Le Petit Cephalophore

dimanche, mars 19, 2017

La crypte de saint Denis, premier évêque de Paris

Si notre église porte le nom de saint Denys (Denis), son emplacement ne correspond à aucun lieu de mémoire lié à ce saint évêque ayant vécu vers 250 ap. J.-C. En revanche, Saint-Denys-de-la-Chapelle, la deuxième église de Paris intra-muros dédiée au premier évangélisateur de la ville, souvent confondu avec Denys l’Aréopagite*, repose, elle, à l’emplacement d’une chapelle du Ve siècle et se trouve sur la ligne de monuments « dionysiens » qui avaient orné jadis l’axe nord-sud de Paris.
Sainte Geneviève aurait particulièrement veillé à préserver les différents lieux qui rappelaient les stations du martyr de Denys à Lutèce et au nord de la cité. Parmi ces derniers, disposés du sud au nord suivant le tracé du cardo romain, on peut nommer les deux églises disparues de l’Île de la Cité (Saint-Denis-de-la-Chartre – lieu où Denys aurait été incarcéré et Saint-Denis-du-Pas, lieu de son premier supplice), puis Saint-Denys-de-la-Chapelle et le Martyrium au pied de Montmartre, tous deux revendiquant la garde de la sépulture du saint et de ses compagnons Rustique et Éleuthère, avant leur translation à la Basilique royale de Saint-Denys.
La rue des Martyrs, en pente, garde le souvenir de la montée des trois martyrs, semblable à un chemin de croix. On pourrait encore évoquer quelques autres lieux au nord de Paris qui possédaient des reliques de notre saint et dont il reste encore quelque vestige, par exemple Saint-Denis-de-l’Estrée.
Mais avant d’être arrêté, saint Denys aurait formé ses disciples dans une carrière au flanc sud de l’actuelle Montagne Sainte-Geneviève. C’est là qu’il aurait été pris, avec ses compagnons, avant de commencer son ascension vers Montmartre.
Avant la parution récente du « Métronome » de L. Deutsch, peu de Parisiens se doutaient de l’existence de ce dernier lieu, aujourd’hui recouvert par des immeubles d’habitation et, en partie, par la rue Pierre Nicole. Si l’aspect actuel de la crypte qui lui correspond date du début du XIXe siècle, il est remarquable que l’endroit ait été précieusement gardé depuis l’époque de saint Denys jusqu’en 1957, surtout par des congrégations religieuses, et notamment les Carmélites. La crypte aurait accueilli les dépouilles des rois de France morts loin de Paris en attendant leur translation à la Basilique.
Cette crypte, nommé Notre-Dame-des-Champs (anciennement Notre-Dame-des-Vignes) est l’unique vestige des vastes bâtiments monastiques disparus. Le seul accès à la crypte, située à environ dix mètres en dessous du niveau de la rue, se fait par l’un des deux immeubles qui la recouvrent. Récemment, une association pour sa sauvegarde a vu le jour : A.S.C.N.D.C**.  Il reste en effet beaucoup à faire pour « sauver » ce lieu historique.

La crypte n’a jamais été désacralisée. Revenue ainsi à notre conscience, elle pourrait un jour reprendre sa place active sur l’axe royal qui la relie avec la Basilique de Saint-Denys. Elle pourrait devenir, par exemple, un lieu privilégié d’adoration du Saint Sacrement et reprendre ainsi le flambeau de la basilique du Christ-Roi, sa voisine pendant une quarantaine d’années au siècle dernier, et disparue elle aussi, dans un élan de démolition pour faire place à des immeubles d’habitation.
Katarina K.


 *Cf. l’opuscule rédigé il y a une quinzaine d'années par des paroissiens de Saint-Denys du Saint-Sacrement : « Denys ou Denis ? »




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