Le Petit Cephalophore

mardi, octobre 08, 2013

Petite histoire du diaconat permanent


Alors que nous nous apprêtons à fêter le 50è anniversaire de la restauration du diaconat permanent par le concile Vatican II, un petit historique s’impose…

Le Nouveau Testament ne décrit pas une forme unique de ministère qui servirait de modèle dans l’Eglise. Une variété de formes qui existaient en différents lieux et temps, y sont présentées. Certaines d’entre elles furent fixées dans l’église primitive. Ainsi, durant les IIème et IIIème siècles, une triple forme, avec évêques, presbytres et diacres, s’établit comme celle du ministère ordonné. L’évêque était alors le chef de la communauté eucharistique locale. Il était entouré d’un collège de presbytres et par des diacres qui l’assistaient dans ses tâches. Cependant, assez tôt, les fonctions se modifièrent. Les évêques commencèrent à exercer de plus en plus leur ministère sur plusieurs communautés locales à la fois. Des rôles nouveaux furent donc assignés aux presbytres et aux diacres. Les premiers devinrent les conducteurs d’une communauté eucharistique locale et, comme assistants des évêques, les diacres reçurent des responsabilités dans une région plus large. Au Vème siècle, on assiste toutefois à un déclin du diaconat permanent en Occident qui s’éteint au début du VIIème siècle, peut-être en raison de la trop grande puissance des diacres. Il demeure alors un degré transitoire pour les futurs prêtres. Le Concile Vatican II rétablira le diaconat quatorze siècles plus tard (!), comme un ordre stable de la hiérarchie.

Selon Lumen Gentium, promulgué le 21 novembre 1964, il revient au diacre permanent le triple ministère de la liturgie, de la parole et de la charité. Le ministère de la liturgie inclût la faculté d’administrer solennellement le baptême, de conserver et de distribuer l’eucharistie, d’assister au mariage et de le bénir au nom de l’Église, de porter le Viatique au mourant, de présider le culte et la prière des fidèles, d’administrer les sacramentaux, enfin, d’accomplir les rites des funérailles et de la sépulture. La fonction d’enseignement comprend la lecture des Saintes Écritures aux fidèles, l’instruction et l’exhortation du peuple. Le ministère du “gouvernement” quant à lui n’est pas mentionné comme tel, mais il reçoit plutôt l’appellation de ministère de la charité.
A Paris, c’est le cardinal Lustiger qui dès les années 1970, lorsqu’il était curé de Sainte-Jeanne-de-Chantal, eut à cœur de relancer le diaconat permanent.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Une enquête diocésaine révèle que la capitale compte 116 diacres, plus souvent retraités (51 %) qu’actifs, et présents majoritairement dans les quartiers bourgeois de la capitale. Leur âge moyen, au moment de leur ordination, varie selon leur situation de famille : 53,7 ans pour les célibataires (7 %), 54,2 ans pour les hommes mariés (86 %), et 56,7 ans pour les veufs (7 %). Enfin le saviez-vous ? En grec, « diakonos » signifie serviteur. Tandis que 41 paroisses parisiennes n’ont aucun diacre, nous devons mesurer notre chance à Saint-Denys d’en avoir un au service de notre communauté.
Sylvie H.

Illustration : ordinations diaconales à Paris, le 5 octobre 2013. Parmi les quatre ordonnés, "notre" Jean-Marie. Photo Paris-Notre-Dame.

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