La mission au travail
Anne W. : « Vivre sa foi dans sa vie professionnelle, ce n’est pas si évident ! Le petit groupe paroissial Chrétiens@work (Chrétiens au travail) permet d’y réfléchir, d’échanger les expériences et de se soutenir fraternellement. Nous nous retrouvons à Saint-Denys en soirée une fois par mois autour d’un apéro dînatoire tiré du sac. Un thème général éclairé par un texte biblique - ou autre - est proposé à chaque réunion afin de lancer les débats : hiérarchie, réussite, rapport à l’argent… Les suggestions sont bienvenues ! Nous partageons également les situations délicates que nous rencontrons, les difficultés entre collègues - les joies, aussi - en réfléchissant à ce que cela implique d’être chrétien dans ces circonstances, à la valeur ajoutée possible si nous vivons, et peut-être même, témoignons de notre foi. Quel soutien pouvons-nous apporter ? Notre comportement peut-il interpeller notre entourage, sommes-nous chrétiens partout ? Des chrétiens cohérents, travaillant à décloisonner nos vies, à unifier dans la foi vie privée et vie professionnelle… Chacun d’entre nous tente de poser un objectif personnel, un point d’effort, qui peut être partagé ou non. Un temps de recueillement clôt la réunion : moment d’intercession et prière commune. Et au-delà de ces rencontres nous goûtons la joie de nous insérer dans la paroisse et d’y créer des liens forts… Ce groupe est ouvert à tous, n’hésitez pas à le rejoindre ! »
Prochaines réunions Chrétiens@work : 25 novembre, 16 décembre 2019.
Propos recueillis par Isabelle M.
Philippe Th. : « Être chrétien » dans le quotidien de mon travail, c’est simple. Cela signifie qu’il n’y a pas deux Philippe, un du dimanche et un autre de la semaine. Il n’y en a qu’un, au travail ou pas, peu importe. Être en union et en cohérence entre ce que l’on est et ce que l’on fait, cela rend la vie bien plus agréable et facile. Je ne brandis pas le Petit Céphalophore en costume sombre à l’entrée de ma tour de La Défense, mais pour autant je n’ai pas le « catho honteux ». Mes collègues savent très bien quelle est ma foi et, pour un bon nombre, mes engagements paroissiaux. Il y a bien les supporters de l’OM ou du PSG, pourquoi dans une conversation masquerais-je ma foi catholique ? Je ne suis pas prosélyte, je suis témoin, dans une discussion de machine à café et surtout dans mon action quotidienne. Être témoin du Christ – j’ai l’impression d’employer de grands mots, mais c’est bien de cela dont il s’agit – c’est une exigence qui n’est pas simple à vivre au jour le jour. On pourrait parler d’un devoir d’exemplarité. Ça fait un peu prétentieux que de dire cela mais comment pourrait-il en être autrement ? Être connu et reconnu en tant que catholique, dans un monde qui ne l’est plus ou tout au moins en a perdu le sens, c’est justement montrer que nous sommes comme tout le monde sans être comme tout le monde, et que nous ne nous cachons pas dans nos églises entre 11 heures et midi le dimanche. Un des aspects les plus importants c’est de mettre en accord nos paroles, nos actes et notre foi. Être vrais. Éviter cette fameuse « dissonance cognitive », ou plus simplement ce « management langue de bois » qui règne trop souvent dans l’environnement professionnel, particulièrement dans les grandes entreprises. Considérer le salarié en tant qu’Homme et non pas en tant que simple facteur productif, au-delà des modes managériales du bien-être au travail et des happiness officers, c’est en parfaite harmonie avec notre foi. Cela ne doit pas nous transformer en « ravis de la crèche ». Il faut parfois aussi savoir recadrer, voire sanctionner, mais avec justice. Ou aider un collègue qui fait face à un « manager toxique ». Être catho au travail c’est – heureusement – parfaitement compatible avec la recherche de la performance, mais avec l’exigence de l’équilibre entre ses différentes dimensions : la finance, le client, le salarié… et l’environnement !

Propos recueillis par Katarina K.

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