lundi, juin 16, 2014
Halte !
Je voudrais commencer cet édito par un hommage appuyé à l’un de nos lecteurs que la santé a éloigné de nous cette année. La voix grave, tonitruante et chaleureuse de notre Jacques G. paroissial. Tout à la fois pierre angulaire et confident discret du presbytère. Ce numéro lui est particulièrement dédicacé.
Halte ! Ce joli mot en H aspiré, bien qu’un peu martial, annonce les frontières ouvrant sur les vacances ! Il interrompt la respiration : aurions-nous oublié quelque chose ? si près du but ?
Respirons à pleins poumons. Si près d’expirer au bout d’une année haletante, prenons cet été le temps d’une Inspiration d’Esprit Saint.
L’air que l’on respire quotidiennement symbolise très bien l’action continue de l’Esprit sur nos corps. Cette respiration automatique ne dispense pourtant pas de devoir souffler parfois et de le décider !
Quels sont les moyens concrets que vous prenez, chers lecteurs, pendant l’été mais également au cours de l’année, pour reprendre haleine ? Pour souffler et respirer un air plus sain(t) ? C’est la question de ce numéro : Halte, faisons halte.
En ce qui me concerne, vous me connaissez maintenant : après un temps de repos, je vais consacrer mon mois d’août à « donner les Exercices de saint Ignace » : le mois complet (à un retraitant), ou par tranche de huit jours, dans un centre spirituel en Belgique. J’en profiterai aussi pour lire un peu. C’est un des moments où je me sens le plus prêtre ! L’action de l’Esprit est presque tangible. C’est une mission que j’ai reçue de notre évêque. Cela m’aide à reprendre souffle, moi aussi.
Beaucoup d’entre vous, en été ou au cours de l’année, nourrissent leur foi en faisant des retraites, des pélés, d’autres rejoignent une chorale, un groupe de prière, suivent des cours, d’autres encore un véritable cursus de formation théologique. Notre paroisse s’oxygène de la respiration de chacun de ses membres. De l’enfant au vieillard, nous avons tous du souffle à revendre, alors, je vous le souhaite à tous, bon vent et à l’année prochaine !
Nourrir sa foi en marchant : Saint-Denys sur les traces de Thérèse d'Avila
En ce 22 avril à l’aube,
vingt-six paroissiens, âgés de 14 à 90 ans, quittaient leur Marais à la suite
de leurs guides inspirés, le père Nicolas Delafon et notre curé, le père Roger Tardy, pour partir en
pèlerinage vers la Castille. Deux heures de vol plus tard, le dépaysement est total : tandis que les
hauts gratte-ciels madrilènes découpent encore l’horizon, le groupe,
confortablement installé dans un magnifique autocar blanc ultra-moderne, voit
défiler un paysage de collines quadrillées de murets en pierres sèches qui n’a
pas dû beaucoup changer depuis le temps où Thérèse d’Avila et Jean de la Croix
les sillonnaient en tous sens. L’arrivée sur Avila est un pur éblouissement :
depuis notre hôtel-belvédère, la ville médiévale, patrimoine mondial de l’humanité,
s’offre aux regards tel un joyau serti de ses quatre-vingt-huit tours
crénelées. Pour mettre nos pas dans ceux de la grande Thérèse, nous commençons
la visite par le monastère de l’Incarnation,
où elle passa les vingt-sept premières années de sa vie monastique,
avant de fonder avec quatre religieuses orphelines son premier Carmel réformé,
Saint-Joseph. C’est là qu’est célébrée la première messe du pèlerinage. Le
lendemain matin, sous un soleil radieux, nous découvrons les hauts lieux de la
vie de Thérèse, de sa maison natale, devenue couvent et musée, à la cathédrale,
la basilique romane et au monastère royal de Saint-Thomas et ses trois
cloîtres, l’immense tombeau construit par les rois catholiques, Ferdinand et
Isabel, en hommage à leur fils unique mort à 20 ans…
Après le beau temps, la pluie
s’abat en trombes sur Fontiveros, village natal de Jean, où nous découvrons les
fonds baptismaux sur lequel il fut porté dans son église paroissiale de
Saint-Cyprien. Le ciel se fait plus serein pour notre arrivée à Alba de Tormes.
