La rentrée du séminaire 2013- 2014
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Benoît, Camille, Martin, Jean-Jacques et Benoît en haut, Grégoire, les deux pères et Philippe en bas. |
Les nouveaux
séminaristes :
Camille et Martin.
Camille et Martin.
« Quel a été votre parcours jusqu'ici ? »
Camille K., 24 ans,
est né au Gabon de parents togolais catholiques, et a fait ses études au Gabon
et en France (Maths appliquées à Dauphine). « La première fois que j'ai
pensé à être prêtre, je devais avoir 3-4 ans. J'avais la certitude que je
serais prêtre un jour, jusqu'au... 9 juin 1998, date du début de la Coupe du
monde de football en France. Là, j'ai décidé qu'être footballeur, ça devait
être beaucoup plus intéressant. Pourtant, adolescent, j'étais servant de messe,
et certaines messes me touchaient particulièrement. »
Après le bac, il commence des
études de maths appliquées à Dauphine, sans conviction : « je ne
voulais pas passer ma vie à ça ». En même temps, il commence à
s'interroger sur « les fins dernières, et l'eschatologie. Je connaissais
la Bible seulement par ce que j'en avais appris au caté. Là, je me suis demandé
« Pourquoi je crois ? ». La première chose que j'ai constatée,
en essayant d'y répondre, était que, précisément, je croyais, et que
l'espérance qui sous-tend le christianisme était ce qui me faisait avancer,
tous les jours. Je me suis dit peu à peu que l'eschatologie ne suffisait pas. Penser
au Ciel ne suffit pas ; où me situais-je par rapport à lui ? Est-ce
en vivotant que j'allais y aller ? Je me suis dit que je voulais orienter
ma vie pour le salut du Christ. C'est un projet un peu fou, mais c'était la
seule chose qui me donnait envie de donner ma vie : tout chrétien doit
chercher dans sa vie à unir ses frères au Christ, mais le prêtre a la
possibilité de le faire par les sacrements. »
Cette année, Camille sera chargé
des scouts et du caté en CE2.
Martin de L., 24 ans, Parisien,
vient d'une famille « pratiquante sans plus ». Pendant son enfance,
il va à la messe principalement pour les grandes fêtes. « J'ai toujours eu
la foi, mais je ne l'ai pas toujours vécue. C'est la première chose que je peux
dire sur le chemin qui m'a amené ici. » A partir de la Seconde, il
s'éloigne de l'Eglise, et vit des moments difficiles. La lecture d'un livre de
Laurent Gay en 2008 marque le début de son cheminement personnel sur la foi. La
participation au groupe de prière Kavod notamment le rapproche peu à peu de
l'Eglise. Plus tard, « lors d'une retraite chez les bénédictins de Ligugé,
j'ai entendu l'appel de Dieu qui me demandait si j'acceptais de le suivre. Là,
j'ai lutté, car, si j'étais très content d'avoir réussi à lâcher toutes mes
bêtises, je n'avais pas du tout envie de renoncer à une vie
« normale ». »
En septembre 2009, il entre en
propédeutique à Nanterre, « mais je n'avais pas la liberté intérieure qui
permet de rester, de tenir dans le séminaire. Je débarquais sans avoir fait
face à un combat spirituel. » Il en ressort rapidement, poursuit ses
études, tente un noviciat chez les Frères de Saint Jean, mais en ressort de
nouveau.
En 2012, après un service civique
auprès de jeunes en situation difficile, il effectue une retraite de saint
Ignace de 9 jours. « Je me suis rendu compte que je n'avais jamais choisi
au sens fort. Jusque-là, dès que je me sentais appelé, j'allais m'engager, mais
sans ce discernement profond qui passe par tout l'être. » C'est là qu'il
prend la décision d'entrer au séminaire de Paris.
« Je me suis senti rejoint
par Dieu, comme s'il avait mis un tampon sur mon cœur. J'ai ressenti une joie
comme à ma première confession. »
Cette année, Martin sera chargé
de l'éveil à la foi, et du caté au CE2.
Les
« anciens » :
comment avez-vous vécu votre année à Saint-Denys en tant que séminaristes ?
comment avez-vous vécu votre année à Saint-Denys en tant que séminaristes ?
Grégoire de L., 21
ans.
« Etre séminariste permet de
voir l'Eglise de l'intérieur, de se décentrer de son point de vue sur
l'Eglise, car chaque paroissien vit sa foi très différemment des autres. Le
prêtre prie tous les jours, mais il doit savoir guider des fidèles qui ne
viennent que le dimanche. Ce serait plus simple si les paroissiens vivaient
leur foi comme nous, séminaristes, en étudiant la théologie, en lisant les
textes du concile, en apprenant à vivre la messe... mais ce n'est évidemment
pas le cas ! Mais, étant chargé d'ouvrir et fermer l'église tous les
jours, j'ai aussi eu a chance de parler aux paroissiens régulièrement, et il
était très encourageant pour moi de voir qu'ils étaient heureux que des jeunes
engagent leur vie pour Dieu.
Le prêtre a la charge d'un peuple
– et je suis sûr qu'il devra rendre des comptes sur le salut de ses
paroissiens ! Il doit suivre la Vérité, pas une opinion personnelle, pas
une idée à la mode. Pour cela, il faut vraiment apprendre à se consacrer au
Christ de l'intérieur. Le prêtre doit apprendre à dire « ceci est mon
corps » de l'intérieur. Cela permet de surmonter les difficultés. La vie
au séminaire est difficile, mais la rencontre fraternelle avec les autres
séminaristes dans la prière est quelque chose de très fort. »
Cette année, Grégoire est chargé
des enfants de chœur, et du caté.
