Le Petit Cephalophore

mercredi, octobre 05, 2016

La rentrée des séminaristes 2016-2017


Bienvenue à nos "nouveaux" !

Louis de F. « J'ai commencé à m'approprier ma foi et à m'enraciner dans l'Église à mon arrivée à Paris, il y a 9 ans », raconte Louis, 26 ans, originaire de l’Allier, d’une fratrie de 8 enfants. « L’expérience de l’aumônerie à Saint-Germain-des-Prés et la découverte d’EVEN m’ont plongé dans une Église vivante, animée par des prêtres épanouis ». La parole reçue et transmise, par exemple aux anciens collègues dans un cabinet de conseil immobilier, et le rapport extraordinaire avec Dieu qui se donne gratuitement dans les sacrements, seront les deux sources de la vocation chez Louis. Il tient aussi à évoquer sa Maman, qui par sa vie toute offerte au service de la famille, l’a façonné de son exemple de charité.

Jean de S.-C., 30 ans, a grandi à Paris, dans une famille catholique pratiquante. Il a trois petites sœurs. Après des études de sciences politiques et de littérature, il a travaillé dans les relations institutionnelles entre les secteurs public et privé. « Si la possibilité d'une vie consacrée s’est présentée à moi vers la fin de l'adolescence, il me semblait d'abord indispensable de me confronter à la réalité de l'existence, à la nécessité de poser des décisions, évoque-t-il. Alors seulement j'ai pu envisager la question de ma vocation avec attention et bienveillance. Le Seigneur m’attendait patiemment au cœur de ma prière, dans ce lieu de combats, comme de grande paix et de joie. Dans mon cheminement il y a eu des jalons intérieurs indicibles, mais aussi des rencontres, des lectures mettant en lumière des figures de religieux et de prêtres, des séjours au monastère, l'amitié d'un jeune prêtre parisien, l’Évangile de saint Jean, la figure de saint Benoît Joseph Labre...»

Baptiste J. a 24 ans et il est l’aîné d'une fratrie de 3 garçons. C’est pendant une messe lors des JMJ de Madrid qu’il a ressenti pour la première fois clairement son appel. Mais il aime relire son chemin et il sait que depuis longtemps déjà le Seigneur l’appelle avec patience et prévoyance. L'exemple de parents engagés, l'influence de l'aumônerie et du scoutisme, rencontres avec des prêtres « rayonnants de la joie et la beauté du célibat consacré » et les  amitiés favorables à ce dessein le montrent bien. « Au moment où mes études de droit m’ont amené à déménager de Lille à Paris, je me suis trouvé au Foyer Saint-Ambroise dans le 12ème arrondissement, se souvient-il. Nous étions neuf garçons, unis dans une vie de prière, de partage de repas, d'apostolat et de service. C’est là que ma vocation a mûri. » Aujourd’hui, à l’issue de son année de fondation spirituelle  « si riche et si récente qu’elle ne peut pas encore être exprimée pleinement », Baptiste est heureux de l’accueil reçu dans notre paroisse. Si sa trajectoire semble évidente, « la réponse à la vocation s'est faite au prix d'un travail intérieur intense. » « Mon saint préféré ? » Après une petite hésitation, Baptiste tranche en faveur de son saint patron, le "Plongeur", le Précurseur, le premier témoin à tressaillir...

Propos recueillis par Katarina K.

François-Xavier B. : "Je suis entré dans la chapelle pour prier, une simple prière quotidienne, et je suis ressorti tout joyeux". Ainsi François-Xavier a-t-il entendu l’appel de Dieu.
François-Xavier, 26 ans, a grandi au sein d’une famille catholique parisienne de six enfants (cinq garçons, une fille). Après un BTS en hôtellerie de restauration à Paris, il tente un concours militaire pour devenir chasseur alpin, concours qu’il "rate à peu de chose". Comme il "ne se voit pas travailler dans l’hôtellerie haut de gamme" à laquelle il est préparé, dont "le vernis du luxe et de la richesse" ne lui plaît guère, il choisit d’être « préfet » des Premières et Secondes au lycée Gerson, ce qui lui permet de faire la médiation entre les élèves, les parents et les professeurs, en même temps qu’il est chargé du KT. C’est là que sa vocation mûrit, jusqu’au jour de cette prière à la chapelle du lycée. Il entre alors à la Maison Saint-Augustin, puis part pour une année à Ambanja, une ville du nord-est de Madagascar. Il y donne des cours de français aux enfants défavorisés, visite les prisonniers, joue avec les orphelins. Il y fait aussi l’apprentissage du détachement, tant affectif (loin de sa famille et de ses amis) que matériel. Il perçoit surtout une "autre vision du monde", ce qui "tombe bien" : le pape François ne nous envoie-t-il pas "aux périphéries du monde", le cœur plein de miséricorde ?"
Le voilà aujourd’hui à Saint-Denys, "heureux de voir une communauté vivante !", où il sera en charge du KT CM2 et peut-être du ciné-pizza.

Et nos anciens, ont-ils changé après cette année de séminaire ?

