Le Petit Cephalophore

lundi, juin 16, 2014

Concert de chant grégorien, Nomades 2014

A l'occasion des Journées Nomades du IIIème arrondissement, notre église a ouvert ses portes avec succès à tous les amateurs de belle musique pour un concert de chant grégorien et polyphonies médiévales. 


Depuis plus d’un an le chœur grégorien paroissial Stella Mara@is apporte par de petites touches une nouvelle couleur à notre liturgie. « Ce chœur, guidé par Hervé Lamy et Maria-Andrea Parias a donné déjà trois concerts, pour partager la beauté de cette musique, mais ceci n’est pas sa vocation première », souligne Béatrice Jarrige, qui avec Isabelle Fremau avait été à l’origine de cette initiative 
« En effet, nous  nous proposons pour but avant tout de faire redécouvrir en paroisse ce chant, de manière à l’ajouter au répertoire des chants en français auxquels nous sommes attachés, pour enrichir ,varier  et embellir la musique de notre liturgie. Nous souhaitons le proposer comme un chemin de prière supplémentaire, une invitation au geste commun qui relie la musique à la prière.» Béatrice insiste sur le caractère priant de cette musique « répétitive, sinueuse, épousant le mouvement du souffle et qui traduit ce que la prière peut avoir de « tâtonnant » quand un motif musical semble se chercher, se construire petit à petit dans un mouvement « d’invention au fur et à mesure », à travers des variations, et en suivant de près la parole. »
Ce qui touche Béatrice, c’est la dimension communautaire, unitive de ce chant. « On sent qu’il est fait pour jaillir dans une respiration commune, quand nous sommes traversés par le même texte, avec les appuis naturels des phrases à suivre ensemble…Souvent, la phrase est ponctuée par une respiration centrale. Cette respiration, quand on lui laisse le temps d'être profonde et ample,  nous réunit vraiment, et nous sentons  alors que  la reprise des paroles tous ensemble au même rythme sans nous regarder se fait très naturellement comme en un seul corps... Il en résulte une joie différente du plaisir des polyphonies, liée au fait de sentir les personnes réunies dans un mouvement commun, une émotion liée à la prise de conscience que l’Esprit Saint passe par nos corps, notre respiration, nos oreilles, notre attention  et notre écoute des autres.
Et en même temps il y a la montée de nos paroles vers Dieu grâce au soutien de la mélodie inspirée et de ces textes que la tradition nous a précieusement légués. Prenons comme exemple la psalmodie : le texte du psaume se déroule dans nos bouches unies sur la même note (monodie) en nous traversant.  Notre travail sera de faire attention et de prendre tous le même "virage" au même moment, avec le même élan. Je pense à ce petit motif à la fin d’une phrase, comme un rendez-vous qui permet à la phrase de se poser après son envol et de se conclure dans sa finale. La joie de la psalmodie ainsi priée est immense : quand on pense que le Christ a prié avec ces mots et que la longue chaîne de la succession apostolique nous relie à lui à travers la tradition ecclésiale!  Certes, il y a au début l’obstacle du latin, mais on voit bien qu’on peut prier Dieu avec son cœur, même avec des mots qu’on ne comprend pas pleinement. Le latin est la langue qui unissait et elle peut toujours nous unir et nous aider à rejoindre d’une manière particulière l’universalité de l’Eglise. La présence des séminaristes dans notre paroisse nous rappelle la vie consacrée, les moines et les moniales qui prient ainsi dans tous les pays du monde, nourris de la même tradition, et nous pouvons  nous unir à ces vies." 
Enfin, Béatrice met l’accent sur l’accessibilité de cette musique, malgré son apparence impressionnante : « Notre chœur réunit des personnes de niveau musical variable. Mais tous nous percevons cette musique comme étant de plus en plus familière,  nous invitant à prier par elle. Elle ne nécessite pas forcément la lecture musicale à priori, elle se transmet par tradition orale. Nos formateurs s’appuient beaucoup sur cette transmission. Elle demande la régularité et la concentration, mais elle s’adresse à tous. Pourquoi ignorer un tel trésor ? » En effet, c’est ainsi que le pape Benoît XVI a qualifié le chant grégorien, nous y encourageant dans l’esprit du Concile Vatican II. « A part les monastères, ce sont surtout les chanteurs professionnels qui se sont réappropriés cette musique, mais sa place est avant tout  au sein de la liturgie», poursuit Béatrice. « A présent, nous souhaitons la redonner à notre communauté paroissiale. Pour aider l’assemblée de se lancer, notre chœur contribue déjà à l’animation de certaines messes de 11 :00 par quelques chants. » Avec la sympathie de notre curé, le Père Roger Tardy, Stella Mar@is songe à proposer à partir de la rentrée prochaine quelques supports visuels, partitions des plus simples, un petit livret peut-être, avec quelques chants liturgiques et hymnes, accessibles à tous.  Le chœur serait heureux de voir d’autres paroissiens le rejoindre. Puisse la définition que voici (Dom Eugène Cardine, osb., moine de Solesmes) nous être ainsi à tous une invitation  : « Le chant grégorien, plus qu’une musique vocale, est une parole chantée. Parole sacrée qui nous vient de Dieu dans le Ecritures, et qui retourne à Dieu par la louange. » 
Propos recueillis par Katarina K.
Suspension de Jacques Jarrige, présentée à l'occasion des journées Nomades

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