Très émouvante, la messe en ce couvent où Thérèse repose, est suivie de la
découverte du musée, sous la houlette d’un moine espagnol au français
impeccable… et volubile. Humilité, intimité… Le contraste n’en fut que plus
puissant lors de l’arrivée sur Salamanque, éblouissante ville universitaire
dont la richesse suffit à résumer le Siècle d’Or espagnol… et la rivalité
féconde entre Jésuites et Dominicains.
Grandeur encore à Ségovie, terme
de notre voyage, entre l’imposant aqueduc romain, la non moins impressionnante
cathédrale, aux dimensions gigantesques, et blotti dans la verdure, le
monastère des Carmes déchaux, tombeau de Saint Jean de la Croix.
Nous nous souviendrons longtemps
de la beauté de ces pierres qui parlent, de ces statues croulant sous la soie
et l’or à l’effigie de saints qui leur vie durant ne portèrent que la bure...
De l’effervescence de l’architecture, de la quête effrénée de la connaissance,
de l’humanité tellement profonde et tellement incarnée de ces Docteurs de
l’Eglise… Nous nous souviendrons des chants joyeux, des silences recueillis, de
l’apprentissage de l’oraison… Et aussi des éclats de rire fusant dans le car,
des plats de terroir, des charcuteries délicieuses et des pâtisseries
confectionnées par les sœurs… Et des photographes passionnés, dont l’auteur de
ces lignes, brebis souvent égarées à cause de leur hobby mais ayant toujours
retrouvé, grâce à Son aide, les voies du Seigneur !
Marie-Christine D.
Olivier, pèlerin fidèle de Fatima
Le 13 mai 1917 à Fatima, au Portugal, la Vierge apparaît pour la première fois à trois jeunes paysans, deux filles et un garçon. Depuis, Fatima est devenu l’un des lieux de pèlerinages mariaux les plus fréquentés au monde, avec Guadalupe (au Mexique) et Lourdes en France.
Chaque année, 5 millions de pèlerins s’y rendent. Malgré les 1 500 kilomètres qui séparent Saint-Denys du sanctuaire, Olivier M. est de ceux-là. Les vacances au Portugal, pays de ses origines, sont autant l’occasion que le prétexte du pèlerinage annuel à Fatima. Ni vraiment organisé, ni vraiment improvisé… Le plus souvent, ce sont des Français qui, à l’occasion d’un congé au Portugal, passent quelques jours chez Olivier… De là s’improvise un départ pour Fatima, parfois à cinq ou six, parfois à une vingtaine. Un mix de copains de France (quartier, loisirs ou boulot), de copains du Portugal, de famille. Les enfants, à partir de 10-12 ans, ne sont pas exclus… La troupe part vers 5 heures du matin, pour éviter trop de soleil. Au cours des 6 heures de marche pour faire les 30 kilomètres qui séparent le village du sanctuaire, les temps de rigolade alternent avec les temps de discussion. On parle de tout, du futile au profond : « En 6 heures, on a le temps. » Et il y a aussi les temps de silence, de prière… Ceux où la présence de Dieu se fait évidente. « On le sent proche, Il vient et c’est spirituellement fort. » Certaines années, l’occasion de réunir un groupe ne se présente pas, alors Olivier accomplit seul sa visite annuelle à Notre Dame, si importante pour lui. Il porte ces œillets blancs, symbole de liberté et de paix, que l’on retrouvera lors de la procession du mois de mai sur les trottoirs de notre quartier.
Propos recueillis par Stéphane L.
Propos recueillis par Stéphane L.
Nourrir sa foi en adorant : les enfants devant le Saint Sacrement
L'idée de ce groupe d’enfants
adorateurs m'est venue lorssque j'ai réalisé que nos enfants
avaient de très rares occasions d'adorer le Saint Sacrement. Or l'une de nos
filles se préparait à sa première communion, la présence de Jésus dans l'hostie
consacrée est une réalité qui nous est donnée lors de la messe, mais aussi et
de manière plus intime dans l'adoration du Saint Sacrement. J'en ai parlé à
Olivier F., qui a tout de suite été partant, et nous avons débuté comme cela.
