Le Petit Cephalophore

dimanche, juin 27, 2021

Mercis et au revoir : le départ du père Roger

Malgré une certaine humidité dans l'air, Saint-Denys a célébré avec chaleur et reconnaissance les neuf années passées par le père Roger à la tête de la paroisse. Merci à tous ceux qui ont contribué à la beauté de la fête.





Vous trouverez ci-dessous les liens vers :

1- Une vidéo des moments d'émotion et les photos des réjouissances au "parvis vert"

https://youtu.be/zdiP8zi9gSE

2- En audio, les discours de Sylvie H. et de Philippe Th., secrétaire du conseil pastoral et vice-président du conseil économique

https://youtu.be/S3Xiylg20vQ


3- Les paroles de la Chanson de Roger


Un beau jour, ou peut-être une nuit

On sonna alors je répondis 

Quand soudain, le nom fut prononcé 

Jérôme Beau m’annonçait

Là où j’étais nommé 

Lentement, Saint-Denys m’appelait

Lentement, Saint-Denys m’ensorcelait

Devant moi, m’accueillant bras ouverts 

Le père Patrick Sempère

Le père Florent comme frères

 

À côté du presbytère caché 

Se tenait une église bien parée 

Où chantait un groupe de congolais

Où Maître de Saint-André narrait la Trinité 

De ses orgues, elle a touché nos cœurs

De ses chœurs, elle nous a enchantés 

C’est alors que je les ai perçus :

Les enfants du caté,

Les scouts et les aînés 

 

Le Marais est un terrain miné

La mission n’y est pas très aisée 

Les familles veulent même déménager

Les kalash, les manifs et les loyers !

Violemment, nous fûmes éprouvés

Mais debout, Saint-Denys espérait 

C’est ainsi, malgré l’épidémie,

Notre-Dame du Marais 

De nouveau souriait

 

La paroisse est un lieu enchanté 

Le Séminaire, une oasis de paix

Y a de la joie à sentir, à donner

Les barques et les pelés, 

Alpha, la BST 

C’est pourquoi Maxime, Grégoire, José

Siméon, Alfred, Thibaut, Roger 

Sont des noms à jamais enlacés

D’une commune amitié par Saint-Denys forgée 

 

Un beau jour, ou peut-être une nuit

On sonna alors je répondis 

Quand soudain, le nom fut prononcé 

Jérôme Beau m’annonçait :

« À Saint-Denys », pardi !

 

Un beau jour, …. une nuit

Une sonnerie … c’est Saint-Denys

Quand soudain, retentit

Comme un cri d’aigle noir

Celui de Michel Aupetit 

 

Un beau jour, une nuit

On sonna, je répondis

Quand soudain, le nom fut prononcé :

Leproux qui m’annonçait

Qu’il fallait m’envoler

 

Un beau jour,

Une nuit,

Rue de Picpus, j’atterris 

Laissant là,

À François mon aîné 

Un nid à terminer,

Un nid à protéger !


4- Les discours, version écrite

(Sylvie) : Chers amis,

J’ai été chargée, avec Philippe, de remercier le père Roger, notre cher curé, au nom de toute la communauté. 

Comme vous le savez, à partir du 1er septembre, il dirigera la maison Saint-Augustin, rue de Picpus, dans le 12è arrondissement. Une maison où une vingtaine de jeunes hommes qui envisagent de devenir prêtres, passent un an pour se nourrir spirituellement et décider de leur entrée ou pas au séminaire de Paris. Ils auront la chance d’être accompagnés dans leur discernement de l’appel de Dieu par leur supérieur, le père Roger, grand spécialiste de la spiritualité ignacienne. 

Tous les étés, pendant ses vacances, le père Roger donne les exercices de saint Ignace en Belgique et nous avons bien perçu à Saint-Denys qu’il avait placé au cœur de sa mission de prêtre le désir ardent « d’aider les âmes », pour citer saint Ignace. 

