Le Petit Cephalophore

mardi, octobre 08, 2013

La rentrée du séminaire 2013- 2014

Benoît, Camille, Martin, Jean-Jacques et Benoît en haut,
Grégoire, les deux pères et Philippe en bas.



Les nouveaux séminaristes :
Camille et Martin.

« Quel a été votre parcours jusqu'ici ? »

Camille K., 24 ans, est né au Gabon de parents togolais catholiques, et a fait ses études au Gabon et en France (Maths appliquées à Dauphine). « La première fois que j'ai pensé à être prêtre, je devais avoir 3-4 ans. J'avais la certitude que je serais prêtre un jour, jusqu'au... 9 juin 1998, date du début de la Coupe du monde de football en France. Là, j'ai décidé qu'être footballeur, ça devait être beaucoup plus intéressant. Pourtant, adolescent, j'étais servant de messe, et certaines messes me touchaient particulièrement. »
Après le bac, il commence des études de maths appliquées à Dauphine, sans conviction : « je ne voulais pas passer ma vie à ça ». En même temps, il commence à s'interroger sur « les fins dernières, et l'eschatologie. Je connaissais la Bible seulement par ce que j'en avais appris au caté. Là, je me suis demandé « Pourquoi je crois ? ». La première chose que j'ai constatée, en essayant d'y répondre, était que, précisément, je croyais, et que l'espérance qui sous-tend le christianisme était ce qui me faisait avancer, tous les jours. Je me suis dit peu à peu que l'eschatologie ne suffisait pas. Penser au Ciel ne suffit pas ; où me situais-je par rapport à lui ? Est-ce en vivotant que j'allais y aller ? Je me suis dit que je voulais orienter ma vie pour le salut du Christ. C'est un projet un peu fou, mais c'était la seule chose qui me donnait envie de donner ma vie : tout chrétien doit chercher dans sa vie à unir ses frères au Christ, mais le prêtre a la possibilité de le faire par les sacrements. »
Cette année, Camille sera chargé des scouts et du caté en CE2.

Martin de L., 24 ans, Parisien, vient d'une famille « pratiquante sans plus ». Pendant son enfance, il va à la messe principalement pour les grandes fêtes. « J'ai toujours eu la foi, mais je ne l'ai pas toujours vécue. C'est la première chose que je peux dire sur le chemin qui m'a amené ici. » A partir de la Seconde, il s'éloigne de l'Eglise, et vit des moments difficiles. La lecture d'un livre de Laurent Gay en 2008 marque le début de son cheminement personnel sur la foi. La participation au groupe de prière Kavod notamment le rapproche peu à peu de l'Eglise. Plus tard, « lors d'une retraite chez les bénédictins de Ligugé, j'ai entendu l'appel de Dieu qui me demandait si j'acceptais de le suivre. Là, j'ai lutté, car, si j'étais très content d'avoir réussi à lâcher toutes mes bêtises, je n'avais pas du tout envie de renoncer à une vie « normale ». »
En septembre 2009, il entre en propédeutique à Nanterre, « mais je n'avais pas la liberté intérieure qui permet de rester, de tenir dans le séminaire. Je débarquais sans avoir fait face à un combat spirituel. » Il en ressort rapidement, poursuit ses études, tente un noviciat chez les Frères de Saint Jean, mais en ressort de nouveau.
En 2012, après un service civique auprès de jeunes en situation difficile, il effectue une retraite de saint Ignace de 9 jours. « Je me suis rendu compte que je n'avais jamais choisi au sens fort. Jusque-là, dès que je me sentais appelé, j'allais m'engager, mais sans ce discernement profond qui passe par tout l'être. » C'est là qu'il prend la décision d'entrer au séminaire de Paris.
« Je me suis senti rejoint par Dieu, comme s'il avait mis un tampon sur mon cœur. J'ai ressenti une joie comme à ma première confession. »
Cette année, Martin sera chargé de l'éveil à la foi, et du caté au CE2.


Les « anciens » :
comment avez-vous vécu votre année à Saint-Denys en tant que séminaristes ?

Grégoire de L., 21 ans.
« Etre séminariste permet de voir l'Eglise de l'intérieur, de se décentrer de son point de vue sur l'Eglise, car chaque paroissien vit sa foi très différemment des autres. Le prêtre prie tous les jours, mais il doit savoir guider des fidèles qui ne viennent que le dimanche. Ce serait plus simple si les paroissiens vivaient leur foi comme nous, séminaristes, en étudiant la théologie, en lisant les textes du concile, en apprenant à vivre la messe... mais ce n'est évidemment pas le cas ! Mais, étant chargé d'ouvrir et fermer l'église tous les jours, j'ai aussi eu a chance de parler aux paroissiens régulièrement, et il était très encourageant pour moi de voir qu'ils étaient heureux que des jeunes engagent leur vie pour Dieu.
Le prêtre a la charge d'un peuple – et je suis sûr qu'il devra rendre des comptes sur le salut de ses paroissiens ! Il doit suivre la Vérité, pas une opinion personnelle, pas une idée à la mode. Pour cela, il faut vraiment apprendre à se consacrer au Christ de l'intérieur. Le prêtre doit apprendre à dire « ceci est mon corps » de l'intérieur. Cela permet de surmonter les difficultés. La vie au séminaire est difficile, mais la rencontre fraternelle avec les autres séminaristes dans la prière est quelque chose de très fort. »
Cette année, Grégoire est chargé des enfants de chœur, et du caté.

