Les Séminaristes de Saint-Denys : 2012-2013
![]() |
Martin, Jean-Jacques, le père Roger, les deux Benoît Charles-Antoine, Philippe, le père Patrick, Grégoire, Timothée |
Timothée : J’ai fait connaissance avec
la paroisse et les paroissiens, en particulier en fin d’année quand j’ai
organisé un camp estival pour les servants d’autel : j’ai rencontré
beaucoup de parents. J’ai aussi découvert la philosophie. Je ne suis pas
philosophe, mais j’ai beaucoup aimé la métaphysique. Et vivre toute l’année
liturgique ici, c’était un point fort !
Cette année,
je suis chargé du KT CM2 avec Charles-Antoine. Cela va être différent de
Sainte-Geneviève où l’enseignement était plus « professoral ». Me
voilà « ancien », c’est à moi d’informer les nouveaux, pourtant que
de nouveautés au séminaire ! Un nouveau supérieur, un nouveau responsable
de Maison... Je suis un ancien encore à la découverte. Et j’espère rencontrer
d’autres paroissiens, au-delà du « premier cercle »...
Charles-Antoine : Maintenant, je connais bien la paroisse et
découvert à quel point les gens sont sympas et engagés (aux JAM ; au KT,
c’est important). Pour une petite paroisse comme ça, on voit beaucoup de gens
disponibles. Côté études, la philo, c’était bien, ça m’a rafraîchi des
souvenirs. J’ai surtout approfondi les Ecritures.
Cette année,
je « redouble » le KT CM2 (je n’avais pas l’habitude d’enfants aussi
jeunes. Ils sont très attachants. C’est émouvant de voir que certains sont
tristes de partir ; ils promettent de venir à la messe...). Je suis
content de recommencer. Je serai également chargé des servants d’autel.
Je suis
content d’être à Saint-Denys une nouvelle année. Je me sens très accueilli.
J’aurai le temps de connaître d’autres paroissiens...
Martin : Ma vocation est restée la même, enracinée dans l’amour du Christ et le
désir de mission, un désir qui devient de plus en plus fort. Je suis heureux
d’approfondir cette année ce que j’ai commencé l’année dernière, notamment en
philo. (Foi et rationalité : voilà une harmonieuse architecture !)
J’ai aussi été choriste pour la Cantate Sainte-Geneviève des Wells (et chargé
du gong en plus !)
Cette
année ? Me voilà promu « Mr Propre » du séminaire...
Je suis aussi
chargé du KT CM1 et du scoutisme : moi qui n’ai jamais été scout, ce sera
pour moi une découverte. Je suis très intrigué par ce monde qui a ses codes,
son langage, ses règles.
Un mot à
l’adresse des paroissiens : priez pour les séminaristes, comme nous prions
pour vous !
Aux
nouveaux : « Qui
êtes-vous ? Qu(i)’est-ce qui vous a amené à Saint-Denys ? »
Grégoire de
Lambilly : 20 ans, originaire de Royan, né au
sein d’une famille catholique pratiquante (père médecin, mère engagée dans le
catéchisme). « J’ai entendu l’appel
en Première, quand j’étais interne à Bordeaux, dans un lycée catholique où nous
pouvions vivre les offices avec les Dominicains. Après le bac, je suis parti
faire Maths Sup à Paris (où habite le reste de ma famille, mes parents, mes
trois sœurs et mon frère étant restés à La Rochelle). En arrivant, j’ai pris
contact avec le service des vocations, si bien que j’ai cheminé spirituellement
pendant l’année de prépa, tout en découvrant Paris ! L’été suivant, après
une semaine de retraite à l’abbaye de Saint-Wandrille, ma décision était prise
d’entrer à la Maison Saint-Augustin. Ce fut une année absolument formidable,
sur une intuition géniale de Mgr Lustiger car tout est là pour nous aider à
bien discerner : le retrait du monde, beaucoup de temps de prière,
quelques introductions à la théologie, l’Ecriture Sainte, la liturgie. Il y a
eu deux moments extraordinaires : le stage à l’Arche, auprès de personnes
mentalement handicapées (là, on apprend à être soi-même, à tomber le masque
devant des gens d’une simplicité véritable) et les exercices spirituels de
saint Ignace (un mois de silence et de prière : quoi qu’on fasse, on le
fait pour Dieu.) J’ai fait le choix du désir de Dieu et demandé à l’évêque
d’entrer au séminaire.