Jean-Jacques B., 39
ans
"La vie en communauté est
formatrice, elle permet de se forger un tempérament plus doux, et apprend
l'humilité. A la Maison Saint-Denys, j'ai vécu de manière plus apaisée la
rencontre de ma culture ivoirienne avec la culture française. J'ai eu
l'impression d'un vrai départ dans ma vie de séminariste, après avoir pourtant
connu plusieurs années de formation ailleurs. J'ai pu panser certaines
blessures, et recommencer à prendre des initiatives. L'accueil que m'ont
réservé les paroissiens et les prêtres a été très important.
J'étais chargé l'an dernier de la
préparation au baptême des adultes, et le
fait d'être intégré au grand groupe du catéchuménat m'a aidé à
m'épanouir. Accompagner le groupe des catéchumènes dans leur chemin vers le
baptême m'a fait goûter une réelle vie fraternelle.
Où qu'il soit, le prêtre est
prêtre de Jésus-Christ d'abord – pas un prêtre africain, ou français.
Et cependant, il est prêtre dans un édifice particulier. Je me forme en France
pour retourner servir dans mon pays, et je crois que c'est une bonne chose de
voir plusieurs façons d'être prêtre, de vivre la foi, d'approcher les fidèles.
Cet été, j'étais deux mois en paroisse en Côte d'Ivoire, pour me rendre compte
de ce qui m'attend quand je rentrerai ! Je suis du diocèse de Yopougon,
donc en ville, mais être prêtre dans un village rural serait encore une autre
expérience. Où que je sois, je crois que l'homme crée sa joie.
Je voudrais dire merci à tous les
paroissiens, pour leur générosité, et parce que je sais que, dans le silence de
leur cœur, il y en a qui pensent à moi. Je voudrais m'excuser auprès de ceux
que je connais pas encore, et qu'ils sachent que moi aussi, je pense à eux.
J'espère qu'un jour, nous nous retrouverons tous en Côte d'Ivoire !"
Cette année, Jean-Jacques est
chargé de la préparation au mariage.
Benoît S., 21 ans.
Alors, pas trop dur, le séminaire ?
« Je pense que, étant plus jeune, il a été plus facile pour moi de
m'adapter ; et puis, je viens d'une famille nombreuse ! Mes années au
séminaire ne « changent » pas ma vie, elles me façonnent au
quotidien. Vivre en communauté avec des prêtres, et étudier dans la lumière du
Christ, est très enrichissant. Il faut se laisser façonner pour que le Christ
prenne le plus de place en nous.
Les années de séminaire doivent
aussi servir à mieux se connaître soi-même, en tant qu'être humain. C'est
important pour l'équilibre sacerdotal, car les difficultés de la vie de prêtre
sont différentes pour chacun. Quand on pense à ce qu'est un prêtre, on peut
être submergé par ce ministère énorme ! Il faut apprendre à donner
complètement sa vie au Christ, pour lui et pour les autres, et savoir
que, plus on se laisse remplir, plus on est un prêtre selon le cœur de Dieu.
»
Benoît est formé pour le diocèse de Rennes, et fera cette année le
catéchisme en CE2.
Benoît de P., 30 ans.
"Cette année à Saint-Denys a été
pour moi une année de prière en plus, et surtout un an de pèlerinages qui m'ont
permis de sentir que le Christ prenait chair dans notre vie.
Noël et Pâques ont été des
moments où j'ai pu avoir des contacts plus riches avec les paroissiens.
La journée de prière pour la
famille, le jour de la Conversion de saint Paul, m'a aussi donné l'impression
de m'investir sur une question importante pour notre pays.
Etre séminariste, c'est à la fois
se laisse transformer soi-même et aider les autres – et ce n'est pas
toujours facile à concilier ! Il faut sacrifier un certain nombre de
choses (loisirs, amitiés), et ce n'est pas évident, mais c'est aussi perdre
moins de temps sur des futilités.
L'important, c'est de veiller à
ne pas garder le Christ pour soi, et à le rencontrer dans l'autre. »
Benoît est cette année chargé de l'Aumônerie du Marais, et du ciné-club des
collégiens.
Philippe C., 27 ans.
"J'étais très engagé dans ma
paroisse avant d'être séminariste, mais de vivre la vie de paroisse de
l'intérieur change considérablement le visage des choses. D'abord parce qu'on
est là en permanence ; ce n'est pas prendre de son temps pour le donner à
la paroisse, c'est voir tout son temps concentré dans la mission et le service.
Ce qui est difficile, c'est que
deux rythmes se superposent, celui de la vie religieuse – très réglé, scandé
par des offices – et celui de la vie des paroissiens, et il faut savoir faire
le lien. Etre à la fois en retrait et en même temps disponible.
Cette année m'a fait comprendre
plus profondément que l'on ne devient pas le prêtre que l'on veut devenir, mais
celui dont l'Eglise a besoin. Tout le travail du séminaire, pour moi, consiste
à apprendre à faire ce que dit saint Ignace : « In todo amar y
servir » (En tout, aimer et servir)."
Philippe est chargé cette année du
caté en CM1.Propos recueillis par Laetitia C.
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