Benoît : « C’est surtout aux paroissiens de le dire ! En tous cas, j’ai essayé de profiter de toutes les richesses de cette paroisse : elle m’a porté dans ma vie de prière et dans ce désir que j’avais déjà, mais que j’ai plus encore, de faire opérer la rencontre de Dieu avec chacun de nous. Je voudrais surtout commencer par rendre grâce. En un an, nous avons reçu beaucoup, tant en Maison qu’en paroisse : quelle joie de découvrir cette communauté chaleureuse, priante, accueillante ; quelle joie aussi d’apprendre petit à petit à mieux connaître les uns et les autres, et d’avoir pu mener, notamment avec les enfants, des activités dans lesquelles je me suis épanoui. Je partais de l’inconnu, et je me suis vite pris au jeu, au ciné-pizza par exemple ! J’étais sans a priori et j’ai été comblé. Un moment en particulier a été très fort pour ma vocation : celui de l’attentat pendant les JAM. L’Esprit nous a donné d’être témoins de la miséricorde de Dieu pour le monde auprès de ceux qui entraient dans l’église. Oui, des grâces particulières ont été données en cette année de miséricorde ; la grâce qui vient dans le Mal le plus terrible. C’est la Croix. La question se pose : ne regarder que le Mal avec la tentation de se désespérer ou saisir aussi le Salut qui vient au cœur de la souffrance ? Dieu est au cœur de la souffrance. Du côté de ma vie d’étudiant, c’était super de découvrir comment l’Esprit Saint peut aider notre intelligence à avancer vers la Vérité. Plus difficile était l’articulation entre cette vie estudiantine et le reste de la formation (paroisse, Maison, service, prière). On se sent un peu partagé, mais c’est aussi précisément là qu’on se rend compte que l’essentiel consiste à unifier notre personne dans tous ces domaines. Un mot aux paroissiens ? Un grand merci ! J’espère que cette année apportera encore son lot de joies et de surprises. »
Benoît sera cette année en charge des servants d’autel.

Guillaume : « Est-ce que j’ai changé ? Oui, un peu. Quand on a la chance d'être au contact de tant de gens accueillants, on se simplifie, on voit les choses de manière plus lumineuse. Quelle joie après l'été de revenir à Saint-Denys et de retrouver des gens qui vous tombent dans les bras, des enfants qui se jettent sur vous. C'est agréable aussi d'accueillir les nouveaux de la Maison. On désire leur faire découvrir tout ce qu'il y a beau dans la paroisse et le quartier, le plus ancien de Paris. Leur faire découvrir aussi l'organisation de la Maison, sans leur dicter leurs conclusions : c'est important de donner aussi la liberté. On est bien ici. Il y a l'esprit du lieu, c'est simple, sans mondanité, on n'est pas dans les convenances. J'ai été très touché de voir, lors des ordinations, l'attachement des paroissiens à leurs anciens séminaristes. Tant de chances nous sont offertes et sont à saisir ici ! Les enfants, les scouts, les anciens. J'aime bien les anciens. On voit leur combat, il y a une disponibilité chez eux, une ouverture. Et aussi le monde des actifs : la fourmilière se prépare, et bientôt les JAM ! Je me réjouis déjà d'y être. Côté cours : on a de la chance aux Bernardins : il y a une vraie diversité dans la manière de voir les choses, même si tous partagent trois grandes orientations : liens avec les Juifs et le judaïsme, retour aux sources, ouverture à la philosophie contemporaine. Il n'y a pas de formatage. Un mot aux paroissiens ? Je suis très heureux de vous retrouver ! Et je pourrais reprendre ces paroles de saint Paul (1Th 2) : "Telle était notre affection pour vous que nous aurions voulu vous livrer non seulement l'évangile de Dieu mais encore nos propres vies tant vous nous étiez devenus chers." »
Guillaume proposera cette année des activités aux jeunes pros (services de repas aux pauvres chez les sœurs de mère Teresa, rencontres, marches...) et s'occupera de l'aumônerie pour tous les lycéens du quartier, du public comme du privé.