Je serai cette
année chargé du KT CP-CE1 à Sainte-Geneviève. Pour le reste, je ne sais pas
trop à quoi m’attendre. Une formation intellectuelle, mais ancrée dans le
projet de Dieu (danger « Grosses Têtes » !). Quant à la
paroisse, je découvre. Déjà deux apéritifs pour rencontrer les personnes sur le
parvis. C’est encourageant de sentir la présence des paroissiens !
Philippe
Cazala : 26 ans, Parisien (sauf entre 6 et 9
ans où il est à Bonn), né au sein d’une famille catholique pratiquante (parents
hauts fonctionnaires, deux frères, l’aîné est avocat, le puîné artiste de
théâtre, une sœur benjamine en Première). En quinze jours, il a déjà rencontré
le supérieur du séminaire (qu’il fréquentait lorsqu’il était vicaire à ND de
l’Assomption), le père de Maison, les profs, son tuteur... et relaté plusieurs
fois sa biographie ! Il livre d’emblée ses « passions » :
l’archéologie, la musique. « Je
cherche Dieu à travers l’archéologie, par exemple. Dans les relations que les
hommes ont avec leur histoire, je découvre des gens qui ont vécu une façon de
voir le monde ». Normalien (2006-2011), agrégé d’histoire après un
Master 1 (2007-2009), il pensait se spécialiser en archéologie
proche-orientale. En 2010, il prend une année de réflexion, durant laquelle il
enseigne l’Histoire de l’Eglise au séminaire de Lyon et en septembre, entre à
la Maison Saint-Augustin. Des évènements ont été déterminants dans ce
choix : « D’abord le service de
la messe (bon moyen trouvé avec mes parents qui me voyaient m’ennuyer à la
messe) et le lien avec la musique, le désir de beauté. Enfant, je ne vivais
rien de conscient relatif à ma vocation, mais un jour dans la revue Grain
de Soleil, je lis la vie d’un prêtre
anonyme qui raconte sa journée. Là, j’ai été touché de façon consciente. J’ai
senti naître un questionnement en moi. Autre évènement remarquable : ma
confirmation, à 14 ans. Durant la retraite, j’ai réappris à prier, j’ai
découvert la prière silencieuse, intérieure. J’ai posé la pierre d’attente de
fidélité dans la prière, une fidélité nécessaire pour être cohérent avec
moi-même, en tant que chrétien. Une prière qui n’est pas que formule. C’est
dans cette fidélité que s’est enraciné l’appel. Et il y a eu mon accompagnateur
spirituel, à l’âge de 17 ans, à qui j’ai pu parler librement, moi qui n’avais
jamais dit mot à quiconque de cet appel. Ce « père spi » m’a permis
de tracer un sillon humain avant d’entrer au séminaire.
Je serai cette
année chargé, pour la communauté, des chants et des sorties culturelles ;
pour la paroisse, du Club Saint-Denys et des enfants qui souhaiteraient
personnellement se préparer à la confirmation.
Benoît
Simonneaux : 20 ans, Rennais (en
formation pour le diocèse de Rennes). Né dans une famille catholique
pratiquante de dix enfants, âgés de 22 à 7 ans. Son père est directeur
financier, sa mère au foyer. Après son bac, il part à Paris pour une année de
philo à l’IPC puis retourne en Bretagne pour une année propédeutique à la
Maison Charles de Foucauld. Mgr d’Ornellas l’envoie alors au séminaire à Paris
et le voilà à Saint-Denys. Arrivé il y a quinze jours, il a fait beaucoup de
découvertes (le rythme parisien soutenu) et de rencontres (les autres
séminaristes, la paroisse...). Cette année, il sera en charge du KT CE2.
« Mon
premier souvenir à propos de ma vocation remonte à mes 7 ans et demi :
après avoir entendu, lors d’une homélie destinée aux enfants, un prêtre
raconter sa propre vocation, j’ai dit : « Je veux être prêtre ». C’était cette même phrase que ce prêtre
racontait avoir prononcée, le jour de
sa première communion, au moment de la consécration. Je m’étais dit :
« Je dirai la même chose, moi aussi, à ma première communion ! » Le jour même, je l’ai oublié, mais j’y ai ensuite souvent
repensé. Devenir prêtre est un désir intérieur qui ne m’a jamais quitté, dès
avant mes 7 ans et demi. J’ai toujours parlé de ma vocation, pendant tout le
primaire, au collège, au lycée. Et j’ai toujours été encouragé par mes amis.
Pourquoi cette année de philo après mon bac ? C’était un moment de
« construction humaine », pour être un bon chrétien et un bon prêtre.
