Le Petit Cephalophore

vendredi, octobre 05, 2018

Lettre de Martin de Laubadère, diacre

Martin de Laubadère, qui fut séminariste chez nous, a été ordonné diacre en vue du sacerdoce en septembre dernier, en l'église Saint-François-Xavier. Il a, à cette occasion, témoigné de sa foi par la lecture de ce beau texte, que Martin a accepté, sur la demande du père Tardy, de publier dans notre Petit Céphalophore. Merci Martin ! 



Il y a dix ans, presque jour pour jour, je passais… du Parc des Princes à la Foi, j’apprenais à louer Dieu, plus que le PSG. Une vie nouvelle s’ouvrait à moi, je me découvrais aimé par Dieu. Je redécouvrais un songe, dont la substance disait : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais » (Jr 1,5).

Il faudrait là, parler de la joie, de la lumière et de la paix, parce que c’est vrai… Mais il y a aussi l’instant qui précède, instant où déjà la grâce agit.
C’est l’instant où le cœur se serre, où le ressort est prêt à céder : rester paraît impossible, tout me crie de m’échapper, mes émotions et mes blessures semblent s’unir et mugir d’une même voix, le mensonge de ce que je ne suis pas ; nul et moche, pas important et pas aimé… La peur surgit, suivie de l’ombre des mille questions auxquelles je ne sais répondre.
Le ressort se tend encore. Je peux fuir, encore, creuser plus profond, m’endormir ou m’anesthésier… mais je peux aussi choisir de rester, d’affronter, passer de moi à Dieu, car la peur vient de mon regard égocentré.
M’approcher de Dieu pour découvrir que je me laisse approcher, le laisser rétablir la relation vitale qui unit nos cœurs, le laisser prendre le pas sur mes voix intérieures.

Je chancelle car le « je », mon « je » souverain et juge est destitué, n’est plus premier, mais je ne reste pas dans le vide, Dieu me parle et me regarde, il restaure et fonde ma vie ; « dès avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ».

Son regard est connaissance, et m’offre de passer de l’angoisse du moi seul et isolé, au visage du Christ souffrant ou glorieux, de réordonner ma vie à ce que je suis, fils de Dieu, enfant bien-aimé du Père ; le reste se tait.

Ce regard peut tout changer, et tout restaurer car il me saisit aux entrailles, au cœur de ma vie je redécouvre la voix de Celui qui m’est intérieur, et qui fait de moi le temple de son Esprit.

Alors, je rends grâce, à Dieu pour son regard, et pour vos regards, pour l’amour dont je suis entouré, pour vos voix et vos présences dans le désert ou dans la joie, pour les paroles de vie et de liberté qui m’ont secoué et confirmé, qui m’ont appris à cesser de fuir, à combattre et être fort, à aimer, pour avancer et me tenir debout devant vous.
« Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ».
Martin


 

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