Nous avons donc réuni des enfants
de 4 ans et plus, sans limites très précises, il n'y a pas d'âge pour découvrir
cela ! Ils sont entre 12 et 15 environ, et viennent une fois par mois un samedi
après-midi entre 16h00 et 17h00 pour adorer. Pour commencer, ils se retrouvent
dans une salle paroissiale pour préparer un dessin qu'ils déposeront ensuite au
pied de l'autel. Certains ont dessiné un ostensoir, d'autres une croix...
Pendant ce temps le père Tardy expose le
Saint Sacrement et joue de la kora, alors les enfants se dirigent lentement
vers le Saint Sacrement dans le silence, une bougie dans une main et leur
dessin dans l'autre.
Les enfants comprennent très bien
que c'est un moment sacré, un moment intime, un moment de rencontre. Nous
gardons le silence, que nous emplissons par des chants de méditation, alternés
avec la lecture par les enfants de textes que nous avons préalablement choisis
avec Olivier.

Après cela un temps de goûter et
de jeu permet aux enfants de se retrouver pour un moment où ils peuvent
déployer leur énergie et leur joie de vivre.
Il est frappant de voir qu'ils jouent de façon très harmonieuse après ce
temps de prière.
Les parents qui accompagnent les
enfants vivent aussi un temps de prière, un moment d'unité familiale et amicale
en présence du Seigneur. C’est pour eux l'occasion de revivre la parole du
Christ, qui nous invite à recevoir le Royaume de Dieu comme un petit enfant. Ce
sont les adultes qui structurent ce temps d'adoration, mais ce sont les enfants
qui nous guident au cœur de la prière...
Nous aimerions être plus
nombreux, parlez-en autour de vous ! Et les accompagnements musicaux sont
précieux, ils permettent de soutenir la prière. Avis donc aux musiciens qui
voudraient nous rejoindre !
Jean Emmanuel et Inès F.
Contact à Saint-Denys auprès du
père Tardy ou de Olivier Fr.
Prochain rendez-vous : samedi 21 juin, de 16h00 à 16h45, à Saint-Denys, avec le père Sempère.
Prochain rendez-vous : samedi 21 juin, de 16h00 à 16h45, à Saint-Denys, avec le père Sempère.
Illustration : Inès de Chantérac
Nourrir sa foi par l'étude
Catherine, étudiante au CIF

Centre d’intelligence pour la foi (CIF) : parcours en 2 ans proposé par les diocèses d’Ile-de-France.
3 place Saint-Thomas-d’Aquin, Paris 7ème. Tél. : 01 45 44 36 82.
Dominique, étudiante au Cycle C, à l’Institut Catholique de Paris
Le Cycle C de la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses de l'ICP prépare les étudiants en 8 ans au Baccalauréat canonique en Théologie (Licence en Théologie selon le système européen LMD).
21 rue d'Assas, Paris 6ème. Tél. : 01 44 39 52 51.
Propos recueillis par Sylvie H.
La formation Responsables du collège des Bernardins s’adresse aux personnes désireuses de participer à la mission de l’Eglise et à la transmission de la foi. Elle se déroule sur deux années. Agnès y participe.
Parmi les personnes qui fréquentent Saint-Denys du Saint-Sacrement, Agnès termine la première de ses deux années de formation du parcours Responsables du collège des Bernardins. Elle a été sollicitée pour suivre cette formation alors qu’elle était paroissienne de Saint-Louis en l’Ile, responsable de catéchèse. A Saint-Denys, une dizaine de personnes ont déjà suivi ce parcours.
Agnès a accepté au début parce que « les questions des enfants en catéchèse sont parfois déroutantes », et c’est quand même bien d’avoir des vraies réponses… Mais peu à peu, les questions abordées lors du parcours nourrissent aussi ma foi personnelle sur des questions aussi diverses que l’histoire de l’église, les rapports entre foi et science, les questions de foi. Les échanges entre participants et les temps de prière enrichissent le parcours… Agnès a le sentiment que cela lui permet de parler mieux de sa foi. Elle souligne l’exigence de ce parcours : « C’est un soir par semaine, et un samedi par mois… et il coûte 1 000€ par an. »… Et aussi de belles rencontres et un pèlerinage en Terre Sainte cet été organisé dans le cadre du parcours. Il sera pour elle une occasion unique de nourrir sa foi autrement, de repartir pleine de force pour aborder la seconde année de ce parcours.