Il nous a guidés à travers ses homélies toujours engagées, ses interventions inspirées dans tous nos groupes et dans les soirées à thème organisées au fil des ans. Mais aussi lors d’entretiens individuels ou de conversations amicales. Avec une même ligne directrice : la bienveillance et l’exigence. La bienveillance car comme le pape François, sa posture spirituelle a toujours été d’accueillir la personne telle qu’elle est, sans la juger et encore moins la condamner, et de l’aider à cheminer. 

L’exigence car se rapprocher du Christ nous oblige à sortir de nos comportements égoïstes pour nous ouvrir à la charité, ce qui nécessite de livrer un vrai combat. Et il est bon pour livrer ce combat d’avoir à ses côtés un pasteur aimant qui sent l’odeur de ses brebis. 

« Mais on ne communique pas seulement à travers les paroles, mais avec les yeux, avec le ton de la voix, avec les gestes », nous rappelle le pape François. Et le père Roger avec sa gentillesse naturelle, son humilité, son humour, sa délicatesse de cœur, son sens aigu de la fraternité a su être parmi nous un témoin lumineux du Christ. 

Il y aurait mille anecdotes à raconter – chacun en a gardés en mémoire – mais je pense en particulier à une des amies à laquelle il est allé apporter la communion, sans qu’elle le lui demande, quelques heures avant sa mort, ayant senti que le moment décisif arrivait. Car le père Roger, éprouvé lui-même dans sa chair comme saint Paul, a un charisme particulier vis-à-vis des personnes fragiles et souffrantes et sait apporter un vrai réconfort. 

A un moment où l’Église est traversée par de violentes turbulences qui déstabilisent certains d’entre nous – affaires de pédophilies, figures majeures comme Jean Vanier qui ont abusé de leur pouvoir et j’en passe -, ce fut une grâce d’avoir comme pasteur le père Roger, comme un phare nous guidant dans la mer démontée. Philippe évoquera d’ailleurs d’autres épreuves que nous avons traversées. 

Pour finir voici un petit inventaire à la Prévert, non exhaustif, qui témoigne de la vitalité de notre communauté et du soutien indéfectible de notre curé, toujours à nos côtés : 

- nous avons vécu des voyages bien sûr… en 2013 à Rome pour les catéchistes, les servantes de l’assemblée et les servants d’autel ; en 2014 en Espagne sur les traces de Thérèse d’Avila ; en 2016 à Lisieux à la rencontre de la petite Thérèse ; en 2018 au sanctuaire de Montligeon puis en Israël pour une Bible sur le Terrain où on a cru d’ailleurs qu’on allait le perdre. On aussi vécu des visites chez nos amis protestants, coptes, juifs et musulmans,

- mais aussi des temps de réflexion : en 2013 un enseignement sur les ex spi ; en 2014, autour du synode sur la Famille ; en 2016, sur le texte du pape La joie de l’Amour ; en 2019 une formation à l’accompagnement spirituel pour certains d’entre nous…

- des groupes ont poursuivi leurs activités (les JAM, les scouts, le catéchuménat, le catéchisme, la préparation aux sacrements, le groupe biblique, le club Saint-Denys, le club des aînés, le groupe des pères…) 

- d’autres groupes ont été lancés et ont existé pendant quelques années (chorale grégorienne, Chrétiens@work, aide aux migrants, groupe d’enfants adorateurs, école de la prière) ; tandis que d’autres encore ont continué d’exister, telles les barquettes chères au père Roger, qui permettent aux paroissiens de se retrouver et de prier ensemble. 

Avec un coup de chapeau tout particulier à donner au groupe Alpha lancé en janvier 2020 qui a rencontré un succès inespéré grâce à la mobilisation de tous et qui a été un lieu d’évangélisation incroyable. 

Nous arrivons donc au terme de neuf années riches et fécondes sous la houlette de notre pasteur qui part guider un autre troupeau – neuf, un chiffre qui résonne dans la Bible puisque saint Paul énumère en Galate (5,22) les neufs fruits de l’Esprit : charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un par hasard ? 




