Le Petit Cephalophore

dimanche, juin 03, 2012

Le dernier éditorial du père Quinson. Juin 2012.


Pendant tout le temps pascal, la liturgie nous a donné à méditer l’Evangile selon saint Jean, en particulier de nombreux passages tirés du discours après la Cène. Le lectionnaire introduisait ces passages par une phrase qu’en fait on ne trouve qu’une seule fois dans l’Evangile de Jean, au chapitre 13, verset 1 : « au moment de passer de ce monde à son Père ». Cette phrase nous fait entrer dans le mouvement qui conduit le Christ de sa passion, sa mort, sa résurrection, jusqu’à son entrée dans la gloire du Père. Cette phrase nous éclaire sur ce que le Christ vit à travers toutes ces étapes : un passage vers son Père.

 « Il faut que le monde sache que j’aime le Père » dit Jésus (Jean 14, 31). Cet amour est réel. Nous avons du mal à le réaliser. Cet amour nous dépasse, nous semble insaisissable au sens où il n’est pas immédiatement sensible pour nous. D’une certaine manière, cet amour nous paraît peut-être tellement le propre de la relation de Jésus avec son Père qu’il nous est extérieur, presque étranger. Mais précisément, par son incarnation, le Verbe de Dieu veut nous rejoindre dans notre humanité pour nous inviter à entrer dans cette relation d’amour. Le Christ s’est fait frère de tous, pour qu’avec lui nous devenions enfant du même Père. Il le dira à Marie-Madeleine au matin de Pâques : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17). La relation exclusive du Fils avec le Père devient par l’incarnation - par grâce - une relation ouverte à tous.

C’est donc par l’humanité concrète de Jésus que nous avons part à cette nouvelle intimité avec Dieu. Plus précisément, cela veut dire que c’est par son corps et par le nôtre que cette nouveauté advient. Comment imaginer dès lors que ce que les contemporains de Jésus ont pu « goûter », à son contact, du mystère de Dieu et de cette nouvelle intimité avec lui, n’ait été qu’une parenthèse, c’est-à-dire finalement une imposture ? Cette nouvelle relation avec Dieu, vécue dans la rencontre avec Jésus, n’est pas une réalité provisoire. Elle est la vérité la plus profonde de notre vocation : partager la vie de Dieu, dans l’amour. Notre résurrection en sera la manifestation ultime. Celle de Jésus en est le gage.

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