Au bout du compte, l’objectif est d’être mieux au service de la paroisse… Même si l’enthousiasme d’Agnès laisse à penser que c’est en même temps très riche pour elle !
Propos recueillis par Stéphane L.
Site ou informations auprès du père Roger.
Nourrir sa foi en se retirant un peu du monde
La retraite ignacienne
La retraite fondamentale des Foyers de Charité
« Les exercices de saint Ignace, c'est comme un chemin d'Emmaüs »
« Au début de la retraite, raconte Marie-Christine, je réfléchissais rationnellement, j'essayais de structurer ma pensée. Je pensais être là pour discerner entre plusieurs voies qui s'offraient à moi à ce moment-là de ma vie. Et puis… « quelqu'un d'autre » a pris le relais. Je me suis rendue compte qu'il ne s'agissait pas de choisir entre des objectifs d'avenir cohérents, dans lesquels, finalement, on s'enferme, mais d'apprendre à se mettre sous l'aile de Dieu. En réalité, ce que Dieu avait prévu pour mon avenir était encore tout à fait autre chose que ces options de vie que j'avais envisagées. J'ai souvent repensé à cette retraite par la suite… Il ne s'agissait pas de discuter quelque chose d'habituel, une option plutôt qu'une autre – faire cela empêche de se laisser toucher. En réalité, c'est un chemin pour accéder à l'immortalité que l'on vient chercher dans cette retraite. Ce ne sont pas nos chemins que nous devons proposer.
Le contenu même de la retraite ignacienne va dans ce sens. Le manuel des exercices est déconcertant, et on le lit petit à petit, ce qui empêche de maîtriser le processus. Devant l'accompagnateur, on se montre sous un jour qui n'est pas forcément avantageux... On apprend à ne pas tricher avec soi-même. A force de parler avec lui, la confession devient plus naturelle, on se laisse réellement réconcilier au Christ, on apprend à se laisser pardonner, tel qu'on est. On est souvent surpris de ses propres réactions, de ce qu'on ressent : parfois on se sent triste sans raison, parfois on se sent consolé. C'est un chemin d'abandon au Christ. »
Propos recueillis par Laetitia C.
La retraite fondamentale des Foyers de Charité
La caractéristique des Foyers de Charité,
fondés par Marthe Robin et le père Finet, c’est la retraite fondamentale.
Pendant six jours, dans le silence, hommes et femmes, de tout âge, de toute
condition, baptisés ou non, pratiquants ou non, viennent se mettre à l’écoute
de Dieu. Avec trois ou quatre conférences par jour, ces retraites
sont plus qu’un temps de formation. Elles sont une occasion de « redécouvrir les contenus de la foi
professée, célébrée, vécue et priée »
comme le dit Benoît XVI dans Porta
fidei (n° 9).
La foi professée : c’est en effet l’ensemble du Mystère chrétien qui est dispensé par le prédicateur dans ses éléments essentiels. C’est une grâce et une nécessité que d’entendre présenté l’intégralité du mystère de la foi pour acquérir une « colonne vertébrale » chrétienne.
La foi célébrée : la Parole reçue en son contenu
trouve son accomplissement et sa source dans la Parole célébrée. Chaque jour,
l’eucharistie partagée par tous, retraitants et membres du Foyer, donne de
rencontrer le Christ vivant. Foi célébrée aussi dans le sacrement de
réconciliation, rencontre du Père miséricordieux qui prend dans ses bras chacun
de ses enfants.
La foi vécue : les enseignements dans une retraite
ne donneraient certainement pas tant de fruits s’ils n’étaient portés par la
vie de famille partagée au quotidien par les membres du Foyer. Si c’est le
prêtre qui prêche, c’est toute la communauté qui porte et offre retraitants et
prédicateur, par son travail, sa prière, sa vie de charité. Cette foi en acte,
vécue par les membres du Foyer engendre ou fortifie celle des retraitants et du
prédicateur.
La foi priée : les journées en Foyer de Charité
sont aussi rythmées par la prière, celle des Laudes, le matin et celle du
chapelet l’après-midi. Qui plus et mieux que Marie a contemplé le Seigneur
Jésus, méditant et gardant en son cœur tout ce qu’il disait et faisait. Marie
est celle qui aide à comprendre la Parole pour la mettre en pratique afin d’en
goûter toute la bonté.
