Le Petit Cephalophore

mercredi, décembre 05, 2012

C'était avant Vatican II... Témoignages


« Il fallait changer ! »



Guy, 91 ans, et Micheline, 92 ans, ont vécu la période qui a précédé Vatican II. Et ils ne regrettent rien !

« Dès 1938, j’ai entendu parler de la nécessaire transformation de l’Eglise », confie Guy dont trois frères sont devenus prêtres et une sœur trappistine. « Avant la guerre, j’étais lié à des Dominicains qui voulaient que cela bouge », ajoute-t-il en indiquant trois domaines prioritaires : la morale sexuelle, le social et la liturgie. Avec la guerre, « tout s’est arrêté » et la réflexion « a repris après ». Guy se rappelle par exemple qu’un de ses cousins, devenu prêtre lui aussi, avait célébré une messe « autour d’une table ordinaire avec du pain ». Micheline évoque, quant à elle, ses années d’internat chez les sœurs : « Pour communier, il fallait être à jeun depuis la veille au soir et si on avalait par accident une goutte de dentifrice, on était damnée ». Elle se souvient de la confession dans le confessionnal, du sermon du haut de la chaire, du banc de communion… et est catégorique : « Tous les changements apportés ont été positifs. Ils ont permis un contact plus fraternel entre nous et avec les prêtres ». La soutane noire ne la rend en aucun cas nostalgique : « Cela créait une barrière ». Des excès, il y en a eu bien sûr, reconnaît Guy qui n’apprécie pas quand la liturgie est « un peu négligée ». Et même si certains changements les divisent – elle trouve « la paix du Christ » valable, alors que lui ne voit pas « ce que cela apporte » – globalement, ils sont d’accord : « C’était vieillot, il fallait changer ! ». Tout particulièrement le latin, que « la moitié des gens ne comprenaient pas ». Aujourd’hui, ils sont fiers de fréquenter une paroisse chaleureuse, pleine d’activités, avec des apéritifs à la fin des messes qui rapprochent les gens. « Cela aurait fait scandale autrefois ! », s’exclame Guy en souriant.
Sylvie H.


Une liturgie plus accessible



Au temps de Vatican II, Marie-France était une jeune femme mariée d’une vingtaine d’années. « J’avais  remarqué que la liturgie était en train de changer, de devenir plus accessible, plus dépouillée. Cependant ma pratique ne s’en trouvait pas modifiée : je continuais d’aller à l’église le dimanche, avec la même foi de charbonnier, sans me poser de questions. Mes parents, plutôt conservateurs, avaient vécu ce changement comme une révolution. Quant au Concile, je n’en savais pas plus. Nos enfants sont venus et, tout en restant croyante, je me heurtais à mon incapacité de leur transmettre la foi. J’en garde un regret qui n’a jamais guéri ». Bien des années plus tard, en suivant à l’Ecole Cathédrale l’enseignement du père de Cagny, Marie-France a compris que le Concile avait opéré un ressourcement plutôt qu’une « modernisation », qu’il était allé chercher les textes des origines du christianisme, qu’il avait enlevé le superflu pour revenir à l’essentiel.  « Je me disais alors que le véritable apport du Concile ne nous avait pas été assez communiqué. Mais le déclic qui a vivifié ma relation à Dieu a été indépendant de tout cela et très simple. Un jour, lors d’un conflit familial, j’ai pris conscience de l’incompatibilité entre la pratique de la foi et un comportement qui alimente la discorde. Pendant quelques mois, j’ai arrêté la pratique, puis je l’ai reprise différemment. Avec une soif d’approfondir ma connaissance et de m’engager. » Marie-France assurera le catéchisme tout en se formant elle-même. Puis, de retour à Paris après quelques années en province, elle découvre son église renouvelée par la fondation d’une maison du séminaire.  Sa pratique devient alors quotidienne et Marie-France se sent incorporée à la communauté. « Mon engagement aujourd’hui est d’aider à fleurir l’église. Ce travail qui est de l’ordre de la prière, de la contemplation et de l’offrande, m’aide à participer toujours plus pleinement à l’Eucharistie. Aujourd’hui je vis la liturgie intensément et avec bonheur. Mon seul souhait serait de pouvoir me recueillir encore plus longuement dans le silence après chaque communion… » 

Katarina K. 


L’Afrique de Vatican II


« L’objectif de Vatican II était d’apporter un souffle nouveau à l’Eglise tout entière, en adaptant la foi catholique à la réalité du monde, rappelle Jean-Jacques, « notre » séminariste ivoirien. Ce souffle nouveau a été très bénéfique, parce qu’il a permis à l’Afrique de se reconnaître vraiment comme « fille » de l’Eglise. » Une fille aimée pour ce qu’elle est, avec sa propre identité. « Avant, l’homme blanc, évangélisateur, ne tenait pas compte de la réalité de l’homme noir et de ses coutumes. Avant Vatican II, l’homme africain ne vivait pas vraiment sa foi car il ne se reconnaissait pas dans l’Eglise. Aujourd’hui, l’Eglise s’est ouverte à toutes les richesses de l’Afrique, à sa culture : on peut louer et prier notre Dieu avec notre musique. C’est l’inculturation », raconte Jean-Jacques. Un enthousiasme pour une liturgie très rythmée que ne partageait guère son grand-père Gilbert, qui déplorait qu’après Vatican II, il y ait beaucoup moins de place pour le silence ! Pour Jean-Jacques, trop jeune pour avoir connu le changement post-conciliaire, mais qui a vécu un an à Toulon au sein d’une communauté traditionaliste, le changement liturgique n’est pas l’essentiel. Il est aussi à l’aise devant un prêtre le dos tourné à l’assemblée que devant une assemblée qu’il catéchise en dialecte africain.

Le dialogue interreligieux, en Afrique, est une autre conséquence de Vatican II. « Dans une même famille, on peut maintenant vivre ensemble, alors que l’on est de confession différente. Ce n’était pas le cas avant. » Or cela arrive souvent : « Ma sœur est méthodiste et j’ai un cousin musulman ! ». Cette convivialité a favorisé les mariages mixtes. « Il existe aussi en Côte d’Ivoire un Comité de religieux, toutes confessions confondues, qui agit en cas de crise ou de conflits graves, pour tenter de trouver des solutions communes ». 
En Afrique, désormais, le Christ est noir.                                                                                
Dominique Th.

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