Le Petit Cephalophore

lundi, octobre 06, 2008

Le thème paulinien de la Foi

"Si le Christ n’est pas ressuscité vaine est votre foi"

(1 Corinthiens, 15, 17)

Marcelle appelle Saint-Denys "la paroisse de son retour à l'Eglise". En son sein, nous percevons la fidèle et sereine présence de Marcelle. Quand elle était jeune, sa foi avait grandi sous le regard vigilant de Marie. "A Oran, on voyait de partout la colline de Santa Cruz avec sa chapelle et alors on priait. On récitait le chapelet à toute occasion. La foi, c’est ma toile de fond et en son centre, il y a le Crucifiement", raconte Marcelle. En effet, dans sa vie, elle ne cesse d'être confrontée à la souffrance : la mort de sa maman à ses deux ans, la guerre, la mort de son père à son adolescence. La fille unique de Marcelle a vécu pendant 46 ans avec les séquelles d'une encéphalite. Puis elle est morte dans un accident de voiture. "La Croix, c’est l'immense souffrance du Christ qui nous apparaît concentrée dans un instant, mais elle peut rejaillir sur toute une vie".

Marcelle sourit pourtant. "Vivre ces départs, ces moments douloureux, et voir en même temps comment la vie s'y adapte, me donnait à comprendre que tout venait de Dieu." Ainsi, elle qualifie la deuxième épouse de son père de "juste et maternelle". La perte des liens forts avec Oran lui ouvre la voie des études à Paris. Marcelle dit avoir été formée par la maladie de sa fille. "Il faut suivre humblement les voies qui s'ouvrent, voir tout comme une porte par laquelle Dieu vient et par laquelle nous pouvons le rejoindre." Quand Marcelle rencontre l'homme de sa vie, il veut tout de suite l'épouser, sans "attendre de la convertir". Il est athée. "Je ne pouvais pas le rejeter parce qu'il était non croyant", commente Marcelle. "Et comment parler à quelqu’un de quelque chose qu'il tourne en dérision ? Il reste à prier, attendre... Dans la foi, on sème et Dieu en fait ce qu'il veut. Avec rien, il fait quelque chose". Dans cette différence, Marcelle trouve même un encouragement. « Mon mari est juste, c'est un chrétien qui s'ignore. Il m'a aidé à vaincre mon sectarisme." Pendant les années où elle ne va plus à l’église, Marcelle souffre. "Peut-on encore dire qu'on aime quelqu'un qu'on ne va plus voir ?", s'interroge-t-elle. En emmenant sa fille malade au centre de la rue Pont-aux-Choux, Marcelle côtoie Saint-Denys. Un jour elle entre. Elle y trouve le père Batut. A partir de ce moment-là, elle va veiller à regagner le terrain de la messe dominicale dès le premier signe d’ouverture de son mari. A 83 ans, Marcelle voit ses forces décliner. Elle opte pour une unique sortie par jour : celle de la messe. Aussi Saint-Denys devient le lieu de ses rendez-vous hors de la maison, souvent providentiels. Marcelle relit sa vie dont le Ressuscité est l'unique réalité: "La résurrection ? Il n'y a qu'elle..." Puis ses pensées reviennent vers son mari: "Aujourd'hui il admire ce que la foi fait en moi." Mais aussitôt elle se reprend: "Je ne sais... je ne demande pas..." Puis, refermant son récit: "La clé universelle, c'est l'humilité. Suivie de la pauvreté. Par nous-mêmes, nous ne pouvons rien faire. Que notre seule richesse soit la prière... "

Propos recueillis par Katarina K.

Illustration : Tintoret, La conversion de saint Paul, 1544

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