le disait Pascal, entre deux "incompréhensibles" : la vie (pourquoi et d'où suis-je né ?) et la mort (pourquoi et pour où dois-je mourir ?), nous devons arbitrer pour le plus honnête intellectuellement, donc pour la vie. Et non, parce que la résurrection des morts est la figure parfaite de la connaissance, c'est à dire la co-naissance dans l'espérance et l'approche de laquelle nous devons déjà nous situer, et vivre, et répondre "doucement", comme le demandait saint Pierre, à l'exemple duquel nous serons un jour emmenés "là où nous ne (voulions) pas aller".
Hubert (propos recueillis par Dominique Th.)
La résurrection, c’est surtout un espoir
La foi en la résurrection ne me semble pas si simple. Je
peux dire en toute sincérité que « j’attends la résurrection des morts, et la vie
du monde à venir » (symbole de Nicée), mais je ne saurais pas dire avec
autant d’assurance « je crois à
la résurrection de la chair ». Pour moi, la résurrection désigne surtout
un espoir ; je ne sais pas si je peux dire pour autant que je crois à la résurrection !
Bizarrement, il me semble que la résurrection du Christ
n’est pas le plus difficile à croire. Jésus est le Fils de Dieu ; et dès
lors qu’on croit en un Dieu transcendant, on peut tout à fait accepter qu’il
est capable de dépasser nos limites mortelles. C’est même précisément ce que
l’on croit.
En revanche, il me semble impossible, devant un homme
mort, de nier la réalité de sa mort au nom de la résurrection à venir. Ce n’est
pas que je croie à l’annihilation pure et simple de l’être humain à sa mort. Je
ne crois pas qu’un être humain ait été créé pour vivre 100 ans sur Terre puis
disparaître à jamais. Mais il m’est impossible d’en dire plus que cela. Qu’un
homme vive mystérieusement, « auprès de Dieu », après sa mort, c’est
sans doute vrai, mais je n’ai aucune idée de ce que cela peut vouloir dire – ce
n’est sans doute rien que l’on
puisse s’imaginer...
La résurrection des morts n’est pas une chose entendue,
cela ne signifie vraiment pas « oui, telle personne est morte, mais on
s’en fiche parce qu’elle n’est pas vraiment morte, parce qu’on croit à la
résurrection » ! Non, on ne s’en fiche pas de la mort, sinon la résurrection
ne serait pas une victoire. Le phénomène de la mort est un choc. Intégrer le
fait que quelqu’un était vivant et ne l’est plus n’a rien d’évident ; on
ne comprend déjà pas bien la mort, alors rien d’étonnant à ce qu’on ne
comprenne pas mieux la résurrection…
Laetitia
Charles David A.
« Ce que me dit mon rabbin, c’est que cette
réincarnation est là pour réparer l’âme si elle n’a pas accompli ce qu’elle
doit accomplir ». Quelle n’est pas ma surprise lorsque, interrogeant
mon ami Charles pour comprendre comment un juif pratiquant aborde la question
de la résurrection des morts, je l’entends me parler en premier lieu de
réincarnation, cette croyance en la transmigration des âmes que je croyais
réservée de nos jours à l’hindouisme ou au bouddhisme ! Au-delà de quelques
interprétations de l’historien juif romain Flavius Josèphe qui pourraient
conduire à penser que cette croyance était plus ou moins présente chez
les Pharisiens et les Esséniens, c’est surtout dans la mystique juive de la
Kabbale que vers le XIIIème siècle elle
se développe. « L’éternité de l’âme, la récompense et le châtiment
divins, la future résurrection des morts sont autant d’éléments fondamentaux de
la pensée juive » m’explique Charles. Mais alors qu’en est-il de la
résurrection des morts ? Pour Charles elle est « lointaine,
finalement peu présente, notamment dans les propos des rabbins. En effet elle
n’interviendra qu’à la fin des temps, ‘Pour toi, va, prends ton repos ;
et tu te lèveras pour ta part à la fin des jours’ (Daniel 12.13). »
Les morts ressuscitent à la venue du Messie lorsqu’il
entrera dans Jérusalem par la Porte dorée.
Mais finalement notre entretien s’achève sur l’évocation
de la fête de Tisha Beav, qui commémore la destruction du premier et du second
Temple de Jérusalem, le « jeûne noir » marqué par les coutumes
du deuil et la lecture du Livre des Lamentations. Plus encore que la
résurrection ou la réincarnation c’est la présence des disparus que Charles souligne en évoquant « la réunion familiale durant laquelle chaque
année plusieurs dizaines de membres de la famille se retrouvent » pour
perpétuer la mémoire de son père, jusqu’à écrire des rouleaux de Sefer (Torah)
pour lui rendre hommage et ainsi retrouver sa présence.
Propos recueillis par Philippe Th.