J’envisageais de faire trois ans de philo. C’est toute la différence entre ce
que l’homme peut penser et le désir du Seigneur ! »
Jean-Jacques
Beugré : 38 ans, Ivoirien, né dans une famille
catholique pratiquante de onze enfants, dont dix, âgés de 46 à 20 ans, sont
encore en vie : 3 filles, 7 garçons. Ayant obtenu son bac, il devient
acteur dans la pastorale paroissiale, en tant que bénévole (vivant grâce aux
dons de bienfaiteurs) : il enseigne le catéchisme, anime une Communauté
Ecclésiale de Base (partage hebdomadaire de la Parole), distribue la communion
dans les quartiers défavorisés d’Abidjan puis dans les villages, visite les
malades. « C’est alors que renaît la
vocation que j’avais eue en CM2 (à laquelle ma Maman s’était opposée, car elle
voulait un petit-fils de chacun de ses enfants. Le curé de la paroisse avait
suggérer d’attendre.). En 2002, j’entre chez les frères de Saint-Jean (les
« Petits Gris ») où je fais un an de postulat. Mais je ne suis pas un
contemplatif : on m’oriente alors vers une communauté apostolique. Je cherche donc une communauté et je trouve,
grâce à Internet, des Missionnaires de la Divine Miséricorde (telle
qu’enseignée par sœur Faustine, avec adoration eucharistique journalière et
mission auprès des Musulmans) à Toulon. Après deux ans d’échanges de mails avec
cette communauté, j’arrive à Toulon en 2010. Mais très vite, je me rends compte
que je ne suis pas fait pour cette communauté. Je demande à rentrer au pays.
Or, à cause des évènements en Côte d’Ivoire, l’évêque de Yopougon m’invite à
faire ma formation en France. C’est ainsi que je suis entré à la Maison
Saint-Augustin, puis à Saint-Denys où je m’occuperai cette année des fleurs,
des journaux hebdomadaires et de l’accompagnement au catéchuménat. Je voudrais
saluer tous les paroissiens, que j’ai déjà croisés ou non. Je vous dis un grand
merci pour votre accueil, et pour tout ce que vous faites, de façon discrète,
pour Saint-Denys.
Benoît de Place : 29 ans, originaire du Bourbonnais, son père est cadre, sa mère au
foyer, il est le deuxième d’une famille de cinq enfants (l’aînée a 30 ans, le
benjamin en a 12). A 15 ans, le voilà en seconde, en pension à
Saint-Bonnet-de-Galaure (foyer de Charité de Marthe Robin) : « C’est là que je me suis posé la
question du sacerdoce. Les vies de saint François d’Assise, de Marthe Robin,
m’ont marqué. Mais je voulais finir mes études. Après le bac et les classes
préparatoires à Versailles, je fais une école d’ingénieur à Saint-Etienne.
Diplômé, je suis embauché en 2008 chez Louis Vuitton, chargé de la prévision
des ventes. J’avais envie de travailler, de concrétiser mes six années
d’études ! Durant trois ans, j’ai exercé un métier très plaisant dans une
entreprise dynamique, mais aussi dans un système qui pousse à la compétition, à
être carriériste... Personne ne m’encourageait à répondre au désir que j’avais
au fond de moi, dont j’avais parlé, déjà, à mes frères et sœurs. Pour cerner le
sujet, j’ai fait différentes retraites, j’ai suivi le parcours Even (une étude la Parole, en deux ans, proposée
aux jeunes de 18-30 ans à Saint-Germain-des-Prés). Puis en 2011, j’ai
démissionné et suis parti à Saint-Jacques-de-Compostelle (une marche de deux
mois, c’est court !). J’étais décidé. Le chemin m’a permis d’expérimenter
deux grandes choses belles que j’avais découvertes : la contemplation de
la Parole et la vérité du Mystère chrétien, et le fait plus incarné de donner
sa vie pour les autres. Il fallait passer de la théorie à la pratique ! Je
suis donc entré à la Maison Saint-Augustin et maintenant me voici à
Saint-Denys, après un été d’évangélisation sur les plages de
Saint-Tropez !
Cette année,
je serai en charge du KT CE2 à Charles Péguy, et pour le séminaire, je veillerai
à l’approvisionnement alimentaire...
Je suis très
heureux d’arriver dans une paroisse où les origines sont très brassées et qui
témoigne de ce fait d’une vraie fraternité, qui dépasse l’appartenance
sociale : une Eglise qui vit de l’Esprit.