Le Petit Cephalophore

jeudi, novembre 10, 2005

Christ Roi (Mt 25,31-46)

Chaque année, il nous faut affronter l’affirmation ecclésiale, que le Christ est roi et qu’il n’est pas de nation qui puisse échapper à sa royauté . Affronter, car nous nous faisons une mauvaise image de la royauté ; celle du juge qui accueille les uns et repousse les autres, par exemple ! Elle est mauvaise en tant qu’elle est seule, écartant, à l’avance et par la peur, de ce roi dont le premier propos est de rassembler. La Bible lui associe celle du berger, une image en un sens opposée : le berger n'est pas juge, il serait plutôt jugé; et mal jugé, en raison de son occupation en toutes circonstances, même celles que la Loi suspend.
Et pourtant, à sa manière, le berger est roi ! Il ne domine pas, mais il prend soin. Pas une bête dont il ne s’approche, pour en comprendre, dans l’humilité des signes, les besoins, et y répondre jusqu’à exposer sa vie. Être berger, c’est se faire brebis parmi les brebis. Être roi parmi eux, c’est se faire agneau. Et que craindre d’un agneau ? Qu’il ne rassemble ses bêtes que pour mieux les tenir, révèle après l’avoir cachée la part de loup qui l’habiterait lui aussi, dévore selon son bon plaisir, laissant croire au salut quelques brebis sauvegardées, qui ne le seraient en fait que pour d’autres faims ? Le Christ s’est fait l’agneau, non pour verser le sang mais pour témoigner de la sollicitude divine. Mais puisqu’il fallait un signe qu’il était roi, il y eut bien du sang versé, ce fut le sien : quel autre que celui-là pouvait prétendre à un tel titre ?
Le roi, dans sa gloire désormais, peut rassembler autour de lui tous ceux qu’il s’est acquis, c’est-à-dire tous les hommes. La totalité peut se dire de diverses manières, les multiplier révèle l’insistance. On peut dire « toutes les nations », on peut aussi associer deux extrêmes. La pensée sémitique agit souvent ainsi, parlant du ciel et de la terre pour toute la création, du bonheur et du malheur pour l’acte de tout créer ; rassemblant brebis et boucs pour la totalité d’un troupeau, affirmant l’autorité sur chacun, selon ses deux extrêmes que sont l’accueil et le refus. Séparer l’un de l’autre, ce serait manquer le sens : l’affirmation d’une autorité à laquelle rien n’échappe et qui est toute puissante.
Enfin, pour dire cette totalité, on peut relever un trait auquel nul ne peut se dérober : la charité comme exigence inscrite au cœur de chacun, juif ou païen ; le pauvre comme figure de tout homme. Père Michel Guéguen
(et dessin du "jugement dernier" par Marie Salantin)

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