Le Petit Cephalophore

vendredi, octobre 09, 2009

Portrait de notre nouveau vicaire, le père Patrick Sempère



"L'homme aux mains nues"

9h15, église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement : "L'évangile est une parole vivante qui nous met en route", déclare le père Patrick Sempère aux paroissiens présents à cette messe matinale. Il sait de quoi il parle notre nouveau vicaire ! Son itinéraire de vie en témoigne. Epaules carrées, taille moyenne, cheveux et barbe poivre et sel, son abord est simple et direct. Il va à l'essentiel, d'une voix claire et égale. "Chacun devrait se demander : qu'est-ce que je fais de l'eucharistie que je reçois ?", lance-t-il à l'assemblée. Après la messe, je lui retourne la question et il répond en baissant la tête : "Pas grand-chose !"
Sobriété et modestie caractérisent cet homme qui est depuis cinq ans l'aumônier de l'association Aux captifs, la libération. Partir à la rencontre des gens de la rue, prostituées et SDF, c'est la mission de cette association qui comprend une cinquantaine de salariés et une centaine de bénévoles. "On va aux captifs les mains nues. Pas pour évangéliser mais pour donner gratuitement", précise-t-il. Très vite, il y découvre que le pauvre "nous renvoie à nous-même et au Christ".
Mais revenons quarante-six ans en arrière. Patrick naît le 25 mars 1963, en banlieue parisienne, à Gonesse. Ses parents, tous deux pieds-noirs, viennent de rentrer d'Algérie. Le garçon sera baptisé, tout comme sa soeur Véronique, mais sa famille ne pratiquant pas, il ne fera qu'un an de catéchisme. C'est au lycée Saint-Exupéry de Versailles que tout commence, en terminale. Charles Martin, son professeur de biologie, invite chez lui une trentaine d'élèves pour participer à un groupe de prière. "On commençait par un chapelet. Puis on dînait et arrivait le moment qui me semblait alors le plus important : une discussion à partir d'une question que l'un de nous posait", se souvient-il. Patrick réalise soudain que "la foi est intelligente" mais rien ne change pour autant dans sa vie. Suivent cinq ans de fac de biologie à Orsay, ponctués de rencontres avec ce groupe. Patrick se prépare à être chercheur sans trop de conviction. Et puis "en licence, s'est posée la question du sacerdoce. Cela m'est tombé dessus. Je ne voulais pas en entendre parler !" Après une année de DEA, il veut en avoir le coeur net : il prend un accompagnateur spirituel, décide d'aller à la messe tous les dimanches et choisit d'être prof pendant un an, pour patienter. L'appel se confirme puisqu'il entre à la maison Saint-Augustin à la rentrée qui suit. Il sera ordonné en 1995. A L'Immaculée-conception (XIIème arr.), sa première paroisse, il découvre les Captifs et effectue des "tournées rue" à la rencontre des prostituées du Cours de Vincennes. Puis le voilà à Bruxelles, où il prépare une licence de théologie. Retour en paroisse, en 2000, à Saint-Georges (XIXè arr.) et à Saint-Christophe-de-Javel (XVè arr.), en 2003. Il enseigne aussi la dogmatique pendant quatre ans, à la formation des responsables de l'Ecole cathédrale. Il y expose les bases du mystère chrétien, ce qui le ramène aux Foyers de Charité auxquels il se sent très lié : "J'ai découvert Châteauneuf-de-Galaure en 1984. J'y vais au moins une fois par an pour me reposer."
L'année s'annonce riche pour lui avec une triple mission : vicaire, directeur du séminaire et aumônier des Captifs. Le vendredi, il a gardé "une tournée de rue" du côté du Forum des Halles. Le jeudi après-midi, en revanche, on pourra le rencontrer lors de sa permanence à Saint-Denys.
Propos recueillis par Sylvie H.

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