Le Petit Cephalophore

dimanche, juin 10, 2007

L'oraison du père d'Augustin

Nous vous proposons ici deux approches d'une même lecture, afin de goûter la saveur de deux sensibilités différentes :


"L’oraison serait-elle devenue aujourd’hui le domaine réservé des religieux et de quelques prêtres héroïques?", se demandent Jacques et Virginie Izart, dans la préface de L’Oraison, une école de l’amour (1), paru chez Parole et silence. La création d’écoles d’oraison rassemblant des laïcs, à Paris, Lille, Brignoles…, atteste pourtant du goût actuel de la prière. Le but de ces écoles? Donner des repères simples aux personnes qui veulent se lancer dans cette aventure spirituelle. Ce livre entend, lui aussi, guider sur le chemin de la prière silencieuse. L’auteur, le père Antoine d’Augustin, est aumônier du groupe scolaire des Francs-Bourgeois, un établissement parisien lasallien. Pratiquant lui-même l’oraison quotidiennement, il sait en parler avec simplicité et pragmatisme.

Qu’est-ce que l’oraison ? "Elle n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé", répond Thérèse d’Avila. Et la sainte ajoute que nous faisons oraison quand "l’âme se réfugie au centre d’elle-même comme dans une place forte". Antoine d’Augustin qui cite volontiers la «grande Thérèse», n’hésite pas à aborder des aspects très concrets : où prier? "Le plus souvent chez soi" ; dans quelle position? "Il vaut mieux prévoir d’être assis ou à genoux, car allongé on risque de s’endormir assez vite!" ; quelles conditions réunir? "S'organiser pour ne pas être dérangé" ; comment commencer? "Je peux lire l’évangile du jour" ; qui prier? "Jésus-Christ" ; et combien de temps? "Il est souvent possible de prendre ½ heure par jour".
Le livre se termine par des conseils pour persévérer dans cette pratique, bien utiles car le chemin est semé d’embûches. L’auteur le sait… et il raconte qu’après "une première période de succès, d’euphorie dans la prière", il se produit une crise: "on a l’impression d’être à bout de voie". C’est la "traversée de la nuit", si bien décrite par Jean de la Croix. Que faire? "Vivre au jour le jour, moment par moment. Accepter l’état où l’on est, ne pas chercher à en sortir", répond le prêtre. L’oraison est aussi une école de l’humilité et de la patience... Un petit livre précieux qui peut être mis entre toutes les mains, en particulier celles des lycéens désireux de rencontrer Dieu.

Sylvie H.
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Qui ne voudrait aller au plus beau des rendez-vous ? D'autant qu'il est accessible à tous et qu'il ne faut rien faire de particulier pour s’y rendre...

L'extraordinaire rencontre dont il est question et qui est à la fois son propre lieu, son temps et son moyen, s'appelle l'oraison.

Le petit livre du père Antoine d'Augustin se propose à nous comme un humble guide de route. Son lecteur comprend vite que l’auteur parle de ce qu’il connaît de son expérience intime. Il en parle simplement, utilisant des phrases courtes et claires, et que l'imprimeur a mis en grand. Tout concourt ainsi à nous en faciliter l'assimilation.

Au fil des pages, l’oraison se révèle à nous comme une forme de prière, silencieuse, simple, toute intérieure... et qui est aussi une manière d'être. Elle nous appelle à nous quitter nous-mêmes pour nous rendre en notre centre, là où réside en nous la Sainte Trinité, toujours fidèle au rendez-vous. A condition de nous oublier nous-mêmes dans un acte de disponibilité, notre Créateur et Sauveur nous rejoint pour nous créer et nous sauver encore et toujours plus... Si nous pouvons ainsi Lui rendre un peu de ce temps que nous avons reçu de lui, son Esprit peut nous rendre conforme à son dessein, par des touches successives, patientes et de plus en plus profondes...

Le miracle s'opère par la rencontre de deux libertés, par l'union de deux amours qui se cherchent.

Dans cet admirable échange Dieu se donne tout entier. Quant à l’homme, sa part consiste au courage de préférer pendant un temps librement choisi et renouvelé, le silence aux bruits habituels, un "ne rien faire" à sa pensée, souvent agitée, et à l'enchaînement de ses actions. Il nous faut accepter patiemment de nous laisser faire... Alors que l'ennui, la sécheresse, la distraction et le doute nous guettent sur ce chemin, le Seigneur nous attire, surtout au début de nos efforts, par la grâce qui nous aide à persévérer. Et comme nous devenons des "habitués" de l'oraison, nous offrons avec confiance au Seigneur ce que nous sommes et Lui, à son rythme ennoblit notre intelligence, mémoire et volonté, pour que par leur intermédiaire la foi, l'espérance et la charité, aidées par les sacrements et les dons de l'Esprit Saint, établissent en nous leur règne…

L’auteur nous donne quelques conseils pratiques, en s’appuyant abondamment sur les maîtres spirituels de l’école du Carmel. Et pour ceux qui se laissent inviter, il rappelle que des écoles d’oraison sont régulièrement organisées à Paris ou ailleurs...

Katarina K.

1- Père Antoine d'Augustin, L'Oraison, une école de l'amour, Coll. Cahiers de l’Ecole cathédrale, 2006, 139 pages, 14 euros.

Illustration : L'Extase de sainte Thérèse d'Avila par Le Bernin

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