Ce
cheminement conduit au point d’orgue de la retraite : la consécration à Jésus
par Marie selon saint Louis-Marie Grignon de Montfort. La foi reçue en son
contenu (les enseignements), en sa célébration (les sacrements), en son
témoignage (la charité), en son expression (la prière), pousse à redécouvrir la
grâce de son baptême pour y répondre en enfant bien aimé du Père.
Père Patrick Sempère
Nourrir sa foi en chantant : la chorale Stella Mar@is
Ouvrier de la première heure, voilà dix-huit mois que Jean-Luc est membre de notre chorale grégorienne, parce qu’il souhaitait avoir une activité paroissiale, et que « l’idée de la chorale [lui] a plu ». Il y a fait la « découverte du chant grégorien et non pas du « chant en latin », selon une expression familiale trop longtemps entendue... ». Il voulait aussi pratiquer cette autre manière de « connaître son corps, sa respiration », lui qui fait du yoga depuis vingt ans ! Il est heureux, enfin, « d’essayer d’aider les paroissiens à vivre leur prière dominicale de façon différente : sous l’impulsion de notre curé, nous voudrions entraîner la paroisse dans ce chant. C’est un très beau chant, moins répétitif que d’autres, très priant. Il est particulièrement beau de chanter les Psaumes, ces prières anciennes des moines qui prient ainsi pour nous tous les jours ! C’est une activité de prière, pas différente en soi des autres, mais sur un autre rythme. » Rythme qui est encore celui des répétitions. « Elles ont lieu une fois par semaine, et nous donnons deux à trois concerts par an : cela donne un but à nos rencontres. C’est aussi l’occasion de rassembler les paroissiens autour de nous, ainsi que la famille et les amis. Certains viennent… et reviennent ! Nous touchons un public divers, mais avec une sensibilité religieuse sous-jacente. Du coup, même si j’avais insisté sur le côté artistique, des collègues de bureau juifs ou musulmans ont refusé de venir en disant : « ce n’est pas notre prière ! ». Petit à petit se resserrent les liens entre choristes : « certains parmi nous ont même suivi Hervé Lamy, l’un de nos professeurs, à Rocamadour pour un stage de chant de quelques jours. » Dans le groupe, il n’y a pas de « voix », donc pas de place prédéfinie. « Nous nous disposons par taille, pour l’harmonie du cortège, et par sexe pour jouer les répons. Aujourd’hui, nous sommes une vingtaine, paroissiens ou non, mais nous voudrions accueillir de nouveaux membres. Quel serait mon slogan ? « Là, tu te sens comme à l’intérieur d’une mélodie... » »
Propos recueillis par Dominique Th.
Concert de chant grégorien, Nomades 2014
A l'occasion des Journées Nomades du IIIème arrondissement, notre église a ouvert ses portes avec succès à tous les amateurs de belle musique pour un concert de chant grégorien et polyphonies médiévales.
Depuis plus d’un an le chœur
grégorien paroissial Stella Mara@is apporte par de petites touches une nouvelle
couleur à notre liturgie. « Ce chœur, guidé par Hervé Lamy et
Maria-Andrea Parias a donné déjà trois concerts, pour partager la beauté de
cette musique, mais ceci n’est pas sa vocation première »,
souligne Béatrice Jarrige, qui avec Isabelle
Fremau avait été à l’origine de cette initiative
Ce qui
touche Béatrice, c’est la dimension communautaire, unitive de ce chant. « On sent
qu’il est fait pour jaillir dans une respiration commune, quand nous sommes
traversés par le même texte, avec les appuis naturels des phrases à suivre
ensemble…Souvent, la phrase est ponctuée par une respiration centrale. Cette
respiration, quand on lui laisse le temps d'être profonde et ample, nous
réunit vraiment, et nous sentons alors que la reprise des paroles
tous ensemble au même rythme sans nous regarder se fait très naturellement
comme en un seul corps... Il en résulte une joie différente du plaisir des
polyphonies, liée au fait de sentir les personnes réunies dans un mouvement
commun, une émotion liée à la prise de conscience que l’Esprit Saint passe par
nos corps, notre respiration, nos oreilles, notre attention et notre
écoute des autres.