Questions-réponses sur la résurrection des corps
La résurrection des morts ? Comment l’imaginer ? Est-ce la chair véritable qui ressuscite ou l’âme, ou encore l’être psychologique ?
C’est pour quand ?
Est-ce qu’on ressuscite au fur et à mesure, et qu’est-ce qu’on fait en attendant ?
Moi, c’est le « corps glorieux » qui me turlupine, son odeur et sa saveur…
Ne faudrait-il pas rester dans le Mystère plutôt que de se poser des questions ? N’est-ce pas une nécessité de rester dans le mystère ?
Au fait, pourquoi la pierre était-elle roulée ?
Qu’est-ce qu’on mangera au Ciel ?
Quelle différence entre la revivification et la résurrection ?
Retrouvera-t-on tous ceux qu'on aime ?
Et les autres … ?
Comment le Christ s'y prendra-t-il pour nous transmettre sa force afin que nous ressuscitions ?
Ne ferons-nous plus qu'un avec le Christ ou garderons-nous nos individualités ?
C’est ce qui m’aide à vivre face à l’amoncellement des difficultés, mais n’est-ce pas la politique de l’autruche ?
« Notre » résurrection ?... Je ne crois pas à la résurrection de nos corps.
Ce laps de temps entre notre mort et la fin des temps, ça me pose question.
Plutôt que le corps n’est-ce pas notre capacité d’amour, purifiée et débarrassée de tout ce qui nous a alourdis, qui sera ressuscitée ?
C’est ma question fondamentale, j’ai des moments de doute. Je cherche sans arrêt.
Que se passe-t-il après la mort ? La résurrection, j'y crois à peine. Celle du Christ oui, mais la mienne...
Le Christ accueille-t-il aussi les incroyants ?
L'Eglise nous donne quelques réponses :
Le corps :
Les évangiles attestent que le Ressuscité n’est pas un pur esprit : il a un vrai corps que l’on peut voir et toucher (cf. Lc 24,36-43). Pour autant il n’est pas revenu à la vie « ordinaire » d’avant la Pâque car il est glorifié à la droite de Dieu. Il en sera de même pour nous. Le IV° concile du Latran (1215) dit que « tous ressusciteront avec leur propre corps, qu’ils ont maintenant » mais le corps des bienheureux sera aussi glorifié, parfaitement expressif de l’amour, du don de soi à Dieu et aux autres. L’amour, qui est la seule mesure de la gloire, n’est jamais désincarné.
Réfléchir ou croire ?
La foi n’est pas le résultat d’une spéculation abstraite mais elle dépend du témoignage des Apôtres qui ont vu le Ressuscité. Pour autant la foi n’est pas irrationnelle. Elle mobilise la raison et la pousse à ne pas se limiter au champ des évidences sensibles, utiles, manipulables. La Modernité a certes combattu la foi en réduisant le rationnel à l’objectivité scientifique mais il s’agit d’une erreur de perspective. Car les vérités dont l’homme vit, celles qui concernent le langage, l’histoire, la liberté et l’amour, sont déjà au-delà de l’objectivité scientifique. La foi ne fait que poursuivre ce dynamisme jusqu’à Dieu et son action dans le monde.
« Au fait, pourquoi la pierre était-elle roulée ? »
En soi, le tombeau vide ne prouve pas la Résurrection puisqu’on pourrait toujours dire que les disciples ont volé le corps de Jésus (cf. Mt 28,12-15). Si les évangiles mentionnent ce point, c’est qu’il correspond au témoignage apostolique et sans doute aussi à une donnée liturgique de l’Église primitive. D’après certains savants, la communauté de Jérusalem se rendait en pèlerinage au Sépulcre, le matin de Pâque, pour une prière spéciale où on lisait l’évangile de la découverte du tombeau vide. Le lieu précis est resté dans la mémoire chrétienne, ce qui a permis bien plus tard de construire la Basilique de l’Anastasis (Saint-Sépulcre).
Le temps :
C’est pour tout de suite ! « Vous êtes ressuscités avec le Christ » nous dit saint Paul (Col 3,1) ! Cette vie nouvelle nous est donnée par le baptême et nourrie par l’eucharistie. Mais saint Paul le précise : cette vie est « cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3). Nous y accédons dans la foi.
Après notre mort nous ne serons plus dans la foi mais dans « la claire vision » (2 Co 5,7) c’est-à-dire avec Dieu « qui est, qui était et qui vient » (Ap 1,8). Il n’y aura plus de temps et donc pas « d’attente » entre notre mort et ce que nous appelons « la fin des temps » mais une vie tellement intense que nous ne verrons plus le temps passer !
Comment ?
Lazare a été « revivifié » puis a connu la mort ; nous espérons « ressusciter » pour vivre éternellement. Et parce que « l’homme est la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même » (Vatican II, GS 24) cette vie sera personnelle. Notre individualité sera respectée, nous ne serons pas comme des glaçons fondant dans l’immensité de l’océan.