Paul : « Changé ? Mais je suis toujours le même ! Non, il y a un approfondissement de ma relation au Christ, mais sur lequel il est difficile de mettre des mots. Charité, miséricorde, fidélité prennent plus de saveur, il y a plus d’espérance aussi. Je suis juste un peu moins mécréant qu’il y a un an ! Ce que l’on vit en paroisse donne de l’épaisseur aux choses, c’est du concret. Cet été, j’ai vécu de façon très forte la Providence pendant les JMJ avec Anuncio, en tant que responsable d’un groupe de trente personnes. Il faut bien les nourrir !, et tant que tu n’as pas fait le truc de mendier ta nourriture pour voir comment ça marche, tu n’as pas vraiment compris la Providence. « Demandez et vous recevrez ! » : je n’ai jamais eu faim… Côté vie paroissiale, c’est une grande joie d’être à Saint-Denys. Les gens sont extrêmement accueillants. Il y a beaucoup de bienveillance, de douceur à notre égard. Nous avons trouvé notre place très facilement, sans nous sentir jugés. Cela continue de m’étonner, tous ces gens très divers mais qui arrivent à travailler ensemble, sans grosses tensions, pour la gloire de Dieu. Ils s’investissent avec beaucoup de vraie gratuité, une vraie volonté de donner. Côté études, c’est une cure de rajeunissement que de reprendre la vie universitaire ! J’ai toujours continué à étudier, en revanche se remettre dans une logique scolaire, ça j’ai eu du mal. Mais les études ne sont pas si importantes dans la vie du séminariste. L’essentiel de la formation se passe au sein de la vie paroissiale et communautaire : il faut apprendre à gérer ses forces. Un mot aux paroissiens ? Oui, je voudrais partager ma joie de l’été. J’ai fait un peu d’évangélisation : quelle joie d’en voir les fruits quand on a l’audace de dire Dieu dans sa vie ! On a la trouille, mais ça se passe bien. Cela vaut la peine d’oser se lancer, simplement, au quotidien. Il y a des tas de freins, la peur de brusquer les gens, mais on n’est jamais trop audacieux. On se lance : « oui, je crois en Dieu et c’est important pour moi ! » et le gars en face, il est super content ! »
Paul sera en charge du KT CE2 et du Cercle de prière du dimanche.

Gabriel : « Est-ce que j’ai changé ? Oui, j’ai progressé dans ma vie spirituelle. Même en maturité, j’ai dû changer. Côté études, j’ai eu beaucoup de mal avec le niveau des cours qui demande un long effort de concentration. A forte dose, je sature, mais finalement, c’est passé ! J’ai appris des choses, et les choses qu’il fallait que j’apprenne : raisonner, manier les concepts philosophiques. Apprendre à penser, c’est entré dans la douleur, mais c’est entré ! Saint-Denys : quelle joie d’être dans une paroisse familiale comme celle-là ! Là aussi, j’ai beaucoup appris, en particulier avec le père Tardy, sur le rôle du prêtre et la vie de la paroisse. Une belle découverte. Si je suis appelé un jour à être prêtre de paroisse, ce serait bien de construire une paroisse avec cette ambiance-là ! Côté vie communautaire, on côtoie des cultures, des histoires, des caractères très différents. Mais chacun cherche toujours à aller vers son frère, alors tout finit toujours bien. L'an dernier, je faisais l’Éveil à la foi à Sainte-Geneviève. Les enfants m’ont bluffé. Ils sont attachants, ils ont un sens de Dieu très juste. Cela m’a beaucoup apporté. C’est un moment que j’aimais bien, même s’ils mettaient parfois le bazar. Et cet été, j’étais aux JMJ avec les Chaldéens et le père Narsay Soleil. C’était magnifique de voir des jeunes aussi pieux. Cela m’a aidé à progresser dans ma relation à la Vierge Marie. J’ai fait l’expérience qu’elle conduit au Christ. Il ne faut pas rationaliser sa dévotion mariale. Un mot aux paroissiens ? Priez pour nous parce qu’on en a besoin et merci d’être là ! Nous voulons devenir prêtres pour les paroissiens. A Saint-Denys, ils sont faciles à aimer... »
Gabriel sera en charge du KT CE2 et du ciné-pizza des collégiens.

Jean : « Si j'ai changé ? Il faudrait demander à mes frères ! Oui, il y a eu plein de changements. L'an dernier, c'était une entrée en philosophie, de nouvelles façons de penser ; ça reconditionne, ça nous aide à nous donner de nouveau. Sur le plan plus humain, beaucoup de fatigue et de persévérance. Les études mènent à Dieu, on apprend le chemin. L'émerveillement du philosophe, c'est celui du chrétien. La question c'est : est-ce que je continue ? C'est beaucoup de combat. J'aime la philosophie pour son aspect pratique, ça m'aide à aller vers les gens. L'an dernier, c'était la découverte (le scoutisme par exemple) et la persévérance. Cette année, c'est une année de transmission. Changement de perspective ! C'est vrai aussi en terme d'attitude : on reconnaît les gens, ils viennent vers nous. On sait l'impact du service, on est plus détendu. Mais j'attends de toujours recevoir de nouveau, car rien n'est jamais acquis. Je suis content de me laisser émerveiller, et c'est du concret avec tous les nouveaux chefs scouts cette année ! Auprès des enfants et des jeunes, il y avait ce défi de créer un climat de confiance, de leur montrer que le séminariste est un baptisé comme les autres. L'esprit scout repose sur l'esprit chrétien. On est dans une fraternité. En plus du scoutisme, le père Tardy m'a proposé d'organiser un temps de louange, dans le cadre des Nocturnes du jeudi soir (voir article ci-dessous). Un mot aux paroissiens ? N'hésitez pas à inviter les séminaristes ! Le plus simple, c'est le mieux : spontanément, le dimanche midi, sans préparation ! »
Avec Jean, cette année, louez Dieu le jeudi soir !

Propos recueillis par Dominique Th.                                    

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