« En effet, nous nous proposons pour but avant tout de faire
redécouvrir en paroisse ce chant, de manière à l’ajouter au répertoire des
chants en français auxquels nous sommes attachés, pour enrichir ,varier
et embellir la musique de notre liturgie. Nous souhaitons le proposer
comme un chemin de prière supplémentaire, une invitation au geste commun qui
relie la musique à la prière.» Béatrice insiste sur le caractère priant de
cette musique « répétitive,
sinueuse, épousant le mouvement du souffle et qui traduit ce que la prière peut
avoir de « tâtonnant » quand un motif musical semble se chercher, se
construire petit à petit dans un mouvement « d’invention au fur et à
mesure », à travers des variations, et en suivant de près la parole. »
Et en même temps
il y a la montée de nos paroles vers Dieu grâce au soutien de la mélodie
inspirée et de ces textes que la tradition nous a précieusement légués. Prenons
comme exemple la psalmodie : le texte du psaume se déroule dans nos
bouches unies sur la même note (monodie) en nous traversant. Notre travail sera de faire attention et de
prendre tous le même "virage" au même moment, avec le même élan. Je
pense à ce petit motif à la fin d’une phrase, comme un rendez-vous qui permet à
la phrase de se poser après son envol et de se conclure dans sa finale. La joie
de la psalmodie ainsi priée est immense : quand on pense que le Christ a
prié avec ces mots et que la longue chaîne de la succession apostolique nous
relie à lui à travers la tradition ecclésiale! Certes, il y a au début
l’obstacle du latin, mais on voit bien qu’on peut prier Dieu avec son cœur,
même avec des mots qu’on ne comprend pas pleinement. Le latin est la langue qui
unissait et elle peut toujours nous unir et nous aider à rejoindre d’une
manière particulière l’universalité de l’Eglise. La présence des séminaristes
dans notre paroisse nous rappelle la vie consacrée, les moines et les moniales
qui prient ainsi dans tous les pays du monde, nourris de la même tradition, et
nous pouvons nous unir à ces
vies."
Enfin, Béatrice met l’accent sur l’accessibilité de
cette musique, malgré son apparence impressionnante : « Notre chœur réunit des personnes de niveau musical variable.
Mais tous nous percevons cette musique comme étant de plus en plus
familière, nous invitant à prier par
elle. Elle ne nécessite pas forcément la lecture musicale à priori, elle se
transmet par tradition orale. Nos formateurs s’appuient beaucoup sur cette
transmission. Elle demande la régularité et la concentration, mais elle
s’adresse à tous. Pourquoi ignorer un tel trésor ? » En effet,
c’est ainsi que le pape Benoît XVI a qualifié le chant grégorien, nous y
encourageant dans l’esprit du Concile Vatican II. « A part les monastères, ce sont surtout les chanteurs professionnels qui
se sont réappropriés cette musique, mais sa
place est avant tout au sein de la liturgie», poursuit Béatrice. « A présent, nous souhaitons la redonner à notre communauté paroissiale.
Pour aider l’assemblée de se lancer, notre
chœur contribue déjà à l’animation de certaines messes de 11 :00 par
quelques chants. » Avec la sympathie de notre curé, le Père Roger
Tardy, Stella Mar@is songe à proposer à partir de la rentrée prochaine quelques
supports visuels, partitions des plus simples, un petit livret peut-être, avec
quelques chants liturgiques et hymnes, accessibles à tous. Le chœur serait heureux de voir d’autres paroissiens
le rejoindre. Puisse la définition que voici (Dom Eugène Cardine, osb., moine
de Solesmes) nous être ainsi à tous une invitation : « Le chant grégorien,
plus qu’une musique vocale, est une parole chantée. Parole sacrée qui nous
vient de Dieu dans le Ecritures, et qui retourne à Dieu par la
louange. »
Propos recueillis par Katarina K.
Suspension de Jacques Jarrige, présentée à l'occasion des journées Nomades
Suspension de Jacques Jarrige, présentée à l'occasion des journées Nomades
mardi, juin 10, 2014
mercredi, juin 04, 2014
La fête estivale du Ciné-club
Fidèle à sa tradition, le Ciné-Club a fêté la fin d'une année riche en émotions cinématographiques : apéro dînatoire au jardin, anniversaires d'Anne-Marie et de François, et projection de Plein Soleil de René Clément. Une soirée au beau fixe avant les vacances du Ciné-club...
Marie-Christine D.