Le Petit Cephalophore

jeudi, novembre 10, 2005

Père Joseph, prêtre étudiant, entre deux cultures

Vêtu d’une tunique de soie écarlate qui évoque son pays d’origine, la Chine, le père Joseph reçoit avec un large sourire les paroissiens qui lui rendent visite lors de sa permanence (le jeudi après-midi à St-Denys de 16h30 à 19h). Ce prêtre étudiant au visage juvénile est depuis quatre ans déjà dans notre pays dont il parle la langue avec une aisance qui force l’admiration. Rattaché à la paroisse Saint-Louis-en-l’île au début de son séjour, c’est en septembre dernier qu’il est arrivé à Saint-Denys. Issu d’une famille chrétienne depuis cinq générations, le père Joseph a été marqué par son grand-père, « un saint homme qui priait tous les jours à 4 heures du matin ». C’est avec lui qu’il apprend à prier dès son plus jeune âge. Parmi ses 5 frères et sœurs, on compte un autre prêtre. C’est à la campagne qu’il a grandi car son père était paysan. A 16 ans, il quitte sa famille pour le séminaire et est ordonné en 1998. Le père Joseph a commencé son ministère en Chine, en aidant des prêtres âgés dans différentes paroisses. Pendant deux ans, il a ensuite appris le français à Pékin avec l’idée de visiter " la fille aînée de l’Église ". Dans son pays, il a entendu parler de l’Institut Notre-Dame-de-Vie, des communautés des Béatitudes et de l’Emmanuel et il a lu sainte Thérèse de Lisieux et sainte Thérèse d’Avila. Mais en Chine, " on est pauvre en livres et en professeurs ", explique-t-il, c’est pourquoi il vient compléter sa formation en France. Sa licence obtenue, il continue aujourd’hui à suivre des cours à l’École cathédrale, en vue de présenter une maîtrise de théologie. Les difficultés de l’église chinoise " qui n’est pas encore totalement libre ", il ne les oublie pas, bien sûr. Mais le jeune prêtre fait remarquer que le nombre de catholiques ne cesse d’y progresser : environ 15 M en 2005, soit 1 % de la population, pour 4 M en 1980 ! Confiant dans l’élan missionnaire de son église, le père Joseph sait qu’il aura bientôt un rôle à jouer. Son avenir, il le voit en Chine, comme formateur de séminaristes, avec un sujet qui lui tient à cœur : " étudier le lien entre la culture chinoise et la vie chrétienne ". Si vous aimez la littérature ou le cinéma, vous trouverez en lui un interlocuteur de choix. Son livre préféré ? Le dialogue de François Cheng, un écrivain chinois membre de l’Académie française (1). Son coup de cœur de cinéphile : Vivre, de Zhang Yimou, une fresque somptueuse qui retrace l’histoire de la Chine (2). Pour finir, le père souhaite adresser une demande à tous les paroissiens : « Priez pour les chrétiens de Chine en difficulté ! ». Mais il formule aussi un souhait « être invité dans les familles pour entrer de plain pied dans votre communauté ».
Sylvie H.
1- Dans ce livre, paru en 2002 chez Desclée de Brouwer, François Cheng, exilé de Chine et arrivé à Paris après-guerre, s'interroge sur la dimension intérieure du dialogue, au-delà de la seule fracture entre ses deux cultures.
2 - Ce film, réalisé en 1994, retrace la vie d'une famille chinoise qui affronte, tout au long du XXème siècle, les différentes révolutions qu'a connues le pays.

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