Le Petit Cephalophore

dimanche, juin 03, 2012

Questions-réponses sur la résurrection des corps



Le Petit Céphalophore a interrogé les paroissiens sur leurs interrogations :  

La résurrection des morts ? Comment l’imaginer ? Est-ce la chair véritable qui ressuscite ou l’âme, ou encore l’être psychologique ?
C’est pour quand ?
Est-ce qu’on ressuscite au fur et à mesure, et qu’est-ce qu’on fait en attendant ?
Moi, c’est le « corps glorieux » qui me turlupine, son odeur et sa saveur…
Ne faudrait-il pas rester dans le Mystère plutôt que de se poser des questions ? N’est-ce pas une nécessité de rester dans le mystère ?
Au fait, pourquoi la pierre était-elle roulée ?
Qu’est-ce qu’on mangera au Ciel ?
Quelle différence entre la revivification et la résurrection ?
Retrouvera-t-on tous ceux qu'on aime ?
Et les autres … ?
Comment le Christ s'y prendra-t-il pour nous transmettre sa force afin que nous ressuscitions ?
Ne ferons-nous plus qu'un avec le Christ ou garderons-nous nos individualités ?
C’est ce qui m’aide à vivre face à l’amoncellement des difficultés, mais n’est-ce pas la politique de l’autruche ?
« Notre » résurrection ?... Je ne crois pas à la résurrection de nos corps.
Ce laps de temps entre notre mort et la fin des temps, ça me pose question.
Plutôt que le corps n’est-ce pas notre capacité d’amour, purifiée et débarrassée de tout ce qui nous a alourdis, qui sera ressuscitée ?
C’est ma question fondamentale, j’ai des moments de doute. Je cherche sans arrêt.
Que se passe-t-il après la mort ? La résurrection, j'y crois à peine. Celle du Christ oui, mais la mienne...
Le Christ accueille-t-il aussi les incroyants ?


L'Eglise nous donne quelques réponses :

Le corps :

Les évangiles attestent que le Ressuscité n’est pas un pur esprit : il a un vrai corps que l’on peut voir et toucher (cf. Lc 24,36-43). Pour autant il n’est pas revenu à la vie « ordinaire » d’avant la Pâque car il est glorifié à la droite de Dieu. Il en sera de même pour nous. Le IV° concile du Latran (1215) dit que « tous ressusciteront avec leur propre corps, qu’ils ont maintenant » mais le corps des bienheureux sera aussi glorifié, parfaitement expressif de l’amour, du don de soi à Dieu et aux autres. L’amour, qui est la seule mesure de la gloire, n’est jamais désincarné.

Réfléchir ou croire ?
La foi n’est pas le résultat d’une spéculation abstraite mais elle dépend du témoignage des Apôtres qui ont vu le Ressuscité. Pour autant la foi n’est pas irrationnelle. Elle mobilise la raison et la pousse à ne pas se limiter au champ des évidences sensibles, utiles, manipulables. La Modernité a certes combattu la foi en réduisant le rationnel à l’objectivité scientifique mais il s’agit d’une erreur de perspective. Car les vérités dont l’homme vit, celles qui concernent le langage, l’histoire, la liberté et l’amour, sont déjà au-delà de l’objectivité scientifique. La foi ne fait que poursuivre ce dynamisme jusqu’à Dieu et son action dans le monde.

« Au fait, pourquoi la pierre était-elle roulée ? »
En soi, le tombeau vide ne prouve pas la Résurrection puisqu’on pourrait toujours dire que les disciples ont volé le corps de Jésus (cf. Mt 28,12-15). Si les évangiles mentionnent ce point, c’est qu’il correspond au témoignage apostolique et sans doute aussi à une donnée liturgique de l’Église primitive. D’après certains savants, la communauté de Jérusalem se rendait en pèlerinage au Sépulcre, le matin de Pâque, pour une prière spéciale où on lisait l’évangile de la découverte du tombeau vide. Le lieu précis est resté dans la mémoire chrétienne, ce qui a permis bien plus tard de construire la Basilique de l’Anastasis (Saint-Sépulcre).

Le temps :
C’est pour tout de suite ! « Vous êtes ressuscités avec le Christ » nous dit saint Paul (Col 3,1) ! Cette vie nouvelle nous est donnée par le baptême et nourrie par l’eucharistie. Mais saint Paul le précise : cette vie est « cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3). Nous y accédons dans la foi.
Après notre mort nous ne serons plus dans la foi mais dans « la claire vision » (2 Co 5,7) c’est-à-dire avec Dieu « qui est, qui était et qui vient » (Ap 1,8). Il n’y aura plus de temps et donc pas « d’attente » entre notre mort et ce que nous appelons « la fin des temps » mais une vie tellement intense que nous ne verrons plus le temps passer !

Comment ?
Lazare a été « revivifié » puis a connu la mort ; nous espérons « ressusciter » pour vivre éternellement. Et parce que « l’homme est la seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même » (Vatican II, GS 24) cette vie sera personnelle. Notre individualité sera respectée, nous ne serons pas comme des glaçons fondant dans l’immensité de l’océan.
Aux baptisés, cette puissance de résurrection est communiquée dès maintenant par la foi et par les sacrements. Aux autres, puisque le « Christ est mort pour tous » (Rm 8,32), la possibilité d’être associés à sa résurrection sera offerte « d’une façon que Dieu connaît » (GS 22).



Vie éternelle et vie présente :

Que l’Espérance de la résurrection nous aide à affronter les épreuves de la vie signifie au contraire qu’elle n’est pas une fuite mais bien au contraire une force spirituelle que Dieu nous donne. L’Espérance d’avoir part un jour à la vie bienheureuse avec le Christ ressuscité fonde la véritable dignité de toute vie humaine et nous donne des motifs supplémentaires pour agir - dès maintenant – en faveur de toute personne humaine, de sa conception à sa mort.

Résurrection du Christ et la nôtre ?
« S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité » ! (1 Co 15,13). Si nous ne croyons pas que chacun de nous ressuscitera, nous dit saint Paul, alors nous ne pouvons pas croire non plus en la résurrection de Jésus. Il y a un fondement anthropologique universel à la résurrection : ce que Dieu veut faire pour tous, la résurrection de Jésus en est le signe.
Et il continue : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi » (1 Co 15,17). Les apôtres l’ont vu, ils ont mangé et bu avec lui, ils lui ont parlé et Thomas a pu toucher ses plaies… Leur témoignage est digne de foi. 

La résurrection pour tous ?
L’Église croit que la Résurrection concerne tous les êtres humains car il y va de la cohérence entre la Création et la Rédemption. Tous les fils d’Adam ont un corps, tous verront leur vocation s’accomplir par la Résurrection, qu’ils soient chrétiens ou non. Cependant Dieu ne joue pas avec notre liberté. Celui qui, délibérément, refuse l’amour de Dieu ne ressuscitera pas pour la béatitude éternelle mais pour sa condamnation : c’est ce que l’Église appelle le jugement dernier ou jugement général. Ceci ne doit pas nous inquiéter mais nous inviter à espérer et prier Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4).
Pères Quinson er Urfels


Illustration : Caravage, L'incrédulité de saint Thomas, 1601-02.

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