Jean-Jacques B., 39 ans
"La vie en communauté est formatrice, elle permet de se forger un tempérament plus doux, et apprend l'humilité. A la Maison Saint-Denys, j'ai vécu de manière plus apaisée la rencontre de ma culture ivoirienne avec la culture française. J'ai eu l'impression d'un vrai départ dans ma vie de séminariste, après avoir pourtant connu plusieurs années de formation ailleurs. J'ai pu panser certaines blessures, et recommencer à prendre des initiatives. L'accueil que m'ont réservé les paroissiens et les prêtres a été très important.
J'étais chargé l'an dernier de la préparation au baptême des adultes, et le  fait d'être intégré au grand groupe du catéchuménat m'a aidé à m'épanouir. Accompagner le groupe des catéchumènes dans leur chemin vers le baptême m'a fait goûter une réelle vie fraternelle.
Où qu'il soit, le prêtre est prêtre de Jésus-Christ d'abord – pas un prêtre africain, ou français. Et cependant, il est prêtre dans un édifice particulier. Je me forme en France pour retourner servir dans mon pays, et je crois que c'est une bonne chose de voir plusieurs façons d'être prêtre, de vivre la foi, d'approcher les fidèles. Cet été, j'étais deux mois en paroisse en Côte d'Ivoire, pour me rendre compte de ce qui m'attend quand je rentrerai ! Je suis du diocèse de Yopougon, donc en ville, mais être prêtre dans un village rural serait encore une autre expérience. Où que je sois, je crois que l'homme crée sa joie.
Je voudrais dire merci à tous les paroissiens, pour leur générosité, et parce que je sais que, dans le silence de leur cœur, il y en a qui pensent à moi. Je voudrais m'excuser auprès de ceux que je connais pas encore, et qu'ils sachent que moi aussi, je pense à eux. J'espère qu'un jour, nous nous retrouverons tous en Côte d'Ivoire !"
Cette année, Jean-Jacques est chargé de la préparation au mariage.

Benoît S., 21 ans.
Alors, pas trop dur, le séminaire ? « Je pense que, étant plus jeune, il a été plus facile pour moi de m'adapter ; et puis, je viens d'une famille nombreuse ! Mes années au séminaire ne « changent » pas ma vie, elles me façonnent au quotidien. Vivre en communauté avec des prêtres, et étudier dans la lumière du Christ, est très enrichissant. Il faut se laisser façonner pour que le Christ prenne le plus de place en nous.
Les années de séminaire doivent aussi servir à mieux se connaître soi-même, en tant qu'être humain. C'est important pour l'équilibre sacerdotal, car les difficultés de la vie de prêtre sont différentes pour chacun. Quand on pense à ce qu'est un prêtre, on peut être submergé par ce ministère énorme ! Il faut apprendre à donner complètement sa vie au Christ, pour lui et pour les autres, et savoir que, plus on se laisse remplir, plus on est un prêtre selon le cœur de Dieu.  »
Benoît est formé pour le diocèse de Rennes, et fera cette année le catéchisme en CE2.

Benoît de P., 30 ans.
"Cette année à Saint-Denys a été pour moi une année de prière en plus, et surtout un an de pèlerinages qui m'ont permis de sentir que le Christ prenait chair dans notre vie.
Noël et Pâques ont été des moments où j'ai pu avoir des contacts plus riches avec les paroissiens.
La journée de prière pour la famille, le jour de la Conversion de saint Paul, m'a aussi donné l'impression de m'investir sur une question importante pour notre pays.
Etre séminariste, c'est à la fois se laisse transformer soi-même et aider les autres – et ce n'est pas toujours facile à concilier ! Il faut sacrifier un certain nombre de choses (loisirs, amitiés), et ce n'est pas évident, mais c'est aussi perdre moins de temps sur des futilités.
L'important, c'est de veiller à ne pas garder le Christ pour soi, et à le rencontrer dans l'autre. »
Benoît est cette année chargé de l'Aumônerie du Marais, et du ciné-club des collégiens.

Philippe C., 27 ans.
"J'étais très engagé dans ma paroisse avant d'être séminariste, mais de vivre la vie de paroisse de l'intérieur change considérablement le visage des choses. D'abord parce qu'on est là en permanence ; ce n'est pas prendre de son temps pour le donner à la paroisse, c'est voir tout son temps concentré dans la mission et le service.
Ce qui est difficile, c'est que deux rythmes se superposent, celui de la vie religieuse – très réglé, scandé par des offices – et celui de la vie des paroissiens, et il faut savoir faire le lien. Etre à la fois en retrait et en même temps disponible.
Cette année m'a fait comprendre plus profondément que l'on ne devient pas le prêtre que l'on veut devenir, mais celui dont l'Eglise a besoin. Tout le travail du séminaire, pour moi, consiste à apprendre à faire ce que dit saint Ignace  : « In todo amar y servir » (En tout, aimer et servir)."
Philippe est chargé cette année du caté en CM1.

Propos recueillis par Laetitia C.

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