Aux baptisés, cette puissance de résurrection est communiquée dès maintenant par la foi et par les sacrements. Aux autres, puisque le « Christ est mort pour tous » (Rm 8,32), la possibilité d’être associés à sa résurrection sera offerte « d’une façon que Dieu connaît » (GS 22).
Vie éternelle et vie présente :
Que l’Espérance de la résurrection nous aide à affronter les épreuves de la vie signifie au contraire qu’elle n’est pas une fuite mais bien au contraire une force spirituelle que Dieu nous donne. L’Espérance d’avoir part un jour à la vie bienheureuse avec le Christ ressuscité fonde la véritable dignité de toute vie humaine et nous donne des motifs supplémentaires pour agir - dès maintenant – en faveur de toute personne humaine, de sa conception à sa mort.
Résurrection du Christ et la nôtre ?
« S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité » ! (1 Co 15,13). Si nous ne croyons pas que chacun de nous ressuscitera, nous dit saint Paul, alors nous ne pouvons pas croire non plus en la résurrection de Jésus. Il y a un fondement anthropologique universel à la résurrection : ce que Dieu veut faire pour tous, la résurrection de Jésus en est le signe.
Et il continue : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi » (1 Co 15,17). Les apôtres l’ont vu, ils ont mangé et bu avec lui, ils lui ont parlé et Thomas a pu toucher ses plaies… Leur témoignage est digne de foi.
La résurrection pour tous ?
L’Église croit que la Résurrection concerne tous les êtres humains car il y va de la cohérence entre la Création et la Rédemption. Tous les fils d’Adam ont un corps, tous verront leur vocation s’accomplir par la Résurrection, qu’ils soient chrétiens ou non. Cependant Dieu ne joue pas avec notre liberté. Celui qui, délibérément, refuse l’amour de Dieu ne ressuscitera pas pour la béatitude éternelle mais pour sa condamnation : c’est ce que l’Église appelle le jugement dernier ou jugement général. Ceci ne doit pas nous inquiéter mais nous inviter à espérer et prier Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4).
Pères Quinson er Urfels
Illustration : Caravage, L'incrédulité de saint Thomas, 1601-02.
Illustration : Caravage, L'incrédulité de saint Thomas, 1601-02.
L'Espérance, vertu théologale
L'Espérance est née de la Sagesse quand l'homme a quitté le Jardin d'Eden. Depuis cet instant jusqu'à la fin de notre histoire, elle reste pour nous une compagne infatigable. Par l'Espérance, nous sommes à l'écoute de Dieu et elle nous pousse à redire ce que nous avons entendu. Elle participe ainsi à notre manière de transmettre la Parole et d’acquérir la vraie connaissance. Chaque fois que l'Ecriture nous dit : "Ecoute!", c'est l'Espérance en nous qui est touchée. Dès que notre disposition intérieure le permet, elle se hâte de nous montrer la Lumière divine qui nous éclaire. A la relecture des chemins parcourus nous pouvons alors voir notre vie déjà transfigurée. "Tu te rappelles ?", nous aime-t-elle dire au fond de nous-mêmes. Elle nous incite à chercher et à persévérer. Aussi son allégorie nous montre un bouquet de fleurs, promesses de fruits de nos labeurs. A tout moment de découragement et de doute, au cœur de nos détours et de nos errements elle vient quêter notre attention pour nous ramener à l'Alliance. Rappelant à l'homme la Promesse qui le concerne, elle le tourne vers la Terre Promise. Cette mission est figurée par le deuxième attribut de sa représentation allégorique, l'ancre. Par elle nous sommes en effet ancrés en Dieu (Epître aux Hébreux 6, 19). Qui a su espérer davantage que la Vierge Marie, appelée aussi Trône de Sagesse et Mère de l'Espérance ? Par l'Espérance, modèle de servante, c'est la Sagesse de Dieu qui nous assiste et nous attire. Aussi est-ce le Christ lui-même qui est sa source et sa plénitude. En effet, au terme de sa mission, quand l'homme sera enfin arrivé au but de son chemin, elle passera avec lui la porte de la Sagesse. Réjouissons-nous de cette sainte compagne. Elle est celle qui nous aidera jusqu'au bout. Seul notre refus d'écoute peut nous séparer d’elle ; il est bon d’en faire notre amie privilégiée, pour qu'elle devienne notre force vitale et que nous puissions témoigner d'elle en affirmant : Dum spiro spero.
Katarina K.
Qu'est-ce qui se trame aux RAM ?
