Le Petit Cephalophore

mercredi, décembre 05, 2012

Thierry Adhumeau, le nouvel organiste de Saint-Denys


"Un des plus beaux instruments de Paris... donc du monde !", c'est ainsi que Thierry Adhumeau  manifeste son enthousiasme et sa joie d'être devenu depuis cet été le nouveau titulaire des orgues de Saint-Denys du Saint-Sacrement. Dans notre paroisse, maison du séminaire de Paris, où la question de la vocation est bien sûr centrale, notre organiste nous dévoile que la sienne lui est apparue dès le KT. À l'occasion de sa communion solennelle, sa famille lui offrit un petit orgue portatif de quatre octaves... C'est avec Léon Levif, élève de Marcel Dupré et organiste de Saint-Éloi (12eme arrdt), qu'il débutera son apprentissage. Ensuite, il entendra Pierre Cochereau à Notre-Dame. Dès lors il n'eut de cesse de progresser dans la maîtrise de son instrument. Le chemin ne fut pas toujours facile, comme lorsque élève en section musique d'un lycée parisien, on lui interdit le choix de l'orgue affirmant : "Ici l'instrument c'est le piano !". C'est donc au piano qu'il décrochera son premier prix de conservatoire en 1978. Tout en enseignant au collège, il revient à 33 ans à l'orgue et s'engage dans la recherche musicologique, soutenant une maîtrise puis un DEA à la Sorbonne et se spécialisant dans la littérature d’orgue française des XIXe et XXe siècles. Véronique Engrand, titulaire des orgues de Saint-Vincent-de-Paul, lui apprend la technique du pédalier et le métier de liturgiste. Il travaille ensuite le grand répertoire avec Emmanuel Hocdé, actuel titulaire de Saint-Éloi et premier grand prix de Chartres.

Un "maître" ? Sans hésiter il cite Léon Boëllmann (1862-1897), organiste alsacien de la fin du XIXe siècle auquel, depuis de nombreuses années, il a consacré des recherches (pour une thèse de musicologie), ainsi que l'énergie d'une association qu'il a créée pour perpétuer la mémoire et l'œuvre de cet organiste, titulaire des orgues de Saint-Vincent-de-Paul.
Et si à la manière du portrait de Proust il lui fallait se définir par le choix d'une pièce pour orgue, alors il choisirait "une merveille absolue", La symphonie eucharistique du chanoine Auguste Fauchard (1881-1957). Après avoir produit le CD, enregistré par Emmanuel Hocdé aux grandes orgues de Saint-Sulpice, l'association Boëllmann-Gigout vient de réaliser sous sa direction l’édition du précieux manuscrit d'une centaine de pages, avant de l'offrir à la Bibliothèque nationale de France. Il aime aussi l’art du maître Daniel Roth, dont il a édité le Livre d’orgue pour le Magnificat et qu’il a assisté une dizaine d’années à Saint-Sulpice pendant les offices de Noël. Grande leçon !
Pour nous rejoindre, Thierry Adhumeau a quitté, avec un pincement au cœur, la paroisse Saint-André et l'église des Saints-Anges-Gardiens, à Saint-Maurice près de Paris, dont il était l'organiste titulaire. Il se réjouit de trouver à Saint-Denys deux merveilles de l'orgue français, avec les trente-huit jeux du grand orgue, à la tribune duquel le jeune Louis Vierne découvrit sa vocation en venant écouter son oncle Charles Colin, et les dix jeux de l'orgue de chœur ("un pur Cavaillé-Coll !"). Tout en saluant le talent des facteurs d'orgues qui se sont succédés depuis 1839 et ont ainsi construit et préservé notre patrimoine, jusqu'à aujourd'hui avec l’excellent Bernard Dargassies, notre organiste évoque déjà avec le père Tardy ses projets : la mise en place d'un "retour son" avec un haut-parleur pour se rapprocher des animatrices des chants, et l'installation d'un "combinateur" pour manier plus rapidement les jeux de l'orgue, ainsi qu’une "pédale crescendo". Il songe aussi à inviter ses collègues concertistes pour des récitals (...et financer ces éventuels travaux de valorisation de notre orgue).
"Mon métier ? Je ne suis pas un concertiste, je suis un liturgiste. Ma mission, c'est d'aider les fidèles d'un bout à l'autre de la célébration en les accompagnant dans leur prière. À Saint-Denys du Saint-Sacrement, je suis comblé." Évoquant le lien qui durant la célébration unit l'organiste aux animatrices de chant, il souligne avec force combien la présence de talentueuses chanteuses professionnelles est une chance pour la paroisse : « C’est unique à Paris ».
Mais l'entretien s'achève déjà et notre organiste file vers Saint-Félix... près de Rignac, en Aveyron pour, tel Don Quichotte, défendre sa province rouergate contre la prolifération de grandes hélices métalliques bruyantes et subventionnées, mais cela c'est une autre histoire...
Philippe T.

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