Le Petit Cephalophore

dimanche, juin 07, 2009

Les origines juives de la messe

La liturgie de la synagogue Le saviez-vous ? La messe réunit deux liturgies distinctes auxquelles Jésus a pris part ou qu’il a célébrées. La première, c’est la liturgie de la synagogue. Chaque sabbat, elle rassemble chaque communauté juive. Elle correspond à ce que nous appelons dans la messe « la liturgie de la Parole ». Elle consiste dans le chant des psaumes, des prières de supplication et de bénédiction et la lecture de la Parole de Dieu, ordonnée selon un cycle déterminé. Celui qui préside dispose d’un siège prééminent. En tête de l’assemblée, se trouve le pupitre de lecture, l’ambon. Un « tabernacle », à la place d’honneur, contient les rouleaux de la Torah, la Parole de Dieu.
Le repas du sabbat ou repas pascal La deuxième forme de célébration, c’est le repas du sabbat ou mieux encore, plus solennel, le repas pascal. C’est un repas de fête, un repas rituel. Les prescriptions sont très précises. La préparation du repas revient toujours à la maîtresse de maison. C’est sa mission de préparer les plats, de disposer sur la table la vaisselle et les coupes nécessaires et d’allumer les lumières, conformément à un rituel qui rappelle la délivrance du peuple en Egypte, le mémorial de la Pâque. Un rituel millénaire Ce rituel, déjà plus que millénaire au temps du Christ, est chargé d’émotion et d’histoire. Les mots en étaient suffisamment précis et fixés pour que les modifications introduites par Jésus soient d’autant plus significatives, voire surprenantes. Vrai repas avec l’agneau pascal annuellement sacrifié au Temple, le rituel commençait par la bénédiction sur le pain non levé, de la forme des grandes hosties, de 12 à 15 cm de diamètre, utilisées actuellement dans les célébrations importantes. Celui qui préside, le père de famille, brise ce pain sans levain et le partage pour ceux qui sont assis autour de la table. Il prononce cette bénédiction toujours en usage dans la célébration de la Pâque juive : « Ceci, le pain de misère que nos pères ont mangé en Egypte. » Jésus, lui, dira : « Ceci est mon Corps livré pour vous. » Puis le repas se poursuit tandis que s’enchaînent prières, acclamations, actions de grâce. Arrive enfin la troisième et dernière coupe qui évoque les sacrifices au Temple. Le père de famille prononce une bénédiction sur cette coupe de vin, avant de la passer aux convives. Prenant la coupe, Jésus rendra grâce à son Père et dira : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance versé pour la multitude, pour le pardon des péchés ». Ces deux bénédictions, Jésus les emprunte de façon tout à fait singulière au début et à la fin du rituel du repas pascal. Ensemble, elles forment le centre de la prière eucharistique : la consécration.
Deux en un Voilà donc, à l’origine de la célébration eucharistique, les deux rassemblements liturgiques juifs, distincts dans le temps et dans l’espace, que Jésus lui-même a vécus : d’une part, la liturgie synagogale de la Parole dans des assemblées hebdomadaires ou quotidiennes ; d’autre part, la liturgie familiale, hebdomadaire du repas sabbatique ou annuelle du repas pascal. La liturgie chrétienne, c’est-à-dire la venue du Christ, joint en un seul moment, en une seule assemblée, en un seul et même acte eucharistique et la célébration de la Parole et la célébration du repas. Autrement dit, dans la perspective chrétienne, l’écoute de la sainte Ecriture et le festin sacramentel, le partage de la Parole de Dieu et le partage du Pain eucharistique ne font qu’un : c’est Jésus qui nous livre la Parole et Il est lui-même la Parole faite chair. D’après le Cardinal Jean-Marie Lustiger, La Messe, Bayard, 1988, 133 p.

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