Suzanne, 72 ans, est une habituée du Club du quai d’Anjou, animé par la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. Elle y retrouve des amies, tous les samedis midis, pour partager un repas. L’une d’elles, paroissienne à Saint-Denys, lui parle un jour des RAM (repas paroissial du Marais), en l’invitant à venir. Ce déjeuner qui a lieu, depuis février dernier, dans les salles paroissiales le 1er dimanche de chaque mois, la tente... Surmontant sa timidité, Suzanne décide de venir une fois, puis deux. Elle explique pourquoi : « Je trouve cela super. Je suis contente de voir du monde plutôt que de manger toute seule dans mon petit coin. Il y a beaucoup de convivialité ». Suzanne, qui habite rue des Francs-Bourgeois et a passé une grande partie de sa vie dans le Marais, connaît beaucoup de monde dans le quartier mais reconnaît souffrir de solitude. Dans la journée, elle a mille activités (cours de gym douce, relaxation, anglais, bridge, échec…), mais le soir, elle « se retrouve entre quatre murs ». Suzanne n’est pas croyante, bien que baptisée, mais elle précise : « J’ai ma religion à moi : quand je peux aider quelqu’un, je le fais. » Celle-ci n’épargne pas sa peine, en effet, pour rendre service à tous ceux qui croisent sa route. Ce qu’elle apprécie le plus à Saint-Denys, ainsi que son amie Geneviève qui est venue du XVIIIème arr. pour ce déjeuner du 6 mai ? « La gentillesse des gens qui nous accueillent ». « On a tous besoin de chaleur humaine ! », conclut dans un sourire ce petit bout de femme au regard pétillant.
Propos recueillis par Sylvie H.
La résurrection... en chiffres !
On fait dire aux sondages
ce qu’on veut : c’est mon tour. Quelques chiffres d’abord : 1 Français sur 2
croit à « quelque chose après la mort. » Chez les catholiques
baptisés, 60 % y croient et parmi les pratiquants 81 %. Nous voilà donc majoritairement
partis pour l’au-delà avec un bel optimisme. Mais qu’espérons-nous y trouver ?
1 Français sur 3 n’en sait rien, ce qui est le cas d’1 catholique pratiquant
occasionnel sur 2 et d’1 catholique pratiquant régulier sur 3... Parmi ces
fidèles de la messe dominicale, 57 % seulement croient à « la résurrection
des corps auprès de Dieu », contre 10% pour l’ensemble des Français
et 13 % pour l’ensemble des catholiques. « J’attends la
résurrection des morts et la vie du monde à venir ; je crois à la
résurrection de la chair », professons-nous pourtant le dimanche. D’où
vient le doute ? D’abord, on ne « voit » pas bien comment Dieu
pourrait « s’y prendre »… Mais comment Dieu s’y est-il
« pris » pour créer la vie ? Ensuite,
on ne voit pas bien « l’intérêt » du corps : il nous a causé bien du
tracas, il a connu la mort, on ne va pas encore s’encombrer de ce corps pour
l’éternité ? Ah, la liberté d’un pur esprit, quelle aisance dans le mouvement !
C’est pourquoi seulement 14 % des Français « souhaitent une résurrection
des corps auprès de Dieu »… Mais pourtant, ce visage, c’est le mien ; ce
corps, c’est moi ! Si Dieu l’abandonne à la mort, c’est donc que Dieu
ne l’aime pas, que Dieu ne m’aime qu’à « moitié » ? N’a-t-Il pas
de tendresse pour ce corps qu’Il a créé ? Pour ce corps humain qui est aussi
celui de son Fils ? Pour cette chair nourrie par
le corps et le sang du Christ ? Pour ce corps temple de
l’Esprit ? Jésus est ressuscité avec son corps : il a montré ses plaies à ses
apôtres, ils l’ont touché… Jésus restera-t-il donc pour l’éternité le seul
corps humain ressuscité ? Avec quels yeux le verrai-je, avec quelle bouche lui
baiserai-je les pieds ? Je veux plonger tout entière dans la résurrection du
Christ, je veux corps et âme participer à sa Gloire ! Je veux un corps car
j’espère bien le boire, ce fameux « vin » du Royaume ! Il n’est pas
de plus belle promesse que la résurrection des corps à la suite du Christ, il
n’est rien qui puisse être pensé de plus beau, rien qui puisse surpasser cette
manifestation d’amour scellée dans l’Incarnation, la Croix et le matin de
Pâques. C’est trop grand, trop fort, trop fou ? Alors, c’est bien de Dieu ! A
tous ceux qui n’espèrent rien, pire, aux 32 % des Français si désespérés qu’ils
souhaitent qu’il n’y ait rien après la mort que la mort éternelle, il
nous faut hurler cette bonne nouvelle : la Gloire de Dieu c’est l’homme vivant,
l’homme tout entier !
Dominique Th.
* D’après un sondage TNS Sofres / Logica publié par Le Pèlerin en 2009 et consultable en ligne :