(Philippe) Cher Père, cher Roger,

« Saint-Denys-du-Saint-Sacrement est une petite paroisse, familiale, caractérisée dans tous les domaines par une atmosphère paisible et généreuse ».  C’étaient les premiers mots rédigés par le père Paul Quinson dans le « dossier de passation » que je viens de relire pour préparer l’arrivée du père François Lainé.  

« Paisible » : quand tu nous as rejoints, en cet été 2012, Saint-Denys l’était assurément. Mais ces 9 années ont été marquées aussi de moments difficiles, voire douloureux, dans lesquels tu as pleinement été le pasteur de notre communauté et nous t’en remercions.

Mercredi 7 janvier 2015, à quelques centaines de mètres d’ici le terrorisme islamiste s’abat sur les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo. Quelques jours plus tard, à la fin de la messe dominicale tu prendras l’initiative de nous conduire déposer une gerbe, symbolique prière en forme de procession paroissiale pour dire au-delà de nos différences notre amour du prochain et notre refus de toute violence.

Quelques mois plus tard dans cette soirée du 13 novembre, l’horreur s’abattait à nouveau sur notre paroisse au Bataclan et dans les rues voisines. Une fois encore nous étions frappés au cœur. Tu décidais de suspendre les JAM qui venaient de débuter et nous transformions Saint-Denys en un lieu de recueillement, accueillant les paroissiens frappés dans leur chair, tout autant que les nombreux visiteurs cherchant un réconfort spirituel. 

Sylvie soulignait il y a un instant la bienveillance qui te caractérise. Contre tous ceux qui cherchent à nous dresser les uns contre les autres, tu nous entraînés durant l’année qui suivra dans une succession de belles rencontres : avec le jeune imam Ayoub de la mosquée du Faubourg-Saint-Denis, avec le rabbin Olivier Kaufmann de la synagogue de la place des Vosges, madame la pasteure Caroline Bretones du temple du Marais ou encore la communauté de la paroisse copte orthodoxe de Villejuif et la communauté chaldéenne de Sarcelles. Ces 9 années sont marquées aussi par les débats successifs sur les lois de bioéthique. Dès décembre 2012 dans un éditorial du Petit Céphalophore tu nous invitais à y réfléchir. Tu nous en reparlais encore lors d’une récente homélie avec une inquiétude face à la perspective du monde que nous laissons se construire par l’indifférence, l’inconscience, ou l’absence de compréhension de ce qu’est la dignité de l’Homme. 

17 mars 2020 : Covid et confinement font leur entrée dans notre vocabulaire, entrée fracassante, violente, qui envahit nos écrans et nos oreilles. Avec la même confiance sereine mais agissante qui te caractérise si bien, tu imagines et lance des appels pour maintenir notre paroisse en communion. Ainsi naissent la retransmission des messes en direct sur YouTube, le « Céphalo confiné » hebdomadaire, puis le « Saint-Denys Express ». Tu seras toi-même, comme beaucoup de prêtres parisiens et plusieurs de tes séminaristes, atteint par le COVID. Mais tu veilleras dès la première vague à maintenir ce lien, même virtuel, entre nous tous. 

Et nous voici au terme de ta mission à Saint-Denys. Cette mission toutefois tu la conduis jusqu’au bout. C’est ainsi que ces dernières semaines, avec l’appui des membres de ton conseil économique, tu as entrepris avec fermeté la défense de notre paroisse que menacent les extravagantes ambitions immobilières de la Ville de Paris. Mais c’est une autre histoire qui ne fait que commencer…

La « paisible » paroisse de Saint-Denys t’as donc mis à l’épreuve mais je suis certain que tu garderas comme nous tous un beau souvenir de ces années en communion avec tes paroissiens.

Les enfants du KT vont se faire maintenant les porteurs d’un témoignage de l’amitié et de la reconnaissance de tes ouailles. D’abord le traditionnel Céphalophore qui t’es consacré dans lequel tu trouveras les messages de nombreux paroissiens. Ensuite un petit clin d’œil à l’un de tes héros favoris... [une écharpe et une figurine « Harry Potter » !] Enfin, un bon [gros chèque] pour un beau voyage.



 

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