Le Petit Cephalophore

mercredi, février 01, 2012

Redécouvrir l'onction des malades

Nicolas Poussin, Extrême Onction

                                                                             
Beaucoup de paroissiens se souviennent du rituel de l’extrême onction qui était pratiqué avant le concile Vatican II. Il s’appelle à présent : « sacrements pour les malades » et ne situe plus dans la perspective de la mort immédiate. Le concile avait demandé en effet que l’on retrouve la raison d’être de ce sacrement : il est de proposer aux personnes atteintes par l’épreuve de la maladie « des signes particuliers » qui attestent de « l’amour de Dieu ». C’est un sacrement qui est fait pour vivre. D’où l’importance des aumôneries dans les hôpitaux qui permettent une prise en charge des personnes malades. La pastorale du rituel prend en compte désormais le cheminement de la personne dans la durée. Cela vient des progrès de la médecine. On peut vivre malade très longtemps. On peut aussi recevoir ce sacrement avant une opération importante ou quand on arrive à un certain seuil de vieillesse sans la maladie. Du coup, ses finalités ont été redéfinies.
Cet accompagnement trouve son modèle dans la figure du Christ qui a porté une grande attention aux malades. L’Eglise considère donc l’accompagnement des malades, y compris les non chrétiens, comme une participation au ministère du Christ. Cette sollicitude a été relayée par la lettre de Jacques qui donne les premières indications d’une pratique d’onction des malades : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Eglise et qu’ils prient pour lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. » (5,14)
De l’Antiquité jusqu’au VIIIè siècle, c’est l’effet corporel de ce sacrement qui est mis en évidence : l’onction d’huile sert à guérir. La lettre de Jacques exprime bien qu’il s’agit d’une guérison physique et spirituelle. De nos jours encore, il est considéré comme un sacrement où « le plus spirituel advient dans le plus corporel » (Louis-Marie Chauvet). Oindre, c’est dire la présence du Christ pour aider à vivre le combat contre la maladie. Mais le sacrement ne se situe pas sur le même plan que les thérapies. Il prend tout l’être humain, ce que ne fait pas la médecine. Le rituel évoque de ce fait tout mal physique, psychique et spirituel.
Pour conclure, rappelons que l’expérience de la souffrance est souvent comprise comme la contre preuve de l’existence de Dieu. Si Dieu existait, il n’y aurait plus de souffrance et de mal, pensent certains. Or l’Ecriture nous montre que le Christ est passé par la souffrance et par la mort. Aussi ne peut-on dire que notre souffrance actuelle l’indiffère : « Puisqu’il a souffert lui-même, il peut venir en aide à ceux qui souffrent » (He, 2,18). L’Eglise estime que celui qui souffre peut trouver dans le Christ un compagnon de route. Avec l’aide du sacrement, le Christ nous aide à transformer notre état d’esprit : de la maladie subie à la maladie acceptée, du découragement au combat. 
Sylvie H.                                                                                 

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