vendredi, mars 21, 2014
mercredi, mars 12, 2014
Conférence de carême audio ! Le livre de Job, par le père Assurmendi
Le père Tardy a eu la bonne idée d'enregistrer la conférence que le père Assurmendi, exégète de l'Ancien Testament, a donnée aux paroissiens de Saint-Denys dans les jardins du presbytère, lors d'un premier dimanche de carême magnifiquement ensoleillé... A écouter ou réécouter pour en finir avec l'idée de rétribution !
A compléter, si le cœur vous en dit, par une autre conférence sur le même livre, donnée par Lytta Basset...
https://dl.dropboxusercontent.com/u/196218/JOB%20ou%20la%20disparition%20du%20sens%20-%20Lytta%20Basset%20%20%2831-05-2009%29/01%20Piste%201.wma... sans oublier les salles obscures où vous pouvez voir un Job des temps modernes :
samedi, mars 01, 2014
Mars 2014 : l'éditorial du père Tardy
Face à nos pauvretés
Nous voici entrés de
plain-pied dans le Carême. Nul besoin de micro-trottoir pour convenir que ce
n’est pas la période préférée des paroissiens (et du curé). Et pour
cause : l’effort coûte, comme l’amour coûte. Mais est-ce le dernier mot du
carême ?
Le visage du Pape
François, vous en conviendrez, n’est pas de « ces carêmes sans Pâques »
surtout quand il est avec des pauvres et des petits. D’où lui vient le secret
de sa joie ? Paradoxalement d’une sorte de « carême permanent »,
une ascèse chrétienne qu’il ne semble visiblement pas vivre comme un fardeau. Comme
il l’avait déjà fait comme prêtre puis évêque de Buenos Aires, Il refuse toute
forme de luxe même justifié par sa fonction, il loge dans une petite chambre au
milieu des visiteurs. Mais tout cela, il ne le fait pas dans un esprit
d’ « image de marque ». Et c’est le point essentiel. Il a
toujours été comme ça, c’est un don de liberté que Dieu lui a fait dès son
noviciat. Et il a compris qu’il a été choisi comme Pape avec cette manière
d’être, qui n’a pour lui rien « d’héroïque ». Le Pape François, comme
ses prédécesseurs ne « jouent » pas au pape, ils sont restés ce
qu’ils étaient profondément. Ils ont assumé ce qu’ils sont. Et Dieu s’en
réjouit.
La pauvreté n’est jamais
un idéal, fût-il chrétien. Elle est une réalité ambivalente, qui comme la
souffrance, l’amitié, la mort, l’amour, n’est pas réservée aux chrétiens. On ne
la choisit pas. Dieu ne nous « l’envoie pas ». Mais chacun de nous
l’assume d’une manière qui lui est absolument propre selon ce que Dieu nous
donne de devenir.
Pauvreté d’argent, de volonté,
infécondité de tout ordre, la pauvreté est notre sort commun. La seule réponse
que nous voyons naturellement à la pauvreté est sa suppression. Tolérance zéro
à la pauvreté… et au pauvre ! Mais si la pauvreté était aussi autre chose
qu’un manque ?
Ce nouveau numéro du
Petit Céphalophore suggère quelques unes de nos pauvretés. Plusieurs visages
s’y croisent : Mère Teresa, Maryse, des enfants de la paroisse ou d’Imito,
Job… La joie non plus n’y est pas absente.
Bonne lecture et joyeuse
entrée dans le Carême de toute l’Eglise
Le Christ s'est fait pauvre pour nous enrichir
par sa pauvreté (cf 2 Cor 8,9).
Entrez en carême avec Job !
Cette année, les paroissiens de Saint-Denys sont invités à entrer dans le Carême par la méditation du Livre de Job. Ce beau texte pose en effet la question fondamentale de la responsabilité du mal.
Le père Asurmendi, spécialiste de l’Ancien testament, nous parlera de Job dimanche 9 mars, de 14h à 16h, dans une salle paroissiale.
L’article qui suit nous prépare à cette rencontre. Chacun pourra ensuite se plonger dans la lecture du Livre de Job pour profiter pleinement de l’enseignement du père Asurmendi et du temps d’échange qui suivra.
