Le Petit Cephalophore

samedi, mars 01, 2014

Entrez en carême avec Job !

Cette année, les paroissiens de Saint-Denys sont invités à entrer dans le Carême par la méditation du Livre de Job. Ce beau texte pose en effet la question fondamentale de la responsabilité du mal.
Le père Asurmendi, spécialiste de l’Ancien testament, nous parlera de Job dimanche 9 mars, de 14h à 16h, dans une salle paroissiale.
L’article qui suit nous prépare à cette rencontre. Chacun pourra ensuite se plonger dans la lecture du Livre de Job pour profiter pleinement de l’enseignement du père Asurmendi et du temps d’échange qui suivra.



Il ne se passe pas une année à Paris sans que l'on propose, dans une de nos nombreuses salles de théâtre, une pièce qui reprend, en totalité ou en partie, le livre de Job. Le personnage et le livre attirent les croyants tout autant que les non croyants. Mais la problématique de l’œuvre est bien plus ancienne encore que le livre biblique. Ainsi, on a-t-on découvert au XIXème siècle un texte babylonien que l'on appelle familièrement et par commodité : « Le Job babylonien ». Les questions que cet ouvrage soulève sont permanentes d'où leur traitement dès l’origine de l'écriture et ce,  jusqu'à maintenant.
Mais regardons le livre de plus près… On repère facilement deux parties : la première comprend les chapitres 1-2 et 42,10-17 qui posent le cadre en prose, la deuxième les chapitres 3-42,9 presque entièrement en vers, est une œuvre poétique. Cette diversité littéraire va de pair avec la disparité de ton. Les personnages changent. Job, qui apparaît dans les parties en prose soumis à Dieu jusqu'à l'impossible, est, dans les longs poèmes qui suivent, non seulement un insoumis, un révolté mais encore un blasphémateur hors pair. Dieu qui dans le récit cadre, en prose, apparaît comme un potentat capricieux qui joue avec la vie de ses sujets pour démontrer à Satan qu'il a raison, brille par son silence dans les poèmes, jusqu'à la fin. La femme de Job qui a donné beaucoup à réfléchir depuis lors, disparaît complètement de la scène. Les amis qui arrivent pour plaindre Job et le consoler, commencent par se taire, avant de prendre la parole et de se faire les champions de plus en plus agressifs de la pensée dominante, les avocats zélés et idéologiques de l'ordre établi, les défenseurs acharnés de Dieu et de sa justice.

Job demande à Dieu de s'expliquer car ce qu'il vit, la souffrance, ne correspond pas à la doctrine officielle selon laquelle la souffrance est la sanction d'une vie morale injuste et égarée. Or, Job se dit du début jusqu'à la fin, juste et honnête. Mais Dieu ne répond pas et les amis tentent de répondre avec la « doctrine de toujours » qui, évidemment, ne convainc pas Job. « Je parlerais comme vous, leur rétorque Job, si j'étais à votre place » (bien portant et bien gras et riche). Le duel se prolonge et Job porte plainte contre Dieu. Mais quel est le tribunal compétent ?

Au bout de trente-six longs et tragiques chapitres, Dieu répond. Un discours sur la création où Job a sa place, mais pas toute la place. Dieu fait de telle sorte que les questions se déplacent. Et l'on saisit, in fine, que la souffrance, le mal et la mort ne sont pas forcément le résultat du mauvais comportement des hommes. L'homme n'est pas obligatoirement et d'emblée « coupable » devant Dieu.

Le livre de Job ne dit pas tout sur le mal, la souffrance et la mort et sur l'homme, Dieu et leurs relations. Mais il en dit énormément, de telle sorte que l'on peut parler d'un avant et d'un après Job.

Jesùs Asurmendi

Asurmendi (J.), Job, éd. de l’atelier,1999, 173 p.


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