Le Petit Cephalophore

lundi, février 27, 2006

Père Bertrand : le don de l'abandon

Un moine à Saint-Denys ! Arrivé tout droit de l’abbaye de Kergonan en Bretagne, le père Bertrand Dufour a rejoint en cours d’année notre équipe de prêtres. Un peu chez nous, beaucoup à Sainte-Elisabeth, le bénédictin a fort à faire ! Mais rien ne saurait entamer sa bonne humeur…
C’est pour se reposer que l’abbaye de Kergonan a envoyé un de ses moines, Bertrand Dufour, à Paris ! A Saint-Denys, il a repris les activités du père Michel Guéguen : le catéchisme en CM1 et la préparation à la première communion, l’accueil un après-midi par semaine (le mardi), le groupe biblique, la célébration de plusieurs messes… A Sainte-Elisabeth, il remplace le curé gravement malade. Un programme bien chargé qui lui a permis malgré tout de changer de rythme pour retrouver des cycles de sommeil plus réguliers. Regrette-t-il Kergonan ? « Je vis cette situation nouvelle dans l’abandon. Le Seigneur me donne les grâces nécessaires pour être heureux là où je suis ». Et il n’est pas trop dépaysé car c’est un Parigot, presque un enfant du quartier, qui partage désormais la vie communautaire de la maison Saint-Denys… « Je suis né rue Michel-Chasles, dans le 12ème arrondissement, à côté de la gare de Lyon ». Bertrand est baptisé à l’église Saint-Antoine des Quinze-Vingt. Ses études, il les fait dans des établissements catholiques tout proches : Saint-Pierre-Fourier (maternelle), Massillon (où il ne travaille pas assez), Stanislas (« on m’a viré, j’étais ravi »), les Francs-Bourgeois (où il reste de la 3è à la terminale avec profit). Parallèlement, il s’investit dans le scoutisme et a comme chef de groupe un certain… Jean-Marie Weinachter. « La troupe de Saint-Denys vient de Saint-Antoine des Quinze-Vingt où j’étais autrefois ; c’est un clin d’œil du Seigneur », explique-t-il avec malice. Le scoutisme l’a durablement marqué et au monastère, pour sa grande joie, il sera chargé de l’accueil des groupes scouts. Mais ne brûlons pas les étapes. Après sa terminale, il s’inscrit dans une école de commerce « pour faire plaisir à mes parents». Il y apprend à jouer « au bridge et au tarot » ! « Cela ne m’intéressait pas du tout », avoue-t-il. Il veut entrer au séminaire, restait à l’annoncer à sa famille. A 20 ans, le voilà à la maison Saint-Augustin avec… Michel Guéguen et Brice de Malherbes. Une promo de 26 séminaristes, jamais égalée en nombre ! « Je me suis senti appelé à l’âge de 8 ans, se souvient-il, ce qui ne m’a pas empêché d’être un sale gosse ! » Un appel qu’il entend à nouveau le jour de sa promesse scout. « Un appel, ce n’est pas un coup de fil du Seigneur mais une voix intérieure qui part du cœur et qui dit : « Veux-tu me suivre ? » » explique-t-il. A la maison Saint-Augustin, la vie monastique l’attire. Eric Aumonier, alors directeur du séminaire, l’envoie une semaine à Kergonan*, plutôt qu’à Saint-Pierre-de-Solesmes où lui veut se rendre. « J’ai réagi en Parisien. Je ne connaissais pas la Bretagne. Je n’avais aucune famille dans le coin. Cela ne me tentait vraiment pas ! ». Le 15 février 1988, il prend un train de nuit pour Auray en traînant des pieds. « Je suis arrivé fatigué. Il bruinait. Une grande tempête avait ravagé les côtes. Les cyprès qui bordaient l’allée conduisant au monastère étaient par terre. J’apercevais dans le fond un bâtiment austère. Aucun moine n’était venu m’accueillir mais en franchissant la grille d’entrée, j’ai senti que le Seigneur me disait : « C’est là ! » ». Trois ans plus tard, jour pour jour, il demande à entrer au monastère. Trois années passées à batailler avec lui-même, avant de se rendre à l’évidence : sa place était à Kergonan. Entre-temps, il a fait son service militaire dans l’armée de l’air, puis deux années de philosophie à la maison Saint-Séverin. A l’abbaye, il lui faut recommencer sa formation à zéro : apprendre les traditions monastiques, la règle de saint-Benoît… Pendant cinq ans, il fait son noviciat coupé des autres moines, avant d’entrer enfin en communauté. Il verra huit novices, entrés après lui, repartir ! En 1994, il s’engage pour 3 ans, lors de sa profession simple. En 1997, son engagement devient définitif avec sa profession solennelle. Cette même année, il revient à Paris préparer le bac de théologie. Dans son jury, il retrouve Michel Guéguen, devenu entre temps enseignant ! Suivent deux années romaines, à Saint-Anselme, l’abbaye primatiale des bénédictins (dotée d’une piscine !) pour étudier la théologie biblique, l’hébreu et le grec ; et un retour à Kergonan, où Bertrand est ordonné prêtre le 14 juillet 2001 (une date qu’il aime tout particulièrement). Six ans plus tard, c’est à Saint-Denys qu’il retrouve son camarade de promotion pour un passage de relais. L’un part six mois au Togo, l’autre arrive pour six mois à Paris. Et peut-être plus, car le père Bertrand ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Mais il fait confiance, convaincu que le Seigneur ne veut que son bonheur…
Sylvie H.

L’abbaye bénédictine Sainte-Anne-de-Kergonan se trouve dans le Morbihan, à 25 km de Vannes, à l’entrée de la presqu’île de Quiberon, face à Belle-Ile-en-Mer. A 15 minutes du monastère, un lieu de pèlerinage célèbre : le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray. Pour en savoir plus : catholique-vannes.cef.fr/site2/01-07d.html

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