Il ne se passe pas une année à Paris sans que l'on propose, dans une de nos nombreuses salles de théâtre, une pièce qui reprend, en totalité ou en partie, le livre de Job. Le personnage et le livre attirent les croyants tout autant que les non croyants. Mais la problématique de l’œuvre est bien plus ancienne encore que le livre biblique. Ainsi, on a-t-on découvert au XIXème siècle un texte babylonien que l'on appelle familièrement et par commodité : « Le Job babylonien ». Les questions que cet ouvrage soulève sont permanentes d'où leur traitement dès l’origine de l'écriture et ce, jusqu'à maintenant.
Mais regardons le livre de plus près… On repère facilement deux parties : la première comprend les chapitres 1-2 et 42,10-17 qui posent le cadre en prose, la deuxième les chapitres 3-42,9 presque entièrement en vers, est une œuvre poétique. Cette diversité littéraire va de pair avec la disparité de ton. Les personnages changent. Job, qui apparaît dans les parties en prose soumis à Dieu jusqu'à l'impossible, est, dans les longs poèmes qui suivent, non seulement un insoumis, un révolté mais encore un blasphémateur hors pair. Dieu qui dans le récit cadre, en prose, apparaît comme un potentat capricieux qui joue avec la vie de ses sujets pour démontrer à Satan qu'il a raison, brille par son silence dans les poèmes, jusqu'à la fin. La femme de Job qui a donné beaucoup à réfléchir depuis lors, disparaît complètement de la scène. Les amis qui arrivent pour plaindre Job et le consoler, commencent par se taire, avant de prendre la parole et de se faire les champions de plus en plus agressifs de la pensée dominante, les avocats zélés et idéologiques de l'ordre établi, les défenseurs acharnés de Dieu et de sa justice.
Job demande à Dieu de s'expliquer car ce qu'il vit, la souffrance, ne correspond pas à la doctrine officielle selon laquelle la souffrance est la sanction d'une vie morale injuste et égarée. Or, Job se dit du début jusqu'à la fin, juste et honnête. Mais Dieu ne répond pas et les amis tentent de répondre avec la « doctrine de toujours » qui, évidemment, ne convainc pas Job. « Je parlerais comme vous, leur rétorque Job, si j'étais à votre place » (bien portant et bien gras et riche). Le duel se prolonge et Job porte plainte contre Dieu. Mais quel est le tribunal compétent ?
Au bout de trente-six longs et tragiques chapitres, Dieu répond. Un discours sur la création où Job a sa place, mais pas toute la place. Dieu fait de telle sorte que les questions se déplacent. Et l'on saisit, in fine, que la souffrance, le mal et la mort ne sont pas forcément le résultat du mauvais comportement des hommes. L'homme n'est pas obligatoirement et d'emblée « coupable » devant Dieu.
Le livre de Job ne dit pas tout sur le mal, la souffrance et la mort et sur l'homme, Dieu et leurs relations. Mais il en dit énormément, de telle sorte que l'on peut parler d'un avant et d'un après Job.
Jesùs Asurmendi
Asurmendi (J.), Job, éd. de l’atelier,1999, 173 p.
Maryse, paroissienne sans domicile
La journée de Maryse est minutieusement organisée, en fonction des jours et heures d’ouverture des lieux d’accueil. Elle commence par le « café des SDF » à Sainte-Marguerite, ou à Saint-Ambroise. Les paroissiens et jeunes bénévoles des grandes Ecoles y servent boissons chaudes et tartines beurrées avec de la confiture (le pain est offert par les boulangers du quartier) à soixante-dix personnes environ. "Dans ce milieu, je ne dirais pas qu’on a des amis, mais des connaissances. C’est un milieu difficile, agressif. Les personnes à qui l’on peut faire confiance sont rares. Ma découverte a été que ce milieu n’est pas solidaire. C’est la survie qui compte." Après, il faut "chercher la douche", de préférence municipale, c'est propre et gratuit. « Ensuite, j’essaie de trouver des journaux gratuits pour me tenir au courant : il faut être au métro à huit heures, après c'est fini. Puis j’attends paisiblement, dehors ou, quand il pleut ou qu’il fait froid, dans une bibliothèque, un centre commercial, à la « pointe du jour » à Saint-Eustache. C'est un lieu de réunion ouvert à tous." A midi, Maryse va aux Restos du cœur « assis » pour déjeuner grâce aux cartes alimentaires distribuées par les associations. Après quoi, elle cherche un coin pour l’après-midi : "Mon grand drame est que du fait que j’ai un caddie, ni la bibliothèque Mitterrand, ni Pompidou ne m’acceptent. Je vais à la Villette, mais le problème est de trouver une table pour écrire (à l’Administration), pour lire, pour trier mes affaires. Au Mac Do, je peux m’asseoir, prendre un verre d’eau. Quelquefois une serveuse me donne une pièce ou m'offre un hamburger. Quelques paroissiens de Saint-Denys m’ont aidée aussi : j’ai pu acheter une recharge de téléphone (20 euros !). C’est essentiel pour garder le lien avec la famille et l’Administration. Le soir, je dors dans des lieux publics ou je me repose dans les fast-food pour rester au chaud. Toute la nuit, je passe de l'un à l’autre. Je dors par à-coups. Je ne suis jamais allongée, toujours assise et jamais dans le noir, toujours sous la lumière artificielle. Ce matin, je me suis endormie en buvant mon chocolat! Je suis complètement déréglée. Le 115, je n'en veux pas. Pour me retrouver à côté d'une fille droguée... Et les hôtels sont pleins de cafards."
Maryse n’a pas souhaité être photographiée. Vous la verrez, pourtant, avec son lourd caddie qu'inlassablement elle traîne derrière elle. Mais c'est surtout à son doux sourire que vous reconnaîtrez son courage.
Propos recueillis par Dominique Th.
A propos de l'exposition « Mère Teresa » dans l'église, et des Missionnaires de la Charité
Mère Teresa ne s'est jamais
lassée de dire et de redire l'Amour de Dieu. Elle nous interpelle : « Connaissez-vous
vraiment Jésus vivant, non à partir de livres, mais en étant avec Lui dans
votre cœur ? ».
Présentée récemment dans notre
paroisse, l'exposition de textes et de photos de Mère Teresa nous invitait à la
méditation, et peut-être plus encore, à l'imprégnation : les paroles de
Mère Teresa sont comme des vagues lumineuses sur lesquelles il fait bon se
laisser porter, simplement et en toute confiance. Ça paraît si simple, d'aimer,
quand elle en parle !
Mais l'œuvre de Mère Teresa, c'est
aussi, tout près de Saint-Denys, le Foyer des Missionnaires de la Charité. Le père Derek Friedle, que nous connaissons bien en tant qu'ancien séminariste, et qui nous a présenté cette
exposition, est un grand ami des six sœurs qui font tourner ce centre, et les
aide depuis longtemps dans leurs différentes tâches.
Un Foyer héberge une quinzaine de
jeunes femmes enceintes ou jeunes mamans sans ressources et en situation
familiale difficile, pour leur permettre de vivre en paix les premiers mois avec
leur enfant. Les enfants hébergés dans ce centre, le père Derek les a vus
grandir. Certains se souviendront de l'avoir aidé à animer, lorsqu'il était
séminariste, un Centre aéré qu'il organisait pour les plus âgés. Aujourd'hui
collégiens, ils reviennent régulièrement trouver « Derek » dans sa
paroisse, à Clignancourt.
Dans un autre bâtiment, des repas
gratuits sont proposés dans une salle chauffée (chose rare !), tous les jours de
l'année. Parfois, dans les rues, on croise les sœurs, en sari blanc bordé de
bleu, discutant gaiement avec l'un des habitués de ces repas.
Les sœurs, venues parfois de
l'autre bout du monde, s'acquittent de leur tâche dans la plus grande
discrétion. Leurs actions sont une méditation vécue de l'amour de Dieu. Car,
dit Mère Teresa, « nos œuvres de charité ne sont rien d'autre que le
débordement de notre amour pour Dieu jaillissant du fond de nous-même. Aussi,
celui qui reste le plus uni à Lui, aime le plus son prochain. »
Mère Teresa parle de Dieu en
clair. Elle vit pleinement l'Amour, la Joie, Jésus vivant, la soif de Dieu, la
Lumière – tous ces mots un peu trop éblouissants, que nous hésitons parfois à
regarder en face – et elle nous invite à la suivre.
Si vous en avez le temps, les
sœurs ont toujours besoin d'aide pour préparer les repas le matin – pour couper
les patates ou mettre le couvert !
Foyer des Missionnaires de la
Charité, 60 rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris.
Laetitia C.
Opérations Carême de Saint-Denys
Avec les enfants d’Imito, à Madagascar
Il y a quelques mois, le père Tardy et quelques paroissiens ont accueilli, autour d’un buffet amical, sœur Brigitte, supérieure malgache des Filles du Cœur de Marie. Ce fut l’occasion de célébrer le lancement d’un jumelage spirituel entre les enfants du KT et les enfants du collège Saint-Joseph d’Imito. Chaque premier vendredi du mois, nous prions mutuellement les uns pour les autres.
Ce temps de carême est l’occasion d’agir matériellement à travers votre soutien financier à l’association Esperanza Joie des enfants (présidée par votre serviteur) qui prend en charge le repas quotidien des 530 écoliers et collégiens d’Imito. (Votre don, qui bénéficiera d’un reçu fiscal, est déductible de votre impôt à hauteur de 75 % ! Ainsi, avec 100 euros, vous nourrissez deux enfants pendant un an, et cela ne vous coûte finalement que... 25 euros !). Parallèlement, les enfants du KT seront associés à cette action. L’an dernier, ils avaient fait généreusement don de fournitures scolaires et autres jouets qui ont ravi les sœurs et les enfants. Cette année, aucune mission sur place n’étant prévue, ils seront sollicités autrement (nous y travaillons avec les catéchistes…).
Pour en savoir davantage, nous vous invitons à vous rendre sur le site internet de l’association :
www.esperanzajoiedesenfants.org. Comment donner ? Vous pouvez faire un don en ligne sur le site, ou bien remettre une enveloppe à l’accueil, au secrétariat ou à moi-même lors d’une sortie de messe de 11h.
A tous un grand merci !
Philippe Th.
Philippe Th.
Avec les chrétiens de Nebek, en Syrie
Cette année, nous proposons aussi un partage de carême avec les chrétiens de Syrie, via l’Œuvre d’Orient qui a une très bonne connaissance du terrain. (Ce descriptif est tiré de leur site www.oeuvre-orient.fr).
Le quartier chrétien situé sur la partie haute de la ville a subi une large destruction durant le combat qui a eu lieu du 18 novembre au 15 décembre 2013. Environ 75 maisons ont été endommagées, dans lesquelles vivaient 90 familles. Les dommages vont de trous dans les murs à la destruction totale du bâtiment. Nebek est maintenant le lieu d’un fort contrôle militaire par le régime syrien. La ville est pour le moment calme et sécurisée. Les chrétiens de Nebek ont peu de moyens et ont besoin de ressources pour reconstruire leurs maisons et retrouver une vie normale.
Ce projet concerne la petite communauté chrétienne de Nebek, constituée de 120 familles (environ 500 personnes) des deux paroisses de la ville. Les plus vulnérables sont les 90 qui ont subi de lourdes pertes à l’hiver 2013, celles où les personnes ont perdu leur travail à cause de la guerre, celles avec des enfants, des personnes âgées ou des personnes malades.
En collaboration avec quelques organisations humanitaires, une aide de base est apportée aux familles dans le besoin mais ce n’est pas assez. C’est pourquoi la communauté se tourne vers l’Œuvre d’Orient.
Afin d’apporter une aide d’urgence aux familles qui ont besoin d’un toit, de distribuer des biens de première nécessité aux plus vulnérables et de fournir en équipements nécessaires à la vie quotidienne les familles, il y a besoin de 300 000€ pour 75 foyers (90 familles), soit 3300€ par famille. Si possible, l’argent ne sera pas donné directement, mais distribué en échange d’un travail fourni.
Père Tardy